Skip to main content

Full text of "Bulletin Societe D'Histoire Naturelle de Toulouse (et de Midi Pyrenees)."

See other formats


BULLETIN 




DE LA 



SOCIÉTÉ 



D'HISTOIRE NATURELLE 



DE TOULOUSE 



SEPTIÈME ANNÉE. — 1872-1873 



fe.f.i 



PARIS 

SAVY, LIBRAIRE-ÉDITEUR 

RUE HAUTEFEUILLE, 24 
1873 





BULLETIN 



DE LA 



SOCIETE D'HISTOIRE NATURELLE 



DE TOULOUSE. 



£?7 



Toulouse. — Typ. de Bonnal et Gibrac. 



BULLETIN 



DE LA 



r r 



SOCIETE 



D'HISTOIRE NATURELLE 



DE TOULOUSE 



>k&M* 






SEPTIÈME ANNÉE. — TOME VII 



PARIS 
SAVY, LIBRAIRE-ÉDITEUR 

RUE HAUTEFEUILLE, 24 

1872-1873 



$-9'î-2;- 



RÈGLEMENT 



DE LA 



SOCIÉTÉ D'HISTOIRE NATURELLE 

DE TOULOUSE. 

Autorisée par arrêté préfectoral du 4 3 août 1866. 



TITRE I«. 



But de la Société. 



Art. 4 re La Société a pour but de former des réunions dans 
lesquelles les naturalistes pourront exposer et discuter les 
résultats de leurs recherches et de leurs observations. 

Art. 2. Elle s'occupe de tout ce qui a rapport aux sciences 
naturelles, Minéralogie, Géologie, Botanique et Zoologie. Les 
sciences physiques et historiques, dans leurs applications à 
l'Histoire Naturelle, sont également de son domaine. 

Art. 3. Son but plus spécial sera d'étudier et de faire con- 
naître la constitution géologique, la flore et la faune de la 
région dont Toulouse est le centre. 

Art. 4. La Société s'efforcera d'augmenter les collections 
du Musée d'Histoire Naturelle de Toulouse. 



_ 6 — 
TITRE II. 

Constitution de la Société. 

| .4 . — Composition générale et dispositions concernant les 
membres. 

Art. 5. La Société se compose : de Membres-nés. — 
Honoraires. — Titulaires. — Correspondants. 

Ceux qui ont concouru à la formation de la Société sont 
appelés membres titulaires fondateurs. 

Les membres nés sont : Le Préfet de la Haute-Garonne, le 
Maire de Toulouse, le Recteur de l'Académie de Toulouse. 

Les membres honoraires sont choisis parmi les personnes 
auxquelles la Société veut témoigner sa gratitude ou sa haute 
considération. 

Art. 6. Les membres honoraires doivent être présentés par 
cinq membres qui inscriront leur proposition signée sur un 
registre spécial. 

Art. 7. Les membres correspondants doivent être présentés 
par deux membres avec les mêmes formalités. 

Art. 8. Le titre de membre titulaire ne sera accordé qu'aux 
personnes qui ont fait acte de candidature par écrit, ou dont 
le désir sera garanti par l'affirmation des deux membres 
titulaires, qui, dans tous les cas, inscriront sur le registre la 
présentation signée par eux . 

Art. 9. L'admission sera prononcée à la majorité des mem- 
bres présents, dans la séance qui suivra celle où aura été 
faite la présentation. 

Art. 40. Les membres titulaires paient une cotisation 
annuelle de 1 2 francs, payable au commencement de l'année 
académique contre quittance délivrée par le Trésorier. 

Art. 1 4 . Le droit au diplôme est gratuit pour les membres 
honoraires et correspondants; pour les membres titulaires, 
il est de cinq francs, 

Art. 12. Le trésorier ne peut laisser expédier les diplômes 
qu'après avoir reçu le montant du droit et de la cotisation. 
Alors seulement les membres sont inscrits au Tableau de la 
Société. 



Art. 43. Les membres titulaires ont voix délibérative dans 
toutes les opérations de la société. Les membres correspon- 
dants ont voix consultative. Ils sont invités ,à adresser leurs 
publications à la bibliothèque delà Société. 

Art. 44. Lorsqu'un membre néglige d'acquitter son annuité, 
il perd, après deux avertissements, l'un du Trésorier, l'autre 
du Président, tous les droits attachés au titre de membre. 

Art. 45. Les démissions, pour être acceptées, devront être 
adressées, par écrit, au Président. 

Art. 46. Tout membre dont la Société aurait à se plaindre 
pourra être blâmé ou exclu. Le vote aura lieu au scrutin 
secret. Le blâme ou l'exclusion seront prononcés si l'affirma- 
tive réunit les deux tiers des suffrages. La demande d'appli- 
cation de cet article et le vote ne pourront avoir lieu dans la 
même séance. 

Art. 47. Tout membre qui cesse d'appartenir à la Société 
pour quelque cause et pour quelque motif que ce soit, ne 
peut rien réclamer de ses propriétés ; la perte de la qualité 
de membre le rendant aussi étranger à celle-ci que s'il n'en 
avait jamais fait partie. 

Art. 48. Le but de la Société étant exclusivement scienti- 
fique, le titre de membre ne saurait être utilisé dans une 
entreprise industrielle. 

| 2. — Bureau de la Société. 

Art. 49. La direction de la Société est confiée au Bureau, 
assisté d'un Conseil d'administration et d'un Comité perma- 
nent de publication. 

Art. 20. Le bureau de la Société se compose des officiers 
suivants : 

Président, 

4er et 2 e Vice-présidents, 

Secrétaire-général , 

Secrétaire-adjoint, 

Trésorier, 

Bibliothécaire- Archiviste . 

Art. 24 . Le Président occupe le fauteuil à toutes les séan- 
ces de la Société ; il propose les sujets de délibération, dirige 



- 8 — 

les discussions, résume les opinions, recueille les avis et 
prononce les décisions. En cas de partage, sa voix est prépon- 
dérante. Il nomme les commissions. 

Il est spécialement chargé de l'exécution du règlement. 

Il porte la parole au nom delà Société dans les circons- 
tances solennelles. 

Il signe les principaux actes de la Société et ordonnance 
les dépenses. 

Art. 22. Les Vice-Présidents remplacent le Président en 
cas d'absence ou d'empêchement. En leur absence, le fauteuil 
de la présidence est occupé par le doyen d'âge. 

Art. 23. Le Secrétaire -général est chargé de recevoir, de 
dépouiller et de rédiger la correspondance. Il prépare l'ordre 
du jour de concert avec le Président, le communique par 
lettres aux membres de la compagnie ; il fait les convoca- 
tions. Il rédige les procès-verbaux des séances. Il fait 
chaque année un rapport analytique sur les travaux de la 
Société. 

Il dresse un Catalogue et un inventaire des objets qui lui 
sont remis, et en rend compte tous les ans à la Commission 
d'économie. 

Art. 24. Le Secrétaire-adjoint aide le Secrétaire-général, 
et le remplace en cas d'absence ou d'empêchement. 

Art. 25. Le Trésorier reçoit et garde les fonds ordinaires 
et extraordinaires ; il poursuit le recouvrement des sommes 
dues, et paie toutes les dépenses sur le vu des ordonnance- 
ments du Président. 

Il rend ses comptes à la Société dans la dernière séance 
de décembre; il les dépose avec les pièces à l'appui entre 
les mains du Président, qui nomme une commission d'écono- 
mie pour les vérifier. Cette commission composée de trois 
membres fait connaître le résultat de cet examen à la 
Société, qui est appelée à approuver les comptes. Cette 
approbation est contresignée au procès- verbal de la séance 
et sert de décharge au Trésorier. 

Art. 26. Le Bibliothécaire-Archiviste a la garde de tous les 
manuscrits, registres et livres de la Société. Il est chargé de 
l'échange du Bulletin avec les publications des autres Sociétés 
savantes. 



- 9 - 

Art. 27. Les membres du bureau font partie de droit avec 
voix consultative de toutes les commissions temporaires. 

Art. 28. Le Conseil d'administration se compose du Prési- 
dent, du Secrétaire général, du Trésorier, plus de deux 
membres annuellement élus au scrutin secret. 

Art. 29. Le Conseil d'administration est chargé de l'exa- 
men de toutes les affaires financières, mobilières et conten- 
tieuses de la Société. Ses délibérations doivent toutes être 
ratifiées par la Société. 

Art. 30. Le Comité de publication se compose du Secré- 
taire-général et de quatre membres titulaires élus chaque 
année au scrutin secret et à la majorité absolue des suffrages. 
Ses attributions sont déterminées à Part. 40. 

Art. 34. L'élection des membres du Bureau, du Conseil 
d'administration et du Comité de publication, a lieu au 
scrutin secret dans la première quinzaine de janvier. Ils 
sont nommés pour une année. Le Secrétaire-général, le 
Trésorier, l'archiviste et les membres du Conseil et du Comité 
peuvent seuls être réélus immédiatement dans les mêmes 
fonctions. 

Le \ er Vice-Président est celui qui a réuni le plus de 
suffrages. 

Art. 32. Le Président pourra être pris parmi les membres 
honoraires résidant à Toulouse. Les autres membres seront 
choisis parmi les membres titulaires résidents. 

Les membres titulaires non résidents sont invités à voter 
par correspondance pour l'élection du Président. Ils reçoi- 
vent une circulaire à cet effet. 

TITRE III. 
, Travaux de la Société. 

§ 1 er . — Séances. 

Art. 33. La Société tient ses séances le mercredi, à 8 
heures du soir. Elles s'ouvrent le premier mercredi après 
le 1 5 novembre, et ont lieu toutes les semaines, jusqu'au \ er 
mercredi du mois d'août inclusivement. 



— 10 — 

Art. 34. Les séances ordinaires delà Société seront réglées 
de la manière suivante : 

1° Lecture du procès-verbal de la séance précédente. 

2° Communication de la correspondance et des dons faits 
à la Société. 

3° Présentation et nomination des nouveaux membres de 
la Société. 

4° Communications verbales ou lecture des Mémoires pré - 
sentes parles membres de la Société. 

Art. 35. Avant chaque séance, le Président et le Secrétaire 
général compléteront l'ordre du jour. 

Tout membre qui aura l'intention de faire une communi- 
cation à la Société, devra se faire inscrire avant la séance, 
pour être appelé par le Président, à son tour. 

Art. 36. Les votes seront pris à la majorité des membres 
présents par assis ou levé pour les questions ordinaires; et 
au scrutin secret pour les cas prévus par le règlement, ou 
chaque fois que trois membres le demanderont. 

Art. 37. Nul ne pourra prendre la parole, s'il ne la tient du 
Président. Toute discussion étrangère aux travaux de la 
Société est formellement interdite. 

Art. 38. La Société tient, tous les ans, une séance publique. 
Après le discours d'ouverture, prononcé par le Président, le 
Secrétaire-général fait un rapport sur les travaux de la 
Société. Il pourra être fait, dans cette séance, des lectures 
sur un sujet d'histoire naturelle. Dans ce cas, aucun membre 
ne pourra prendre la parole, sans avoir communiqué son 
travail à la Société, qui devra donner ou refuser son appro- 
bation. 

§ 2. — Publications. 

Art. 39. La publication des découvertes ou études faites 
par les membres de la Société et par les commissions, a lieu 
dans un recueil imprimé aux frais de celle-ci, sous le titre 
de : Bulletin de la Société d'Histoire naturelle de Toulouse. 
Chaque livraison porte son numéro et la date de sa publi- 
cation. 

Art. 40. Tous les mémoires, manuscrits lus ou communi- 
qués à la Société, tous les rapports scientifiques sont soumis 



- 41 — 

au Comité de publication; il décide l'impression des travaux 
qui lui sont remis, s'entend avec les auteurs pour les modi- 
fications, suppressions, etc., qui lui paraissent opportunes. 
Ses droits sont absolus et ses décisions sans appel. Il donne 
le bon à tirer et surveille l'impression. 

Art. 41. La Société laisse aux auteurs la responsabilité de 
leurs travaux et de leurs opinions scientifiques. Tout Mémoire 
imprimé devra donc porter la signature de l'auteur. 

Art. 42. Celui-ci conserve toujours la propriété de son 
œuvre. Il peut en obtenir des tirages à part, des réimpres- 
sions, mais par l'intermédiaire de la Société. 

Art. 43. Les frais de gravures et de lithographies, etc. , 
accompagnant les Mémoires, et approuvés par la commission, 
sont au compte particulier de l'auteur. Toute dérogation à 
cette disposition devra être autorisée par le comité. 

Art. 44. Les procès-verbaux doivent être remis aux Jour- 
naux et Revues dans la huitaine. Les membres qui auraient 
fait une communication, sont invités à remettre dans un délai 
de cinq jours leurs notes pour servir au Secrétaire. S'ils ne 
répondent pas à cette invitation, ils ne seront admis à élever 
aucune réclamation sur la manière dont le Secrétaire aura 
rendu dans son procès-verbal leurs paroles ou leurs opi- 
nions. 

Art. 45. Les membres honoraires et titulaires auront droit 
au Bulletin. Les membres correspondants pourront se le 
procurer, moyennant la somme de 6 fr. Les livraisons et 
volumes seront mis en vente aux prix déterminés par le 
Bureau. 

§ 3. — Excursions. 

Art. 46. La Société fait, lorsqu'elle le juge convenable, des 
excursions scientifiques, dans la région dont Toulouse est le 
centre. 

Art. 47. Un règlement spécial est consacré à ces explora- 
tions. Le choix des localités, le but des recherches, le mode 
d'organisation, les détails d'exécution et toutes choses utiles 
pour en assurer le bon ordre et les résultats sont l'objet de 
ses prescriptions. 



_ 12 — 

§ 4. — Collections. 

Art. 48. Les membres de la Société sont tous invités à lui 
adresser les échantillons qu'ils pourront réunir. 

Les objets sont délivrés, sur reçu, à l'administration du 
Muséum; chaque objet porte le nom du donateur et celui de 
la Société. 

§5. — Etudes particulières. 

Art. 49. Les livres appartenant à la Société ne peuvent 
être confiés à ses membres que sur reçu et pour un temps 
déterminé qui n'excédera jamais quinze jours. 

Art. 50. Les archives ne pourront être consultées que dans 
le local de la Société : toutefois, lorsque l'auteur d'un tra- 
vail désire en faire une copie, le manuscrit peut lui être 
confié, aux mêmes conditions que les livres. 

TITRE IV. 
Dispositions générales. 

Art. 51 . Les revenus de la Société sont : 

1 o Droits de diplôme ; 

2° Cotisations annuelles des membres titulaires ; 
3° Abonnement facultatif des membres correspondants; 
4° Produit de la vente des publications de la Société; 
5° Subventions accordées par l'Etat, le Département, la 
Municipalité ; 
6° Legs et dons. 

Art. 52. En cas de dissolution, les diverses propriétés de 
la Société reviendront de droit à la ville de Toulouse. 

Art. 54. Le présent Règlement sera valable à partir du 
jour de son adoption par la Société; sa révision ne pourra 
avoir lieu que sur une demande signée par dix membres et 
après avoir été adoptée à la majorité des deux tiers des voix 
des votants, dans une séance spécialement annoncée. 



- 13 — 

RÈGLEMENT 

DES EXCURSIONS, 



Art. 1 er . Les excursions faites par la Société en vertu de 
l'art. 40 du Règlement général, sont de deux sortes : 

4° Extraordinaires, quand elles ont lieu loin de Toulouse ; 

2° Ordinaires, quand elles sont faites dans les environs 
immédiats de Toulouse. 

Art. 2 Les excursions extraordinaires peuvent, en outre, 
être suivies d'une séance extraordinaire et publique, tenue 
dans une des villes de la région où elles s'exécutent. 

TITRE I er . 

Excursions extraordinaires. 

§ 1 er . — Dispositions préliminaires. 

Art. 3. Chaque année une Commission composée de cinq 
membres, nommés en séance, sera chargée d'examiner les 
projets d'excursions extraordinaires qui lui seront soumis 
pour l'année courante. Son rapport devra être déposé, au 
plus tard, avant le 45 février. 

Art. 4. Les projets soumis à l'examen de la Commission 
devront renfermer les indications suivantes : 

4° Voies de communication et moyens de transport. 

2° Epoque présumée la plus favorable pour l'exécution de 
la course. 



- 14 - 

3° Détails indispensables d'organisation et programmes à 
suivre. 

4° But principal de l'excursion. 

5° Enfin, description succincte de la région proposée. 

Art. 5. Un devis approximatif des dépenses prévues sera 
joint au dossier et devra renfermer spécialement l'indication 
des frais préliminaires que peut entraîner l'organisation de 
la course. 

Art. 6. Ces projets restent placés sous la responsabilité de 
ceux qui les présentent, et, en cas d'acceptation par la 
Société, ils doivent prendre l'engagement d'en assurer la 
bonne exécution. 

Art. 7. Dès que les projets auront été adoptés, en séance, 
par la Société, ils seront imprimés et distribués dans le plus 
bref délai et annoncés dans les journaux, quinze jours au 
moins avant la date fixée pour leur exécution. 

§ 2. — Dispositions générales. 

Art. 8. Lorsque la Société fait une excursion extraordi- 
naire, un Bureau spécial composé d'un Président, d'un 
Vice-Président et d'un ou plusieurs secrétaires, est choisi 
par et parmi les membres présents pour toute la durée de 
l'excursion. 

Art. 9. L'organisateur de la course fait, de droit, partie 
des secrétaires. 

Art. 10. Le Président prend toutes les mesures nécessaires 
pour assurer la parfaite exécution du programme et en 
maintenir l'ordre. Il préside les séances publiques extraordi- 
naires. En cas d'empêchement, il est suppléé par le Vice- 
Président. 

Art. 1 1 . Les Secrétaires rédigent les rapports qui seront 
lus plus tard en séances ordinaires, et s'aident pour cela 
des notes recueillies par tous les membres présents à la 
course. 

Art. 12. En dehors du Bureau spécial, le secrétariat per- 
manent continue de fonctionner pour toutes les affaires delà 
Société. 



— 15 - 

Art. 13. Les membres qui ne se conformeraient pas aux 
décisions et aux mesures d'ordre qui seront prises par le 
Bureau spécial, perdront, pour les excursions, tout droit 
aux facilités que leur assurerait leur titre de membre de la 
Société. 

Art. 14. Aucun membre de la Société, à l'exception du 
Président de l'excursion, ne peut, en l'absence du Bureau 
spécial, se considérer comme représentant la Société en 
quelque lieu que ce soit, ni vis-à-vis de qui que ce soit, à 
moins qu'il n'ait reçu, à cet effet, un ^mandat spécial du 
Bureau provisoire. 

Art. 15. Suivant les circonstances, la durée de l'excursion 
peut être prolongée ou abrégée par le Bureau spécial. 

§ 3. — Frais généraux. 

Art. 16. Cinq jours, au moins, avant la date fixée pour 
l'excursion, un registre de souscription sera ouvert au 
Secrétariat-général ou dans tout autre endroit jugé préféra- 
ble, et les membres qui voudrout y prendre part devront s'y 
inscrire. 

Art. 17. En s'inscrivant, les membres devront verser inté- 
gralement à titre d'arrhes, le montant de la somme fixée 
pour les dépenses préliminaires d'organisation. 

Art. 18. Deux jours avant le départ, ce registre sera clos et 
les sommes versées à titre d'arrhes ne pourront être rem- 
boursées, sauf décision contraire du Conseil d'administra- 
tion. 

Art. 19. En partant, les membres présents verseront entre 
les mains du Secrétaire organisateur le complément de la 
somme prévue par le devis approximatif des dépenses de 
l'excursion. 

Art. 20. Chaque soir, le Secrétaire organisateur rend compte 
de l'emploi des sommes versées entre ses mains, et, s'il y a 
lieu, procède à un nouvel appel de fonds. 

Art. 21. Toutes les dépenses non prévues dans le devis 
approximatif ou celles qui n'auraient point été décidées par 
le Bureau spécial, restent à la charge de chaque membre. 



— 16 — 

Art. 22. Les membres da la Société qui prendraient part 
aux excursions sans avoir été préalablement inscrits sur le 
registre de souscription, ne le feraient qu'à leurs risques 
et périls, et ne pourraient prétendre avoir le droit de jouir 
des bénéfices de l'association réservés aux seuls souscrip- 
teurs. 

TITRE II. 

Excursions ordinaires. 

Art. 23. Les courses ordinaires ont lieu deux fois par mois, 
le dimanche et jours de fêtes, depuis le 1 er avril jusqu'au 30 
septembre. 

Art. 24. Une Commission spéciale composée de trois mem- 
bres, nommés en séance, pour un an, fixe la date de chaque 
course et la localité, et indique l'heure du départ et le lieu 
du rendez-vous. 

Art. 25. Cette Commission dirige les courses ou délègue 
un de ses membres pour les diriger. 

Art. 26. Chaque course est annoncée dans la séance ordi- 
naire qui la précède. 

Art. 27. Un membre choisi par et parmi les membres 
présents fait, à la séance suivante, un rapport sur l'excur- 
sion. 

Art. 28. Les courses se font à frais communs et les dépen- 
ses sont partagées proportionnellement au nombre des 
membres présents. 

Art. 29. Si la course doit entraîner des frais préliminaires, 
les membres qui voudront y prendre part devront se faire 
inscrire au secrétariat. La liste sera close le samedi, veille de 
l'excursion, à midi. 

Art. 30. Ce règlement ne pourra être modifié que sur 
demande motivée introduite par trois membres et appuyée 
par un vote de la Société. 



- 17 — 

ÉTAT 

DES MEMBRES DE LA SOCIÉTÉ D'HISTOIRE NATURELLE 

DE TOULOUSE. 

1« Janvier 1873. 

membres nés. 

M. le Préfet du département de la Haute-Garonne. 

M. le Maire de Toulouse. 

M. le Recteur de l'Académie de Toulouse. 

membres honoraires. 

MM. 

1866 D r Clos, Directeur du Jardin des Plantes de Toulouse. 

— E. Dulaurier & , Membre de l'Institut, Professeur à l'Ecole des 
Langues orientales vivantes, 27, rue Nicolo. Paris. 

— D r N. Joly $f, Professeur à la Faculté des sciences , 23, quai de 
Brienne Toulouse. 

— D r J.-B. Noulet $s Directeur du Musée d'histoire naturelle, 14, 
rue du Lycée. Toulouse. 

— Layoçat $s Directeur de l'Ecole vétérinaire. Toulouse. 
1868 Daguin $s Professeur à la Faculté des sciences, 44, rue Saint- 
Joseph. Toulouse. 

— D r Léon Soubeyran, Professeur à l'École de pharmacie, 4 7, rue des 
Ecoles. Paris. 

1872 L'abbé D. Dupdy, Professeur au Petit-Séminaire. Auch (Gers). 

— Paul de Rouville, Professeur à la Faculté des sciences. Montpellier 
(Hérault). 

membres titulaires. 

Fondateurs. 

MM. D'Aubuisson (Auguste), 1 , rue du Calvaire. Toulouse. 

Bonnal (Edmond), avocat, 44, rue Saint-Rome. Toulouse. 
Cartailhac (Emile), Conservateur-adjoint au Musée d'histoire 

naturelle, 36 bis, rue Valade. Toulouse. 
Chalande (J. -François), 3, rue Clémence-Isaure Toulouse. 
Fouque (Charles), 64, rue de la Pomme. Toulouse. 
D r Félix Garrigou, 38, rue Valade. Toulouse. 
D r Joly (Emile), Médecin aide-major. 
Lacroix (Adrien), 20, rue Peyrolières. Toulouse. 
Marquet (Charles), U, rue Saint-Joseph. Toulouse. 

TOM. VU. 2 



- 18 - 

MM. De Montlezun (Armand). Gimont (Gers). 

Pl\, Inspecteur des Ecoles primaires. Lectoure (Gers). 
Trutat (Eugène), Conservateur du Musée d'histoire naturelle, rue 
des Prêtres, 3. Toulouse. 

MM. 

1866 Colonel Belleville (Eugène), $s 28, rue Saint-Rome. Toulouse. 

— Bordenave (Auguste), Chirur. -dentiste, 1 , rue du Taur. Toulouse. 

— Calmels (Henri), 3, place Intérieure-Saint-Michel. Toulouse. 

— Faure de Laferrière (Amédée), rue Transversale. Toulouse. 

— Filhol (Henri), int. des hôpitaux de Paris, 6, avenue Frizac. 

Toulouse. 

— D r Gourdon (Jean). Professeur à l'Ecole Vétérinaire. Toulouse. 

— D r Guiraud, Grande rue Villebourbon. Montauban (T. -G.). 

— Lassère (Raymond) #, capitaine d'artillerie en ret., 9, rue Mata- 

biau. Toulouse. 

— De Malafosse (Louis), château de Varennes, près Baziège (H.-G.). 

— Pendâries (Emmanuel). Villematier, près Villemur (H. -G.). 

— De Pla.net (Edmond), Ingénieur civil, 46, rue des Amidonniers. 

Toulouse. 

— Regnault (Félix), 28, rue des Balances. Toulouse. 

— Rozy (Henri), Professeur à la Faculté de Droit, 10, rue Saint- 

Antoine-du-T. Toulouse 

1867 Comte D'Adhémar (Victor), 5, rue Donne-Coraille. Toulouse. 

— Biroteau, 1 , rue Sesquière. Toulouse. 

— L'abbé Carrière, 11, rue Pharaon. Toulouse. 

— Compayre (Ernest), juge de paix. Gaillac (Tarn). 

— De Constant- Bonnev al (Hippolyte), 18, rue des Arts. Toulouse. 

— D r Thomas (Philadelphie). Gaillac (Tarn). 

1868 Gantier (Antoine), Château de Picayne, près Cazères (H. -G.) 

— Jougla (Joseph), étud. en méd., 14, place du Capitole Toulouse. 

— Comte de Satvirucy-Luzençon (Félix), 31, rue du Vieux-Raisin. 

Toulouse. 

1869 Izarn, Commis principal des douanes, 22, rue St-Antoine-du-T. 

Toulouse. 

1870 Buffet del Mas, 33, rue des Couteliers. Toulouse. 

— Fagot (Paul), notaire à Vil lef ranch e-de-Laurag. (Haute-Garonne). 

— Flotte (Léon). Crépy- en- Valois (Oise). 

1870 L. Joulin, Ingénieur à la poudrerie. Toulouse. 

1871 Chelle (J. -Bernard), Secrétaire de la mairie. Bagnères-de-Luchon 

(Haute-Garonne). 

— Delevez, Inspecteur de l'instruction primaire. Villefranche (H. -G.). 

— Desjardins (Edouard), Jardinier en chet à l'Ecole vét. Toulouse. 



- 19 - 

MM. 

1871 Guy, Directeur de l'Aquarium Toulousain, 15, rue de Cugnaux. 

Toulouse. 

— Laffont, Vérificateur de l'enregistremrnt, 3, rue Deville Toulouse, 

— De Malafosse (Gaston), avocat, 13, Grande rue Nazareth. 

Toulouse. 

— Pujol (Auguste), Rédacteur en chef du Journal de Toulouse, 44, 

rue Saint-Rome. Toulouse. 

— D r Reseguet (Jules), 3, rue Joutx-Aigues. Toulouse. 

1872 D r Alibert, Grande rue Villehourbon. Montauban (T.-et-G.). 

— Aubouy (Antonin), Directeur des Ecoles municipales, 2, rue de la 

Gendarmerie. Montpellier (Hérault). 

— L'abbé Avignon, 22, rue Pharaon, Toulouse. 

— D r Bégué, Inspecteur des Enfants assistés. Lalande, près Toulouse. 

— Bessaignet (Paul), 13, rue des Chapeliers. Toulouse. 

— Bidaud (Louis), Chef des travaux chim. à l'Ecole vét. Toulouse. 

— Bioche (Alphonse), 10, rue Taranne. Paris. 

— Du Bourg (Gaston), 6, place Sainte-Scarbes, Toulouse. 

— Castel (Julien), 16, rue Montplaisir. Toulouse. 

— Delisle (Fernand), Etudiant en méd., 13, rue Peyras. Toulouse. 

— Detroyat (Arnaud), banquier. Bayonne (B.-Pyr.). 

— Esparseil (Marius), Architecte. Carcassonne (Aude). 

— Fontan (Alfred), Receveur de l'enreg. Mazamet (Tarn). 

— Fouquet (Camille), capitaine au 23 e d'art., 34, boulevard Saint 

Pierre. Toulouse. 

— Fournier (Lucien), Bagatelle, près St-Gaudens (H. -G.). 

— GAY(Paul), Villefranche-de-Lauragais(H.-G.) 

— Germain (Prosper) $s vétérinaire de l re classe en retr., 1 5, avenue 

Frizac. Toulouse. 

— Germain (Victor) $s capitaine de cavalerie en retr. , 1 5, Avenue 

Frizac. Toulouse. 

— Gèze (Louis), 17, place d'Assézat. Toulouse. 

— De Gourdon (Maurice). Bagnères-de-Luchon (H.-G.). 

— De Cardenal (Joseph), avocat, 42, rue de la Pomme. Toulouse. 

— Huttier, Conduct. des ponts-et-chaus. , 5. r. Dalayrac. Toulouse. 

— Lacaze, pharmacien, membre du Conseil municipal, 41, rue de la 

République. Toulouse. 

— Général de Nansouty (Charles). Bagnères-de-Bigorre (H. -P.). 

— Pougés (Gabriel), Membre du Conseil d'arrond., 5, rue St- Aubin. 

Toulouse. 

— Rey-Lescure. Faubourg du Moustier, Montauban (T.-et-G.). 

— De Rivals-Mâzères (Alphonse), 11, place St-Etienne. Toulouse. 

— Rouquet (Baptiste), pharmacien. Villefranche-de-Lauragais (H.-G.) 



- 20 - 
MM. 

1 872 De Saint-Simon ((Alfred), 6, rue Tolosane. Toulouse. 

— Seignette (Paul), Principal du Collège. Foix (Ariége). 

— Teulade (Marc), 8, rue Malcousinat. Toulouse. 

•1873 D r Folie-Desjardins $S Médecin-major de i re cl. au 88 e de ligne. 
Cahors (Lot). 

Membres correspondants. 

MM. 

1866 D r Bleicher, Médecin-major. Algérie. 

— D r Délaye, médecin, rue de Cugnaux. Toulouse. 

1867 D l Caisso. Glermont (Hérault). 

— Fourcade (Charles), Naturaliste. Bagnères-de-Luchon (H. -G.). 

— Joly (Arthur), professeur au Lycée de St-Denis (Réunion). 

1 868 d'Aquila (Louis), 44, Avenue Uhrich. Paris. 

— d'Aquila (Philippe). Rio-de-Janeiro (Brésil). 

— Aimard, Archiviste. Le Puy (Haute-Loire). 

— Ballarin, Professeur à l'Université. Saragosse (Espagne; . 

— L'abbé Béteille, curé à Montauriol (Aude). 

— D r Bras, à Villefranche (Aveyron). 

— Chantre (Ernest), attaché au Muséum de Lyon, 37, Cours Morand. 

Lyon (Rhône). 

— Desrrochers des Loges, Percepteur. Gannat (Allier). 

— Lalande (Philibert), Receveur des Hospices. Brives (Corrèze). 

— Massenat (Elie), Manufacturier. Brives (Corrèze). 

— Paparel, Percepteur. Mende (Lozère). 

— Poujol (Henri). Meyrueis (Lozère). 

— Rorert, Conservateur du Musée d'hist. nat. Le Puy (H.-Loire). 

— Comte de Saporta (Gaston). Aix (Bouches-du-Rhône), 

— Valdemar Schmidt , attaché au Musée des antiquités du Nord. 

Copenhague (Danemarck). 

— Venker, Naturaliste. Charleville (Belgique). 

1869 Malinowski, Professeur au Collège. Cahors (Lot). 

— De Messe-Meker. Bergues, près Dunkerque (Nord). 
1871 Bicbe, Professeur au Collège. Pézénas (Hérault). 

— Peyridieu, ancien Professeur de Physique dans l'Université., 31, 

Faubourg-Matabiau. Toulouse. 

— Piette (Edouard), Juge de paix. Craonne (Aisne). 

— Chalande (Henri), Sous-officier dans l'infant, de marine. Nouméa. 

(Nouvelle-Calédonie). 

— De Chapel-d'Espinassoux (Gabriel), '25, Boulevard de l'Esplanade. 

Montpellier (Hérault). 



— 21 — 
MM. 

4 871 Marquis deFouN (Léopold), Comm. du port. Bayonne (B.-P.). 

— Pasteur Frossard, Président de la Société Ramond. Bagnères-de- 

Bigorre (H. -P.). 

— Gassies, Conservateur du Musée préhistoriq. Bordeaux (Gironde). 

— Issel (Arthur), Professeur à l'Université. Gênes (Italie). 

— Lacroix (T.), Pharmacien. Mâcon (Saône- et-Loire). 

— Lacroix (Francisque). Id. 

— Linarès. Limeuil (Dordogne). . 

— Marinoni (G.), attaché au Musée civique. Milan (Italie). 

— D r De Montesquiou (Louis). Lussac, près Casteljaloux (L.-et-G). 
1873 D r Retzius (Gustave), Prof, à l'Institut Carolinien. Stockolm. 

(Suède). 



LISTE 
des Académies et Sociétés savantes 

Avec lesquelles la Société d'Histoire naturelle est en correspondance. 



Académie des Sciences. — Institut. 

Académie des sciences,, inscriptions et belles-lettres de Toulouse. 

Académie des sciences, arts et belles-lettres de Caen (Calvados). 

Académie des sciences, belles-lettres, et arts de Clermond-Ferrand (Puy de 

Dôme). 
Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon (Côte-d'Or). 
Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon (Rhône). 
Académie des belles-lettres, sciences et arts de La Rochelle (Charente-Inf/,. 
Académie des sciences, belles-lettres et arts de Savoie, à Chambéry. 
Académie des sciences, belles-lettres et arts de la Somme, à Amiens. 
Académie Stanislas, à Nancy. 
Société d'anthropologie, à Paris. 
Société géologique de France, à Paris. 
Société zoologique d'acclimatation, à Paris. 
Association scientifique de France, à Paris. 
Société entomologique de Belgique, à Bruxelles. 
Société archéologique du midi de la France, à Toulouse. 
Société d'agriculture de la Haute-Garonne, à Toulouse. 
Société de médecine, chirurgie et pharmacie de Toulouse. 
Société scientifique et littéraire d'Alais (Gard). 
Société algérienne de climatologie, à Alger. 
Société centrale d'agriculture, horticulture et acclimatation des Alpes-Maritimes, 

à Nice. 



- 22 - 

Société d'études scientifiques d'Angers (Maine-et-Loire). 

Société linnéenne d'Angers (Maine et Loire). 

Société des sciences naturelles et historiques de l'Ardèche, à Privas. 

Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron, à Rodez. 

Société archéologique, scientifique et littéraire de Béziers (Hérault). 

Société linnéenne de Bordeaux (Gironde). 

Société des sciences physiques et naturelles de Bordeaux (Gironde). 

Société des sciences naturelles et historiques de Cannes (Alpes- Maritimes). 

Société d'histoire naturelle de Colmar (Alsace). 

Société d'agriculture, sciences et arts de Douai (Nord). 

Société d'études scientifiques et archéologiques de Draguignan (Var). 

Société académique des Hautes-Pyrénées, à Tarbes. 

Société d'émulation du Jura, à Lons-le-Saulnier. 

Société d'agriculture, industrie, sciences, arts et belles-lettres de la Loire, à 
Saint-Etienne. 

Société académique de la Loire-Inférieure, à Nantes. 

Société d'agriculture, industrie, sciences et arts de la Lozère, à Mende. 

Société d'agriculture, histoire naturelle et arts utiles de Lyon (Rhône). 

Société académique de Maine-et-Loire, à Angers. 

Société d'histoire naturelle de Metz (Lorraine). 

Societa italiana di scienze naturali de Milan. 

Société d'émulation de Montbéliard (Doubs). 

Société polymathique du Morbihan, à Vannes. 

Société impériale des naturalistes de Moscou (Russie). 

Société linnéenne de Normandie, à Caen. 

Société d'agriculture, sciences, arts et commerce du Puy (Haute-Loire). 

Société Ramond, à Bagnères-de-Bigorre. 

Société académique des sciences, arts, belles-lettres et agriculture de Saint- 
Quentin (Aisne). 

Société des sciences historiques et naturelles de Semur (Côte-d'Or). 

Société d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres de Troyes (Aube). 

Société d'agriculture et d'horticulture de Vaucluse, à Avignon. 

Société d'émulation des Vosges, à Epinal. 

Société des sciences naturelles de Vitry-le-Français (Marne). 

Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, à Auxerre. 

Journaux et Revues. 

Bulletin de la réunion des officiers. — Paris. 

Bulletin mensuel de l'observatoire de Monlsouris. — ■ Paris. 

Matériaux pour servir à l'histoire primitive et naturelle de l'homme. — Paris 

et Toulouse. 
Hevue médicale de Toulouse. 






BULLETIN 



DE LA 



r r 



SOCIETE D'HISTOIRE NATURELLE 

DE TOULOUSE. 
SEPTIÈME ANNÉE 1872-1873 

Séance de rentrée du 20 novembre 1872. 

Présidence de M. le D r Gourdon. 

La Société a reçu les publications suivantes : 

Bulletin de la Société d' Agriculture , industrie , sciences et arts 
du département de la Lozère, tome XXI. Août à décembre 1870 -, 
tome XXII, 1871, tome XXIII, 4872, janvier à septembre, 8° 
Monde. 

Société académique des Hautes- Pyrénées, 15 e , 14 e et 15 e années 
1870-71-72. Tarbes, 8°, 1872. 

Mémoires de la Société d'émulation de Montbéliard, 2 e série, 
5 e volume, 8°, 24 planches. 

Mémoires de V Académie des sciences, belles-lettres et arts de 
Lyon, classe des sciences, tome XVIII e , Paris-Lyon, 1870-71, 
gr. 8° -, planches. 



— 24 - 

Société Académique des sciences, arts, belles-lettres, agriculture 
et industrie de Saint-Quentin, 3 e série, lome IX, 1870. 

Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de 
V Yonne, année 1872, 26 e vol, Auxerre, 1872, 

Société centrale d'agriculture, d'horticulture et d'acclimatation 
de Nice et des Alpes maritimes, 2 e série, année 1872, avril, mai, 
juin, juillet, août, septembre. 

Bulletin de la Société d'histoire naturelle de Colmar, 8 e et 9 e 
années 18651-868. Colmar. 

Revue médicale de Toulouse 1872, plus -.Compte rendu des tra- 
vaux de la Société de médecine, chirurgie et pharmacie de Tou- 
louse, 8°, 1872. Toulouse. 

Mémoires de la Société académique d'agriculture, des sciences et 
belles-lettres du département de l'Aube, t. VII, 3 e série, année 1870. 
Troyes, 8°. 

Bulletin de la Société polymathique du Morbihan, années 1861 - 
2-5-4-5 ,(6 abest)-7 (1 er sem.)-9, en tout 11 livraisons 8°, avec 
planches. 

Mémoires de la Société des sciences naturelles et historiques de* 
lettres et des beaux arts de Cannes et de l'arrondissement de 
Grasse, 2 e volume ; Cannes 1872. 

Bulletin de la Société des sciences historiques et naturelles de 
Semur (Côte d'Or), 8 e année, 1871. Semur 1872. 

Association scientifique de France , bulletin hebdomadaire , 
n os 256 à 263. 

Quelques mots sur les plantations des villes^ par J. B. Gassies 
Bordeaux 1872, 8% 16 p. 

Vie et travaux de Edouard Lartet, notices et discours publiés à 
l'occasion de sa mort, (delà part de sa famille), Paris, Beinwald 
1872, avec une photographie. 

Ce don est d'aulant plus précieux pour la Société d'Histoire 
naturelle, que le regretté Edouard Lartet lui appartenait en 
qualité de membre honoraire. 

Les divers travaux de l'illustre paléontologiste sont énumérés 



- 25 — 

avec détails dans cet opuscule, grâce auquel il est facile de voir 
combien a été remplie par la science la vie du savant professeur. 

Bulletin météorologique mensuel de l'observatoire de Paris, 
n os 7, 8 et 9 (juillet, août, septembre), in-4° avec planches. 

L'éruption du Vésuve en avril 4872, par le D r Guiraud. 
Montauban 1872, in-8°. (Ext. du Recueil de la Soc. des se, bel- 
les let. et arts de Tarn-et-Garonne). 

Salla nécessita di una coordinasione degli studi preistorici, par 
Cav. F. Mardi- Raffaelli, br. 8°, Fermo 1872. 

Séances et excursions, programme, renseignements pour les 
membres du Congrès (international d'anthropologie et d'archéologie 
préhistorique). Session de Bruxelles 1872, 8°, plan et carte. 

Edouard Lartet, sa vie et ses travaux, par le D r Hamy, 
Bruxelles 1872, 8°. 

Ces trois dernières brochures sont offertes par M. Gartailhac, 
ainsi que : 

La Revue scientifique, 7 fascicules contenant le Compte rendu 
de la session à Bordeaux de l'association française pour l'avan- 
cement des sciences, en partie rédigé par Emile Gartailhac. 

Bulletin de la réunion des officiers, 2 e année, n os du 26 oct. 
des 2, 9, 16 novembre 1872. Accompagné d'une lettre de M. le 
colonel Belleville annonçant que, par son entremise, l'échange 
avec notre bulletin a été accepté. 

Une lettre de M. E. Mulsant accompagnant l'envoi des Annales 
de la Société d : Agriculture , d'Histoire naturelle et des arts utiles 
de Lyon, 4 e série, t. 1 et 2, 1868-69. 

Une lettre de M. le Maire de Toulouse transmettant une 
demande du Préfet qui, au nom du Ministre de l'instruction publi- 
que, réclame des renseignements sur notre compagnie. 

Une lettre de M. le Dr Faudel accompagnant les n os 8 et 9 
(années 1867-68), de la Société d'Histoire naturelle de Colmûr. 

Une lettre de M. Ch. Lebrun, secrétaire perpétuel de la Société 
d'émulation du département des Vosges, en envoyant la collection 
des Mémoires. 






— 26 — 

Une lettre de M. G. Bossauge, libraire à Paris, demandant le 
prix de notre Bulletin T. V. pour une publication bibliographique 
destinée à l'Amérique. 

La Société consultée fixe le prix de ce volume à 3 francs. 

Un n° de la Revue scientifique (9 nov. 72), où est un article sur 
VHistoire naturelle au baccalauréat. 

M. E. Trutat, conservateur du Musée d'histoire naturelle, 
annonec que toutes les collections de M. Henri Magnan ont été 
données à la ville par sa famille. Elles auront, aussitôt que pos- 
sible, une place digne d'elles, non seulement parce qu'elles sont 
importantes et très utiles, mais surtout parce qu'elles constituent 
les preuves matérielles des admirables travaux de celui que nous 
avons perdu. Quant aux manuscrits, ils seront publiés par la 
Société géologique de France, sous la direction de M. de Rouville. 
Plusieurs notices paraissaient destinées au bulletin de notre Société ; 
M. Joulin a bien voulu les mettre en ordre comme il suit. 



— 27 — 

COUPES DANS LA PARTIE CENTRALE 

DES PYRÉNÉES FRANÇAISES 

Mémoire posthume d' HENRI MAGNAN (1) 



TROIS COUPES A TRAVERS LES PETITES PYRÉNÉES 
DE L'ARIÉGE. 

(Mémoire rédigé à la fin de 1867.) 

Dans une récente communication à la Société géologi- 
que (2), en donnant un rapide aperçu du travail que je 
prépare sur un chaînon réunissant les Gorbières aux Céven- 

(1) Quelque temps avant sa mort, Henri Magnan avait annoncé à ses 
amis qu'il préparait un Mémoire sur les petites Pyrénées de l'Ariége. 
La partie graphique du travail se trouvait seule assez avancée au moment 
du fatal événement ; elle pouvait, du reste, être facilement complétée 
au moyen des planches qui accompagnent le Mémoire intitulé : Maté- 
riaux pour servir à une étude stratigraphique des Pyrénées et des Corbières, 
dont la publication a été léguée à la Société géologique de France. C'est 
pour remplir, autant que possible, les intentions de Magnan que le 
Comité de rédaction du bulletin de la Société d'Histoire naturelle de 
Toulouse a voulu recueillir cette œuvre inachevée d'un membre qui 
laisse un si grand vide dans la science. La portion déjà rédigée du 
Mémoire ne comprend, sous le titre de Coupe générale des Pyrénées 
françaises entre Cazères et le Mont-Rouch de France, que les considéra- 
tions générales et la description des terrains, depuis le terrain quater- 
naire jusqu'au crétacé moyen ; nous avons cru devoir faire précéder ces 
dernières pages écrites par Magnan, d'un court Mémoire intitulé : 
Trois Coupes à travers les petites Pyrénées de l'Ariége, travail incomplet 
qui n'était pas destiné à l'impression, mais qui, augmenté des dernières 
observations de l'auteur, devait former le Mémoire sur les petites Pyré- 
nées de l'Ariége, auquel Magnan attachait une grande importance, parce 
que cette étude avait été le point de départ de ses belles recherches sur 
la chaîne pyrénéenne. L. Joulin. 

(2) Bull. Soc. géol., V e sér., t. XXIV, p. 721 (1867). 



— 28 - 

nés (travail non encore terminé, car son champ s'est étendu 
beaucoup plus que je ne le pensais) (1), je fus amené à 
dire, à propos de la découverte de la zone à avicula contorta 
et des divers termes du lias, que je venais de faire dans ces 
régions : qu'il n'y avait pas de types exceptionnels pour 
les Corbières comme on l'avait cru jusqu'à ce jour ; que 
les terrains y étaient constitués, à peu de chose près, comme 
partout ; et j'ajoutais : 

« Je suis presque assuré que les Pyrénées ne feront pas 
tache au tableau ; leurs couches laissent déjà lire dans 
l'Ariège qu'elles veulent rentrer dans la loi commune. » 

Connaissant les travaux des divers savants qui se sont 
occupés des Pyrénées (2), et me rappelant les résultats con- 
signés dans mes notes, j étais alors entièrement persuadé 
que ces montagnes étaient construites sur le même modèle 
que les autres, qu'elles rentreraient un jour dans l'ordre, 
comme les Alpes y étaient rentrées grâce aux travaux 

(1) Ce travail n'a pas été publié. Il fait partie du Mémoire intitulé : 
Matériaux pour servir à une étude stratigraphique des Pyrénées et des 
Corbières. (L. J.) 

(2) Je citerai parmi les géologues qui ont écrit sur les Pyrénées 
depuis les belles observations faites par les auteurs de la Carte géolo- 
gique de la France : M. Leymerie, auquel ta science est redevable de 
nombreux travaux, et qui a signalé et souvent décrit, notamment dans 
la Haute-Garonne, des fossiles appartenant au silurien et au dévonien, 
au lias moyen et supérieur, à l'oolithe inférieure, au corallien, à 
la craie moyenne et supérieure, au garumnien, au nummulitique, 
au miocène; M. Durocher qui a étudié le terrain de transition; 
M. d'Archiac qui, après avoir fait connaître la craie du sud-ouest, 
a publié un grand travail sur les Corbières, où la craie inférieure 
moyenne et supérieure et les terrains tertiaires jouent un si grand rôle; 
M. Delbos qui, dans les Basses Pyrénées, a établi, en même temps que 
le savant que je viens de nommer, par des fossiles, l'existence du néoco- 
mien ; M. Raulin, dont les études ont éclairé quelques parties de la 
géologie des Pyrénées ; M. Vène, qui a publié plusieurs notes sur l'Aude ; 
M. Noguès, qui s'est notamment occupé des terrains jurassique et 
houiller des Corbières ; M. Jules François, qui a donné un Essai de 
Carte géologique de l'Ariège et divers travaux sur la chaîne ; M. Pouech, 



— 29 — 

MM. Lory, Favre, Vallet, etc. ; j'étais sûr que, comme 
le soutenaient avec juste raison, pour les Cévennes du 
Gard et de l'Hérault, M. Emilien Dumas et M. Paul de 
Rouville, les marnes irisées et gypseuses des Pyrénées étaient 
triasiques ; j'étais convaincu que les diversétages des terrains 
jurassique, crétacé et tertiaire y étaient représentés depuis 
l'infralias jusqu'à l'éocène lacustre à palœothérium ; mais je 
n'osais m'exprimer d'une manière certaine sans avoir trouvé 
une région moins disloquée que celles que j'avais parcou- 
rues, dont les couches faciles à observer pussent laisser voir 
sans hiatus toute la série. Cette région je l'ai enBn trouvée ; 
les coupes que l'on peut y faire confirment d'une manière 
complète mes dires; elle montre, à côté de complications 
inouïes, de renversements et de brisures gigantesques, des 
lieux où l'on voit se succéder dans leur ordre d'ancienneté 
tous les terrains étudiés en Europe, moins les formations 
houillère et permienne. 

Pouech, auquel on doit une consciencieuse étude des terrains avoisinant 
le Mas-d'Azil et Bélesta, et la découverte non loin de Foix de la 
zone à Avicula contorta; M. Noulet, dont les travaux paléontolo- 
giques ont servi à fixer l'âge du miocène sous-pyrénéen et de l'éocène de 
Sabarat ; M. Mussy, qui a publié d'intéressantes études sur les mines de 
l'Ariège; M. Virlet d'Aoust, qui a remis en question la nature de 
l'ophite (on se rappelle que ce savant considère cette roche comme 
sédimentaire et représentant en bien des points le muschelkalk) ; 
M. Garrigou, qui a publié des travaux sur l'époque quaternaire, 
sur la géologie des environs de Tarascon et de Foix, sur l'ophite, 
qu'il croit, lui aussi, sédimentaire, sur la craie moyenne du ver- 
sant nord de la chaîne; M. Dumortier, qui a signalé des fossiles 
appartenant à diverses formations; M. deVerneuil, l'auteur de la belle 
carte géologique d'Espagne, auquel la science doit plusieurs coupes du 
versant méridional des Pyrénées; M. Jacquot, qui s'est notamment 
occupé des Basses- Pyrénées et des Landes; M. Cotleau , le savant 
paléontologiste, dont le travail sur les Echinides fossiles des Pyrénées 
est connu de tous ; M. E. Frossard, qui a signalé, près de Bagnères- 
de-Bigorre, des fossiles liasiques à Serris et des fossiles coralliens à Asté et 
à Peune-Arrouye ; M. Hébert qui, tout récemment, a publié une étude sur 
la craie inférieure des Pyrénées, et qui a annoncé l'existence de YExo- 
gyra virgula dans la Haute-Garonne. 



— 30 - 

Cette région est comprise entre l'arête granitique du 
massif de Riverenert et d'Esplas et la plaine où coulent 
l'Arize et le Volp, tributaires de la Garonne; elle fait partie 
d'une petite chaîne en avant des grandes montagnes Pyré- 
néennes, chaîne que l'on peut suivre sans interruption sur 
150 kilomètres de longueur de Saint-Marcel et d'Aurignac 
dans la Haute-Garonne, jusque dans les Gorbières au- 
delà de Quillan et des Bains-de-Rennes, et dont la largeur 
moyenne est de 20 kilomètres environ. 

On peut désigner cette chaîne sous le nom de petites 
Pyrénées, et la région qui m'occupe, sous celui de petites 
Pyrénées de l'Ariège. Elle constitue, en effet, les basses 
montagnes dont la hauteur moyenne est de 6 à 700 mètres 
au-dessus du niveau de la mer. Vers le sud, les points cul- 
minants qui appartiennent au terrain de transition et au 
granit atteignent 1422 mètres au Tue de la Courate et 
1243 mètres au Pech d'Arbiel. 

Les terrains qui entrent dans sa formation se divisent en 
quatre séries qui sont discordantes l'une par rapport à 
l'autre; mais il est à remarquer que chacune de ces séries 
se compose de divers termes ou étages concordants entr'eux, 
ainsi que l'indique le tableau suivant : 



4 re Série. 



Terrain diluvien. 
Tertiaire moyen (Miocène). 



f Poudingue de Palassou et grès de Car- 
Tertiaire inférieur] cassonne, à Lophiodon et à Palœothe- 
(Eocène) ) rium, origine lacustre. 

( Nummulitique, origine marine. 

«e q,j ■ Garumnien (Craie Danienne, partie supérieure et moyenne du 
groupe d'Alel de M. d'Archiac). 

Crétacé supérieur (Craie de Maëstricht, grès inférieur du 
groupe d'Alet, Craie Sénonienne) 

Crétacé moyen (Turonien el Cénomanien). 



3^ Série. 



— 31 — 

Crétacé inférieur (Albien, Aptien, Néocomien). 

( Groupe Oolithique sup r , moyen et inférieur. 
Jurassique j Lias supérieur, moyen et inférieur. 
I Infralias. 

! Marnes irisées. 
Muschelkalk. 
Grès bigarré. 

( Dévonien. 
i Transition J Silurien. 
4 e Série. ? ( Cambrien ou Laurentien. 

\ Granitique (Granit, Gneiss.) 

Avant d'aller plus loin, je dirai que vue en grand et 
abstraction faite des accidents dont je parlerai bientôt, qui 
font apparaître ça et là le long d'immenses brisures des 
terrains d'âges différents, la région dont il s'agit se divise 
géologiquement et orograpbiquement en trois bandes 
orientées à peu près E 0. La bande méridionale est for- 
mée par le terrain granitique et de transition de la 4 e série 
(massif de Riverenert, massif d'Esplas) ; la bande moyenne, 
par le trias, le jurassique et le crétacé inférieur de la 3 e série 
(montagnes de Saint-Lizier, d'Audinac, de Montesquieu, 
de Lescure, de Durban) ; la bande septentrionale, par la 
craie moyenne, la craie supérieure, le garumnienetleocène 
delà 2 e série (petites montagnes de Lasserre, deTourtouse, 
de Sainte- Croix, de Mauvezin, de Camarade, du Mas- 
d'Azil). Au-delà, c'est-à-dire plus au Nord, le miocène et 
le terrain diluvien de la 1 re série s'étendent pour former la 
plaine, ou, si l'on aime mieux, le bassin sons-pyrénéen. 

A l'exception du miocène et du pliocène, tous les terrains 
compris dans le tableau précédent ont été fortement relevés 
courbés en voûte, souvent même renversés (un coup d'œil 
jeté sur les trois coupes qui accompagnent ce travail mettra 
ce fait hors de doute); des failles d'une étendue considéra- 
ble les séparent. J'en citerai quatre que l'on peut suivre 
sans interruption, quelques-unes sur plus de 100 kilomètres 



— oz — 

de longueur, c'est-à-dire bien en dehors de notre cadre ; je 
les désigne dans mes coupes sous les noms de failles du 
Lens, de Camarade, de l'Arize , de Castelnau-de-Durban ; 
elles courent, à peu de chose près, E.-O., et sont pour ainsi 
dire parallèles. Les deux premières limitent une bande de 
2 kilomètres environ de largeur, complètement renversée, 
formée par les terrains nummulitique, garumnien et crétacé 
supérieur ; cette bande s'étend depuis les environs du 
Mas-d'Azil jusqu'à Montsaunès sur les bords de la Garonne. 
La 3 e faille fait apparaître, entre la craie inférieure et la 
craie moyenne, le jurassique et le trias à Clermont, à Tau- 
rignan-Vieux, à Montesquieu ; la 4 e fait buter le terrain 
triasique de Rimonl , de Castelnau-de-Durban , contre le 
groupe de transition des massifs de Riverenert et d'Esplas. 

Les terrains pyrénéens affectent toutes sortes de direc- 
tions ; on pourrait, si on le voulait, y trouver la trace de bien 
des bouleversements, mais les directions les plus constantes 
sontO., quelques degrés N. et E.-O. Le groupe de transition 
court généralement E 20° à 30° N. Les coupes qui accom- 
pagnent cette note ont été faites suivant des lignes orien- 
tées N. S; elles sont donc perpendiculaires à la direction 
moyenne des couches (1). 

Malgré les brisures gigantesques et les renversements 
dont j'ai parlé, on peut voir en bien des points les rapports 
naturels des couches. C'est la coupe fig. 4, qui est la plus 
expressive, la plus simple, la plus complète que je con- 



(1) Mes coupes ont été dressées avec le plus grand soin à l'échelle de 
la Carte du dépôt de la guerre ^ôôW > les hauteurs ont été seulement 
doublées. J'ai parcouru pas à pas les lieux par où elles passent, et je puis 
assurer que rien n'a été laissé à l'imagination ; l'inclinaison des couches 
a été aussi fidèlement représentée qu'elle pouvait l'être à cette échelle. 

Ces coupes étant à peu près parallèles et courant N. S., je les ai dis- 
posées exactement les unes sous les autres pour montrer d'un coup d'œil 
la continuité des failles et des renversements dont je viens de parler, 
en les coordonnant à un même axe dirigé E. 0., suivant la direction 
moyenne des Pyrénées. 



- 33 — 

naisse dans les Pyrénées ; elle nous montre la concordance 
qui existe entre les divers termes de la 2 e série ; elle nous 
fait toucher du doigt la discordance qui sépare la 2 e série 
de la 3 e ; elle nous prouve que cette 3 e série, composée de 
la craie inférieure, du jurassique et du trias, est on ne peut 
plus concordante ; elle nous édifie enfin sur la manière dont 
la 3 e série se comporte ici vis-à-vis de la 4 e . 

Les fig. 2 et 3 sont surtout destinées à mettre en évidence 
les accidents de toutes sortes que les terrains appartenant 
aux 2 e et 3 e séries ont subis vers l'Est ; elles permettent de 
mieux comprendre, de mieux interpréter la coupe du 
Pech de Saint-Sauveur au N. de Foix, qui nest pas dû 
à un bombement simple, comme on le pensait, mais à 
plusieurs brisures correspondant à celles que j'ai observées. 

C'est ici le moment de dire qu'il ressort de mes coupes et 
de mes travaux encore inédits dans les Pyrénées, qu'à trois 
époques différentes , ces montagnes ont été émergées et en 
grande partie démantelées par les eaux : une première fois, 
après la période de transition ; une deuxième fois, après 
l'époque crétacée inférieure ; une troisième fois, après la 
formation de 1 eocène à palœotherium. En effet, à chacune 
de ces deux périodes de trouble, ont succédé des roches 
détritiques que je décrirai plus loin. 

Je vais donner maintenant quelques détails sur la com- 
position et la puissance des terrains si variés qui entrent 
dans la constitution des petites Pyrénées de l'Ariége. 

4 re Série : Terrain diluvien. — Ce terrain est composé 
d'argiles jaunâtres, rougeâtres, recouvertes par de nom- 
breux cailloux bien roulés de quartzite ; sa puissance 
varie ; elle n'est jamais bien considérable. Je n'y ai jamais 
trouvé la moindre trace de débris organiques, contraire- 
ment à certains auteurs, et je range cette formation dans 
les terrains quaternaires. On peut, du reste, lui donner le 
nom de diluvium des plateaux parce qu'on l'observe toujours 

3 



— 3i - 

sur les lieux élevés au-dessus du miocène, ou, en l'absence 
de ce terrain, sur des couches plus anciennes (Saint-Lizier 
entre Saint-Girons et Mondette, fig. 1). 

Terrain tertiaire moyen (miocène). — Cette formation, que 
Ton désigne ordinairement sous le nom de molasse d'eau 
douce, est, comme ce nom l'indique, d'origine fluvio-lacustre. 
Des argiles, des marnes maculées avec grumeaux calcaires, 
des sables plus ou moins grossiers passant quelquefois au 
grès, entrent dans ^a composition ; ses strates sont cons- 
tamment horizontales, tandis que celles de l'éocène sont 
toujours rélevées. Il est donc facile, dans la pratique, de 
séparer les deux terrains. On voit souvent au point de 
contact, des dépôts caillouteux et argileux qui annoncent 
une époque de trouble. 

L'ensemble de ce terrain est suffisamment caractérisé, 
ainsi que l'ont démontré MM. Lartet, Noulet et Leymerie(1), 
par les nombreux fossiles rencontrés dans le Gers, dans la 
Haute-Garonne et dans l'Ariège, parmi lesquels je citerai : 
Dinotherium giganteum, Kaup; Mastodon angustidens, Cuvier; 
Rhinocéros ; Melania aquitanica, Noulet, etc. Sa puissance 
est difficile à évaluer, elle est, dans tous les cas, considéra- 
ble. Les dépôts horizontaux du miocène s'élèvent dans 
l'Ariège à 697 mètres au-dessus du niveau de la mer (2) ; 
à Toulouse, qui est assis sur cette formation à \ 40 mètres 
d'altitude, un sondage de près de 80 mètres n'a pas 
atteint l'éocène, et il faut en conclure que la molasse a plus 
de 600 mètres d'épaisseur. 

2 e Série : Terrain tertiaire inférieur (éocène). — C'est par 
ce terrain que commence la 2 8 série et avec elle, dans les 

(1) Lartet> Notice sur la colline de Sansan, 1851. — Noulet, Mém. 
de l'Ac. des se. de Toulouse. De la répartition stratigraphique des 
corps organisés fossiles dans le terrain tertiaire moyen, 5 e sér., t. V, p. 
125. — Leymerie, Act. de laSoc. Linn.de Bordeaux, t. XXIV, 1 rc liv. 

(2) Puech, -Bull. Soc. géol.,^ sér., t. XXII, p. 15. 



— 35 — 

Pyrénées, les couches relevées et disloquées. L'éocène se 
divise en deux : le Poudingue de Palassou ou grès molasse 
de Garcassonne d'origine fluvio -lacustre, et le Nummulitique 
d'origine marine. 

Le Poudingue de Palassou est caractérisé par des argiles, 
des poudingues et des grès. Les argiles sont jaunâtres 
orangées, généralement très-puissantes ; les poudingues sont 
composés en majeure partie de cailloux calcaires de diver- 
ses grosseurs ; les cailloux proprement dits sont souvent 
impressionnés; les grès sont ordinairement gris, assez fins, 
à ciment calcaire, et bien connus dans le Midi sous le nom 
de pierre de Carcassonne. Ces trois sortes de couches 
alternent entr'elles et passent insensiblement del'uneàl'autre. 
Les grès renferment des débris de Lophiodon. Quelquefois, 
comme à Sabarat au Nord du Mas-d'Azil (Ariége), dans 
l'Aude et dans le Tarn, cette formation contient de puissantes 
couches calcaires , riches en fossiles terrestres ou d'eau 
douce, qui ont fait l'objet des études de M. Noulet (1). 
On trouve à Sabarat, localité dont la faune coquillière a 
été signalée par M. Noulet, les mollusques de Castres et du 
Mas-Saintes- Puelles, au nombre desquels je citerai : Pla- 
norbis Castrensis, Noulet; Cyclostoma formosum, Boubée ; 
Hélix Vialai, de Boissy, qui dans l'Aude et dans le Tarn 
accompagnent les Lophiodon, les Palœotherium magnum 
et minus , Cuv. ; Pterodon dasyuroides, de Biainv. ; les 
Chœropotamus Parisiens* s, Cuv., des gypses de Montmartre. 

La puissance de cette formation d'eau douce est très- 
considérable. Je suis sûr de rester bien en dessous de la 
vérité en l'évaluante 1,000 mètres. 

Le second terme de l'éocène, le Nummulitique, est formé 
de haut en bas : de grès jaunâtres à empreintes végétales et 

(1) Mém. divers de l'Acad. des Se. et Belles-Lettres de Toulouse. — 
Sur les coquilles fossiles des terr. d'eau douce du Sud-Ouest de la 
France, Paris, 1854. — Du terrain éocène supérieur considéré comme 
l'un des étages constitutifs des Pyrénées. — Bull. Soc. géol. , 2 e sér., 
t. XV, p. 27, (1858). 



- 36 — 

à ostrea ; de calcaires compactes souvent rosés et de cal- 
caires marneux blanchâtres renfermant en abondance des 
Operculina ammonia, Leym. ; de marnes bleues, à Ostrea 
uncifera, Leym. ; Teredo Tournait, id. ; Terebratula tenuis- 
triata, id. ; Fusus longuevus, Lamk. ; de calcaires blan- 
châtres plus ou moins compactes remplis de milliolites et 
iïalvéolines. On peut souvent recueillir dans cette assise de 
nombreux fossiles : Cerithium garumnicum , Leym. ; C. 
Daubuissonni, id. ; polypiers, oursins, lucines, natices, 
cardites 

On remarque souvent, alternant avec les couches mil- 
liolitiques, un calcaire marmoréen noir ou gris foncé 
rempli de polypiers se détachant en blanc sur le fond ; ce 
calcaire est connu sous le nom de marbre granité ( il sert 
de borne-fontaine aux quatre angles de la place, à Carcas- 
sonne). 

On trouve donc dans l'Ariége, les trois étages du Num- 
mulitique reconnus dans l'Aude par M. d'Archiac (1), et 
dans les Basses-Pyrénées, par divers savants; seulement, 
ce terrain, au lieu d'atteindre 1,500 mètres de puis- 
sance, comme à Biarritz, ne dépasse pas, ici, 100 ou 150 
mètres. 

Terrain garumnien (craie danienne, partie supérieure et 
moyenne du groupe d'Alet de M. d'Archiac). — Ce type 
tout récent, créé par M. Leymerie (2), se compose de trois 
parties, à propos desquelles on me permettra de m'étendre 
un peu, vu son importance et le rôle qu'il joue dans le midi 
de la France et en Espagne. 

La partie supérieure est formée par des marnes souvent 
glauconiennes, généralement blanchâtres, qui renferment 
les fossiles de la colonie crétacée d'Ausseing, parmi lesquels 

(1) Mèm. soc. géol. de France, 2 e sér., t. VI. 

(2) Mémoire sur un nouveau type pyrénéen parallèle à la craie pro- 
prement dite (Mém. Soc. géol. y 2 e sér., t. IV, p. 4177). 



— 37 — 

je mentionnerai : Micraster Matheroni, Desor ; Cyphosoma 
magnificum, Agass ; Ostrea vesicularis, Lamk; Venus 
Lapeyrousana, Leym.; Pleurotomaria de grande taille. Avec 
ces espèces toutes crétacées, on trouve des fossiles éocènes 
Natica brevispira, Leym. ; Terebratula tenuistriata, id. ; 
Venus stratissimayBeïï.', Isocardia acutangula, id. 

Il est essentiel de faire observer, qu'à l'Est de Fabas, les 
marnes delà colonie changent peu à peu de couleur; elles 
deviennent rouges, souvent d'un rouge brique, et ne con- 
tiennent plus de fossiles. 

La partie moyenne est presque essentiellement calcaire, 
sa puissance varie beaucoup : au Sud de Tourtouse, elle 
mesure environ, 100 mètres; à Ufferte au S. de Campagne 
(Ariège), elle dépasse 300 mètres. Ce calcaire est générale- 
ment gris plus ou moins clair, compacte, sub-lithographique, 
siliceux : des portions moins compactes, plus ou moins mar- 
neuses, le divisent quelquefois en une ou plusieurs assises. 
Il contient, en bien des points, des graines de Chara et des 
fossiles terrestres et d'eau douce, généralement peu déter- 
minables comme espèces, mais qui se rapportent, bien cer- 
tainement, aux genres suivants : Physe, Lymnée, Cyclos- 
tome, etc. 

La partie inférieure se compose de marnes bariolées 
devenant rutilantes en allant vers l'Est, de sables et grès 
lignitifères, de calcaires caverneux ; les fossiles que l'on y 
recueille sont des dents de squale, des débris de carapace 
de tortue et de sauriens. C'est à ce niveau que M. Leymerie a 
signalé dans la Haute-Garonne, de nombreux fossiles d'eau 
saumàtre et marine, dont la plupart sont encore inédits et 
parmi lesquels il convient de citer la Cyrena garumnica, 
Leym., des Ostrea, etc. 

L'épaisseur du garumnien pris dans son ensemble varie 
entre 200 et 400 mètres. On peut suivre ce terrain sans 
interruption aucune, des bords de la Garonne jusque dans 
les Corbières, où il se développe d'une façon remarquable 
et où M. d'Archiac l'a désigné sous le nom de groupe 



— 38 — 

(PAlet, partie supérieure et moyenne (1). Je l'ai indiqué au 
sommet du Mont-Alaric et dans l'Hérault entre Bize et les 
bords de l'Orb (2). Là, comme à Villemagne, comme en 
Provence, il occupe de vastes surfaces. C'est l'horizon des 
calcaires de Vitroïles, de Roquefavour et du Cingle, et des 
calcaires à Lychnus de Rognac, décrits par M. Mathe- 
ron (3). C'est encore celui des calcaires à Lychnus de 
l'Aragon, signalé par MM. de Verneuil et Louis Lartet (4). 

Terrain crétacé supérieur (craie de Maêstricht, craie 
Sénonienne, partie supérieure du groupe d'Alet.) — C'est 
à M. Leymerie que l'on doit la connaissance de ce ter- 
rain dans les Pyrénées (5). Il est constitué dans la Haute- 
Garonne et dans la partie la plus occidentale de l'Ariège 
par des calcaires jaune nankin ou grisâtres à Orbitoliles 
socialis, Leym.; Exogyra Pyrenaica, id. ; Crania arachnites, 
id. ; Hemipneustes radiatus, Lamk; Nerita rugosa, Kœning ; 
Ostrea vesicularis, Lamk; Ostrea larva, Lamk; Janira 
striato-costata, Goldf. Ces calcaires renferment souvent des 
grains de quartz et de petits cailloux avellanaires très-polis 
de ce minéral. Ils passent peu à peu, quand on se dirige 
vers l'Est, à des grès psammitiques, siliceux, jaunâtres, 
souvent zones, à Pecten et à Mytilus, à. Fucoïdes, que 
M. d'Archiac, dans son beau travail sur les Corbières, a 
fait connaître sous le nom de grès d'Alet. 

(1) Mém. sur les Corbières. 

(2) Bull. Soc. géol.. 2* sér., t. XXIV, p. 722. 

(3) Rech. comparatives sur les dépots fluv. lacust. tert. des environs 
de Montpellier, de l'Aude et de la Provence, Marseille, 1862.— Réunion 
extraordinaire à Marseille, Bull. Soc. géol., 2 e sér. t. XXI, p. 531 
et suiv. 

(4) Bull. Soc. géol, 2e sér., t. XX (1863), p. 684. 

(5) Leymerie, Mém. sur un nouveau type pyrénéen parallèle à la 
craie proprement dite. Mém. Soc. géol., 2° sér., t. IV, p. 1177. 

Réunion extraordinaire dans les Pyrénées de la Haute-Garonne , 
Bull. Soc. géol., 2«sér., t. XIX. 



— 39 — 

Au-dessous des calcaires jaune-nankin de la Haute-Ga- 
ronne et de l'Ariége occidental, comme au-dessous des grès 
psammiliques qui en sont le prolongement dans l'Ariége 
orientale et dans les Gorbières, on remarque des calcaires 
marneux et des argiles plus ou moins bleuâtres, grises, 
presque toujours ligniteuses, qui renferment alors, comme 
au Mas-d'Azil suivant M. Matheron, des rognons d'appa- 
rence ferrugineuse contenant à l'intérieur des fragments de 
calcaire d'eau douce marneux, caractérisé par la Physa 
doliolum, Math., des Mélanies, des Menalopsides et des 
Cyrènes, fossiles que Ton trouve en abondance dans le 
bassin de Fuveau, en Provence. 

Ces argiles, souvent ligniteuses, sont sur l'horizon de la 
craîe marneuse du bassin de Paris; elles renferment dans la 
Haute-Garonne : Ostrea vesicularis, Lamk. de grande taille, 
et Ananchytes ovata, id. ; dans l'Ariége, Ostrea Mathero- 
mand, d'Orb. ; Janira quadricoslata, id.; dans l'Aude, ces 
deux derniers fossiles et ï'Ananchytes qui vient d'être 
nommé. 

Si nous revenons maintenant aux grès psammitiques qui 
surmontent ces argi'es, nous verrons que les grès et les 
argiles qui représentent la craie de Maéstricht et une partie 
du sénonien, sont synchroniques des grès et lignites du 
groupe de Fuveau. En effet, indépendamment de la Physa 
doliolum, Math., que Ton trouve dans l'Ariége et dans les 
Bouches-du-Rhône, dans les parties ligniteuses, ici comme 
en Provence, les grès sont recouverts par les bancs à reptiles 
et les calcaires du garumnien, et la base des lignites est 
associée aux couches sénoniennes inférieures (santonien , 
Goquand), à Janira quadricostata, Ostrea Matheroniana. 

Par suite, ainsi que l'a dit M. Leymerie (1), le groupe 
d'Alet doit être entièrement rangé dans la période cré- 
tacée, et ce n'est que faute de renseignements suffisants 
que M. d'Archiac a compris ce groupe dans le terrain 

(i) Bull. Soc. géol, 2e s ér., t. XXI V, p. 308. 



- 40 — 

tertiaire (1). Il conviendrait aussi de modifier les derniè- 
res conclusions de M. Malheron ; car ce savant, tout en 
plaçant dans la craie supérieure, les couches à lignites 
de Fuveau, a laissé à la base du tertiaire, le groupe 
d'Alet (2). 

Terrain crétacé moyen (Turonien et Cénomanien). — J'ar- 
rive à une des formations les plus intéressantes des Pyrénées 
dont la place, jusqu'à ce jour, n'avait pas été bien fixée. 
De savants géologues voulaient que la base de cet étage 
appartînt, tantôt à la craie inférieure, tantôt au jurassique 
(M. Leymerie , M. Hébert) (3); d'autres pensaient qu'il 
fallait la ranger dans le turonien (M. Garrigou) (4). En 
réalité, la partie supérieure appartient au turonien, et la 
partie inférieure correspond au grès vert du Mans , aux 
couches à Orbitolina concava des Corbières de Fouras, de 
la Provence et du Gard. C'est ce que j'ai annoncé il y a 
quelque temps à l'Académie des sciences (5). 

Ce terrain se compose de grès psammitiques siliceux, 
souvent en dalles minces, qui alternent avec des schistes 
terreux. Les dalles sont presque toujours recouvertes d'em- 
preintes végétales, qu'il serait très-intéressant d'étudier. 
Les fossiles que l'on y rencontre dans les grès, sont des 
Hippurites, des Cyclolites, des Janira. On peut les recueillir 
en abondance à Sainte-Croix, et vers l'est, à Leychert non 



(1) Mém. Soc. géol, 2 e sér., t. VI. 

(2) Réunion extraordinaire à Marseille, Bull. Soc. géol., 2 e sér., 
t. XXI, p. 540. 

(3) Leymerie, Esquisse géognostique de la Haute-Garonne, 1 858, 
p. 28 et 56. — Hébert, Le terrain crétacé des Pyrénées, Bull. Soc. géol., 
2 e sér. t. XXIV, p. 343 et suiv. 

(4) Etude de l'étage turonien du terrain crétacé supérieur le long du 
versant nord de la chaîne des Pyrénées. — Bull. Soc. géol., 2 e série, 
t. XXIII, p. 419. 

(.5) Compt.-rend., Acad. des sciences, 1867. 



loin (Je Foix, et reconnaître qu'ils appartiennent aux espèces 
turoniennes qui ont rendu si célèbre parmi les paléontolo- 
gistes, la montagne des Cornes, près des Bains de Rennes. 
Il n'est pas sans intérêt de dire qu'à l'ouest de la région que 
j'étudie, au Palhon, près Saint-Martory, M. Leymerie a 
signalé des fossiles appartenant à ce même horizon (\). 

Sous les schistes terreux, psammitiques, avec dalles à 
empreintes végétales qui doivent correspondre en partie au 
turonien et en partie aux schistes terreux psammitiques des 
environs de Rocbefort à empreintes végétales (2), niveau 
de YExogyra columba, et aux argiles feuilletées du Béarn 
{schistes pourris de M. Leymerie), voisines des couches à, 
ichtyosarcoliles, et qui apparaissent, on le sait, en certains 
points des Pyrénées, on aperçoit des couches d'un grès plus 
grossier, souvent même à assez gros éléments, suivies 
de nouveaux schistes terreux, et au-dessous un puissant 
conglomérat bréchoïde qui repose en discordance sur des 
formations très diverses, tantôt sur le terrain crétacé infé- 
rieur, tantôt sur le jurassique, tantôt sur le trias ou sur les 
ophites qui l'accompagnent, tantôt sur le terrain de transi- 
tion et tantôt sur le granit. 

Ce conglomérat, appelé par lui brèche de Celles, et 
plus puissant que ne le pensait M. Garrigou (3), auquel, 
dans la Haute-Garonne, M. Leymerie a donné le nom 
de brèche polygénique sombre (4), est on ne peut plus 
curieux à étudier. Sa partie supérieure très-bien stra- 
tifiée est solidement cimentée; elle alterne en certains 
points (Cap-Blanc), avec des schistes terreux et des couches 
de grès grossiers, tandis que sa partie inférieure constitue 
une sorte de brèche incohérente; je le désigne sous le 

(1) Leymerie, Esquisse géoL, citée p. 56. 

(2) Dufrénoy, Mém. pour servir à une description géologique de la 
France, t. IL p. -15. 

(3) Bull., 2* sér. t. XXIII, p. 423, 424, 425. 

(4) Loc. cit. 



— 42 - 

nom de conglomérat de Camarade. Il est formé de cailloux 
roulés et de blocs de toutes grosseurs à arêtes vives dont 
quelques-uns atteignent plusieurs mètres cubes. Ces blocs 
et ces cailloux appartiennent exclusivement à des roches 
antérieures à l'époque cénomanienne ; on y trouve : du gra- 
nit, des schistes graphitiques et des Barégiennes du terrain 
cambrien ; des calcaires siluriens; des schistes verdàtres 
satinés, des calschisles et des griottes du dévonien ; des 
poudingues et des grès siliceux et feldspathiques du trias; 
des calcaires compactes et rubannés, des cargneules, des 
schistes du lias; des calcaires veinés, des dolomies fétides 
du groupe oolithique ; des calcaires compactes remplis de 
caprotina et de terebratula sella du néocomien ; des calcaires 
noirs marneux à orbitolina conoidea et discoidea de l'aptien ; 
enfin, en abondance, de l'ophite en cailloux roulés. 

Il est incontestable, il est de toute évidence que ce con- 
glomérat qui contient, je viens de le dire, des blocs peu ou 
point roulés appartenant à l'aptien, est post-crétacé infé- 
rieur; d'un côté, il est surmonté par des grès qui renfer- 
ment des fossiles turoniens et par les schistes terreux 
à dalles du cénomanien (zone à Inoceramus labiatus). 
Par suite, il appartient à la base de la craie moyenne 
et correspond à l'époque de trouble qui a suivi un des 
trois cataclysmes Pyrénéens, trouble qui s'est manifesté 
presque dans le monde entier, en Europe comme en 
Amérique, qui a donné naissance au grès vert du Nord de 
la France, aux couches détritiques de Fouras, aux sables 
cénomaniens de la Provence et du Gard, aux grès à orbito- 
lina concava des Gorbières (1), aux grès jaunes des Pyré- 
nées espagnoles (2), aux grès et sables inférieurs aux cou- 
ches à Pecten quinquecostatus de l'Amérique du Nord, aux 

(1) M. dArchiac a reconnu que ce grès était en discordance sur la 
craie inférieure. [Mém. de la Soc. géol., 2 e sér., t. VI, p. 419. 

(2) Ces grès ont été signalés par M. de Verneuil {Hist. des progrès de 
la géol.. t. V, p. 4, et par M. de Verneuil, Colomb et Friger (Bull. 



- 43 - 

sables et lignites du Maryland, du Mississipi, qui recouvrent 
directement, comme quelquefois dans les Pyrénées, les 
grès rouges triasiques, des terrains anciens ou des roches 
cristallisées (1). 

J'ai vu ce conglomérat en bien des points dans les Pyré- 
nées, mais nulle part aussi nettement qu'entre Félade et 
Cap-Blanc au S. de Tourtouse (fig. 1). Grâce aux tranchées 
faites pour l'établissement de la petite route de Cazères à 
Saint-Girons, ses parties constitutives sont partout à nu ; 
sa puissance en ce point dépasse 600 mètres. Si j'évalue à 
environ 400 mètres les schistes terreux et les grès à dalles 
turoniens, l'ensemble de la craie moyenne atteindra ici, 
1,000 mètres, et cette appréciation n'a rien d'exagéré. 

Lorsqu'on songe à une accumulation aussi considérable 
de débris, l'imagination reste frappée, confondue, effrayée, 
et, si on essaie de mettre en regard les effets et la cause, on 
est forcé de reconnaître que de grandes forces, autrement 
puissantes que celles invoquées par les partisans de la 
théorie des causes actuelles, ont bouleversé à diverses 
époques notre planète; on est forcé d'admettre qu'après des 
brisures gigantesques, qu'après de terribles commotions, 
des déplacements alternatifs de la mer ont eu lieu, qui ont 
balayé à la fois des mille mètres de couches et formé le 
puissant conglomérat que nous venons d'observer à la base 
de la craie moyenne. 

3 e Série : Terrain crétacé inférieur (albien, aptien, néoco- 
mien). — Ce terrain forme le premier terme d'un ordre 
de choses tout nouveau, de ma 3 e série qui s'est continuée 
sans interruption en concordance depuis l'époque triasique 
et sans doute permienne. 

Il a été souvent confondu dans les Pyrénées avec le 

Soc. géol., t. XVII, p. 339). Ils contiennent à Santander, YO. concava, 
Lamk. de Ballou, grande variété, YO. plana, d'Archiac. Voir aussi 
M. Hébert, Bull. soc. géol., 2 e sér., t. XXIV, p. 331, note. 
(1) Histoire des progrès de la géologie, t. V, p. 49 et suiv. 






— 44 — 

jurassique par de savants observateurs. La région que 
j'étudie en fournit une preuve, puisque la craie inférieure 
qui s : y développe largement a été teintée en bleu dans la 
Carte géologique de France. D'autres fois, il a été rangé 
dans l'étage cénomanien. 

La craie inférieure est composée de haut en bas : 

Par des calcaires à stratification obscure, gris, compactes, 
à Caprolina; Cidaris Pyrenaica^ Coït; Belemnites minutus, 
Lister, et semicanalicutatus, Blainv. ; Exogyra sub-plicata , 
Rœm. ; 

Par de petits bancs de calcaire bleuâtre, bien stratifiés, 
contenant des Térébratules, desRhynchonelles à petits plis, 
suivis de petites couches de calcaire marneux renfermant 
abondamment des Orbitolina conoidea et discoidea, Alb. 
Gras ; Echinospatagus Collegnii ; Ostrea sinuata de petite 
taille ; 

Par un puissant dépôt schisteux, noirâtre, sub-ardoisier, 
contenant çà et là de petits bancs calcaires ; les schistes 
ressemblent en certains points, à ceux du lias et quelques 
fois à ceux du terrain de transition ; on y trouve çà et là 
quelques rares Echinospatagus Collegnii, Sism. ; le Belemni- 
tes semicanaliculatus, Blainv. ; YExogyra sinuata, Sow. 
(Ostrea aquila, d'Orb.) ; une lima de très grande taille, des 
Natices, des Turbos, etc. indéterminés ; 

Par un second calcaire siliceux à Ostrea sinuata et Ostrea 
macroptera. Dans certaines couches plus noires, on trouve 
en abondance des serpuîes ; dans d'autres et souvent à foison, 
des Orbitolina conoidea et discoidea ; 

Par des calcaires remplis de caprotines, de térébratules, 
de polypiers, à la base desquels on remarque un troisième 
horizon de Caprotina LonsdaliL 

On voit que le terrain crétacé inférieur des Pyrénées est 
plus complexe que ne le pense M. Hébert (1) ; sa puissance 
est très considérable, elle dépasse bien certainement 1,500 

(1) Bull. Soc. gèoh, 2 P sér., t. XXIV, p. 323 et suiv. 



- 45 — 

mètres. Les schistes entrent pour 1,000 mètres dans cette 
évaluation entre l'église de Gajan (carte du dépôt) et St-Lizier 
(fig. 1). Mais il ne faut pas croire qu'il en soit de même 
partout : en certains points, l'élément calcaire domine au 
détriment de l'élément schisteux et vice-versà. Aussi, 
M. Goquand peut-il avoir raison quand il propose de 
réunir dans un seul et même étage l'urgonien et l'aptien (1). 
J'ajoute qu'ici, il conviendrait aussi de réunir à cet étage 
l'albien qui joue un rôle moins important (2). 

Mais il n'en est pas moins vrai qu'en comprenant dans un 
seul étage aptien les couches albiennes, aptiennes à Echinos- 
patagus Collegnii, et urgoniennes à Ostrea macroptera, Sow., 
les calcaires à caprotines inférieurs au-dessous de YOstrea 
macroptera, représentent bien certainement le néocomien 
proprement dit, c'est-à-dire les marnes d'Hauterive, la 
pierre jaune de Neufchàtel (3). 

Terrain jurassique (groupe oolithique, lias, infralias). — 
Vu dans son ensemble, ce terrain est très développé dans 
nos montagnes ; on peut le suivre presque d'un bout de la 
chaîne à l'autre ; mais il est tellement lié au crétacé infé- 
rieur qu'il est souvent difficile dans la pratique de dire où 
l'un commence et où l'autre finit. Aussi faudra-t- il longtemps 
pour séparer nettement les deux formations. Les coupes 
fig. % et 3 donnent une idée des difficultés que l'on aura à 
surmonter. 

Je le diviserai en deux grands groupes : oolithe, lias. 

Le groupe oolithique (supérieur, moyen et inférieur) est 

(1) Bull. Soc. gêol, 2« sér., t. XXIII, p. 580. 

(2) Plus tard, H. Magnan a assigné à l'albien une plus grande puis- 
sance. Voir les coupes jointes au Mémoire (L. J.). 

(3) M. Lory a cité dans le Dauphiné, en divers points, dans le défilé 
de Chaille, à l'Echaillon, sur les bords de l'Isère, etc., au-dessous du 
néocomien marneux à Spatangus retusus, à Ostrea Couloni, des Capro* 
tina Lonsdalii, et Ammonia, qui caractérisent ordinairement l'Urgo- 
nien (Descr. géol. du Dauphiné. p. 293). 



- 4G - 

caractérisé par des calcaires gris compactes, comme cor- 
rodés par les eaux, par des calcaires veinés, des calschistes, 
(Je puissantes dolomies, grises, rosàtres, noirâtres, toujours 
fétides, des brèches dolomitiques à petits éléments. Ces 
diverses roches qui contiennent ça et là des dicérates et 
des nérinées alternent avec des schistes sub-ardoisiers 
ordinairement de couleur sombre (4) ; la base de ce groupe 
c'est-à-dire l'oolithe inférieure est principalement formée de 
calcaires noirs bleuâtres, veinés de blanc (marbre grand 
antique) contenant la terebratula perovalis. On y remarque 
aussi des calcaires souvent fétides à entroques. Puissance, 
environ 600 mètres. 

Le groupe du lias, abstraction faite de l'infralias dont je 
parlerai tout-à-l'heure, se subdivise ici, comme partout, en 
trois étages. 

L'étage supérieur est composé de schistes noirâtres, jau- 
nâtres par altération, sub-ardoisiers, un peu psammitiques, 
à Ammonites bifrons, Brug. ; Belemnites unisulcatus. 

L'étage moyen est formé de calcaires marneux, noduleux, 
avec nombreux fossiles, parmi lesquels je citerai : Gryphœa 
Maccullochii ; Pentacrinites scalaris ; Terebratula Jauberti , 
Desl. ; T. sub-punctata , Davids ; RhynchoneUa tetraedra, 
Pecten œquivalvis ; P, disciformis, Schl. ; Limes, Ammonites 
et petites Rhynchonelles indéterminées. Au-dessus et au- 
dessous de ces calcaires marneux, on observe souvent des 
dolomies et des calcaires fétides comme dans le groupe 
oolilhique, dont il est facile de dire l'âge, grâce aux fossiles 
qu'ils enserrent. 

L'étage inférieur se reconnaît de suite à des brèches 
calcaires et dolomitiques teintées en jaune par décomposi- 
tion, à des cargneules ou calcaires caverneux et des cal- 
caires rubannés. Je n'y ai jamais rencontré de fossiles, 
couches mais incontestablement cet étage occupe ici la 

(1) C'est dans ces schistes, quelquefois fossilifères, que M. Hébert a 
trouvé YExogyra virgula du Kimméridgien dans la Haute-Garonne* 



- 47 - 

place des à Gryphœa arcuata des bords du plateau central. 

L'épaisseur du lias ainsi constitué dépasse 300 mètres. 

L'Infralias est caractérisé comme en Provence, dans le 
Gard, dans l'Hérault et dans les Corbières, par de petites 
couches de calcaire compacte, par des plaquettes le plus 
souvent recouvertes de petits gastéropodes ( Acteonina , 
Eulima), de Plicatula intusstriata Emm., qu'on trouve par- 
tout au voisinage des couches à Avicula contorta. Je dois 
dire que ce fossile a été signalé avec plusieurs autres, 
par M. Pouech, à quelques kilomètres à l'Est de la région 
que j'étudie, à Saint-Martin-de-Caralp (1). Je ne doute pas 
que des recherches suivies ne le fassent trouver entre 
Gastelnau-de-Durban et Saint-Girons. L'épaisseur de l'In- 
fralias ne dépasse pas 30 mètres. 

Il est facile de voir que le terrain jurassique est complet 
dans les Pyrénées. Si sa partie inférieure est peu fossilifère 
c'est parce que les dolomies s'y développent largement, ce 
qu'on observe d'ailleurs en bien des points sur les bords 
du Plateau central et en Provence. Mais ce que je tiens à 
constater c'est que les dolomies de l'oolithe et du lias sont 
comprises entre des roches fossilifères qui n'ont pas éprouvé 
la moindre altération. On ne peut donc, par suite, expliquer 
leur formation au moyen du métamorphisme , moyen dont 
on a usé beaucoup trop. A l'exemple de bien des géologues, 
je pense qu'elles proviennent de sources chargées à la fois 
de calcaire et de magnésie. 

Terrain Triasique. (Marnes irisées, Muschelkalk, Grès 
bigarré). — J'ai dit tout à l'heure que la craie inférieure 
se liait d'une manière insensible au jurassique; je dirai 
maintenant que celui-ci se lie d'une façon tout aussi insen- 
sible au trias, si bien que jusqu'à présent beaucoup de géo- 
logues ont confondu dans une seule et même formation les 
diverses couches du lias et les marnes irisées du Keuper. 

(1) Bull. Soc. géol., 1* sér., t. XXII, p. 162. 



— 48 — 

Grâce à la découverte de la zone à Âvicula contorta dans 
les Pyrénées; on peut, à l'heure qu'il est, limiter d'une 
manière exacte chaque terrain. 

Le Trias des petites Pyrénées de l'Ariège est complet 
comme dans le Nord et le centre de l'Europe ; il se divise 
en trois étages que je vais successivement passer en revue. 
Le Marnes irisées de l'étage supérieur se développent 
d'une façon remarquable ; elles rappellent point par point 
celles du Nord de la France; mêmes bigarrures, rouge lie 
de vin, gris verdàtre ou bleuâtre. On y observe des petits 
bancs de calcaires argileux jaunâtres caractéristiques, de 
m ,05 à m ,20 d'épaisseur, très régulièrement stratifiés 
et qui forment comme des cordons au milieu des marnes. 
Celles-ci passent à la base à des schistes rougeâtres, psammi- 
tiques, souvent un peu gréseux et se divisant alors en dalles 
minces. C'est au milieu de ce système marneux et schisteux 
que l'on voit de puissants amas de gypse gris zone, 
blanchâtre, quelquefois fortement coloré, exploité en divers 
lieux (Lescure, Rimont, etc.). Ce gypse d'origine hydro-ther- 
male contient de petits cristaux de quartz bi-pyramidé 
rouges, dits Hyacinthe de Compostelle. Le sel existe aussi; 
sa présence se traduit à l'extérieur par des sources (Labas- 
tide-de-Sérou, Camarade, Salies-du-Salat. 

C'est encore au milieu de cette formation que l'on observe 
l'Ophite. Cette singulière roche qui n'est qu'une variété, 
une sorte de diorite, joue là un rôle très considérable, mais 
un rôle purement passif. On peut la suivre sans interrup- 
tion depuis le Salât jusqu'auprès de Saint-Martin-de- 
Caralp non loin de Foix, c'est-à-dire sur près de 30 kilo- 
mètres d'étendue ; elle passe insensiblement aux marnes, 
dont les lignes de stratification grâce aux bigarrures s'obser- 
vent nettement ; elle contient quelquefois des cailloux roulés 
de diverses grosseurs, généralement pugilaires, formés de 
roches diverses antérieures aux marnes irisées ( calcaires 
du muschelkalk, dévonien et silurien, grès du trias, schistes 
cambriens). 



- 49 - 

On peut très bien voir, non loin de Castelnau-de-Durban 
dans le hameau de Ségalas (carte du dépôt de la Guerre), le 
long de la route nationale de Saint-Girons à Foix, l'Ophite 
un peu décomposée et les cailloux roulés emballés, si je 
peux m'exprimer ainsi, entre de petites couches calcaires 
de m , 10 à m ,20 d'épaisseur restées rectilignes, et qui 
prouvent par suite la nature passive du dépôt (1). 

Les marnes irisées et l'Ophite paraissent avoir en moyenne 
200 mètres d'épaisseur. 

Le Mvschelkalk ou étage moyen existe dans les Pyrénées 
de l'Ariége. C'est un fait tout nouveau et qui prouve une 
fois de plus que nos montagnes sont faites sur le même 
modèle que partout. 

Le Grès bigarré a été signalé depuis longtemps par Char- 
; pentier(2) ; il est rouge plus ou moins foncé, formé de petits 
fragments de quartz mêlés de paillettes de mica argentin, 
agglutinés par un ciment argileux rouge ferrifère. En quel- 
ques points, ce grès est un peu feldspathique et se décom- 
pose facilement ; en d'autres, la couleur rouge disparait; il 
est alors verdâtre et un peu jaunâtre. On remarque aussi 
bien souvent des poudingues à éléments variés liés par 

(1) Je dois dire que l'ophite se montre ailleurs que dans le trias, je 
l'ai observée dans le terrain de transition, dans le jurassique, dans le 
crétacé, toujours au milieu de couches schisteuses, mais alors sans trace 
de gypse et de sel. Il y a donc incontestablement des ophiles de divers 
âges, comme il y a des schistes et des calcaires appartenant à diverses 
formations. Cette opinion est aussi celle de M. Virlet d'Aoust ( Bull. 
Soc. géol, 2 e sér., t. XXII, p. 370) et de M. Garrigou. (Bull. Soc. géol., 
2 e sér., t. XXV, p. 724). Maintenant, me dira-t-on, comment cette 
roche s'est-elle formée ? Je ne saurais répondre d'une manière bien caté- 
gorique, je pencherais vers l'hydro-thermalité ; mais ce que je puis dire, 
ce que je puis affirmer, car c'est là un fait d'observation, un fait pal- 
pable, c'est que nulle part l'ophite ne joue un rôle éruptif ; partout, 
au contraire, elle se comporte comme une roche passive ; s'il en était 
autrement, ne se montrerait-elle pas dans les innombrables failles qui 
accidentent nos montagnes ? 

(2) Essai sur la const. géol. des Pyrénées, p. 422, 

TOM. VII. 4 



— 50 — 
un ciment argileux, sablonneux, rougeàtre, qui alternent 
avec le grès ou en forment la base. 

Je n'ai pas, jusqu'à présent, observé de fossile dans 
cette formation. 

La puissance de cet étage gréseux m'est ici inconnue à 
cause de la faille qui le fait buter contre le terrain de 
transition (faille de Gastelnau); en certains points on le voit 
encore sur plus de 100 mètres. 

4 mc série. Terrain de transition. (Dévonien, Silurien. Cam- 
brien ou Laurenlien). — Ce terrain est celui qui joue le 
rôle le plus considérable dans les Pyrénées ; sa puissance 
dépasse peut-être 10,000 mètres. La contrée que j'étudie, 
quoique dans les basses montagnes, va me permettre de 
signaler les types principaux. 

On le divise en trois grands étages : Dévonien, Silurien, 
Cambrien ou Laurentien. 

Le Dévonien se compose de schistes verdâtres satinés, 
quelquefois talqueux, quelquefois ardoisiers, de calschistes 
amygdalins, rougeâtres, verdâtres, et de calcaires marmo- 
réens bien connus sous le nom de marbre griotte de Cam- 
pan, marbre de Caunes, qui renferment en abondance 
des Goniatites, des Clyménies, des Orlhocères, de brèches, 
de dolomies brêchoïdes, de schiste? rouges. 

Le Silurien est formé de calcaires bleuâtres, noirâtres, 
largement veinés de blanc à Encrines, souvent exploités, 
de schistes grauwackes fossilifères, de calschistes (1). J'ai 
recueilli dans les schistes marrons avec petits bancs cal- 
caires de cet étage qui apparaissent par faille au milieu du 

(1) Ce système est caractérisé dans la Haute-Garonne et dans les 
Hautes-Pyrénées par Cardiola interrupta, Goldf; Orthoceras bohemica, 

Barrandc ; Atrypa reticularis, Linn. ; Retepora ; des Trilobites, 

parmi lesquels je citerai Calymene Tristani, Ogygia Edwardsi. (Voir 
Lcymerie, Esquisse g éog. des Pyrénées de la Haute-Garonne. — Réunion 
extraordinaire dans les Pyrénées de la Haute-Garonne, Bull. Soc. gèol. y 
E. Frossard , Bull. Soc. géol, t. III, p. 33.) 



— 51 - 

trias au Sud de Castelnau-de-Durban (fig. 4), un brachio- 
pode du groupe des Davidsonia, et une bivalve qui me 
semble être une variété plus petite de la Cardiola interrupta. 

Le Cambrien ou Laurentien est constitué par des cal- 
schistes quartzifères, des schistes ardoisiers, des roches 
rubannées pétrosiliceuses et calcaires, connues sous le nom 
de barégienne et de génite, des calcaires blanchâtres mar- 
moréens, zones, des dolomies, des schistes noirs carbures, 
des schistes luisants maclifères, des gneiss de diverse 
nature. M. Garrigou croit avoir trouvé dans ce groupe 
auquel se mêlent souvent du granit et de l'ophite en 
couches, des traces organiques se rapportant à l'Eozoon. 
Cette découverte aurait été faite à Mercus non loin de Foix, 
c'est-à-dire à l'Est de la région que j'étudie. 

Les diverses couches qui appartiennent au terrain de 
transition sont très tourmentées, plissées de mille manières, 
et contrastent à première vue avec les roches secondaires 
qui le sont beaucoup moins. 

Terrain granitique. — Je ne m'étendrai pas sur ce terrain 
le plus anciennement connu ; je dirai seulement que si en 
bien des points des Pyrénées on. observe du granit massif, 
en d'autres lieux, dans l'Ariége, dans l'Aude, et notamment 
dans les environs de Cauterets et des Eaux-Bonnes, on 
peut le voir régulièrement stratifié sur plusieurs mille 
mètres. 



La description rapide des divers termes des quatre séries 
entrant dans la constitution géologique des petites Pyré- 
nées de l'Ariège est terminée. On le voit, à l'exception des 
formations houillère et permienne, qui peut-être existent, 
puisqu'on les retrouve aux deux extrémités de la chaîne 
pyrénéenne, dans les Corbières et dans les Basses-Pyrénées, 
mais qui sont ici perdues dans la profondeur, nous avons 
passé en revue tous les terrains connus en Europe , et 



— 52 - 

nous avons vu qu'ils sont constitués comme partout, dans 
le nord de la France, dans les Alpes, en Provence, ou sur 
les bords du Plateau central. En certains points seulement, 
ainsi qu'on le remarque dans les Cévennes, dans l'A veyron, 
etc., les couches sont moins fossilifères et sont alors rem- 
placées par des couches dolomitiques. 

Maintenant que j'ai démontré qu'il n'y avait pas de type 
exceptionnel dans les Pyrénées, maintenant que nous con- 
naissons la puissance des divers terrains, je vais m'occuper 
de déterminer la valeur des dénudations qui se sont opérées 
à diverses époques. Sujet très important, malheureusement 
trop négligé jusqu'à présent dans le Midi de la France, et 
qui est appelé avant peu, j'en suis assuré, à montrer sous 
un jour nouveau la géologie de notre pays. 

J'ai déjà dit que par trois fois les Pyrénées avaient été 
bouleversées et dénudées. Je ne parlerai pas des dénuda- 
tions qui ont eu lieu immédiatement après l'époque de 
transition , et qui ont permis au grès rouge des Basses- 
Pyrénées et de Vénasque de se déposer en stratification 
horizontale sur les tranches relevées des terrains anciens, 
ainsi que l'ont démontré Charpentier et Dufrénoy (1), parce 
que les éléments me manquent ici en partie, le terrain 
du trias butant par faille contre les calcaires et les schistes 
dévoniens et siluriens ; mais je vais essayer d'évaluer la 
puissance de celles qui se sont produites après les pério- 
des crétacée inférieure et éocène. 

Si l'on se rappelle ce que j'ai dit en décrivant les terrains, 
et si l'on consulte de nouveau les coupes qui accompagnent 
mon travail, on demeure convaincu que la 3 e série, compo- 
sée du trias, du lias, du groupe oolithique et du crétacé 
inférieur est parlout concordante. On voit que ses divers 
termes se recouvrent successivement l'un l'autre, et consti- 



(\) Charpentier, Essai sur la constitution géognostique des Pyrénées, 
p. 432 et suiv.; Dufrénoy, in d'Archiac, Hist. des prog. de la géoL, 
t. VIII, p. 24 0. 



- 53 - 

tuent ainsi une seule et grande formation qui repose, 
ainsi que je viens de le dire, en discordance sur le terrain 
de transition anciennement disloqué. Or, si nous obser- 
vons le trias à nu en bien des points; si nous le voyons 
directement recouvert par le conglomérat cénomanien, c'est 
parce que les terrains qui le recouvrent, après avoir été à 
la fin de la période crétacée inférieure, disloqués et brisés 
de mille manières à suite d'un grand cataclysme, ont 
été enlevés par les eaux. Connaissant la puissance des 
terrains composant la 3 e série, il sera facile de déterminer 
exactement la valeur de la dénudation. 

On SB rappelle que le trias se compose de trois étages : 
c'est l'étage le plus inférieur, le grès bigarré que l'on voit 
souvent à découvert, notamment à Herre (fig. 4), à Picaret 
(fig. 2), au sud de Castelnau-de-Durban (fig. 3) ; c'est lui 
aussi que l'on aperçoit près du moulin de Camp-Bataillé , 
directement recouvert par le conglomérat cénomanien. 
Donc, en ces divers points, les terrains suivants ont dis- 
paru : 

Le muschelkalk. . . J ^ QQm 

Les marnes irisées et ophite ) 

L'infralias 30 

Le lias 300 

Le groupe oolithique 600 

Le crétacé inférieur 1,500 

Total 2,630 m 

Voilà pour une seule période 2,630 mètres de couches 
enlevées par dénudation ! Les immenses débris qui en 
furent la conséquence formèrent le conglomérat si curieux 
de Camarade et les couches terreuses, gréseuses et micacées 
de la craie moyenne. Cette formation fut couverte par la 
craie supérieure, par le garumnien, par le nummulitique, 
par l'éocène à lophiodon, tous terrains concordants qui 
constituent la 2 e série. Alors un nouveau cataclysme sur- 



- 54 - 

vint: des failles immenses se formèrent; une d'elles laissa 
en saillie au sommet du Mont-Perdu, à 3,300 mètres de 
hauteur, un grandiose témoin de l'ancienne extension de la 
mer Nummulitique ! Ces terrains furent courbés en voûte, 
relevés jusqu'à la verticale, très souvent même renversés; 
l'œuvre de la dénudation recommença, et les Pyrénées 
prirent peu à peu la forme que nous leur voyons aujour- 
d'hui. Si nous voulons maintenant connaître le nom et la 
valeur des couches enlevées, nous n'aurons qu'à jeter un 
regard dans les vallées des petites Pyrénées de l'Ariège. 
Nous verrons notamment qu'entre Mérigon et Sainte-Croix , 
comme entre Tourtouse et Saint-Michel (6g. 2 et 1), la 
voûte primitive dont il ne reste que les pieds droits, voûte 
constituée par l'éocène lacustre, le nummulitique, le garum- 
nien, la craie supérieure et moyenne, a été complètement 
balayée par les eaux, puisque le conglomérat cénomanien 
apparaît à nu aux Mandrons (6g. 2) ; nous verrons encore 
qu'à Camarade, qu'à Clermont et en bien d'autres points 
où le même conglomérat recouvre de quelques blocs seu- 
lement le terrain de transition et le trias, tous les terrains 
formant la 2 e série ont complètement disparu. 
Cette série se compose, ai-je dit , de 

La craie moyenne 1,000 m 

La craie supérieure 150 

Le garumnien • . 300 

Le nummulitique 100 

L'éocène lacustre , . 1,000 

Total 2,550 

C'est donc 2,550 mètres de couches qui ont été encore 
enlevés par les eaux. Si nous les ajoutons aux 2,630 mètres 
provenant de l'ablation de le 3 e série, nous aurons le chiffre 
énorme de 5,180 mètres, dont les détritus unis à ceux des 
terrains anciens des Pyrénées et à ceux composant le Pla- 
teau central, ont servi en dernier lieu à former le puissant 



- 55 - 

dépôt miocène qui s'étend sur 2 ou 300 kilomètres de lar- 
geur, et dont les couches nombreuses, toujours horizontales, 
constituent le Bassin Sous- Pyrénéen. 

Si on songe maintenant que je n'ai pas tenu compte des 
dénudations anté-triasiques dont les éléments me faisaient 
défaut, on reste effrayé en présence de pareils chiffres , 
et on se demande combien de milliers d'années il a fallu 
pour que celle gigantesque ablation et cet immense char- 
riage aient pu s'opérer! (1) 

Avant de terminer, qu'il me soit permis de faire ressor- 



ti) Comme je le disais tout à l'heure, je suis certain qu'avant peu 
l'étude des dénudations qui ont eu lieu à diverses époques montrera sous 
un jour nouveau la géologie de la France. De nombreuses courses dans 
l'Hérault, le long des Gévennes, dans le Vivarais, où le jurassique est 
toujours concordant avec le crétacé inférieur; des excursions dans 
l'Aveyron et le Lot, m'ont convaincu que le Plateau central a été autre- 
fois beaucoup plus recouvert qu'on ne le suppose généralement, par les 
mers jurassique et crétacée inférieure; que ce plateau a été, comme les 
Pyrénées, fracturé à diverses époques, et que c'est à la suite de dénudations 
excessives que les grès cénomaniens ont pu se déposer en discordance 
tantôt sur le kimméridgien et le corallien érodés, comme on l'observe, 
dans les Gharentes et dans le Lot, tantôt sur le Jurassique supérieur et 
la craie inférieure aussi érodés et dénudés comme dans le bassin de la 
Loire. Cette manière de voir, d'ailleurs en rapport avec l'observation, 
expliquerait notamment la présence des îlots jurassiques et triasiques 
au milieu du granit du Limousin, de ceux des Cévennes, dont quel- 
ques-uns s'élèvent à 1,300 mètres au-dessus du niveau de la mer, de 
celui de Vemoux à l'O. de Valence. Ces îlots ne seraient que des témoins 
de l'extension des anciennes mers. 

En tenant toujours compte des dislocations post-crétacées inférieures 
à suite desquelles s'affaissèrent bien certainement les bassins Pyrénéen 
et Parisien , affaissements qui eurent pour conséquence de courber 
légèrement le plateau central sous forme de selle, et en faisant interve- 
nir, comme je l'ai dit, l'action dénudatrice, on comprendrait aussi fort 
bien pourquoi les divers groupes du jurassique vont s'étayant l'un Tau tre 
au N. et au S. de ce plateau; en d'autres termes, pourquoi les sédi- 
ments se disposent en retrait, pourquoi quelques-uns de ces groupes 
ont entièrement disparu, pourquoi la craie inférieure se montre aussi 
rarement, et pourquoi enfin les grès cénomaniens sont toujours discor- 
dants avec les couches qui les supportent, excepté toutefois vers l'Est 



— 56 - 

tir do nouveau l'importance des failles que j'ai observées. 
Mes coupes parlent éloquemment à ce propos : elles mon- 
trent la constance, la suite des accidents suivant une direc- 
tion déterminée , l'importance incontestable des grandes 
lignes stratigraphiques ; mais elles montrent aussi l'absence 
dans ces fissures de toute trace de roches réputées érupti- 
ves. D'un autre côté, l'ophite, qui se comporte comme une 
roeho passive, me conduit à admettre que les Pyrénées 
ne sont pas dues à des soulèvements comme on le veut 
généralement, mais à des failles immenses linéaires dont, 
une des lèvres est souvent restée en saillie sur l'autre. 

et leN.-E., où l'affaissement de l'époque crétacée inférieure était pres- 
que nul, et où, par suite, les dénudations se manifestèrent peu. 

On ne serait plus alors forcé d'invoquer, pour expliquer les faits, pour 
expliquer notamment la disposition étagée des sédiments jurassiques 
autour du plateau central; dix mouvements de retrait des eaux de la 
mer correspondant aux dix étages de d'Orbigny, théorie qui n'est plus 
admissible depuis qu'on a démontré que dans le Mor\an, que dans les 
Cévennes, comme d'ailleurs dans les Alpes et dans les Pyrénées, les 
deux étages jurassique et triasique se recouvrent l'un l'autre , sans la 
moindre trace de discordance, sans le moindre temps d'arrêt dans 
la sédimentation. 

A l'appui de cette manière devoir, je ferai remarquer que M. Th. Ebray 
a prouvé que des failles avaient accidenté le Morvan à l'époque crétacée, 
que de puissantes dénudations avaient enlevé, en certains points du 
Plateau central, 5 ou 600 mètres découches et ne permettaient plus de 
trouver aujourd'hui la trace des anciens rivages (Bull. Soc. géol. , 2 e sér., 
t. XVI, p. 47-426 ; t. XIX, p. 38-43 ; t. XX, p. 181-441 ; t. XXI, 
p. 350); que M. Lory a fait voir que le terrain jurassique s'étendait 
autrefois sur le massif primordial des Alpes, que des dénudations im- 
menses ont enlevé ce terrain, dont il ne reste maintenant que des témoins 
plus ou moins considérables, perdus souvent a plus de 3,000 mètres au- 
dessus du niveau de la mer (Lory, Descrip. géol. du Dauphiné, p. 173 ; 
Bull. Soc. géol. 2c s ér., t. XX, p. 233 ; Bull. Soc. géol., ^sér., p. 480) ; 
enfin je rappellerai que, tout dernièrement, M. Jules Martin (Bull. Soc. 
géol., 2e s ér., t. XXIV, p. 653) a démontré, contrairement à ce que l'on 
prétendait, que la mer jurassique n'a jamais cessé de communiquer par 
Je détroit séquanien, que si les dépôts supérieurs du jurassique ne s'ob- 
servent pas sur la ligne de faîte qui sépare les bassins Méditerranéen et 
Parisien, c'est parce qu'ils ont été enlevés par les eaux. 



— 57 — 

M. Lory a démontré qu'il en était ainsi pour les Alpes. 
M. Ebray est arrivé aux mêmes conclusions en étudiant les 
couches de la Nièvre et des Alpes Dauphinoises (1). Comme 
ce dernier savant, je pense : « que le refroidissement et la 
» diminution du noyau terrestre est la seule cause des 
)) dislocations de l'écorce dont les lambeaux rompus ont 
» dû s'affaisser sur la circonférence réduite et prendre des 
» positions plus ou moins inclinées, en rapport avec l'es- 
)> pace restreint qui leur était réservé (2); » et j'ajoute, 
avec M. L^ry (3) « que les gradins déterminés par les failles 
» ont joué le rôle d'obstac'es , d'appuis résistants, contre 
» lesquels les couches ont été courbées ou redressées. 
» souvent renversées, ou bien plissées en grand et soule- 
» vées en voûtes plus ou moins profondément rompues 
» par ces puissantes actions de refoulement qu'avait si bien 
» aperçues le génie observateur de de Saussure. » 

Un fait important et qui demeure acquis à la géologie 
Pyrénéenne; un fait que démontrent mes coupes, c'est 
qu'en dehors des trois catastrophes dont j'ai si souvent 
parlé, les couches qui forment nos montagnes n'ont pas été 
fracturées, des oscillations plus ou moins lentes se sont 
seulement produites, qui ont permis à certaines couches 
de se développer plus ou moins. Nous avons vu, en effet, 
que les divers termes de la 2 e série sont concordants en- 
tr'eux, qu'il en est de même de la 3 e série formée par le 
crétacé inférieur, le jurassique et le trias ; il faut donc 
renoncer à voir dans les Pyrénées la trace des systèmes du 
Thuringerwald et de la Côte-d'Or créés par M. Elie de 
Beaumont. On est forcé d'admettre que les fractures que 
certains géologues croient appartenir à ces systèmes, se 
sont produites après la période crétacée inférieure, si ce 
n'est même, en bien des cas, après la formation de l'éosène ; 
ce qui me fait dire pour les Pyrénées ce que M. Lory, le 

(4) Ebray, Bull. Soc. géol, 2« sér., t. XXIII, p. 179. 

(2) Id., t. XXIV, p. 492. 

(3) Bull. Soc. géol, 2* sér., t. XXIII, p. 402. 



- 58 - 

savant professeur de Grenoble, a dit pour les Alpes (1) : 
« Sans méconnaître la haute portée des savantes analy- 
» ses de M. Elie de Beaumont, résumées dans la Notice 
» sur les systèmes de montagnes, nous ne croyons pouvoir 
» attacher à celle expression : système de soulèvement, 
« qu'un sens purement orographique, pour désigner J'en- 
)> semble des accidents, des redressements de couches, 
» des dislocations de tout genre, coordonnés à une même 
» direction moyenne peu variable; mais nous ne saurions 
» considérer cette direction comme caractérisant une 
» époque unique et particulière de dislocation. » 

Je concluerai en disant : 

1° Les Pyrénées rentrent dans la loi commune, les terrains 
y sont constitués comme partout. 

2° Par trois fois ces montagnes ont été disloquées et dénu- 
dées sur une vaste échelle. 

3° Elles doivent leur relief à des failles immenses et non à 
des soulèvements dus aux roches éruptives. 

4° Les directions ne servent pas à définir l'âge relatif des 
montagnes. 

COUPE GÉNÉRALE DES PYRÉNÉES FRANÇAISES 

ENTRE CAZÈRES ET LE MONT-ROUGH DE FRANCE 

PROLONGÉE JUSQU'À ESTERRI (ARAGON) (2). 
( Mémoire rédigé au mois de mai 1872 ). 

Préambule. Historique. — Cette coupe a été déjà donnée en partie par moi 
dans les Comptes rendus; elle a été publiée dans le travail du 
D 1 Rleicher. — C'est réellement la coupe classique, la coupe la 
plus simple et la plus expressive que je connaisse après plusieurs 
années de courses dans les Pyrénées. — Pour la relier à celle 
de MM. de Verneuil et de Keyserling, je l'ai continuée sur le 
versant espagnol jusqu'à Esterri. 

(1) Descrip. géol. du Dauphiné (1864), p. 593. 

(2) Nous faisons précéder ce Mémoire inachevé, du plan qu'Henri 
Magnan en avait tracé et qui a été retrouvé dans ses notes (L. J.) 



— 59 — 

I Considérations générales. Longueur de la coupe, échelle, carte. — Orogra- 

phie : Pyrénées centrales, petites Pyrénées. — Hydrographie : 
le Salât. — Aperçu géognostique : terrains rencontrés dans cette 
coupe divisés en 4 séries qui correspondent à certains cataclys- 
mes pyrénéens. — Grand rôle des failles, plissements, érosions. 

II Description de la coupe. 1° région des petites Pyrénées de l'Ariége ; 2° massif 

de Riverenert et de Lacourt ; 3» région d'Oust ; i° pays de 
Contiens 5 5° versant espagnol. — Région dEsterri., etc. — 
Résumé du travail de MM. Keyserling et de Verneuil. 

III Remarques. Importance du phénomène des failles et des érosions dans les 

Pyrénées. Failles linéaires — Erosions à diverses époques : 1° après 
le terrain de transition ; 2° après la série crétacée inférieure ; 
3° après la formation de l'éocène. — Formation des terrains 
détritiques, houiller, permien et triasique, — cénomanien et 
turonien, — éocène et miocène. 

Les Pyrénées ont été disloquées à trois reprises différentes. — 
Les Pyrénées sont dues à des failles et noa à des soulèvements, 
— l'ophite est passive. — Analogie existant entre les terrains 
pyrénéens et ceux du monde entier. 

IV Conclusions. 



Après de longues études dans nos montagnes, je suis 
arrivé à cette conviction que la coupe la plus expressive 
et la plus complète, la coupe classique, je puis dire, que l'on 
puisse relever dans les Pyrénées françaises, est celle de 
Cazères-sur-Garonne au Mont-Rouch de France. 

Une partie de cette coupe a été publiée, en 1868, dans 
les Comptes rendus de l'Institut (1), et deux ans après dans 
YEssai de géologie comparée des Pyrénées, du Plateau central 
et des Vosges (2). Mais la partie publiée qui a trait aux petites 
Pyrénées de l'Ariége entre Cazères et Lacourt l'a été d'une 
manière très succincte ; c'était plutôt une prise de date 
qu'une description proprement dite. D'un autre côté, la 
partie comprise entre Lacourt et l'Espagne, où se dévelop- 
pent surtout les terrains primordiaux et de transition, et 

(1) Comptes-rendus de l'Institut pour l'année 1868. 

(2) D r Bleicher, Thèse de géologie. Montpellier, 1870. 



- 60 - 

aussi l'étage du calcaire carbonifère naguère inconnu dans 
ces régions, n'a jamais été décrite. 

C'est ce qui m'a engagé à publier, sans plus tarder, la 
coupe générale du versant français pyrénéen, entre Gazères 
et le Mont-Rouch de France. Je l'ai prolongée jusqu'à Esterri 
province de Lérida, où commence une coupe du versant 
espagnol que MM. de Verneuil et de Keyserling ont publiée 
il y a plusieurs années (1), afin que les géologues aient 
une idée générale de la constitution de nos montagnes 
depuis les plaines delà Garonne, jusques non loin du bassin 
de l'Ebre. 



I. 



Considérations générales. — Nature et allure des 
terrains, failles. 

Les Pyrénées sont orientées en moyenne suivant une 
ligne qui va de l'E. 7° S. à l'O. 7° N. ; elles séparent, on 
le sait, la France de l'Espagne. Le département de l'Ariége 
où la coupe que je me propose de décrire a été relevée, 
occupe la partie médiane du versant nord de ces montagnes; 
la ligne de faîte qui sépare le département en question de 
l'Aragon et de la Catalogne, dépasse, en quelques points, 
3,000 m. de hauteur, comme dans les massifs de Fontar- 
gente et de Montcalm. Dans le pays de Contiens qui nous 
occupe plus spécialement, le Mont-Rouch de France, un 
des points culminants, n'atteint que 2,863 m. au dessus du 
niveau de la mer. C'est au pied de cette montagne que le 
Salât, rivière tributaire de la Garonne, prend sa source. 

La coupe que je vais faire connaître a été relevée du Sud 
au Nord, c'est dire qu'elle est perpendiculaire ou presque 
perpendiculaire aux Pyrénées ; abstraction faite du pays 

(1) Carte géologique de l'Espagne. 



— 61 — 

d'Esterri en Aragon, elle part du Mont-Rouch de France 
dont j'ai déjà parlé, et va à Gazères sur-Garonne, en sui- 
vant la rive droite du Salât jusqu'à Saint-Lizier et traver- 
sant ensuite les petites Pyrénées de l'Ariége, c'est-à-dire 
les petites montagnes qui sont situées au N. de St-Girons. 
Sa longueur totale est de 65 kilomètres qui se décomposent 
ainsi : entre Cazères et le Mont-Rouch de France, 55 kilo- 
mètres; entre ce point, frontière d'Espagne, et Esterri, 10 
kilomètres. 

Le versant nord des Pyrénées dans le parcours de cette 
coupe peut se diviser en quatre régions naturelles : 1° la 
région des hautes montagnes ou le pays de Gonflens, essen- 
tiellement formé par les terrains primordiaux et de transition 
qui constituent des cimes déchiquetées et ramifiées à l'infini 
dont la hauteur varie entre 2,860 m et 1,300 m ; 2° la région 
relativement déprimée du pays d'Oust, formée par des 
mamelons plus ou moins arrondis qui appartiennent aux 
formations secondaires et qui ne dépassent pas 7 à 800 m 
d'altitude ; 3° le massif de Lacourtet de Riverenert composé, 
comme le faîte de la chaîne, de terrains primordiaux et de 
transition, et dont la hauteur au-dessus du niveau de la mer 
atteint 1,422 m au tue de la Courale; 4° enfin, la région 
du Saint-Gironnais ou des petites Pyrénées proprement 
dites, dont les points culminants ne dépassent guère 6 ou 
700 mètres, et qui est constituée par des terrains très variés 
appartenant aux formations secondaires et tertiaires. 

Chacune de ces régions est en rapport, nous le verrons 
plus loin, avec des failles immenses qui font reparaître 
plusieurs fois les mêmes terrains. 

A l'exception des formations permienne et houillère, — 
qui existent sans doute dans l'Ariége, comme elles existent 
dans les Corbièreset dans les Basses-Pyrénées, mais qui ne 
se montrent pas ici à la surface, perdues qu'elles sont dans 
la profondeur à la suite de failles énormes, — cette coupe 
nous permettra de passer en revue tous les terrains cons- 
titutifs des Pyrénées, de voir que ces terrains sont constitués 



- 62 - 

comme partout, et qu'ils ont été disloqués à diverses reprises, 
d'observer des plissements répétés, d'étudier des renverse- 
ments de couches très curieux, de constater l'existence de 
failles nombreuses, et de reconnaître enh'n que des érosions 
considérables ont eu lieu à diverses époques. 

Voici l'indication des terrains que nous rencontrons sur le 
parcours de la coupe qui nous occupe; ils se divisent, ainsi 
que je l'ai dit en 1868, en quatre séries discordantes 
l'une par rapport à l'autre. Chacune de ces séries est 
composée de divers termes concordants entre eux. 



1 re Série. 



2 e Série. 



3 e Série. 



{ (d) Quaternaire ou terrain diluvien. 
I (m) Miocène. 

/ (e 2 ) Eocène lacustre (Poudingue de Palassou). 
(e 1 ) Eocène marin (nummulitique). 
(G) Garumnien (couches à Physa gigantea de 

Rilly, et Danien). 
(G 3 ) Craie supérieure (craie de Maëstricht, 
craie sénonienne). 
\ (G 2 ) Craie moyenne (Turonien et Cénomanien). 

(G 1 alb.) Craie inférieure albienne. 
(C< apt.) — aptienne. 

(C* n.) — néocomienne. 

(J 3 ) Oolithe supérieure. 
(J 2 ) Oolithe moyenne. 
(J 1 ) Oolithe inférieure. 
(J y ) Lias supérieur (toarcien). 
(J /; ) Lias moyen (liasien). 
(J„ y ) Lias inférieur (sinémurien sup r .). 
(i m ) Infralias. 

(£ 3 ) Keuper (marnes irisées). 
(^ 2 ) Muschelkalk. 
\ (t { ) Grès bigarré. 



- 63 _ 

(h) Calcaire carbonifère. 
(^ 3 ) Dévonien. 
4 e Série. { (i 2 ) Silurien. 
(t 1 ) Gambrien. 
(y) Laurentien et granité. 

Chacune de ces séries correspond à un des cataclysmes 
pyrénéens que j'ai établis dans mes travaux précédents. Ce 
qui revient à dire : qu'entre la quatrième et la troisième série, 
les Pyrénées ont été une première fois disloquées et dénu- 
dées ; qu'entre la troisième et la deuxième ces montagnes 
ont été une seconde fois bouleversées et érodées \ et qu'entre 
la deuxième et la première, de nouveaux affaissements, de 
nouvelles brisures et de nouvelles érosions se sont pro- 
duites. 

A part les formations de la l re série (quaternaire ou dilu- 
vienne (d), miocène (m)), que l'on observe en couches hori- 
zontales et qui constituent la plaine proprement dite, tous 
les terrains que je viens d'énumérer ont été très fortement 
relevés. Mais ceux delà 2 e série (eocène lacustre (e 2 ),eocène 
marin (e 1 ), garumnien (G), craie supérieure (G 3 ) et craie 
moyenne (C 2 )), quoique ployés en voûte et très failles, sont 
moins brisés que certaines couches de la 3 e série (craie 
inférieure (C« alb., C'apt,. C 1 n.), oolithe(J 3 , J 2 , Ji), lias 
( J / J // J /// J //y/)? lr ' as 3 12 * 2 ))? et surtout que ceux de la 4 e 
série (carbonifère (/i), dévonien (i 3 ), silurien (i 2 ), carabrien 
(i<), laurentien et granitique (y)). Ce qui s'explique très 
bien quand on songe que les formations les plus anciennes, 
terrains primordiaux et de transition , ont vu se succéder 
trois périodes d'affaissements et d'érosions. Aussi, devient-il 
facile de les reconnaître au premier abord, grâce aux ploie- 
ments répétés et aux brisures multiples qui les acci- 
dentent. 

Les terrains des 2% 3 e et 4 e série affectent des directions 
qui se rapprochent de celle des Pyrénées 0. 7° N. (voir 
Y Essai de la carte géologique du Saint- Gironnais et du pays 



— 64 — 

de Conflens). On pourrait dire dans bien des cas que les 
lignes de direction sont d'autant plus nettes qu'elles se sont 
produites dans des terrains plus récents. 

En jetant un coup d'œil sur la carte et sur la coupe (fîg. 5) 
qui accompagnent ce travail, on voit qu'indépendamment 
des plissements, des contournements et des inclinaisons 
diverses qu'ont subis les couches des terrains en question, 
de nombreuses failles viennent interrompre souvent la 
continuation de ces terrains. 

Il y a déjà quelques années que j'ai signalé le grand rôle 
que jouaient les failles dans les petites Pyrénées de l'Ariége 
et tout le long des Pyrénées françaises (4). J'ai fait voir 
que certaines d'entre elles se poursuivaient, des bords de 
TOcéan aux rivages de la Méditerranée. J'ai désigné quel- 
ques-unes de ces importantes brisures sous des noms par- 
ticuliers que j'emploierai de nouveau ; ainsi sur ma coupe : 

F^ représentera la faille du Lens. 

F 2 — faille de Camarade. 

F 3 — faille de i'Arize, 

F 4 — faille de Gastelnau-de-Durban. 

J'imposerai à certaines failles dont je n'avais pas parlé 
jusqu'à présent et qui jouent aussi un grand rôle, les noms 
qui suivent : 

F 5 — faille de Soueix. 
F 6 — faille de Seix. 
F 7 — faille de Contiens. 

Je rappellerai ici, que les failles du Lens F< et de Camarade 
F 2 , enserrent un des plus beaux accidents pyrénéens que je 
sache, c'est-à-dire une bande nummulitique (e 1 ), garumm- 
nienne(G) et crétacée sup. (C 3 ), verticale ou subverticale, 

(i) Bull, de la Soc. géol. de France, 2« sér., t. XXV, p. 709. 



COUPES DANS LA PARTIE CENTRALE DES PYRÉXEES FRANÇAISES.- Mémoire Poslhume il' Henri MAGNAN. 
COUPES TRANSYERSALESr.Es PETITES PYRÉNÉES DE L'ARIÈGE Welle wm i 

Fig.1._ COUPE ENTRE LACOURT j ET CAZERES sur Garonne. 






# 





— s .....-,„ 


Flj.2.._ COUPE ENTRE LE PIC DE CALAJ1ANE ET 1.AH1TÉHE 


■"'fc-— T-V~ ; --^ " J — ^ T— ^Çr~- ^-- 




■ 


Fig.3._ COITE ENTRE LE CAP, MONTCAUT ET BAVAILLAS 

\...- : :__ - â Jwsrt RiEtr.t ïr.'jr:n lv'*n i ta 3=rLne SwraEe CitruGrl Cab^ire: Sigml C*BHi Monlfa 




r 




F,g ♦ — COUPE ENTRE I.E PliCH DAHBIEI. ET DAUMAÎAH 


' A. - - ** *-TjrK^H*W^H| '^^^ ^P^ tp^ 






COUPE GÉNÉRALE lil VERSANT NORD 1 


ES PYRÉNÉES SOUS LE MÉRIDIEN DE SAINKIRO.VS. PROLONGÉE JUSQU'A ESTKRHI (Espagne) Echelle mfm 

1.J.S 



,' 




Fîg.6. Essai je la Carf.-r O-m^ii- *.: . 



'^^ï 


W^X- 


;-«:- 


'""s'y^ 




x - l 


-S^5 


vÇ^s^~ 


\ 


\/" 


"""' / ""'Y' ; >^ 







~^==^: 


»E« 


::;;:::: HP 


p-r;;:s» 












■ - ■■■■-■ 


•c, w , 


,«„ 


ï™,„ ra J| ■ "J' - 


■ 


^Q^ 




.SK. 


:1 


liL 



— v [""' [ ■ '■.''■' :ï;.v'-^--:'::..: .;.,.- - 



— 65 — 
souvent renversée, dont la largeur varie entre 000 et 1,000 
mètres, bande qui se poursuit presque sans interruption 
sur des centaines de kilomètres de longueur. 

Je rappellerai aussi que c'est au nord de la faille de 
TArize F 3 , qu'apparaissent, en bien des lieux, de^ lambeaux 
crétacés, jurassiques, triasiques et de transition, complète- 
ment brisés et renversés. 

Je dirai ensuite, que les failles de Castelnau-de-Durban 
F 4 et de Soueix F 5 enserrent une immense bande de 
terrain ancien qui commence dans le massif de St-Bar- 
thélemy pour finir près de Lacourt, et que l'on retrouve 
vers l'Ouest dans les massifs de Millas sur les bords du 
Ger, de Ghaum et d'Esténos sur les bords de la Garonne, 
et dans les environs d'Ilhet-Sarrancolin ; et j'ajouterai aussi 
que la faille de Gonflens F 7 se relie probablement avec les 
grandes brisures que l'on remarque dans les environs de 
Bosost et de Bagnèrcs-de-Luchon. 

Malgré la présence de ces grands accidents, il devient 
facile d'observer dans le parcours de ma coupe générale les 
quatre séries de terrains dont j'ai parlé. Ainsi, les environs 
de Cazères nous permettent d'étudier le terrain quaternaire 
et le miocène de la 1 re série. Les petites Pyrénées de la 
Haute Garonne et de l'Ariége, nous offrent dans le bombe- 
ment de Saint-Michel et de Fabas, — continuation du bom- 
bement d'Ausseing décrit par M. Leymerie, — les terrains 
éocène lacustre (e 2 ), éocène marin (e<), crétacé sup. (G 3 ), et 
crétacé moyen (G 2 ) de la 2 e série, et nous feront voir ce 
dernier terrain reposer en discordance près de Grané sur 
la craie inférieure (G 1 n); les petites montagnes du Saint- 
Gironnais nous montrent entre l'église de Gajan et Mondette 
les terrains de la craie inférieure (G^ alb., C^ apt., C^ n.), 
de l'oolithe (J 3 , J 2 , J^), du lias (J y J y/ J,„), de l'infralias (J„J, 
et du trias (£ 3 , V 2 , ^), de la 3 e série, reposant les uns sur les 
autres en concordance parfaite; et le massif de Riverenert 
et les Pyrénées du pays de Gonflens nous permettent 
d'observer les terrains carbonifère (/ï), dévonien (i 3 ) ? 
ÏOM. vu. 5 



- 66 - 

silurien cambrien (P), et granitique (y) de la 4 e série. 

On le voit, j'avais raison de dire en commençant que la 
coupe du Mont-Rouch à Cazères était la plus complète que 
l'on puisse relever dans nos montagnes. 

Je vais maintenant la décrire, région par région, en par- 
lant de Cazères. 



II. 



Description de la coupe générale de Cazères au Mont-Roucu 
de France et a Esterri. 

§ 1. — Région sous -pyrénéenne ou de la plaine de la Garonne. 

Le géologue qui, de Toulouse, se rend aux Pyrénées mar- 
che constamment jusqu'à Cazères sur le terrain diluvien et 
quaternaire qui s'étale largement sur la rive gauche de la 
Garonne, en formant des terrasses en retrait les unes par 
rapport aux autres. C'est dans la vallée proprement dite ou 
si l'on veut, dans la terrasse la plus inférieure qu'est assis 
le chemin de fer, de Toulouse aux Pyrénées. Du wagon, 
l'observateur pourra distinguer de l'autre coté du fleuve, 
c'est-à dire sur la rive droite, un terrain qui domine 
d'une centaine de mètres environ la vallée proprement dite. 
Ce terrain qui constitue une nappe immense dont l'altitude 
varie entre 250 et 400 mètres au-dessus du niveau de la 
mer, forme la région sous-pyrénéenne ; il est formé d'argi- 
les et de marnes grumeleuses, jaunâtres et grisâtres, d'ar- 
girènes, c'est-à-dire de dépôts argileux et sablonneux qui 
prennent quelquefois de la consistance, cimentés qu'ils sont 
par une substance calcaire, et constituent alors des grès 
friables, sorte de molasse (1). Sillonné et entamé par de 

(1) Les calcaires du miocène ne se trouvent pas ici; ils n'apparaissent 
que dans les bassins de la Gimone, du Gers et de la Baïse, et vers le 
cours inférieur de la Garonne. 



\— 67 — 

nombreux ruisseaux ramifiés à L'infini qui Pérodent peu- 
à-peu, le terrain en question forme — en dehors des grands 
cours d'eaux , comme la Garonne et l'Ariège qui l'ont 
profondément érodé, façonné sous forme de terrasses, et 
recouvert de dépôts caillouteux, — de petites collines et de 
petits mamelons caractéristiques très-bien indiqués sur les 
cartes du dépôt de la guerre. 

Le terrain dont il s'agit est d'origine fluvio-lacustre; il 
appartient à la partie moyenne de la période tertiaire, 
c'est-à-dire au miocène. Notre savant paléontologiste, 
M. xNoulet, qui l'a surtout étudié dans la vallée de la Ga- 
ronne (1), y a signalé en certains lieux de nombreux fos- 
siles terrestres et d'eau douce, parmi lesquels je citerai : 
des Dremotherium , des Steneofîber, des Anthracotherium , 
des Chœromorus , etc., avec la Melania aquitanica. 

Les couches qui constituent le terrain qui nous occupe 
n'ont pas participé aux dislocations pyrénéennes : elles sont 
restées horizontales. C'est dire que ce terrain s'est déposé 
après la formation des Pyrénées et qu'il n'a pas subi, depuis 
lors, de mouvement appréciable. 

La petite ville de Gazères où commence en réalité la 
coupe que je me propose de décrire, est assise ainsi que je 
l'ai dit, sur la terrasse inférieure de la vallée delà Garonne 
(d 3 de la coupe). Cette terrasse, dont l'altitude au-desus du 
niveau de la mer atteint ici 246 m et qui domine d'une 
vingtaine de mètres le lit actuel de la Garonne, est composée 
de cailloux roulés très variés, ordinairement céphalaires, 
appartenant aux diverses formations pyrénéennes ; les 
roches granitiques y sont toujours décomposées ou en voie 
de décomposition, tandis qu'elles sont vives et franches 
dans les alluvions transportées de nos jours. 

Grâce au sillon creusé par la Garonne actuelle dans les 



(1) De la répartition stratigraphique des corps organisés fossiles dans 
le terrain moyen ou miocène d'eau douce du sud-ouest de la France. Dans 
les Mém. de l'Acad. des Se. de Toulouse, 1861, 5 e série, t. V, p. 125 



— 68 — 

dépôts caillouteux de la terrasse inférieure, on voit affleurer 
au-dessous de ces dépôts, dans le lit même de la rivière, les 
argiles et les marnes grumelées, jaunâtres en bancs horizon- 
taux du terrain miocène (m) dont je viens de parler. 

§2. — Région des petites Pyrénées de la Haute-Garonne et 
de VAriége. 

De Cazères, si l'on jette un coup d'œil vers le sud, on 
aperçoit, à peu de distance, une série de hauteurs ou de 
petites montagnes orientées 0. 15° N., dont les points 
culminants ne dépassent guère 600 m. au-dessus du niveau 
de la mer, et qui tranchent parleur altitude et par la végé- 
tation qui les recouvre, avec les couches plus ou moins 
dépouillées d'arbres et de verdure des terrains quaternaire 
et miocène dont j'ai parlé. Ces hauteurs sont, on peut le dire, 
les sentinelles avancées des Pyrénées ; elles sont connues des 
géologues sous le nom de petites Pyrénées de la Haute- 
Garonne et de l'Ariège. C'est là que nous allons nous engager, 
c'est là que nous étudierons des terrains alternativement 
marins et d'eau douce, c'est-là que nous observerons les 
plissements répétés et les renversements de couches, et c'est 
là enfin que nous aurons une grandiose idée des immenses 
failles qui ont accidenté nos montagnes. 

Ce système de petites montagnes se poursuit jusqu'à Mon- 
detteau N. et non loin de Si-Girons ; sa longueur est ici de 
20 kilomètres environ ; il est composé de bandes plus ou 
moins parallèles appartenant aux terrains de 1 re , 2 e et 3 e 
séries (voir la carte géologique jointe à ce travail). Certains 
de ces terrains, — notamment le nummulilique (e 1 ), le 
garumnien (G), la craie supérieure (C 3 ), et le néocomien 
(C< n), — composés de roches résistantes, forment des 
abrupts ou des murailles que l'on peut suivre en direction 
sur plusieurs lieues d'étendue; tandis que certains autres, — 
je citerai surtout le poudingue de Palassou (e 2 ), la craie 



- 09 — 

moyenne (G 2 ), le trias (t), — presque exclusivement formés 
de roches schisteuses ou gréseuses, constituent des parties 
plus ou moins déprimées que Ton peut suivre aussi très 
longtemps en direction. 

D'où il suit, que l'on passe alternativement, ainsi que 
d'ailleurs l'indique ma coupe, d'une contrée déprimée à 
une région relativement élevée. 

J'ajouterai que, vues de front, ces petites montagnes ont 
un faciès arrondi et moutonné , qui s'explique très-bien 
quand on songe que les anciens glaciers pyrénéens s'éten- 
daient autrefois jusque dans la plaine , et recouvraient , 
par suite, la région dont il est question, ce que démontrent 
les traces de moraines frontales et profondes , en partie 
démantelées par les eaux diluviennes, traces qui s'observent 
dans quelques régions privilégiées des petites Pyrénées de 
la Haute-Garonne et de l'Ariége, notamment dans les envi- 
rons de Salies-du-Salat, de Sainte-Croix, de Montesquieu 
et de Camp-Bataillé. 

Si maintenant , nous suivons la petite route qui unit 

Cazères à Saint-Girons par Couladère, Saint -Michel, Fabas, 

Tourtouse , Cap-Blanc, Taurignan-Vieux et Saint-Lizier , 

nous obervons de nombreuses formations que nous allons 

• successivement décrire. 

Des rudiments de la terrasse inférieure (d 3 ) s'observent 
près de Couladère, et il devient facile de reconstituer, par 
la pensée, un des anciens lits de la Garonne, celui qui s'éle- 
vait autrefois ici à 248 mètres au-dessus du niveau de la 
mer. Cette terrasse est, à son tour, dominée par une sorte 
de plateau dont l'altitude atteint 304 mètres, plateau cons- 
titué par des cailloux roulés , d'un volume généralement 
un peu plus volumineux que ceux de la terrasse inférieure, 
qui sont emballés dans une argile jaunâtre et rougeâtre, et 
qui appartiennent presque essentiellement à des roches de 
quartzite. 

Ce terrain de transport, que l'on peut distinguer très- 
facilement de celui que nous avons signalé à Cazères et à 



- 70 — 

Couladères, correspond au diluvium des plateaux que j'ai 
signalé dans certains de mes travaux (1). C'est un des plus 
anciens dépôts diluviens de nos régions; il s'est produit 
alors que la Garonne charriait des eaux puissantes prove- 
nant delà fonte des anciens glaciers pyrénéens, et alors que 
cette rivière avait à peine ébauché son lit. Nous trouverons 
plus loin un dépôt identique dans les environs de Gajan et 
au-delà de Saint- Girons. Près de Sainte-Croix, en dehors de 
ma coupe, un terrain de transport du môme âge surmonte les 
restes des anciennes moraines frontales des grands glaciers 
pyrénéens, fait important qui démontre la postériorité de 
ce terrain par rapport au grand phénomène glaciaire (2). 

Quelques petits ruisseaux entament le diluvium des pla- 
teaux, et permettent de reconnaître qu'il recouvre ici une 
puissante formation détritique et argileuse aux couches ver- 
ticales ou Sub-verticales, qui représente un des éléments 
constitutifs les plus récents des Pyrénées , le poudingue 
de Palassoiij qui appartient à l'éocène supérieur ( e* de 
ma coupe). Le petit ruisseau qui descend deHauga et qui se 
jette dans le Volp., vis-à-vis Saint-Christaud, nous laissera 
voir la nature des couches qui constituent ce terrain. 

Ce sont des alternances d'argiles ou de marnes, de pou- 
dingues à cailloux généralement calcaires et degrés, qui 
entrent dans sa composition. 

Les marnes et les argiles sont diversement colorées, le 
plus souvent jaunâtres et orangées. 

Les poudingues sont formés de cailloux ordinairement 
calcaires de diverses grosseurs, plus ou moins bien arron- 
dis, quelquefois à arêtes vives ou peu émoussées, souvent 
impressionnés, cest-à-dire montrant des parties convexes 
qui s'emboîtent dans des parties creuses ou concaves. 

Ces cailloux appartiennent principalement aux formations 

(1) Notice sur le terrain quaternaire des bords de la Montagne-Nvire, 
etc. {Bull, de la Soc. d'Hist. nat., t. IV: 1870.) 

(2) Voyez à ce propos quelques observations relatées dans le Bull, de 
la Soc. d'Hist. nat. de Toulouse, t. IV, p. 1 14; 1870. 



— 71 - 

nummulitique, crétacée supérieure et crétacée inférieure. 
Il y a aussi quelques lydiennes des terrains de transition et 
quelques grès et schistes. Le ciment qui les unit est, dans bien 
des cas, calcaire à l'état cristallin ou sub-cristallin ; souvent 
aussi il est un peu argileux , terreux, grossier et gréseux. 

Les grès sont ordinairement gris , quelquefois un peu 
jaunâtres, à grains assez 6ns et à ciment calcaire. 

Ces diverses couches passent souvent de l'une à l'autre 
d'une manière insensible ; d'autres fois, au contraire, ces 
bancs sont très réguliers et nettement stratifiés. 

Je n'ai pas aperçu ici les couches de calcaire intercalés 
que l'on remarque à Sabarat (Ariége) dans le terrain détri- 
tique dont je viens de parler ; mais j'ai pu observer en 
quelques points des bancs argilo -calcaires qui, peut-être, 
les représentent. 

Quoi qu'il en soit, il nen est pas moins vrai que le sys- 
tème détritique en question est sur le même horizon que 
celui de Sabarat. Gomme lui, il repose en concordance , 
nous le verrons tout-à l'heure, sur le terrain nummulitique. 
C'est ce qui m'engage à dresser ici la liste des fossiles 
recueillis à Sabarat et déterminés par M iNoulet. 

Hélix Vialaii, de Boissy j Plcmorbis crassus, M. de Serres. 

— Potiezii, de Boissy. — cornu, Brogn.) 

— Janthinoides, de Boissy. j — castrensis, Noulet. 
Cyclostoma forrnosum, Boubée, j 

var. coactum et minutum, 
Noulet. 

Ces coquilles terrestres et d'eau douce accompagnent, on 
le sait, dans le midi de la France, les Lophiodon, les Lophio- 
therium, les Palœotherium, les Propalœotherium, les Palo- 
plotherium, qui édifient le géologue sur l'âge des couches 
qui les renferment. 

D'un autre côté, je dirai que le système qui m'occupe 
me rappelle de tous points les couches éocènes de l'Aude 
connues sous le nom de grès de Carcassonne et de poudingue 
des montagnes , que j'ai spécialement étudiées. Gomme dans 



— 72 — 

ce département, il a une épaisseur énorme qui atteint au 
moins 1,000 mètres, 

M. Leymerie donne à penser que le terrain éocène tout 
entier des Pyrénées s'est déposé sous les eaux de la mer : 
« Ce dépôt grossier ( poudingue de Palassou ) me paraît 
être le résultat , dit-il , des secousses du sol qui ont dû 
précéder le soulèvement pyrénéen, combiné avec l'agitation 
violente des eaux de la mer éocène. » Les détails dans 
lesquels je viens d'entrer prouvent , au contraire, que ce 
terrain a une origine fluvio-lacustre. Son mode de forma- 
tion n'est pas facile à expliquer, le poudingue de Palassou 
étant concordant avec le terrain nummulitique et contenant 
des cailloux empruntés à ce terrain ; mais je reviendrai plus 
loin sur cette question. 

A l'est de la métairie de Laouhê, indiquée sur la carte 
du dépôt de la Guerre, l'observateur pourra facilement 
reconnaître une formation bien différente de la précédente, 
c'est-à-dire essentiellement marine, qui succède au poudin- 
gue de Palassou et s'appuie sur lui en concordance. Je veux 
parler delà formation nummulitique (e i de la coupe), que 
l'on peut assez facilement diviser en trois parties. 

4° La partie supérieure débute par des grès calcaires 
à fossiles d'origine marine mais peu déterminables , qui 
sont les équivalents des grès à Ostrea multicostata des Cor- 
bières et de la Montagne-Noire, et des grès à Eupatagus 
ornatus de la Chambre- d'Amour près de Biarritz. Je n'ai 
pourtant pas trouvé jusqu'ici cette espèce d'une manière 
sûre Ces grès sont suivis par des calcaires compactes, 
jaunâtres, blanchâtres, souvent rosâtres, pétris d'animaux 
marins, parmi lesquels on reconnaît: 



Ostrea, intléterm. 
Terebratula de petite taille, peut- 
être la T. lenuistriata, Leym. 
Oursins, indéterm. 



Nummulites globulus, Leym. 

— Leymeriei, d'Archiac 
Operculina ammonia, Leym. 
Alveolina subpyrenaica, Leym. 



2° La partie moyenne est constituée par des calcaires 



- 73 - 

plus ou moins marneux et par des marnes grisâtres qui 
renferment quelques fossiles. C'est l'équivalent des couches 
de Bos-d'Arros et des marnes bleues à Serpula spirulœa de 
la côte des Basques près de Biarritz. Voici les fossiles que 
j'ai pu recueillir dans ces couches : 



Fusus longuevus, Lam. 
Spondylus eocenus. 
Ostrea uncifera, Leym. 



Teredo Tournait. 
Terebratula montalearensis, 

Leym . 



3° La partie inférieure qui corrrespond aux couches 
à Echinodermes de Handia et du rocher du Gnoulet, au 
S.-S.-O de Biarritz, est formée par des calcaires blanchâtres 
et des calcaires quasi-blanchâtres ou bleuâtres, plus ou 
moins compactes, renfermant de nombreuses milliolites, puis 
par des calcaires plus ou moins marneux et des marnes 
en certains points un peu sableuses et glauconiennes qui 
contiennent certains fossiles à physionomie crétacée mélan- 
gés à des espèces de l eocène. 



Natica brevispira, Leym. 
— longispira, Leym. 
Cerithium Daubuissoni. 
— garumnicum. 
Nerita conoidea. 
Voluta. 

Pleurotomaria indét. de gr. taille 
(c) Terebratula tenuistriata, 

Leym. 
(c) Micraster Matheroni, Desor. 
(c) Hemiaster pumtatus. 
(c) Ananchytes ovata? petite 

variété. 



Cor dit es. 

Arca. 

Venus striatissima, Bellardi. 

Crassatella. 

Isocardia acutangula, Bell. 

Lucina. 

Ostrea vesicularis. 

(c) Terebratula alata? 

(c) Cyphosoma magnificum, 

Agass. 
{c) Venus Lapeyrusana. 
Oursins, ind. 



Le terrain nummulitique ainsi constitué a une épaisseur 
de 200 mètres environ. On voit qu'il est loin d'atteindre 
ici la puissance de 1 ,040 mètres que lui assigne M. Jacquot 
dans les environs de Biarritz (1). Cet étage, et notamment 



(I) Actes de la Soc. linnéenne de Bordeaux, 3 e série, t. V, p. \ 



— 74 - 

la partie inférieure, c'est-à-dire le calcaire à milliolites, offre 
un horizon précieux qui nous permettra de reconnaître 
facilement les plissements et les brisures qui ont accidenté 
sur une grande échelle les petites Pyrénées de l'Àriége. 

Un peu avant d'atteindre le hameau de Gouseranès, on 
aperçoit des roches calcareuses constituant une sorte de 
mamelon enserré par des roches marneuses ou argileuses 
formant couches. Ces couches appartiennent à l'étage que 
M. Leymerie a désigné sous le nom de garumnien (G de la 
coupe) ; elles sont sub-verticales et concordantes avec la 
formation nummulitique. 

Le garumnien peut se diviser en trois parties. 

1° La partie supérieure, un peu marneuse et blan- 
châtre se lie insensiblement à la partie moyenne ; elle 
n'est guère appréciable ici, mais vers l'Est elle est formée 
de marnes d'un rouge intense. 

2° La partie moyenne est presque essentiellement formés 
de calcaires gris plus ou moins clairs , compactes ^ sub- 
lithographiques, souvent avec nodules et couches de 
silex passant à la meulière. Des parties mojns compactes, 
plus ou moins marneuses , crayeuses ou sub-crayeuses , 
divisent quel ]uefois le système calcaire en plusieurs assises. 
Ce système contient des grains de Chara et des animaux 
terrestres et d'eau douce trop empâtés dans la roche, pour 
pouvoir être déterminés spécifiquement. 

Voici le nom des genres auxquels les corps organisés 
que j'ai recueillis dans cette partie du garumnien se rap- 
portent : 



Physa. 

Lymnœa. 

Paludina. 



Cyclostoma 
Chara, indéterm. 



3° La partie inférieure se compose de marnes bariolées, 
devenant très-rutilantes en allant vers l'Est, de sables et 
grès lignitifères, de calcaires caverneux. Les fossiles que 
l'on y recueille sont très-rares ; on y trouve quelques 



- 75 — 

dents de squales , des débris de carapace de tortue et 
de sauriens (1). C'est à ce niveau que M. Leymerie a 
signalé dans la Haute-Garonne de nombreux fossiles d'eau 
saumàtre et marine dont la plupart sont encore inédits, et 
parmi lesquels il convient de citer la Cyrena garumnica , 
Leym. ; la Tornatella Baylei, Leym., etc., des Huîtres 
des Sphérulites, etc. 

L'épaisseur du garumnien pris dans son ensemble dans 
la région qui nous occupe, peut être évaluée à environ 200 
mètres. Mais ce terrain varie de puissance; ainsi, la partie 
moyenne calcaire qui, ici, ne dépasse guère 100 mètres, 
atteint à Ufferte dans l'Ariége, 300 mètres. Dans les Cor- 
bières, cet étage forme quatre assises calcaires séparées 
par des marnes rutilantes qui mesurent au moins 500 m. 
d'épaisseur. 

M. Leymerie croyait autrefois que l'étage auquel il impo- 
sait le nom de Garumnien était d'origine essentiellement 
marine. M. l'abbé Pouech a prouvé le premier, en 1864, 
que les calcaires de la partie moyenne contenaient des 
fossiles d'eau douce (2). J'ai eu l'occasion d'étudier cet hori- 
zon des bords ide la Garonne jusqu'aux Bains de Rennes et 
jusqu'au Mont Aîaric ; partout, j'y ai reconnu des fossiles 
terrestres ou lacustres. 

Cet étage, qui correspond à la partie supérieuse du groupe 
d'Alet de d'Archiac (3), représente tn réalité les couches à 
Physa gigantea de Rilly, et le calcaire pisolithique ou 
Danien de d'Orbigny. Je ne conserve le nom de garumnien 
que parce qu'il a été déjà employé dans nos régions du 
midi, et pour désigner certaines assises comprises entre la 
craie de Maëstricht et le calcaire à miliiolites. Mais j'élimine 
de ce terrain les couches qui renferment les rares fossiles 

(1) Voir Bleicher, loc. cit. 

(2) Note concernant une assise présumée lacustre, observée dans 
l'Ariége à la partie inférieure de l'éocène pyrénéen. Bull., Soc. géol., 
2e sér.,) t. XXII, p. 1 6; 4864. 

(3) Mémoires de la Soc. géol. t. VI. Mém. surlesCorbières. 



- 70 - 

de la colonie crétacée d'Ausscing, parce que ces couches, 
contiennent aussi et en abondance des espèces caractéristi- 
ques de leocène. 

Après ces quelques remarques, reprenons notre coupe. 

L'observateur qui vient d'étudier l'étage garumnien mar- 
chera bientôt sur des couches presque verticales qui s'impo- 
sent à lui par leur nature résistante et par leur altitude. 
C'est sur ces couches, qui appartiennent à la craie supé- 
rieure et qui succèdent en concordance au garumnien, que 
se trouvent situées les ruines du château de Saint-Michel, 
un des points culminants de cette région (5!4 m ), et les 
quelques maisons qui forment le petit hameau de Couze- 
ranès (V. les coupes ] et 5). 

La craie supérieure dans les petites Pyrénées de la Haute - 
Garonne et de l'Ariége occidentale, se divise en deux étages : 
craie deMaëstricht et Sénonien. 

La craie de Maëstricht est constituée par des calcaires 
jaune-nankin ou grisâtres, par des calcaires argilifères gris- 
bleuâtres. Ces couches renferment en certains points des 
grains de quartz et des petits cailloux avellanaires très-polis 
de ce minéral. On y recueille la plupart des fossiles que 
M. Leymeric a signalés dans les couches du môme âge, à 
Ausseing(1) 



Nerita rugosa, Hœning. 
Janira striatocostata, Goldf. 
Ostrea larva, Lam 

— matheroniana (Exogyra 
pyrenaica, Leym.) 

— de petite taille. 



Terebratula alata, Brong. 
Thecidea radiata, Defr. 
Crania arachnites, Leym. 
Hemipneustes radiatus, Agass. 
Orbitolites socialis, Leym. 



Le Sénonnien est ici composé par des calcaires argileux 
qui alternent avec des couches argileuses grisâtres, en cer- 
tains points ligniteuses. C'est là l'horizon de V Ostrea vesica- 
laris de grande taille, de YAnanchytes ovata de la Haute- 

(i) Réunion extraordinaire de la Soc. géol. de France, en 1862, dans 
les Pyrénées de la Haute-Garonne. 



— 77 — 

Garonne ; c'est dans des couches du même âge que l'on 
recueille plus à l'Est, sur les bords de la Sais, les nombreu- 
ses espèces sénoniennes du Moulin Tiffeau. Dans la région 
qui nous occupe, cet étage me paraît peu fossilifère. 

L'épaisseur de la craie supérieure est environ de 300 
mètres. Les calcaires nankin qui représentent les couches 
de Maëstricht , passent peu à peu , dans TAriége occiden- 
tale, à des grès psammitiques siliceux, jaunâtres, fréquem- 
ment rosés, avec argiles subordonnées, que d'Archiac avait 
rangés dans la partie inférieure de son groupe d'Alet (l). 

Je ferai remarquer que le sénonien , beaucoup moins 
résistant que la craie de Maëstricht, constitue les premières 
pentes que l'on remarque entre Couzeranès et Hauga, c'est- 
à-dire îe commencement d'une région déprimée et mame- 
lonnée, dont l'altitude varie entre 100 et 500 mètres. 

Cette région , que nous allons recouper sur deux kilo- 
mètres de largeur, forme ce que M. Leymerie avait désigné 
plus à l'ouest , sous le nom de bombement central d'Ans- 
seing (2). En effet, les couches qui la constituent, vertica- 
les sous Couzeranès, finissent par plonger vers le nord , 
jusque vers Ba-rnès, et au-delà de Barnès, s'inclinent vers 
le sud (Voir la coupe fig 5). 

Mais tandis que M. Leymerie range les terrains formant 
ce bombement inférieur dans la craie blanche, c'est-à-dire 
dans le sénonien de d'Orbigny (Voir la carte géologique 
des petites Pyrénées de la Haute-Garonne situées en avant 
de la grande chaîne, par M. Leymerie), je place la majeure 
partie de ces terrains dans un étage inférieur. 

En effet, les argiles gri ses sénoniennes se terminent près 
d'Hauga; pendant qu'une formation gréseuse, dont je vais 
m'occuper maintenant, me rappelle la partie supérieure de 
la craie moyenne que j'ai étudiée tout le long des Pyrénées, 
c'est-à-dire l'étage turonien de d'Orbigny. 

(1) Les Corbières. (Mém. de la Soc. gêol. de France, 2 e sér., t. VI, 
1859. 

(2) Bull, 2e sér., t. XIX, p. 12. 



- 78 - 

Cet étage, qui supporte en concordance les couches de la 
craie supérieure, se compose de grès psammitiques jaunâtres, 
en bancs plus ou moins épais et siliceux, souvent en dalles 
minces qui alternent avec des schistes terreux psammitiques, 
et, en divers points, avec des bancs de calcaires bleuâtres 
esquille ux, jaunâtres à l'intérieur. Les grès en dalles minces 
renferment souvent des empreintes végétales encore indé- 
terminées et quelques fucoïdes. Les autres couches contien- 
nent quelques rares fossiles de l'époque turonienne. Malgré 
mes recherches, je n'ai pu jusqu'ici rencontrer dans ces grès 
que quelques cyclolites, uneJanire qui me rappelle la Janira 
quinquecostata, un fragment de corps organisé qui se rap- 
porte, avec un léger point de doute, à YHippurites orga- 
nisans. 

Malgré la rareté des fossiles que j'ai recueillis, je n'hésite 
pas à ranger les couches dont il s'agit dans l'étage turonien ; 
car, dans leur prolongation vers l'es!, j'ai observé qu'elles 
reposaient directement sur des bancs de grès , à Ostrea 
columba, et à Janira quinquecostata , qui caractérisent le 
cénomanien supérieur de nos montagnes. 

C'est à Bernés qu'apparaissent les bancs turoniens les 
plus anciens du bombement central. Un peu plus loin, ainsi 
que je l'ai dit tout-à-1'heure, les couches plongent vers le 
sud, ou, si l'on veut, vers les monts pyrénéens , sous un 
angle de 45° environ. Ce qui permet à l'observateur d'étu- 
dier de nouveau en suivant la route de Saint-Girons (Voir 
la coupe fig 5 et la carte fig. 6), les divers terrains que nous 
venons de passer en revue , et de voir que ces terrains, 
que nous n'avons observés jusqu'ici qu'en strates verticaux 
ou sub-ve rticaux, se recouvrent les uns les autres en con- 
cordance parfaite. 

Ainsi, la craie supérieure (C 3 ) , Sénonien et craie de 
Maëstricht, nous laissent voir un peu avant d'arriver à Flou- 
garolle, les schistes et les calcaires nankins qui la consti- 
tuent et qui, comme à Couzeranèset à Saint-Michel, for- 
ment une crôtc élevée qui domine la région du sud que j'ai 



- 79 - 

décrite; le garumnien(G) nous montrera, entre Hougarolle 
et Maritaut sa muraille de calcaire compacte et ses argiles 
rutilantes; le nummulilique (ety nous permettra de recueillir 
à Bordeneuve et à Fabas des fossiles nombreux surtout 
dans les marnes bleues du sous-étage moyen qui ici 
paraissent beaucoup plus développées *T|ue vers Laouhé; 
et le poudingue de Palassou (e 2 ), entre Fabas et Tourtouse, 
nous laissera juger de nouveau de l'épaisseur des poudin- 
gues , des grès et des argiles qui le composent.. 



Une discussion s'engage entre plusieurs membres sur la néces- 
sité d'assurer l'intérêt de nos réunions hebdomadaires. M. Gour- 
don pense qu'il y aurait lieu de faire des conférences. Il ajoute que, 
à toutes les séances, il faudrait rendre compte des ouvrages reçus. 
Il est décidé que la discussion sera reprise. La nécessité de com- 
pléter les cornues d'administration et d'impression étant reconnue, 
la Société met l'élection complémentaire à l'ordre du jour de la 
séance suivante. 

M. E. Carlailhac donne connaissance à la Société de la décou- 
verte de foyers de l'âge de la pierre polie dans une des grottes de 
Roquefort, aujourd'hui célèbres caves à fromages. 11 y avait une 
énorme quantité de bois de cerf, et parmi les objets travaillés on 
remarque des emmanchements en bois de cerf de formes commu- 
nes en Suisse et que M. de Mortillet n'a jamais vues en France. 
Cependant, M. Trutat a trouvé un exemplaire de ce type, dans la 
grotte de Cabra (Lozère). M. Louis de Malafosse fait observer que 
M. l'abbé Solanet vient d'en recueillir plusieurs dans une autre 
grotte de cette même région. 

M. Cartailhac termine en disant que dans les foyers de Roque- 
fort il y avait des haches en pierre polie , des poinçons en os, 
des poteries identiques à celles de la grotte deSorgues, avec grains 
de calcaire liant la pâte et très-simplement ornées. 

La séance est levée. 



- 80 — 

Séauce du S7 novembre -187*8. 

Présidence de M. le D<- Gourdon. 

La Société reçoit les ouvrages suivants : 

-s 
Mémoire* de l 'Académie des sciences, belles-lettres et arts 

d'Amiens, 2 e série, 1858 à 1872. 9 volumes. 

Recherches sur le Lias de la région de Marvejols, par G. de 
Malafosse. (Ext. du bulletin de la Société). 

Bulletin de la Soc. archéologique de Béziers, 2 e série, tome VI, 
2 e livraison. 

Nouvelle note sur la flore de Lodève, par M. Aubouy (membre 
correspondant de notre Soc). 

De la dynamite et de ses applications vendant le siège de Paris. 
Brocb. 

Manuel d'hygiène et de premiers secours à l'usage des S.-off. et 
des soldats. Brocb. 

Hygiène militaire, par le D r Arnould Broch. 

Ces trois derniers ouvrages donnés par M. le colonel Bellevillc. 

Des remerciements sont adressés aux donateurs. 

M. le Secrétaire-Général a reçu de la main de M. Raulin, pro- 
fesseur à la Faculté des sciences de Bordeaux, ses « Notions 
élémentaires de Sciences jihysiques et naturelles, » br. in- 16. Ce 
volume contient les leçons faites à la classe supérieure de l'école 
primaire de la rue Villeneuve, à Bordeaux. 

M. Cartailhac entrelient la Société de l'accueil parfait qu'a 
rencontré la pétition pour l'Histoire naturelle dans les diverses 
sections de l'Association française à Bordeaux. 

Il expose en peu de mots, à cette occasion, le but de l'associa- 
tion, son utilité incontestable, la nécessité de s'enrôler sous sa 
bannière pour l'avancement des sciences. 

La Société, à l'unanimité, déclare adhérera l'Association et sous- 
crire dès à présent. Elle espère que Toulouse sera choisie pour être 
le siège d'une session prochaine. 



— 81 - 

La Société ne veut pas oublier les services considérables qu'a 
rendus et que peut rendre encore le Congrès scientifique fondé 
il y a près de quarante ans par M. de Caumont, et qui en 1873 
aura lieu à Pau ; elle s'inscrit aussi sur la liste des adhérents. 

Le Secrétaire dépose sur le bureau le Moniteur de la Réunion 
qui contient un discours très-remarquable que notre confrère le 
professeur Arthur Joly a prononcé à la distribution des prix du 
lycée de Saint-Denis. L'auteur montre la nécessité d'enseigner 
d'une façon plus complète la Géographie et l'Histoire Naturelle. 

M. le colonel Belleville est nommé membre du Conseil d'ad- 
ministration. 

MM. le D r Garrigou et A. de Saint-Simon sont nommés à la 
majorité absolue membres du Comité d'impression. 

M. Gaston de Malafosse présentée la Société plusieurs vertèbres 
d'Ichthyosaure provenant du lias des environs de Marvejols (Lozère); 
elles mesurent m ,15 de diamètre sur m ,05 d'épaisseur. 

M. Marquet communique la note suivante : 

Excursion entomologique aux étangs de Narbonne, Béziers 

et Vias. 

Le 27 mai dernier, je partis de Toulouse avec M. d'Au- 
buisson, notre collègue, pour faire une promenade entomo- 
logique dans quelques contrées du Bas-Languedoc. 

Notre première station eut lieu à Narbonne. 

Le lendemain malin, malgré une pluie fine, nous nous 
dirigeâmes vers les marais, en suivant le chemin de halage 
du canal de la Bobine. 

Dans les petits taillis qui bordent ledit chemin, M d'Au- 
buisson se procura, en secouant fortement les branches 
des jeunes ormes et des aubépines, les espèces suivantes : 



Magdalinus barbicornis. 
Lebia turcica. 
Brachytarsus scabrosus. 



Orchestes alni. 
Cistela antennata. 



De mon côté, j'essayai de passer mon filet à insectes sur 

6 



— 82 — 

les herbes qui tapissent les berges du canal, mais les plan- 
tes , encore mouillées, imbibaient le (ilet. de sorte que les 
insectes recueillis ne formaient au fond qu'un amas grouil- 
lant, une vraie bouillie ! 

Je pris alors le parti de visiter le pied desplantesà feuil- 
lage cotonneux, et je rencontrai les espèces ci-après : 

Sous des verbascum : 



Sunius filiformis. 
Scopseus sericans. 
Thyamis verbasci. 



Psylliodes meridionalis. 
Acalles punctatocollis. 



Dans les racines de la Malva sylveslris : 

Baridius nilens. Podagrica malvsp. 

Celte dernière se tient surtout sur les feuilles de cette 
plante, qu'elle perfore de milliers de trous. 

Le vent du nord-ouest ayant succédé momentanément à 
la pluie, nous permit de faire sécher un peu nos engins de 
chasse et de continuer bientôt nos recherches. 

Nous entrâmes dans une prairie dont le terrain était sal- 

pètreux, et là, en passant le filet sur des statiecs, je récoltai 

par milliers : 

Sibynes meridionalis. 

Sur la même plante, mais en très-petit nombre : 

Apion limomî. 

En secouant les branches des tamarix : 



Coniatus répandus. 

— tamarisci 

— Deyrollei. 

— suavis. 
Nanophyes tamarisci. 

— pallidus. 



Nanophyes pallidulus. 

— tetrastigma. 

— rubens. 

— posticus. 
Apion tamarisci. 
Gymnsetron villosulus. 



— 83 — 

Un peu plus loin , en passant le filet sur les Massettes 
(Typha angustifolia), sur les iris jaunes et sur les nénuphars 
blancs : 



Psylliodes meridionalis. 

— gibbosa. 
Mononychus pseudoacori. 
Donacia lemnse, et sa variété 
Sagittariœ. 



Donacia thalassina. 

— hnearis. 
Baridius T album. 



Sur des rumex. 

Apion hydrolapathi. 

La Podagrica discedens fourmillait sur la guimauve. 

J'essayai de me procurer, sur le Butomus umbellatus, la 
jolie Donacia tomentosa , peine perdue; il me fut impossible 
de trouver cette espèce. 

M. d'Aubuisson récoltait, sur diverses plantes, quelques 
chenilles d'espèces rares , et faisait provision des pjantes 
qu'elles affectionnaient. 

Nous avions le projet d'arriver jusqu'aux rochers de la 
Clappe; mais la pluie nous ^obligea , non sans regret, à 
rétrograder vers Narbonne. 

Chemin faisant, dans les fossés qui bordent la route dite 
de Gruissan, M. d'Aubuisson ramassa , sur les feuilles de 
l'iris jaune et sur celles des massettes , une vingtaine de 
chenilles d'une magnifique noctuelle (Xylina exoleta). espèce 
dont notre collègue ne possédait en collection que deux ou 
trois mauvais échantirons. 

Avant de rentrer à Narbonne, je visitai le pied de quel- 
ques plantes et retournai bon nombre de pierres. 

Dans les racines de ÏEchium vulgare : 

Pachycerus varius. 
Sous des atriplex : 
Bothynoderes mendicus. || Bothynoderes conicirostris. 



- 84 — 
Sous les feuilles d'une moutarde (Sinapis incana) : 



Baridius cuprirostris. 
— laticollis. 



Baridius chloris. 
— chlorizans. 



Sur les feuilles de la Sinapis nigra: 
Lignyodes enucleator. 

Sous les pierres : 

Akis punctata ; Scaurus striatus et punclatus. 

Le lendemain matin, nous remontâmes en wagon jusqu'à 
Vias , localité située près d'Agde et à 3 kilomètres de la 
mer. 

Notre première course eut pour objectif le littoral. 

Lorsque nous eûmes traversé le Canal du Midi, la vue 
d'une Pimelia bipunctata nous rappela que nous allions en- 
trer dans la région dessables de la mer. 

En effet , quelques instants après, nous franchissions les 
dunes, tout en explorant les plantes qui croissent sur ces 
éminences sablonneuses. 

Sur XEnjngium maritimum : 

Zonitis prœusta. Stenalia testacea. 

Stenoria apicalis. Bruchus eryngii. 

UEchinophora spinosa produisit , surtout, une quantité 
considérable de stenalia testacea. 

Au pied des tamarix et des autres plantes se trouvaient : 



Helops translucidus. 
Phaleria cadaverina. 
— hemisphaerica. 
Cryptophagus fasciatus. 
Autliious lenellus. 
Ammophlhorus rufus 
Trachyscelis aphodioides. 



Psarnmodius porcicollis. 
Saprinus rugifrons. 

— apricarius. 

— dimidiatus. 

— granarius. 
Lyonychus albonolalus. 



- 8* - 

De gros Scarites gigas et des Pimelia bipunctata erraient 
cà et là à la recherche de quelque proie , et les ateuchus 
semipunctatus , avec une ardeur fébrile, roulaient, à recu- 
lons, des boules formées de déjections animales dans les- 
quelles ils avaient préalablement déposé leur progéniture. 
De temps en temps, ces insectes se livraient entre eux des 
combats acharnés. Certains observateurs assurent que, pro- 
fitant de cette lutte, un petit scarabée (Onthophagus maki) 
va déposer ses œufs dans l'une des boules momentanément 
abandonnée par les athlètes ; je n'ai jamais pu vérifier ce 
fait. J'ai toujours rencontré Yonthophagus maki vivant en 
famille dans les matières stercoraires. 

Dans les fossés d'eau saumâtre qui se trouvent au pied des 
dunes, glissaient à la surface : 



Gyrinus natator. Gyrinus Dejeani. 

— bicolor. 



En piétinant le sable humide, nous faisions sortir de leur 
retraite : 



Ochthebius marinus. 

— lutescens. 
Omophron limbatum. 
Dyschirius rugicollis. 

— chalibseus 

— nitidus. 

— chalceus. 



Pogonus pallidipennis. 

— littoralis. 

— chalceus. 

— riparius. 

— meridionalis. 
Bledius verres 



et d'autres petits staphylinides, heterocerus, etc. , de plu- 
sieurs espèces. 

Sur la plage erraient les : 

Scarites arenarius. | Scarites lsevigatus. 

Les Cicindela littoralis et trisignata volaient et couraient 
avec une rapidité extraordinaire. 



— 86 — 

La Nebria arcnaria était blottie sous les rares pierres 
calcinées rejetées par la mer; ces insectes vivent là en 
famille. 

Après avoir presque rempli nos flacons de ces espèces 
maritimes, nous nous dirigeâmes vers les marais, au sud 
du village, en explorant les plantes qui paraissaient nous 
offrir quelque intérêt. 

M. d'Aubuisson découvrit, sous une centaurée (Centaurea 
aspera), une chenille prête à se métamorphoser en chrysa- 
lide qui lui a produit un très-rare papillon [Catocala Pellex). 

Sur celle même plante je trouvai : 

Larinus longirostris. | Larinus cinerascens. 

En secouant les branches de Yatriplex halimus : 

Lixus flavescens. Baridius scolopaceus. 

Geutorhynchus acalloides 

Le Tribulus terrestris, plante qui rampe sur le sable, pro- 
duisit : 

Microlarinus Lareynici. 

Sur une grarainée, M. d'Aubuisson saisit deux exemplai- 
res d'une fort jolie noctuelle très commune en Algérie, et 
devenue bien rare dans le midi delà France depuis quel- 
ques années ; cette espèce est YEuchelia pulchra. Rien n'égale 
la délicatesse des ailes de ce papillon. 

En arrivantau marais dit Estagnol de Vias, nous revîmes, 
mais cette fois par millions, la chenille de la Xylina exoleta. 
Toutes les plantes des marais (Iris, massetles, etc.) étaient 
dévorées par ces animaux. Un habitant nous affirma que 
c'était la première fois qu'on voyait apparaître ces affreux 
dévastateurs, et que, depuis quelques jours, on en ramas- 
sait de pleines comportes pour les détruire. 



— 87 - 

Je fis quelques bonnes trouvailles en soulevant des pierres 
près d'une maisonnette; ce fut : 



Zuphium olens. 
Platytarus Faminii. 
Apotomus rufus. 
Feronia infuscata. 
— puncticollis. 



Brachinus bombarda. 

— psophia. 

— immaculicornis. 

— exhalans. 



Les graminées produisirent en quantité considérable: 

Malachius rufus. i Haplocnemus cylindricus. 

— geniculatus. | 

Enfin, surpris par la nuit, nous rentrâmes au village très 
contents de nos chasses. M. d'Aubuisson ne savait plus où 
mettre ses chenilles, ayant rempli toutes ses boites. 

En attendant l'heure du diner, je soulevai l'écorce d'un 
vieux tronc de Vernis du Japon. A mon grand étonnement 
je pris une centaine d'exemplaires de la Synchita medioia- 
nensis, espèce peu commune. 

Le lendemain matin, nous allâmes à Béziers avec le projet 
de visiter l'étang de Vendres, situé à 9 kilomètres de ladite 
ville. 

Afin d'avoir pour nos chasses une journée pleine , en 
descendant du train nous nous dirigeâmes immédiatement 
vers ce beau site appelé le Pont-Rouge. 

Après avoir traversé la rivière d'Orb, sur le barrage ou 
épanchoir, nous nous trouvions en plein pays de chasse. 

Sur les saules qui bordent la rivière, se trouvaient en 
quantité : 



Balaninus ochreatus 
Elleschus scanicus. 



Dorytomus pectoralis. 
— villosulus. 



Dans le sable, au pied des plantes : 

Mazoreus luxatus. j I 

Saprinus Pelleti. j 

Sur les jeunes pousses d'un chardon ( onopordum Illyri- 



Mazoreus luxatus. j Saprinus virescens. 

Saprinus Pelleti. j 



- 88 — 

cum) vivaient , par groupes de 3 à 4 individus, les Acalles 
Dioclelianus . 

Sur YEchium pyramidale : 

Ceutorhynchus Andrœ. | Phytœcia virescens. 

Un peu plus loin, le terrain s'exhausse sensiblement et 
l'on se trouve en pleine garrigue. 

M. d'Aubuisson dirigea ses chasses vers un petit espace 
de terrain où croissaient les chênes kermès et vert ; il fit là 
ample provision de Thecla œsculi, et saisit au vol un Syrich- 
tes marrubii, espèce très-rare, et une variété, presque noire 
et fort recherchée , de YArge Psyché ; le type était fort 
commun ce jour-là. 

De mon côté, je battis les branches des chênes qui pro- 
duisirent : 



Clythra 6 maculata. 

— palmata. 
Dromius fasciatus. 



Cœliodes subrufus. 
— ruber. 



Sous le cadavre d'une couleuvre, vivaient en bonne har- 
monie : 

Saprinus Biterrensis I Dermestes undulatus. 

Dermestes pardalis. ' — mustelinus. 

Nous continuâmes notre chemin vers l'étang et, tout en 
fauchant au filet sur les plantes des fossés, je me procurai: 



Pseudochina hœmorrhoidalis. 
Dasytes subœneus. 
— plumbeus. 
Henicopus birtus. 



Clythra tristigma. 

— Lacordairei. 

— meridionalis. 



Sous une pierre, au fond du fossé, je pris un couple de 
Blaps producla. 

En arrivant au village de Vendres, notre première course 
fut dirigée vers un fossé de l'étang où pousse, en abon- 
dance, le Butomus umbellatus ; je fus désagréablement sur- 
pris en voyant toutes les fleurs de cette plante fanées à la 



- 89 - 

suite de la grande sécheresse qui avait régné dans la con- 
trée. La Donacia lomentosa, qui, deux ans auparavant, y 
pullulait, avait à peu près disparu ; je pus cependant en 
saisir deux exemplaires. J'ai attribué aussi cette disparition 
à la différence de température et à l'état de l'atmosphère. 
En effet, lorsque je vis ce joli insecte en quantité, c'était 
par un temps pluvieux , tandis que cette fois il régnait un 
vent du nord très-sec ; d'où il faut supposer que les espèces 
du genre Donacia, en général, ne se montrent abondantes 
et accouplées le long des tiges des plantes aquatiques que 
par des temps humides. 

Nous continuâmes notre excursion en fauchant au filet 
sur les graminées et ombellifères des prairies; je pris, par 
ce moyen : 



Trichodes 8 punctatus. 
Telephorus lateralis. 
Hispalis metallescens. 
Anthocomus lateplagiatus. 
Nanophyes hemisphœricus. 



Bagous encaustus (2 exempt. 

— exilis (un seul). 
Cleonus cœnobita. 
Lixus punctiventris. 



Arrivés aux ruines d'un temple anciennement dédié à 
Vénus, nous explorâmes avec soin tous les environs où se 
trouvaient quelques pierres. 

M. d'Aubuisson captura les jolies et rares Zygena sarpe- 
don et transalpina , et YOphyusa illunaris. 

Sous les pierres vivaient en famille : 



Zuphium olens. 
Polvstichus fasciolatus. 
Brachinus humeralis. 

— bombarda. 

— exhalans- 

— psophia. 

— immaculifiornis. 
Cymindis Faminii. 
Apotomus rufus. 
Chlœnius festivus. 



Chlœnius spoliatus. 

— chrysocephalus. 

— holosericeus (2 exem .) 

— circumseriptus (1 s.). 
Philonthus salinus. 

— - cribratus. 
Stenus contractus. 
Holoparamecus Lowei. 
Omaseus infuscatus. 

— puncticollis. 



- 90 - 

En piétinant la vase, je fis sortir des (issurcs : 

Dischyrius minutus. Dischyrius punctatus. 

— œneus. 

En soulevant des paquets de roseaux secs , je mis à 
découvert 2 superbes Carabus clathratus , des Omaseus 
meridionalis, une OJaccmlha melanura, quelques Carabus 
lotharingus, 2 Pentadon monodon , et une foule de petits 
stap'ryliniens, ainsi que 3 OEtophorus imperialis], variété 
ruficeps. 

Sous les plaques de vase desséchée , je pris quelques 
Cleonus senilis et conicirostris, et dans les crevasses de cette 
vase vivaient en quantité : 

Sphsenophorus piceus. Sphaenophorus meridionalis. 

— abbreviatus. 

Sous les feuilles radicales de la Senebière (semblera coro- 
nopus) je pris un très-petit charançon nouvellement décrit; 
c'est le Ceutorhynchus micans, fort commun dans cette loca- 
lité. 

Dans la racine delà Camphorosma Monspeliaca, plante 
qui tapisse l'arête des talus, se trouvait, à l'état de larve et 
d'insecte parfait, le Baridius spoliatus. Le Dorcadion molitor 
s'abritait également sous cette plante. 

Avant de quitter l'étang, je voulus me procurer quelques 
espèces aquatiques ; à cet effet, je plongeai le filet-troubleau 
dans l'eau des fossé?, et je pris une multitude de petits 
palpicornes des genres Ochlhebius, Limnebius, Laccobius et 
Hydrœna ; puis quelques espèces des genres Philhydrus , 
Eydrobius, Helophcrus et Hydrœna. Pour faire une bonne 
pèche à ces espèct s aquatiques, ainsi qu'aux nombreux 
hydroporus, haliplus, agabus, colymbetes, etc., qui pullulent 
dans cet étang, il faudrait y consacrer plusieurs jours aussi 
utilement qu'agréablement employés. 



- 91 - 

Mais le soleil déclinait, et nous étions obligés de rentrer 
à Toulouse le soir même; il fallut donc, à regret, borner là 
cette délicieuse pérégrination pour ne pas manquer le der- 
nier train partant de Béziers. 



Séance du 4 décembre 1S72. 

Présidence de M. le D r Gourdon. 

La Société reçoit : 

Bulletin de la réunion des officiers. 

Bulletin mensuel de V observatoire physique central de Mont- 
souris, n° 10. 

De la part de M. le colonel Belleville les brochures suivantes : 

Bulletin archéologique publié sous la direction de la Société 
archéologique de Tarn- et- Garonne, \ 872. 

Journal des bibliothèques populaires. 

Revue et magasin de zoologie (livraisons isolées). 

De la part de l'office du chef des signaux en Amérique : 

Trois Cartes météorologiques des Etats Unis. 

Delà part de M. Wallon, de Montauban, un exemplaire de sa 
Carte- Guide des Pyrénées centrales, publiée à Toulouse. 

MM. Lacroix, père et fils, pharmaciens à Mâcon, sont nommés 
membres correspondants sur la proposition de MM. Chalande et 
Cartailhac. 

M. Gaston de Malafosse lit le rapport de la commission 
chargée d'étudier la question des conférences. Il est décidé qu'il 
n'y aura pas de périodicité régulière pour ces entretiens d'un 
genre particulier qui ne prendront rang, sur l'ordre du jour, 
qu'après l'inscription des travaux originaux. 

M. Garrigou communique à la Société l'étude géologique qu'il 
vient de faire des cailloux roulés de Portet. Les cailloux roulés 
actuels de la Garonne reposent sur d'énormes blocs à demi roulés» 



- 92 - 

Ces blocs dntent probablement de cette portion de l'époque quater- 
naire pendant laquelle les glaciers des Pyrénées, qui avaient 
autrefois couvert les plaines dans lesquelles est aujourd'hui bâtie 
la ville de Toulouse, s'étendaient encore assez loin au N. des 
Pyrénées, puisqu'ils arrivaient, suivant toute apparence, jusqu'aux 
environs de Varilhes et même de Pamiers. 

Les blocs mis à nu par les tranchées faites à Porlet pèsent jus- 
qu'à 50 kilogrammes. C'est dire que la Garonne et l'Ariège étaient 
torrentielles au moment où elles roulaient ces énormes granits 
qu'elles arrachaient à la moraine peu éloignée sans doute des gla- 
ciers quaternaires. 

Le terrain constitué par ces cailloux est donc excessivement 
stable, et les plus fortes crues de la Garonne ne peuvent en rien 
altérer sa composition ni le déplacer. 



Séance dia fi décembre 1S72. 

Présidence de M. le D r Gourdon. 

La Société reçoit : 

Le descrizione di una scimmia antropomorfa proveniente dall 
Âfrica centrale, di A. Issel, Genova, 1870. 

Bulletin de la Société des sciences naturelles et historiques de 
VArdèche, no G, 1872. Privas. 

Trois tableaux météorologiques américains, envoi du départe- 
ment de la guerre. 

Sur un fœtus humain appartenant à la famille des Anencepha- 
Jiens, par A. Trémeau de Rochebrune. Paris. Savy, 1869. 

De la part de M. le colonel Bellevilie : le Moniteur de l 'archéo- 
logue et du collectionneur, années 1806, 1867, 1868, 4869. 

Le Président annonce une présentation. 

M le colonel Bellevilie lit le projet de règlement qu'il a fait pour 
la bibliothèque. 

La Société adopte ce règlement proviso ; re et vote ses plus vifs 
remerciements à l'auteur. 



- 93 - 

M. Marquet communique la note suivante Sur la prétendue 
rareté des insectes. 

Un grand entomologiste de notre époque , M. le doc- 
teur Àubé, disait souvent : « Il n'existe pas d'insectes rares, 
)> la seule difficulté consiste à les rencontrer au moment 
» favorable. » 

J'ai été à même, plusieurs fois, dans mes chasses ento- 
moîogiques , d'apprécier ce qu'il y avait de fondé dans 
l'opinion émise par ce savant entomologiste. Vous voudrez 
bien me permettre de citer quelques faits à l'appui. 

Ainsi , le Carabus clathratus a été, pendant fort long- 
temps, très-rare dans les collections, lorsque, à la suite de 
recherches faites dans les étangs, nous finîmes, un de mes 
collègues (M. Pellet) , et moi, par trouver cet insecte en 
quantité, blotti dans le terreau qui encombre l'intérieur des 
vieux saules. Lorsque les crues de l'Aude, de l'Hérault ou 
du Rhône montent à une forte côte et inondent les étangs, 
tous ces insectes sont délogés par les eaux et vont chercher 
un refuge au bord, sous les pierres et dans les herbes; on 
peut alors les prendre par centaines. 

Le Calosoma indagator ne se prend pas communément ; 
c'est à peine si, dans une saison ordinaire, on parvient à en 
trouver un ou deux exemplaires. Mais si le commencement 
de l'été est humide, il faut alors rechercher cet insecte dans 
les champs de vicia saliva. Il m'est arrivé, une année, d'en 
prendre plus de 150 individus sous les espèces de matelas 
que forme cette légumineuse lorsqu'elle est couchée par la 
pluie, en éparpillant par intervalle des morceaux de viande 
dont ces insectes carnassiers sont très-friands , à défaut de 
chenilles. 

La Lebia cyatigera est une espèce très-recherchée. Il m'a 
été donné, une année, d'en capturer une quarantaine en 
battant de jeunes ormeaux le long d'un petit ruisseau des 
environs de Béziers. Le régime des eaux de ce ruisseau 
ayant été modifié par la construction du chemin de fer de 
Graissessac, l'insecte a disparu de cette localité et n'a pas 
été retrouvé ailleurs. 

Je citerai encore, dans les carabiques, le Dromius capi- 
talisa dont j'ai possédé, pendant plus de 15 ans, l'unique 
exemplaire connu. Au mois de mars dernier, il a été trouvé 



- 94 — 

en petit nombre, il est vrai, dans l'étang de Vendras* près 
Béziers, par le frère d'un de mes collègues de Cette, M. V. 
Mavet, qui, d'abord, le prit pour une espèce voisine. Si 
M. Benjamin Mayet eût supposé que c'était réellement cette 
espèce très rare , il eût pu en ramasser un plus grand 
nombre. 

[J Atranus ruficollis , espèce américaine, fut trouvé par 
nous en grande quantité à Béziers, à la suite d'une inonda- 
lion de ï'Orb. Cet insecte n'était représenté dans les col- 
lections d'amateurs que par quelques rares exemplaires 
d'Autriche. 

La Drypta distincta ou cylindricollis fut prise par nous 
dans les mêmes conditions que Dromius capitalis. Pendant 
plus de 4 ans de chasses dans l'étang de Vendres, cette 
espèce s'était soustraite à toutes nos recherches , lorsque , 
une année, en tamisant des détritus de roseaux , nous 
en prîmes, avec un de nos collègues, une soixantaine 
d'individus. 

Il en fut de même du Malachius lateplagiatus, dont nous 
avons possédé un seul individu pendant dix ans. En juin 
4 865, nous arrivâmes dans la localité au moment de leclo- 
sion, et plus de 300 exemplaires furent pris par plusieurs 
de nos collègues de Paris et par nous. Ce jour-là , nous 
découvrîmes l'habitat de plusieurs espèces rares Ceutorhyn- 
chus micans, sous la Senebière, Sibynes arenarius , sous 
une mercuriale; jusqu'à ce jour, ces deux espèces étaient 
fort difficiles à prendre en filochant, attendu qu'elles vivent 
à terre sous les plantes dont nous venons de parler. 

V Haplocnemus cylindricus ne fait son apparition qu'au 
commencement de juin. Si on n'arrive pas juste au moment 
de 1 eclosion de ces insectes, il est à peu près impossible de 
les retrouver; leur vie évolutive dure à peine 3 ou 4 jours. 
Les Donacies sont dans les mêmes conditions ; leur existence 
est tout-à-fait éphémère. 

Nous pourrions citer encore bon nombre d'insectes soi- 
disant rares que le hasard nous a fait trouver en quantité 
quelquefois prodigieuse ; mais pour ne pas fatiguer plus 
longtemps votre attention, nous nous bornerons à dire un 
mot du Swicronyx cyaneus, dont nous n'avons eu pend int 
longtemps qu'un seul exemplaire en collection, malgré nos 
demandes de cet insecte à tous nos correspondants. En 1859, 



- 95 - 

le lundi de Pâques, nous trouvâmes ce Smicronyx par mil- 
lions dans un champ de luzerne (medicago sativa,) situé 
derrière l'Observatoire de Toulouse. 

Le Trachys triangularis , ou Pandellei , est encore peu 
répandu dans les collections. Je crois qu'il sera plus com- 
mun avec le temps, maintenant que nous connaissons l'habi- 
tat de cette espèce. C'est sous les feuilles du géranium molle 
que vit ce Tuichys. Dans l'espace de 3 ou 4 ans, nous en 
avons capturé, dans une vigne délaissée aux environs de 
Pourville, une soixantaine d'exemplaires. 

Enfin, en terminant, je mentionnerai le Ceutorhynchus 
acalloïdes et le Baridius scolopaceus, vivant en grande abon- 
dance sur Yatripkx halimus ; le Lixus brevirostris , très- 
commun sur le chenopodium laciniatum ; les Lixus flavescens 
et sphœricus exiguus, trouvés par milliers sur Yatriplex por- 
hdacoïdes. 

Le Cryptocephalus Ramburi vit sur des cistes, aux envi- 
rons du Perthus ( Pyrénées-Orientales ) ; le Pachybrachys 
azureus sur les chênes verts des environs de Montpellier. 
Le Cryptocephalus frontalis vient d'être pris à Saint-Germain 
sur de jeunes pousses de bouleau, par MM. Leprieur et de 
Barneville. 

Toutes ces espèces avaient été très-rares chez les ama- 
teurs jusqu'à ces dernières années; et c'est à force de patience 
et, j'ajoute, par l'effet du hasard, qu'elles se sont répandues 
dans toutes les collections. En ce moment, un amateur de 
Fontainebleau a découvert une quarantaine d'exemplaires 
d'un magnifique longicome algérien (Sympiosocera Laurasi) 
dans le tronc vermoulu d'un genévrier. Nul doute que dans 
quelque temps cet insecte se trouve en abondance, attendu 
que le genévrier est une essence passablement répandue un 
peu partout. 



Séance du 4 8 décembre 4 872. 

Présidence de M. le D r Gourdon. 

La Société reçoit : 

Bulletin de l 'observatoire de Montsouris, no \\ y novembre 

1872. 



r 



- 96 - 

Bulletin hebdomadaire de Ï Association scientifique de France, 
n° 267, 15 décembre 1872. 

Bulletin de la réunion des officiers, 2 e année, 14 décembre 
1872. 

Delà part de M. le colonel Belleville : 

1° Les races canines, par A. Benion, in-18 avec 12 planches. 
Paris, librairie agricole, 18. 

2° La rage, par M. H. Bouley, in-18. Paris (Asselin). 1870. 

3° Rapport sur la rage, par M. H. Bouley, in-18. Paris (Bail- 
lière). 18G3. 

De la part de M. A. de Saint Simon : 

Catalogue des mollusques terrestres et fluviatiles de la Vendée, 
par Letourneux, in-8'\ Paris (Bouchard-Huzard). 1869. 

La Société, par l'organe de son président, adresse ses remercî- 
ments à MM. le colonel Belleville et A. de Saint-Simon. 

Lettre de M. le Secrétaire-adjoint de V Académie des sciences, 
inscriptions et belles lettres de Toulouse, annonçant l'adhésion de 
cette savante compagnie à la pétition pour l'introduction de l'his- 
toire naturelle dans les programmes du baccalauréat. 

Lettre de M. le docteur Folie-Desjardins, médecin-major, à 
Cahors, assurant la Société de son concours. 

M. M*rc Teulàde, propriétaire, rue Malcousinat, 8, présenté 
par MM. Gay, Fagot et G. de Malafosse, est nommé membre titulaire. 

M. le Président annonce une présentation. 

M. Desjardins offre à la Société au nom de M. Delprat, brique- 
tier, à Toulouse, une mâchoire et quelques ossements de petit 
ruminant provenant du miocène inférieur de Pompignan (Tarn- 
et-Garonne). 

La Société remercie M. Delprat de cet envoi intéressant qu sera 
transmis au Muséum. 

M. Trutat demande qu'à l'avenir M. le Maire de Toulouse soit 
prévenu par lettre chaque fois que la Société fera un don au 
Musée d'histoire naturelle. Plusieurs membres appuient celte pro- 
position qui est adoptée. 



— 97 - 

M. le colonel Belleville entretient la Société de la Rage au 
point de vue physiologique. 

Après avoir examiné les causes qui ont été successivement 
étudiées, discutées et finalement repoussées comme n'exerçant 
aucune influence sur le développement du virus rabique, telles 
que : la faim, la soif, l'extrême chaleur, le froid excessif, les mau- 
vais traitements, la muselière et enfin la continence prolongée du 
chien, le colonel Belleville s'arrête à cette dernière en s'appuyant, 
cette fois, sur des faits qui lui paraissent propres à éclairer les 
praticiens. 

En effet, il est prouvé, dit-il, que la rage se manifeste fréquem- 
ment là où le chien est soumis aux lois restrictives comme en 
France, tandis qu'elle est à peu près inconnue partout où les 
chiens vivent en grandes bandes et en liberté, comme en Algérie, 
à Constantinople, en Perse, en Amérique, etc. ; et que si des cas 
se rencontrent parmi ces derniers, non-seulement ils sont isolés 
et très-rares, mais encore ils ne se produisent que sur des chiens 
étrangers importés dans le pays. 

L'auteur explique ce dernier fait par l'obligation où se trouvent 
les étrangers de séquestrer leurs chiens pour les soustraire à la 
férocité de ceux du pays qui, comme tous les animaux qui vivent 
en société, se réunissent par groupes souvent nombreux, princi- 
palement dans les villes comme à Constantinople par exemple, et 
poursuivent à outrance tous ceux qui ne sont pas nés parmi eux. 
Comme ii explique aussi que, par suite des lois administratives qui 
forcent à restreindre le choix, c'est au mâle qu'on donne la préfé- 
rence, comme étant plus fort et plus vigoureux que la femelle et 
ne présentant pas les inconvénients de cette dernière qui, pen- 
dant plusieurs mois de l'année, ne peut rendre aucun service. De 
telle sorte que l'excès des mâles sur les femelles devenant de plus 
en plus considérable ; c'est un obstacle aux accouplements et 
alors, ainsi que l'écrivait un savant praticien en 1856 : « à 
» l'époque du rut, sous l'influence de l'ardeur vénérienne qui 
» dévore le chien, il se fait vers les organes génitaux, une secré- 
» tion inutile et bientôt nuisible, si l'émission lui est inter- 
» dite. » 

Certains faits, qui ne sont pas douteux, viennent à l'appui de 
cette opinion : c'est que la rage spontanée se développe très-fré- 
quemment chez les chiens, dits de luxe, qu'on retient séquestrés 

7 



- 98 — 

dans les salons, comme aussi chez ceux qu'on tient habituellement 
à l'attache. 

L'auteur fait remarquer que la rage est fréquente chez les loups 
voués à la destruction comme en France où, par suite de la supé- 
riorité de la prime, la femelle est plus poursuivie que le mâle; 
tandis que lu rage est inconnue chez les loups qui vivent en gran- 
des bandes en Russie, en Sibérie ou ailleurs. 

La rage se développe rarement chez le chat, quoique cependant 
cet animal y soit sujet : en admettant le cas de spontanéité il faut 
reconnaître qu'étant plus indépendant que son rival du foyer 
domestique, il rencontre infiniment moins d'obstacles pour satis- 
faire des besoins que la nature lui a dévolus comme à tous les 
autres animaux de la création et que par ses habitudes et ses mœurs 
il échappe plus facilement aux atteintes du chien. 

L'auteur s'étonne des discussions qui se sont élevées sur la 
spontanéité de la rage que les uns nient, tandis que d'autres 
l'affirment : selon son opinion, la spontanéité étant un effet sans 
cause extérieure, apparente, la cause prédominante existe aussi 
bien que la cause déterminante et que cette dernière étant bien 
près d'être connue, ce sera un grand pas de fait vers la première. 

L'auteur regrette aussi que les statistiques soient si incomplètes et 
si pauvres en documents sur cette matière : ou elles n'embrassent 
que des territoires partiels et restreints, ou elles n'offrent aucune 
suite bien déterminée. Ainsi, par exemple, les documents qu'il a 
obtenus proviennent des écoles vétérinaires d'Alfort et de Lyon, 
tandis que l'école de Toulouse n'en a fourni aucun ; en dehors des 
écoles vétérinaires, les documents sont plus rares encore. 

Après avoir développé certaines considérations sur les dangers 
que présente la rage spontanée comme sur les effets de la castra- 
tion, l'auteur en conclut qu'il y aurait lieu de vulgariser cette 
dernière, de favoriser la conservation des femelles, de faciliter les 
accouplements hors de la voie publique au moyen de chenils 
publics ou privés et qu'il ne faudrait jamais séquestrer les chiens 
sans mélanger les sexes. 

A la suite decette intéressante communication, plusieurs obser- 
vations sont échangées entre MM. Gourdon, Garrigou, Bidaud, 
Trutat, Delisle, sur la spontanéité de la rage et les remèdes pro- 
pres à combattre l'action du virus rabique. 



— 99 — 



Séance du 29 Décembre. 

Présidence de M. le D r Gourdon, vice-président. 

La Société reçoit : 

Bulletin de la réunion des officiers. 

Bulletin hebdomadaire de l 'association scientifique de France, 
n°269. 

Lettre de M. Le Verrier, directeur de l'Association Scientifique 
annonçant qu'une des notes de notre regretté confrère H. Magnan 
publiée dans notre bulletin sera reproduite dans le bulletin hebdo- 
madaire. 

Les Métamorphoses des insectes, par Maurice Girard. Paris, in-42 
(Don de M. E. Cartailhac. ) 

Société littéraire et scientifique de Castres (Tarn). \ 857 à 1862 ; 
5 volumes in 8<>, collection de tout ce qui a paru (Don du même ). 

M. Paul de Rouville, professeur de Géologie à la Faculté des 
sciences de Montpellier, est élu membre honoraire sur la proposition 
de MM. E. Trutat, Gourdon, F. Garrigou, G. de Malafosse, Car- 
tailhac. 

M. Antonin Aubouy, professeur communal à Montpellier, est, 
sur sa demande, nommé membre titulaire. 

Le président annonce plusieurs présentations. 

M. le docteur F. Garrigou, appelé par son tour d'entretiens, fait 
une communication sur Vhydrologie médicale de la chaîne des 
Pyrénées. Après avoir défini ce qu'il faut entendre par une eau 
minérale et thermale, l'auteur établit les deux grandes divisions sui- 
vantes : 1° Eaux qui se minéralisent surtout à la surface du sol, 
2° Eaux qui se minéralisent surtout dans les profondeurs de l'écorce 
terrestre. 

Le premier groupe, qui renferme toutes les eaux qui coulent à 
la surface de la terre, comprend plus spécialement comme eaux 
méritant réellement le nom d'eaux minérales, certaines sources 
salines et de plus la majeure partie des eaux ferrugineuses. Ce sont 



— 100 — 

surtout ces dernières sources qui occupent l'auteur. Il les divise, 
pour ce qui regarde les Pyrénées, en eaux bicarbonatées, crenatées 
et sulfatées. 

Les premières se forment généralement dans les endroits où des 
eaux courantes ordinaires traversent un terrain à la fois ocreux et 
tourbeux à un degré plus ou moins grand. Sous l'influence de 
l'action de l'eau et de l'air, ainsi que par suite de la décomposition 
des matières végétales, les eaux se chargent soit d'acide carbonique, 
soit d'acides crénique et apocrénique, et dissolvent ainsi le fer 
que renferment les terres, en le transformant en sels solubles 
de protoxyde de fer. A son tour, l'air fournissant à ces sels de 
protoxyde, l'oxygène qu'il renferme, les fait passer à l'état de sels 
de sesquioxyde qui ne sont pas solubles, et qui forment ainsi les 
dépôts ocreux qui accompagnent toujours sous forme de longues 
traînées les eaux ferrugineuses. Les sources ferrugineuses sulfatées 
ont une tout autre origine. 

Elles naissent dans les terrains schisteux, tels que les terrains de 
transition qui renferment des pyrites en abondance. Sous l'in- 
fluence de l'humidité et aussi de l'oxygène de l'air, ces pyrites (sul- 
fure de fer et d'autres métaux ) s'oxydent avec rapidité et passent 
à l'état de sulfate de protoxyde soluble. Les eaux qui courent sur 
ces pyrites oxydées se chargent de sulfate et donnent ainsi des eaux 
ferrugineuses sulfatées contenant non-seulement du fer, mais encore 
souvent, du manganèse, du nickel, du cobalt, du cuivre, etc. 

Parmi les sources venant des profondeurs du sol, on en trouve 
quelques-unes qui contiennent assez de fer pour qu'on ait songé à 
les ranger parmi les sources ferrugineuses ; cependant ce n'est pas 
dans cette catégorie qu'il faut les placer, car généralement, pour ne 
pas dire toujours, ce sont d'autres éléments que le fer qui y domi- 
nent, mais le fer est celui qui frappe le plus les yeux parce qu'il 
se dépose sous forme d'oxyde, tandis que les autres sels restent 
en solution. 

Au point de vue médical, il y a une distinction à faire entre les 
sources ferrugineuses venant des terrains anciens et celles qui vien- 
nent des terrains récents. Les premières, dans certains cas d'anémie 
grave avec tolérance des voies digestives, semblent infiniment plus 
actives que les autres. Et parmi les eaux ferrugineuses des terrains 
anciens, il faut encore distinguer celles qui proviennent des niveaux 
géologiques riches en pyrites de diverses natures, de celles qui nais- 



— 101 — 

sent dans des couches ne renfermant que des pyrites de fer. La 
pratique médicale a depuis longtemps montré à l'auteur les 
avantages et les défauts de chacune de ces sortes d'eaux ferrugi- 
neuses. 

La comparaison des phénomènes géologiques et minéralogiques, 
produits dans la région pyrénéenne à divers moments de la for- 
mation du globe terrestre par les sources ferrugineuses, a été faite 
par M. Garrigou. Après avoir fourni les quantités considérables de 
minerai de fer qui existent dans les terrains Laurentien, Gambrien 
et Silurien entre l'Océan et la Méditerranée, les sources ferrugi- 
neuses semblent avoir subi une augmentation très considérable de 
volume et d'action dans la période devonienne, pendant laquelle 
elles ont déposé de grandes masses d'hématite et de fer oligiste, puis 
elles ont insensiblement diminué. Ces quantités énormes d'eau 
ferrugineuse venues avec une thermalité considérable du sein de 
la terre ont à peu près tari et ont été remplacées par des eaux fer- 
rugineuses se formant à la surface du sol, grâce aux dépôts produits 
par les premières. 

La seconde catégorie de sources, celles qui se minéralisent et 
s'échauffent dans les profondeurs du sol, contient certainement la 
plus grande quantité des sources thermo-minérales. 

L'auteur indique le mécanisme probable de leur formation : par 
suite de leur porosité, les roches s'imprègnent à la surface du 
sol de l'eau qui y circule et qui s'est ainsi déjà plus ou moins 
minéralisée. Cette eau pénétrant de proche en proche, à la façon 
du liquide qui traverse un filtre, arrive jusque dans les profon- 
deurs du sol, où elle s'emmagasine dans les crevasses, dans les 
fentes, dans les anfractuosités des roches. Là se trouvant suréchauf- 
fée par suite de la température plus ou moins élevée du milieu 
ambiant, elle se transforme en vapeur. Celle-ci, subissant une ten- 
sion d'autant plus grande que la température est plus élevée, réagit 
sur les surfaces rocheuses avec lesquelles elle est en contact et tend 
à chasser les masses d'eau sur lesquelles elle presse. C'est ainsi 
que l'eau trouvant une issue naturelle à travers les failles qui ont 
disloqué le sol jusque dans ses profondeurs, remonte jusqu'à la 
surface de la terre avec une température d'autant plus élevée qu'elle 
s'est moins refroidie dans le trajet suivi à travers les terrains 
traversés. 

Montrant ensuite que l'orographie des sources est en rapport 



— 102 - 

direct avec la géologie, et que ces sources ont une minéralisation 
également en rapport avec la plus ou moins grande richesse en 
matières solublesdes terrains qu'elles imbibent, l'auteur fait l'étude 
des principales substances, soit simples, soit composées, qui sont 
contenues dans les diverses variétés d'eaux minérales. 

Il étudie d'abord les eaux sulfurées qui contiennent : du soufre 
à l'état de sulfate et de sulfure, d'hydrosulfure et d'acide sulfhydri- 
que, de la silice, du chlore, des carbonates, de la soude, de la 
potasse, de la lithine, du cœsium, du rubidium, (ces trois subs- 
tances ont été pour la première fois découvertes dans les eaux des 
Pyrénées par M. Garrigou), de la magnésie, de la chaux, de la 
strontiane, des métaux, de la matière organique. 

La majeure partie de ces substances, surtout des alcalis et des 
terres alcalines, sont empruntées aux roches que ces eaux traver- 
sent. Ainsi, tandis qu'on pensait jusqu'ici que les granits des Pyré- 
nées ne renfermaient que de la potasse et de la soude ainsi que de 
petites quantités de chaux, les analyses faites par M. Garrigou lui 
ont permis d'affirmer qu'on y trouve de la lithine en quantité très 
considérable, le cœsium et le rubidium. Les eaux minérales tien- 
nent également en solution toutes ces substances. 

Jusqu'à présent les dosages des alcalis, faits par les divers chi- 
mistes qui ont écrit sur les eaux des Pyrénées, ne portaient que sur 
la soude et la potasse ; « il est facile de conclure de mes dernières 
découvertes, dit M. Garrigou, que tous ces dosages, sans exception, 
sont à refaire, car ils sont tous faux. » 

Le soufre qui existe à l'état de sulfate, se présente en même 
temps sous la forme décomposé sulfuré. 

La variété des propriétés physiques des eaux minérales sulfurées 
des Pyrénées permet de dire à l'avance que les chimistes qui n'ont 
voulu voir, dans ces eaux, que du monosulfure de sodium se sont 
trompés. D'abord le monosulfure de sodium n'a pas la moindre 
odeur sulfurée par lui-môme ; ce n'est qu'à la longue qu'il l'ac- 
quiert. Le monosulfure de sodium ne dégage pas naturellement de 
l'acide sulfhydrique, et ce gaz abonde dans les caniveaux de certai- 
nes sources de Luchon. Tandis que certaines eaux blanchissent, 
d'autres ne blanchissent pas. Si les unes s'altèrent avec une grande 
rapidité, au contact de l'air, d'autres, même parmi les chaudes, ne 
s'altèrent pour ainsi dire pas. 

Aussi, pour M. Garrigou, s'obstiner à soutenir que toutes les 



— 103 — 

sources sulfurées des Pyrénées contiennent du monosulfure de 
sodium seul, c'est donner la preuve qu'on manque complètement 
d'observations directes et qu'on ne possède pas cet esprit de philo- 
sophie scientifique qui ne peut se séparer des études réellement 
sérieuses et dépourvues de parti pris en histoire naturelle. 

Les métaux que transportent certaines sources sulfurées sont 
très nombreux. Ainsi, à Luchon enlr'autres, M. Garrigou a pu 
signaler dans !a source Bayen et dans celle du Pré : le fer, le 
manganèse, le cobalt, le nickel, le cuivre, le bismuth, le plomb, 
l'antimoine, probablement aussi l'arsenic et l'étain. 

La matière organique existe dans toutes les sources thermales ; 
et la présence dans toutes les roches des Pyrénées des microzimas, 
pour la première fois signalés dans certains calcaires secondaires 
et tertiaires par l'illustre chimiste de Montpellier, M. Béchamp, 
permet à M. Garrigou de supposer que c'est bien dans les roches 
même qu'elles traversent que les eaux minérales puisent leur 
matière organique. Ce qui permet à l'auteur de faire cette suppo- 
sition, c'est que la matière organique des sources granitiques n'est 
pas la même que celle des sources traversant des terrains calcaires; 
chacune de ces roches contient une matière organique spéciale. 

Enfin, s'appuyant sur l'étude précédente, l'auteur montre que la 
médecine vient confirmer les divisions des eaux minérales tra- 
cées par la chimie el par la géologie. Les observations nouvelles de 
M. Garrigou sur la présence de la lithine dans les roches et dans 
certaines sources thermales permettent jusqu'à un certain point de 
donner l'explication des effets diurétiques si efficaces de certaines 
sources sulfureuses dégénérées de la chaîne Pyrénéenne. 



Séance du 8 Janvier 1893. 

Présidence de M. le D r Gourdon, vice-président. 

Le Secrétaire général annonce que M. le Docteur Retzius, pro- 
fesseur d'anatomie à l'Institut Karolinien de Stockholm, assiste à la 
séance. 

La Société par acclamation offre à M. Retzius le titre de mem- 



— 104 - 

bre correspondant comme un témoignage de sa profonde sympathie 
pour les Suédois et de son estime pour un savant si digne du nom 
qu'il porte. 

M. Retzius remercie l'assemblée. Il voudra bien se charger 
d'organiser l'échange de nos publications avec celles des principa- 
les Académies de Suède et de Nonvêge. 

M. le D r Desjardins fait don à la société d'une série de fossiles 
du Lot parmi lesquels on remarque de beaux échantillons d'osse- 
ments des dépôts phosphatés des environs de Cahors. 

M. Desportes de Linières, Colonel du 88 e de ligne, a bien voulu 
joindre quelques belles pièces de ce genre à cet envoi. 

M. G. de Malafosse présente une corne de Bovidé fossile trouvée 
par M. de Sambucy-Luzençon dans le lehm quaternaire de la vallée 
du Gernon (Aveyron). Ce débris semble appartenir au bos priscus 
(Bojanus) . 

La Société reçoit : 

Bulletin de la réunion des officiers, 4 janvier 1873. 

Comptes-rendus hebdomadaires des séances de l'académie des 
sciences, tome LXXIV et LXXV. 

Bulletin hebdomadaire de l'Association scientifique de France. 
no* 269, 270. 

Une circulaire annonçant la fondation de la société des études 
littéraires, scientifiques et artistiques du département du Lot. 

Une lettre de M. de Rouville, professeur à la Faculté des sciences 
de Montpellier, remerciant la Société du titre de membre honoraire 
qu'elle lui a offert. 

Une lettre de M. le Dr. de Montesquiou, qui remercie la société 
du titre de membre correspondant. 

Une lettre de M. le D T Desjardins, médecin major de 1 re classe 
au 88 e de ligne, remerciant la société de l'avoir admis parmi ses 
membres. 



- 405 - 

Séance du 1S janvier. 

Présidence de M. le D r Gourdon, vice-président. 

La Société reçoit : 

Bulletin de la Société d'anthropologie de Paris, t. VI e (2 e série), 
4 e fascicule. — Tome VII, I er , 2 e et 3 e fascicule. 

Bulletin de la Société d'Histoire naturelle de Colmar, 42 e et 
43e années, 1874-4872. Colmar, 4872. In- 8°. 

Bulletin hebdomadaire de V Association scientifique de France, 
n° 274 . 

Compte-rendu hebdomadaire des séances de l'Académie des scien- 
ces, n° 4 de 4873. 

Congrès scientifique de France, 35 e session, deux vol. in-8°. 
Montpellier, 4872. 

Bulletin de la Société Ramond (la collection, comprenant les 
années 4866 à 4872 inclus), 4 vol. et 5 fascicules. Bagnères-de- 
Bigorre. 

Bulletin de la Réunion des officiers, du 44 janvier 4873. 

La Société archéologique du Midi de la France répond favora- 
blement à notre demande d'échange ; elle envoie les volumes IV à 
VIII inclus de ses Mémoires, in~4°, Toulouse, 4838 à 4 866. Les 
trois premiers volumes étant presque épuisés, sont réservés 
pour les Sociétés archéologiques, et le volume IX nous sera envoyé 
plus tard. 

Une lettre de MM. Lacroix, de Maçon, qui remercient la Société 
du titre de membres correspondants et promettent leur con- 
cours. 

Les ouvrages suivants sont offerts par l'auteur, M. le docteur 
Gourdon : 

Essai sur une théorie rationnelle de la méthode sous-cutanée. 
Thèse, par J. Gourdon, D r en médecine, Montpellier, 4858, in-4°. 

Des réformes à apporter dans V alimentation des animaux do- 
mestiques, par le D r J. Gourdon. Toulouse, 4 8a8. 

Traité de la castration des animaux domestiques, par J. Gour- 
don, D r en médecine. Paris, 1860, in-8®. 



— 106 — 

Du cheval oriental et de son emploi dans l'amélioration des races 
françaises. Toulouse, 1864. 

De la corne du sabot du cheval. Etudes nouvelles. Toulouse, 
186G, in-8° 

Un mot sur les races ovines françaises et leur amélioration par 
les races espagnoles, Paris, 1869. 

La pomme de terre et sa culture. Toulouse, 1870, in-4°. 

L'enseignement agricole en France. — Projet de réorganisa- 
lion. ln-8°. 

Sont nommés membres titulaires, M. le D r Folie Desjardins, 
déjà membre correspondant. 

M. J. François Triadou, adjoint au maire de Pézenas (Hérault), 
présenté par MM. Chalande et G. de Malafosse. 

M. le Président annonce deux présentations. 

Conformément aux prescriptions du règlement, il est procédé 
aux élections. 

Neuf membres titulaires absents ont envoyé leur vote pour la 
nomination du président. 

La société a constitué son bureau, pour 1873, de la manière 
suivante : 

Président : M. le D r Gourdon. 

1 er vice -président : M. le colonel Belleville. 

2 e vice-président : M. le comte V. d'Adhémar. 

Secrétaire -général : M. E. Cartailhac. 

Secrétaire-adjoint : M. F. Régnault. 

Trésorier : M. Marquet. 

Archiviste : M. le capitaine Lasserre. 

Membres du Conseil d'administration : 

MM. A. Lacroix et Charles Fouque. 

Membres du Comité de publication : 

MM. A. de Saint-Simon, D r Garrigou, d'Aubuisson et G. de 
Malafosse. 



- 107 — 

Séance du 22 janvier. 

Présidence de M. le docteur Gourdon. 

La Société reçoit : 

Lettre de M. J. Duc fils, pharmacien à Cahors,qui annonce des 
échantillons d'ossements fossiles des phosphates. 

L'art de prolonger la vie ou la macrobiotique, par M C. -W. Hu- 
feland. Augmenté de notes, par le D r J. Pellagot. — Paris, 1871, 
in-12. 

Biographie de M. le D r Noulet. Extrait de la Revue de Toulouse. 
Juillet 1866. 

L'Homœopathie. Simples réflexions par M. Gh. Arréat. 1859. 

(Ces trois derniers ouvrages sont donnés par M. le colonel Bel- 
leville). 

Intorno alla prima idea délie Caldaie Tubolari, nota di Guido 
Vimercati (Envoi de l'auteur). 

Association scientifique de France. Bulletin hebdomadaire 
n° 272. Janvier 1873. 

Atti délia Societa Italiana di scienze naturali, vol. XV, fasci- 
cule III, 1872. 

Comptes-rendus de l'Académie des Sciences, n° 2, 13 jan- 
vier 1873. 

Bulletin de la réunion des officiers, 18 janvier 1873. 

Procès-verbaux des séances de la Société des Lettres, Sciences et 
Arts de l'Aveyron, t. VIII. Du 1 er juillet 1870 au 7 avril 1872. 

Une lettre de M. Triadou, remerciant la Société de l'avoir 
nommé membre correspondant, et lui promettant son concours. 

Sont admis comme membre titulaire : M. Georges de Ray- 
mond Gahuzac, à Toulouse, présenté par MM. G. de Malafosse et 
E. Cartailhac. 

Comme membre correspondant : 

M. le D r "Blandin, à Nantes, présenté par MM. Cartailhac et 
Lacroix. 

Le Président annonce ensuite trois présentations. 



- 108 - 

M. Bidaud rend compte d'un ouvrage ayant pour titre : La Chi- 
que, parle D r Guyon. 

M. Lacroîx signale un nouveau casd' albinisme chez les oiseaux: 
c'est un chardonneret dont la tête est entièrement blanche : une 
discussion s'engage entre plusieurs membres de la Société sur les 
différents modes d'albinisme. 



Séance du 29 janvier. 

Présidence de M. le docteur Gourdon. 

La Société reçoit : 

Bulletin mensuel de V Observatoire physique central de Montsou- 
ris,n° 1, 1872. 

Bulletin de la réunion des officiers, 25 janvier. 

Une lettre du ministre de l'instruction publique annonçant au 
président de la Société la réception de 49 exemplaires de notre 
Bulletin. 

Bulletin hebdomadaire, n° 273, de V Association scientifique de 
France. 

La Société reçoit, comme membres correspondants, M. Cazalis 
rïfeFoNDOucE, rue des Etuves, à Montpellier; présenté par MM. Car- 
tailhac et Trutat. 

M. le comte de Limur, à Vannes (Morbihan), présenté parles 
mêmes. 

M. Rousseau, sous-inspecteur des Forêts à Carcassonne, pré- 
senté par MM. G. de Malafosse et L. de Malafosse. 

M. le président annonce, pour la prochaine séance, deux nou- 
velles présentations. 

La Société, selon l'ordre du jour, procède à l'élection des mem- 
bres de la commission des excursions, d'après l'article 3 de son 
règlement. 

Sont nommés de la commission des grandes excursions : 
MM. Trutat, D r Garrigou, Félix Régnault, Isarn. Cartailhac. 



— 409 — 

De la Commission des excursions ordinaires qui sont faites dans 
les environs immédiats de Toulouse : 
MM. Marquet, Lasserre, d'Aubuisson. 

M. le Président donne lecture d'une lettre adressée au Secrétaire 
général par M. Lamothe, d'AIbi, dans laquelle l'auteur, après 
avoir fait l'éloge du travail de M. le colonel Belleville sur la Rage, 
offre à la Société un ouvrage de lui sur ce sujet, ayant pour titre : 
Travaux d'hygiène publique dans le Tarn, de 4857 à 4 861 . 

La discussion sur l'albinisme est reprise. M. Lacroix présente 
à la Société le chardonneret à tête blanche dont il a parlé à la der- 
nière séance, et un autre presque entièrement blanc, toutes les 
couleurs vives ayant disparu. 

M. de Malàfosse montre, à son tour, un geai tout-à-fait blanc 
tué dans la vallée de la Barousse (Hautes-Pyrénées). 

MM. Gourdon, Lasserre, Bidaud, échangent à ce sujet diverses 
observations. 

La Société décide que le procès-verbal mentionnera l'expression 
de sa sympathie pour MM. Cartailhac et Bessaignet, blessés par 
une grave explosion dans le cours d'une préparation chimique. 



Séance du 5 février 4873. 

Présidence de M. le D r Gourdon. 

La Société reçoit : 

Une lettre de remerciement de M. Cazalis de Fondouce, reçu 
membre correspondant. 

Une lettre de M. Gustave Baux, à Nouméa, demandant à 
être nommé membre correspondant de la Société. 

Bulletin de la Réunion des officiers, 4 er février. 

Bulletin de V Association scientifique de France, 2 février 4873, 
no 274. 

Les Mémoires de la Société d'Emulation du Jura, année 4871- 
4872. 



- 110 - 

Sont admis comme membre titulaire : 

M. Mazuc, présenté par MM. le D r Garrigou et Félix Regnault. 
Comme membre correspondant : 

M. Gustave Baux , présenté par MM. Chalande et de Saint- 
Simon. 
M. le Président annonce une présentation. 

Le secrélaire-adjoint donne quelques renseignements sur les 
projets de la Commission des excursions. 

M. le colonel Belleville donne un rapide compte-rendu de l'ou- 
vrage sur la Rage, dû à M. Lamothe, d'Albi. 

M. F. Regnault donne quelques détails sur les fouilles qu'il a 
exécutées récemment dans un souterrain ( cité troglodytique, ou 
crypte d'approvisionnement ) , découvert par MM. Cartailhac et 
Chalande, il y a quelques années, près de la Tricherie, à 10 kilo- 
mètres ouest de Toulouse, sur les bords de la Garonne. 

Dans un banc de terre adossé aux parois d'une des salles et 
qu'il a démoli , M. Regnault a trouvé une certaine quantité de 
cailloux roulés, qui paraissent avoir une face polie et ressemble- 
raient, dans ce cas, aux polissoirs qu'il a recueillis dans les sta- 
tions préhistoriques des grottes de l'Ariège. 

Il existe le long des bords du Tarn une série d'habitations 
identiques dont il serait intéressant d'entreprendre l'étude. 

M. le D r Garrigou dit que le souterrain de la Tricherie pré- 
sente quelque analogie avec ceux qu'il a vus dans le Lot- Les 
polissoirs que signale M. Regnault lui paraissent aussi tout-à-fait 
semblables à ceux des grottes de l'Ariège. 

M. le colonel Belleville rend compte du contenu du dernier 
numéro du Bulletin intitulé Réunion des officiers. Il signale sur- 
tout un article du colonel Laussedat , insistant sur l'intérêt qu'il 
y aurait pour l'armée à propager le goût des voyages scienti- 
fiques militaires, qui permettraient de créer une géographie mili- 
taire , d'abord pour le sul français , et ensuite pour le sol de 
l'Europe centrale. 

Le colonel Laussedat a compris que l'étude du terrain, si utile à 



— 414 - 

la guerre, ne devait pas se borner à une étude superficielle, mais 
qu'il fallait surtout rendre familière la science de la géognosie, qui 
deviendra un guide assuré en maintes circonstances , et permettra 
de procéder du connu à l'inconnu, par suite de la relation intime 
qui existe entre la constitution géologique du sol et les accidents si 
multipliés en apparence, mais, au fond, si régulièrement enchaî- 
nés de sa surface. 

En démontrant la nécessité de joindre l'étude de la géologie à 
celle des reliefs terrestres, le savant officier signale l'insuffisance 
des cartes topographiques, même de celles réputées les meilleures. 
Par ce fait , il est toujours nécessaire de faire des études et des 
opérations sur le terrain, avant de se livrer à la rédaction d'un 
mémoire, qui doit être correct et utile à consulter. 

A ce sujet, M. Laussedat communique à la Réunion une ingé- 
nieuse formule, qui sera publiée ultérieurement au bulletin, et 
qui, à l'aide d'un petit baromètre portatif, permet de calculer très 
rapidement et avec une approximation très-suffisante, les différen- 
ces d'altitude entre deux stations. 

On le voit, la science tend à se répandre dans l'armée, et nous 
pouvons nous en réjouir, parce qu'elle se trouvera dans un milieu 
où les éléments propres à son culte ne manquent en aucune 
façon. 



Séance du 18 février 1893. 

Présidence de M. le D r Gourdon. 

La Société reçoit : 

Lettre de la Société d'Acclimatation , annonçant l'envoi des 
volumes qui nous manquaient. 

Lettre de M. E. Cartailhac, secrétaire-général, envoyant une 
note , imprimée en 1869 , sur le souterrain de la Tricherie , et 
remerciant, par la même occasion, la Société des marques de sa 
sympathie. 

Bulletin de la Réunion des Officiers, n° 8. 

Bulletin hebdomadaire de l'Association scientifique de France , 
no 275. 

M. Cartailhac fait don des brochures suivantes : 



— 112 — 

Eaux minérales de Campagne; Limoux, 1862. 

Observations médicales relatives à l'emploi de Veau salée de la 
rivière du Sais, à Rennes-l es -Bains ; 1858. 

Notice sur les eaux thermo-minérales de Rennes -les-Bains ; 
Limoux, 1862. 

Géologie du tunnel de Fréjus ou percée du Mont-Cenis, par G. de 
Mortillet ; Annecy, 1872. 

Essai sur la matière organisée des Eaux sulfureuses des Pyré- 
nées , par L. Soubeyran (thèse) ; Paris, 4858. 

Projet d'acclimatation du Llama et de VAlpaca du Pérou dans 
les Pyrénées françaises, par le D r N. Joly. in-8°. 

Deux cas très rares de mélomélie observés chez le mouton , par 
le D r N. Joly. 

De la pari de M. le Maire de Toulouse, Bibliothèque populaire 
municipale. Catalogue. 1872-3. Toulouse. 

La Société reçoit encore une petite caisse d'ossements fossiles 
des dépôts phosphatés du Lot, donnés par M. Duc fils, pharma- 
cien à Cahors. Des remerciements sont votés, et un rapport sera 
fait sur cet envoi. 

Est proclamé membre correspondant, M. l'abbé de l'Herm, 
à Gimont, présenté par MM. Regnault et Trutat. 

Le Président annonce plusieurs présentations. 

A propos de quelques ossements faisant partie de la série en- 
voyée par M. Duc, M. Garrigou présente quelques observations. 

Les deux races de chevaux dont les échantillons sont sous les 
yeux de la Société, ne sont pas seulement communes au gise- 
ment exploré par M. Duc. Les cavernes des Pyrénées renferment 
ces deux mêmes races chevalines, la grande et la petite , et il est 
très-difficile de les distinguer des races actuelles. C'est ce qui 
ressort du grand travail de M. Rutimeyer, le savant professeur 
de Baie , auquel M. Garrigou a soumis toutes les pièces en sa 
possession. 

Celui-ci ne pense pas qu'il faille complètement exclure l'âne des 
gisements fossiles quaternaires. D'après les déterminations faites 
par M. Lartet, il n'a pas hésité à le signaler dans la caverne du 
Maz-d'Azil. Cependant, on n'est pas d'accord sur la solution de 
cette question. 



— 113 — 

M. Sanson a bien publié dans ces derniers temps un travail 
sur la détermination comparative des caractères anatomiques de 
l'àne et du cheval ; mais M. le D r Garrigou croit que le seul 
caractère qu'il donne n'est pas suffisant. 

En résumé, les races chevalines quaternaires les plus anciennes 
pourraient bien être à très-peu de chose près les mêmes que celles 
de notre époque. 

Une discussion s'engage ensuite entre MM. Garrigou, Gourdon, 
et plusieurs de leurs confrères sur les questions d'origine du che- 
val et de l'âne. 

M. le D r Garrigou, au nom de la Commission des excursions, 
fait les propositions suivantes : 

Ascension et exploration du Pic du Gar (trois jours) ; 

Exploration des coteaux de Foix à Pamiers (un jour}; 

Arrivera Foix, exploration complète du pays jusqu'à Vic-Dessos ; 
étude du terrain des mines ; visite des mines (quatre jours) ; 

Arriver à Montréjeau ; de ce point , se rendre à Luchon par 
Gourdan, Sainte-Marie, et poursuivre jusqu'à la base de la Mala- 
detta ( quatre à cinq jours ). 

La Société approuve le choix de ces quatre excursions. 

M. le D r Gourdon donne une première lecture du discours 
qu'il doit prononcer dans la séance publique. 



Séance du 19 février 1873. 

Présidence de M. le D r Gourdon. 

La Société reçoit : 

Bulletin hebdomadaire (n° 276) de l'Association scientifique de 
France. 

Procès-verbaux des séances de la Société des Lettres, Sciences et 
Arts de l'Aveyron. 111 et IV ; 1860 à 1864. Rodez, 1864; et VIII, 
1873. 3 fasc. 

Société centrale & Agriculture de Nice et des Alpes Maritimes. 
1872. 49 e bulletin. 

8 



— 114 — 

Bulletin de la Société d'Agriculture de la Lozère. Tome XX1IÎ. 
1872 ; novembre, décembre. 

Le Bordeaux médical ; 2 e année \ 1 à 7. 1873. 

Bulletin agricole de l'arrondissement de Douai. 1870 , 1871 
et 1872. 

Bulletin de la Réunion des officiers ; 15 février 1873. 

Académie du Gard. Sujet proposé pour le concours de 1874 : 
l'Hospitalité suisse, pièce en vers. 

Société d'Anthropologie de Paris. Mémoires, fasc. IV, T. III. 

Les Oiseaux, par M. Lescuyer. 

Lettre de M. le Recteur demandant les dernières publications de 
la Société pour l'exposition de Vienne. 

Lettre de M. le Préfet de l'Ariége , remettant à la Société la 
carte géologique de son département, par M. Mussy, ingénieur des 
mines, et les publications qui l'accompagnent. 

Lettre de M. de Limur, remerciant la Société de sa nomination 
de membre correspondant. 

Sont nommés membres de la Société : 

Gomme titulaires : M. Léon Deschars, et M. P. de la Vieuville, 
à Tarascon ^Ariége), présentés par MM. Garrigou, Trutat et G. de 
Malafosse. 

Comme correspondant : M. Arnaud fils, présenté par MM. Fou- 
que et Carlailhac. 

Le Président annonce trois présentations. 

M. le D r Garrigou donne une première lecture de sa notice 
nécrologique sur MM. Rivière, Peyre, Tournai et Magnan. 

M. E. Cartailhac lit également son Rapport sur les travaux 
de l année 1872. 

Ces discours sont approuvés. 



Séance du 26 février 1873. 

Présidence de M. le D r Gourdon. 

La Société reçoit : 

Bulletin de la Société algérienne de Climatologie (sciences phy- 



— 415 — 

siques et naturelles). 9 e année. 1872 -, n os 4, 5 et 6 ; et 1873, 
n os 4, 5 et 6. 

Mémoires de la Société des Sciences naturelles et historiques de 
Cannes. 5 e année. T. III, n° 1. 1873. 

Bulletin mensuel de la Société d'acclimatation. 2 me série. T. X, 
n° 1. Janvier 1875. 

Bulletin hebdomadaire (n° 277) de l'Association scientifique de 
France. 

Bulletin de la Réunion des Officiers. 3 e année, 22 février 1873. 

Bulletin de la Société d'Agriculture de la Lozère. Tome XXIII, 
1872, décembre. Mende. 

Matériaux pour V Histoire primitive et naturelle de l'Homme. 
8 e année. T. III, 2 e série. Octobre à décembre 1872. 

Lettre de M. E. de Lherm, remerciant la Société de sa nomina- 
tion, et promettant son concours. 

Compte-rendu de V Académie des Sciences -, n° 7. 17 février 
1873. 

M. le Secrétaire-général annonce qu'il a été assez heureux pour 
obtenir , en faveur de Toulouse, un don précieux de la Société 
Scientifique d'Aiais. C'est un beau crâne encore engagé dans de 
la stalagmite, et des ossements humains -, ce sont des perles nom- 
breuses et de formes très-variées, en pierre ollaire, calcaire, etc., 
provenant de la Grotte des Morts, à Durfort. Ces objets sont iden- 
tiques à ceux que renferment les dolmens du midi de la France, 
ils prendront place, dans le Musée d'Histoire Naturelle, à côté des 
poteries, des silex taillés et de la perle en bronze ayant la même 
provenance, et que M. Cartailhac avait pu acquérir en 1868. 



Séance publique 

Présidence de M. le D r Gourdon. 

M. Charles Ferry, préfet de la Haute-Garonne; M. Bibent, 
adjoint au maire; M. Ramé, procureur général, et autres person- 
nes notables assistent à la séance. 



- 116 - 

M. le D r Gourdox, président, lit un discours sur l'utilité de 
l'Histoire naturelle et la nécessité de lui faire une plus digne 
part dans l'enseignement secondaire. 

M. E. Cartailhac, secrétaire général, analyse les travaux de 
la Société et termine ainsi son rapport : 

« Enfin, il me faut noter ici l'effectif de notre compagnie. Le 23 
février 1872, elle comptait 52 membres titulaires, 28 membres 
correspondants , 7 membres honoraires -, en tout : 87. 

» Aujourd'hui, il y a 79 membres titulaires, 38 membres corres- 
pondants et 9 membres honoraires; en tout : 126, c'est-à-dire 59 
de plus que l'an dernier. Puissent nos rangs suivre toujours la même 
progression. 

» Ces chiffres pourtant paraîtront bien faibles à ceux qui ne se 
rendraient pas un compte exact de la situation. Il ne faut pas 
oublier que nous sommes dans un pays exceptionnel aujourd'hui, 
où l'histoire naturelle est ignorée, je dis plus, semble proscrite. 
Il serait fâcheux de ne pas reconnaître nous-mêmes que la France, 
par la faute de ceux qui ont présidé à l'organisation de l'ensei- 
gnement, est, à cet égard, en décadence. Où est la belle période 
desCuvieret des Geoffroy- Saint- Hilaire , et le temps un peu moins 
récent où les grands seigneurs et les financiers se montraient jaloux 
de publier, à leurs dépens, les planches de ces livres; le temps, 
enfin, où ce savant illustre, dont cette maison et celte salle même 
nous rappellent le souvenir, Picot de Lapeyrouse, voyait accueillis 
avec enthousiasme par les Etals de Languedoc ses ouvrages popu- 
laires dans son pays et célèbres en Europe. 

» Aujourd'hui, Messieurs, travaillez pour vous, pour la science ; 
vous ne ferez guère impression sur le public. Comme toutes les 
Académies de province , vous mettez inutilement vos bulletins 
trimestriels en vente ; et en vain aussi vous publiez , par devoir, 
dans les journaux de Toulouse, des comptes-rendus de vos séances 
hebdomadaires. Peu de lecteurs vous entendent , et vous pouvez 
dire , vous aussi , comme le poète et le Romain exilé chez les 
Barbares : 

Barbarus hic ego sum quia non intelligor illis ! 

» Je n'ai pas les espérances et les illusions de bien des gens. Tant 
qu'on ne réformera pas l'instruction secondaire, cette situation 



- 117 - 

pénible durera, malgré tous les efforts. Il faut lutter cependant, 
au moins pour l'honneur d'avoir compté sur une renaissance. 

» La diffusion des sciences, ou mieux encore, la rénovation de 
notre pays par les études et l'esprit scientifique , » tel est le but de 
l'Association française pour l'avancement des sciences, fondée au 
lendemain de nos désastres par un groupe de savants éminents de 
Paris, effrayés de voir l'abaissement du niveau scientifique général. 
Dans la première session qui eut lieu en septembre dernier , à 
Bordeaux , M. de Quatrefages , interprète de tous , signalait en 
termes éloquents la gravité du mal. Nous avons tous applaudi; 
mais nous, nous sommes convaincus ; c'est la foule , ce sont nos 
Assemblées et nos Conseils , c'est le Gouvernement lui-même 
qu'il faudrait convertir. Notre société fait ce qu'elle peut, elle s'est 
enrôlée sous la bannière de l'Association française, qui, dans deux 
ans , je crois , fera l'honneur à notre ville d'y tenir une session. 
Mais quand je vous disais que je n'avais pas trop d'illusions , je 
songeais à d'autres institutions qui ont le même but et qui ne sont 
point parvenues à secouer l'indifférence de la foule. Je veux sur- 
tout parler de l'Institut des Provinces, qui , depuis plus de trente 
ans , s'efforce d'inspirer aux sociétés savantes des départements 
l'amour de l'initiative et de l'indépendance à l'égard de Paris, et 
qui , chaque année , organise des congrès scientifiques à la fois à 
Paris et en province. Celte année le rendez-vous est à Pau; notre 
Société, qui a tenu à souscrire , y sera représentée par un grand 
nombre de ses membres. 

» En appelant de tous mes vœux l'indépendance des travailleurs 
et des institutions des départements, j'exprime seulement le regret 
qu'ils n'aient pas leur part légitime des budgets spéciaux accordés 
par le pays. Notre capitale se fait beaucoup trop la part du lion au 
détriment de la province, et nous avons le droit, le devoir de nous 
plaindre. 

» Les départements imitent l'Etat, et ne montrent pas grand zèle 
pour les lettres, les sciences ou les arts : nos Conseillers généraux 
semblent jusqu'ici à peu près indifférents. Seules les municipalités 
font souvent ce qu'elles peuvent ; témoin ce qui se passe à Tou- 
louse, où le Conseil municipal voudrait rendre à notre ville sa 
prépondérance intellectuelle d'autrefois. 

« Assez d'autres l'ont dit pour qu'il me soit permis de le répéter. 
Le Musée d'Histoire naturelle , que vous mettez tous vos soins à 



— 448 — 

enrichir, est dans un remarquable état de prospérité. C'est l'an 
dernier que M. le docteur Noulet , membre honoraire de notre 
Compagnie, en a été nommé direcleur, et vous avez éprouvé trop 
de satisfactions pour que je ne doive pas en consigner ici le sou- 
venir. Apportant au Muséum ses colleciions , fruit de 40 ans de 
recherches et de travaux , notre savant maître a donné à cet éta- 
blissement municipal une importance exceptionnelle, et lous les 
étrangers qui l'ont vu récemment n'ont pas hésiléà le reconnaître. 
Il ne doit rien à l'Etat, qui lui devrait cependantses secours autant 
qu'aux Musées de Paris. 

» La municipalité, qui a fait beaucoup pour son organisation, ne 
s'arrêtera pas en si beau chemin. Ce qu'elle a fait en peu de temps 
est un sûr garant de ce qu'elle fera dans l'avenir. Elle sait bien 
que tout progrès politique, social, économique, a pour condition 
l'avancement de nos connaissances et l'instruction du public, et que 
M. Guizol avait raison lorsqu'il écrivait, en 4816: 

« La science est devenue une véritable force; elle est indispen- 
» sable à tous ceux que leur situation oblige ou appelle à exercer 
» quelque influence sur les autres hommes, sous peine de tomber 
» à un rang inférieur. » 

» A ce propos, laissez-moi remettre sous vos yeux un passage 
d'une lettre de M. E. Blanchard, membre de l'Institut, professeur 
au Muséum de Paris : « Il faut, en vérité, à tout prix, exciter 
l'amour-propre des municipalités et des riches particuliers de la 
ville. Toulouse est admirablement placée pour devenir un centre 
important du mouvement intellectuel, et la ville compte dans son 
sein assez d'hommes distingués pour obtenir un beau résultat, le 
jour où seront fournies les ressources matérielles indispensables. » 

» C'est avec la ferme espérance qu'il en sera ainsi que je me 
plais à terminer ce rapport. » 

M. le D r Garrigou prend ensuite la parole pour rendre un 
juste tribut d'hommages et de regrets à la mémoire des membres 
que la Société a perdus l'an dernier. 



Rivière était né à Toulouse, en 1840; adonné à l'étude des 
insectes, il s'occupa surtout des lépidoptères. Sa collection ento- 
mologique très- riche et très-belle devait servir pour la rédaction 



— 119 — 

d'une monographie qu'il n'a malheureusement pas eu le temps de 
commencer. 

Armand Peyre naquit en 1841, à Toulouse. Il était membre 
titulaire des Sociétés de géographie et de botanique; il comptait 
également parmi les fondateurs de noire Compagnie, à laquelle il 
fit connaître les résultats de quelques-unes de ses recherches scien- 
tifiques. 

Peyre n'avait pas encore eu le temps de publier un grand 
nombre de travaux, mais sa moisson était déjà riche et les bota- 
nistes les plus éminents de notre ville déplorent comme nous 
tous l'absence d'un travail d'ensemble de la part de notre 
confrère. 

Il avait commencé la rédaction d'un mémoire sur le Semper- 
vivum des Pyrénées et sur les Erophyla des environs de Tou- 
louse. 

Plusieurs fois nommé secrétaire dans les réunions de la Société 
botanique de France, il y donna la preuve d'un esprit droit et 
habituée l'ordre scientifique. 

Admirablement doué sous le rapport de l'intelligence, il aimait 
avec passion les études de botanique. Quelquefois atteint par des 
douleurs rhumatismales gagnées dans les excursions, il ne se laissa 
pas néanmoins arrêler dans ses recherches, et le motif de son 
mal, que beaucoup d'autres auraient cherché à rendre valable, ne 
l'empêcha pas de faire la campagne de 1871 . 

Parti en même temps que plusieurs de ses amis pour la session 
du Congrès d'anthropologie de Bologne, il passa plusieurs jours à 
herboriser dans les hauts sommets des Alpes. Les pluies d'orage 
qu'il supporta dans ces rnonlagnes occasionnèrent chez lui une 
affection rhumatismale des plus graves. Nous eûmes la douleur de 
le voir succomber dans l'espace de quatre jours, en quelque sorte 
foudroyé par la violence du mal. 

Le père de notre regretté confrère en faisant don au Muséum 
de notre ville de toutes les collections de son fils, et en mettant les 
savants à même de profiter ainsi d'utiles document, a acquis des 
droits à la reconnaissance publique. 

Paul Tournai naquit à Narbonne, le 10 janvier 1805. Après y 
avoir fait ses études, il alla à Paris en 1823 pour commencer son 



- 420 — 

stage d'élève en pharmacie chez Lepelletier. C'est pendant son 
séjour dans cette ville que se manifesta chez lai le goût pour les 
sciences naturelles. Rentré à Narbonne en 1825, pour prendre la 
direction de la pharmacie de son père, il commença d'abord à 
s'occuper de botanique, puis de géologie. 

Dès le commencement de ses recherches (1827), il découvrit le 
gisement paléontologique de la caverne de Bize. Cette caverne lui 
fournissait la preuve irrécusable de la contemporanéité de l'homme 
avec des animaux d'espèces éteintes depuis des milliers de 
siècles. 

En 1832 il conçut l'idée de doter sa ville natale d'un établisse- 
ment digne de sa grandeur passée et du rôle qu'elle avait joué dans 
le monde. 

En 1833 un arrêté préfectoral du 20 octobre vint sanctionner 
ses projets en autorisant la création du Musée de Narbonne. Cette 
création fut son œuvre principale et l'obligea à se livrera de nou- 
veaux travaux dans les diverses branches des beaux arts, de l'ar- 
chéologie, de l'histoire, sciences étrangères à celles qu'il avait cul- 
tivées jusqu'alors. Doué d'un esprit vaste et toujours désireux de 
s'instruire, Tournai recherchait le travail. Apprendre était sa vie. 
Mais il avait compris que seule, la variété des études, en reposant 
le cerveau d'un cours déterminé d'idées pour lui en imposer un 
autre, évite les inconvénients d'un genre unique de recherches 
poursuivi avec une trop grande ardeur, et dont la conséquence 
inévitable est la fatigue ainsi que l'épuisement des forces intellec- 
tuelles. 

Entravé de toute manière au début de son œuvre, en butte aux 
railleries et aux sarcasmes, Tournai parvint à triompher de tous 
les obstacles et à communiquer à quelques esprits éclairés le feu 
sacré dont il était animé. 

Avec l'aide d'un petit groupe de personnes qui l'avaient compris 
et dont le dévouement n'a pas fait défaut, il est parvenu à rendre 
le Musée de Narbonne digne de l'admiration des artistes et des 
savants. C'est pour cet établissement communal qu'il a collectionné 
toute sa vie; c'est à lui qu'il a réservé le fruit de ses recherches, 
donnant ainsi un exemple irop peu suivi de désintéressement en 
faveur de l'instruction. 

Dans les derniers jours de décembre 1871, il venait à Toulouse : 
c'était son dernier voyage. Triste souvenir : Tournai et Magnan 



— 121 — 

se trouvèrent ensemble dans mon cabinet. Nous discutâmes sur la 
géologie, sur l'origine et sur la nature de l'ophite. C'était la pre- 
mière fois quej'avais l'honneur de voir le savant Narbonnais. Dans 
le peu d'instants que nous demeurâmes ensemble, je pus juger 
l'exactitude des appréciations que j'avais souvent entendu émet- 
tre sur son compte. 

Oui, c'était bien là cette nature impressionnable et enthousiaste, 
qu'une idée noble et généreuse rendait toujours prêt au sacrifice 
de tout cfi qui était intérêt personnel. Si quelque chose pouvait éga- 
ler son dévouement à la science, c'était à coup sûr sa rare modes- 
tie. Personne, parait-il, n'éprouvait plus d'élonnement que lui, 
lorsqu'une distinction honorifique venait le surprendre au milieu 
de ses travaux favoris. » 

M. le docleur Garrigou passe en revue tous les titres de Tournai 
à l'es ime et à la reconnaissance de ses compatriotes et des savants. 
II rappelle en passant que Tournai fut l'instigateur écouté du 
Congrès méridional tenu à Toulouse, le 15 mai 1834. 

Henri Magnan était né le 2 septembre 1831, à Valence (Drôme). 
Il commença ses études aux collèges de Valence et d'Aubenas 
pour les terminer au Lycée de Grenoble, dont il fut l'un des 
meilleurs élèves. Au sortir du lycée, il entra à l'Ecole des mineurs 
de Saint-Etienne, mais il fut bientôt obligé de quitter les études 
qu'il avait commencées pour venir en aide à son père dans 
l'exploitation de nombreuses houillères, Polonge, de la Souche, 
d'Ouzy (Aveyron), de Castanet, de Sainl-Genès (Hérault), et de 
Brassac (Cantal). 

Bientôt après, il étudia des mines de plomb argentifère dans 
l'Aveyron. Puis il partit pour l'Espagne où il visita, pendant une 
année, les mines de plomb et les houillères des Asturies et de la 
Sierra-Morena. 

A son retour, il vint habiter Toulouse, où sa famille s'était fixée. 
Il me fut présenté par l'un de nos amis commun, en 1804, 
comme minéralogisie très-distingué. A cette époque, en effet, 
malgré son séjour près des gisements exploités par son père, mal- 
gré ses voyages industriels en Espagne, Magnan ne s'était point 
encore occupé de géologie 

. ...Ce fut en 1864, lors de la réunion de la Société géologique 



- 122 — 

de France à Marseille, que se fit chez notre ami regretté la révé- 
lation de ses dispositions à devenir géologue. 

A peine avait-il étudié pendant une année, devançant tou- 
jours le programme d'un cours (Faculté des Sciences) dont la 
marche n'avait pas la rapidité que comportaient son désir et sa haute 
intelligence, qu'il s'occupait déjà de la pratique de cette science. 
C'était une vraie satisfaction de suivre ses progrès, de le voir 
commencer à prendre des coupes géologiques qu'il commentait et 
qu'il discutait, de lui entendre dire déjà, mais toujours avec défé- 
rence : « Je crois que le maître a mal vu dans cette occasion. » 

Le respect qu'il avait pour ce maître était tel, qu'en voyant 
d'avance qu'il serait obligé de relever plusieurs de ses erreurs, il 
aima mieux, pour éviter de le faire, ne pas assister à la réunion 
de la Société géologique de France à Bayonne. 

L'un des premiers points des Pyrénées qu'il visite, c'est le mas- 
sif d'Aussaing. Le fait suivant serait peu croyable, si des témoins 
n'étaient encore là pour l'affirmer. Après cette excursion, s'étant 
rendu à Boussens pour étudier la vallée du Salât, du milieu même 
de la vallée il examine au loin les terrains , fait une coupe de 
ce qu'il aperçoit, déclare à ses compagnons qu'il retrouve les cou- 
ches du massif d'Aussaing, et dénonce à l'avance les détails à peu 
près complets de la composition géologique probable des mamelons 
qui lesentourent. La vérification faite sur l'heure même lui prouve 
qu'il a raison. Dans l'espace de quelques minutes il avait résolu 
un problème dont un autre géologue avait mis onze ans à trouver 
une solution fautive. 

Cette première année de sa vie de géologue, Magnan fut l'un des 
fondateurs de notre Société d'Histoire naturelle. 

La fin de nos désastres le trouve encore à Toulouse, où, depuis 
plusieurs mois, il avait été nommé officier du génie. 

C'est en cette qualité qu'il exécuta le captage des sources du 
Polygone et qu'il fournit au camp de Toulouse la quantité d'eau 
qui lui manquait. 

Les notes et mémoires rédigés par H. Magnan, de 18fi7 à 1872, 
c'est-à dire dans l'espace de cinq ans, sont au nombre de 22. 
Voici leurs titres : 

1° Sur un chaînon qui réunit les Corbières à la Montagne-Noire. — 



— 423 - 

Découverte de la zone à Avicula Contorla (Bull. Soc. géol. de France, 
2 me série, t. 24, 1867.) 

2° Coupe des petites Pyrénées de l'Ariége. — Sur l'Ophite. — Aperçu 
sur les érosions et les failles. (Id. 1868). 

3° Coupe des petites Pyrénées de l'Ariége. (Comptes-rendus de l'Aca- 
démie des Sciences, 2 mars 1868). 

4° Sur la craie du versant N. de la chaîne pyrénéenne. (Idem, 
22 juin). 

5° Sur une deuxième coupe des petites Pyrénées de l'Ariége et sur 
l'Ophite (Diorite). (Id. 10 août). 

6° Etude sur les formations secondaires du bord S. 0. du plateau 
central de la France entre les vallées de la Vère et du Lot. (Bull. Soc. 
d'Hist naturelle de Toulouse, t. III. 1869). 

7° Note sur le terrain crétacé des Pyrénées françaises etdesCorbières. 
(Id., t. IV, 1870). 

8° Comparaison et altitude des dépôts infraliasiques du plateau cen- 
tral de la France. (Id.) 

9° Aperçu géologique de la région des Pyrénées-Orientales comprises 
enlre Soulatge et le pont de la Fou. (Id.) 

io« Aperçu géognostique de la vallée du Ger. 

11° Terrain où prennent naissance les sources sulfureuses. (Id.) 

12° Documents relatifs à la connaissance de la partie inférieure du 
terrain de craie des Pyrénées françaises et des Cornières, à propos de ce 
terrain et des étages du Muschelkalk et du Reichstein, dans le Tarn et 
l'Aveyron. (Id,) 

13° Sur les anciens glaciers des Pyrénées (Id.) 

14° Notice sur le terrain quaternaire des bords de la Montagne-Noire 
entre Castres et Carcassonne, et sur l'ancien lit de l'Agout. (Id.) 

\ 5° Divers terrains détritiques des environs de Pau. (Id.) 

16° Coupe générale des Pyrénées de l'Ariége et des environs d'Esterri, 
sous le méridien du port de Salau. (Id.) 

1 7° Coupe de la Montagne-Noire aux Pyrénées, à travers le massif des 
Corbières. (Id.) 

AB° Sur les formations secondaires des bords S. 0. du plateau central 
de la France. (Bull. Soc. géol. de France, 2 me série, t. 27, 1870). 

19° Craie des Pyrénées françaises et des Corbières (Comptes-rendus 
de Y A cad. des Sciences, 7 mai 1870). 



— 124 ■— 

20° Mémoire sur la partie inférieure du terrain d*e craie des Pyrénées 
françaises et des Corbières. (Mémoires de la Soc. géol. de France, 
2™ série, t. IX. 1872). 

21° et 22°. Mémoires encore inédits. 

La vue seule des deux tableaux qui accompagnent le Mémoire (20) 
sur les terrains de craie des Pyrénées prouve que Magnan avait su 
lire aucomplet l'histoire géologique de nos montagnes. A partir de 
l'époque primordiale jusqu'à l'époque quaternaire, il avait porté des 
modifications utiles et exactes dans le? divisions adoptées jusqu'a- 
lors dans les étages géologiques des Pyrénées. 

La découverte de quelques-uns de ces étages avait été le fruit 
de ses recherches personnelles. 

Pour ce qui est des terrains primordiaux et des terrains de tran- 
sitions, il s'arrêta aux divisions récemment établies avant lui. Il 
étudia et décrivit en même temps qu'un de ses amis (avec lequel 
il allait commencer la publication d'un travail d'ensemble sur la 
chaîne des Pyrénées), le calcaire carbonifère qu'ils avaient trouvé 
chacun séparément dans leurs recherches. Il indiqua ensuite la 
composition du terrain houiller proprement dit et du Permien , 
dans les Corbières. 

A partir du trias jusqu'au terrain crétacé moyen , les divisions 
réellement exactes sont dues à Magnan seul. Il serait trop long 
d'énumérer les nombreuses erreurs faites au sujet de ces terrains 
par les divers géologues qui s'en étaient précédemment occupés. 
Il distingua dans le trias les trois niveaux à peine entrevus avant 
lui, et reconnut surtout le niveau du Zeichsten, sur les bords du 
plateau central. 

L'ex T 'stence de la zone à avicula conforta, de l'infra lias, avait 
été soupçonnée dans nos régions par Téminent professeur italien 
Capellini, qui l'avait signalée en rendant compte d'une de ses 
excursions scientifiques dans le midi de la France. Mais Magnan 
neconnaissait nullement la publication du professeur de Bologne; 
aussi peut-on 'dire sans hésiter que ce niveau géologique si impor- 
tant était découvert deux fois dans les Pyrénées : par M. Capellini 
et par Magnan. La délimitation entre le trias et le terrain jurassi- 
que des Pyrénées se trouvait ainsi faite d'une manière très nette 
et très utile pour la pratique; 

Il porta une grande clarté dans l'étude du terrain jurassique 



— 125 - 

proprement dit, confondu jusqu'alors avec le terrain de transition 
et le calcaire carbonifère. Il le divisa en trois étages liasiques et 
trois étages oolithiques, ayant toujours à l'appui de ses divisions 
ses récoltes de fossiles , précieux trésor que le Muséum de notre 
ville possède aujourd'hui. 

Il montra la régularité et l'uniformité du terrain jurassique dan» 
les départements situés au sud du plateau central de la France. 

Son étude des terrains crétacés pourrait servir à elle seule à le 
rendre illustre. Jusqu'à ces dernières années c'était surtout à la 
classification de ces terrains qu'il s'était voué. 

M. Leymerie avait confondu sous une même couleur bleue, la 
majeure partie des terrains jurassique et crétacé des Pyrénées. On 
avait séparé, en 186tf , la craie inférieure de la craie supérieure. 

M. Hébert avait fait faire, en 4867, un nouveau pas à la ques- 
tion, et Magnan vint enfin montrer dans les Corbières et les Pyré- 
nées l'existence réelle de la série crétacée inférieure complète et 
méconnue par tous ses devanciers. Faisant un usage égal de la 
stratigraphie, de la paléontologie et de la pétrographie, il prouva 
d'une manière définitive l'existence dans nos régions des étages 
néocomien,aptien etalbien avec re'curren^e des calcaires à dicera- 
tes. Il montra que le cénomanien était complètement indépendant 
des trois étages précédents, que sa faune n'avait rien de commun 
avec la leur, et qu'il formait avec le turonien la partie moyenne 
du crétacé. 

Acceptant les divisions proposées avant lui pour les terrains 
supérieurs au turonien, il avait fini par admettre également, après 
l'avoir bien combattu, un fait qu'il avait surtout vérifié depuis peu 
de temps, c'est le redressement du miocène dans le Béarn comme 
dans les Corbières. L'avis de presque tous les géologues était que 
le miocène n'avait été atteint par aucun bouleversement géolo- 
gique. 

Les questions de stratigraphie n'étaient' pas les seules à l'occu- 
per, la géogénie n'avait pas été perdue de vue dans ses travaux. 
N'admettant pas la théorie des systèmes de soulèvement et d'orien- 
tation des chaînes de montagnes, il avait accepté celle des grandes 
dènudations et des failles sans soulèvement. Il s'était également 
rangé à l'opinion déjà soutenue par de rares géologues, que certains 
granités devaient être rangés parmi les roches stratifiées et que les 
ophites n'étaient pas des produits volcaniques, mais bien des ter- 



— 126 — 

rainsde dépôt métamorphosés par des sources thermales. Ses études 
pratiques sur ces questions, rapidement énumérées dans quelques 
mémoires spéciaux, se trouvent surtout développées dans son grand 
travail sur l'ophite, dont la publication a été confiée à la Société 
géologique de France. Je regrette de ne pas pouvoir vous entre- 
tenir de ce savant mémoire, qu'accompagne un essai de carte géo- 
logique des Pyrénées. L'éminerU professeur de géologie de la 
Faculté des Sciences de Montpellier , M. de Rouville, s'est chargé 
de la publication de cette œuvre commencée déjà par notre con- 
frère depuis quelques années. 

Tel est le trop court résumé des publications si claires, si savan- 
tes et surtout si lucides de noire ami regretté, de ce géologue qui 
promettait par la sûreté de ses connaissances, par son zèle, par son 
dévouement, de dérober tant de secrels à cette chaîne de monta- 
gnes si mal connue avant lui et dont les richesses géologiques sont 
destinées quelque jour à transformer la vie industrielle de notre 
pays. 

Et c'est avant qu'elle ait pu fournir à la science tout ce qu'elle 
pouvait lui réclamer, que nous avons du voir s'évanouir cette belle 
intelligence. 

Le 3 juillet, nous avions le malheur de perdre Magnan. 

En lui s'éteignait le seul géologue qui aurait eu le droit d'ap- 
peler les Pyrénées : ses Pyrénées. Mais sa modestie, son savoir et 
son jugement l'auraient toujours .empoché de tenir un pareil lan- 
gage. 

Constamment clair, mais topique dans les discussions, il consi- 
dérait comme un devoir de toujours répondre aux objections faites 
aux thèses qu'il soutenait. S'enfermer vis-â vis d'un contradicteur 
convenable dans un silence calculé, n'était pour lui, comme pour 
tous les vrais savants , que donner la preuve d'une: infériorité et 
d'une impuissance scientifique, que seules des études sérieuses et 
profondes ne comportent pas. 



— 127 — 

Séance du 5 mars 1873. 

Présidence de M. le D r Gourdon. 

La Société reçoit : 

Bulletin de la réunion des officiers, 3 e année, 1 er mars. 

Bulletin hebdomadaire de l'association scientifique, n° 278. 

Compte rendu de l'Académie des sciences, 24 février 4873. 

Traité élémentaire de géologie et de minéralogie, par M. L. de G. 
in 12, 231 p. Paris 1872. (Don de M. F. Kegnault. 

Etude sur les filtres et sur Veau des fontaines de Toulouse, par 
le D r F. Garrigou. Toulouse 1873. (Ext. du Bul. de la Société). 

M. Regnault offre à la Société la remarquable carte du dépar- 
tement de la Haute-Garonne que sa maison de librairie vient de 
publier. 

La Société entomologique de France accepte l'échange de notre 
Bulletin contre le sien. 

La Société entomologique de Belgique offre l'échange de ses 
publications contre les nôtres. 

M. le D r Garrigou donne lecture de la lettre suivante que 
M.Belgrand (membre de l'Institut, inspecteur général des ponts et 
chaussées, directeur du service des eaux de la Seine) lui a adres- 
sée au sujet de son travail sur les eaux et sur les galeries filtrantes 
de Toulouse, publié récemment dans le Bulletin de la Société: 

« J'ai lu avec d'autant plus d'intérêt votre notice sur les eaux 
de Toulouse, que j'ai eu moi-même occasion de m'occuper de la 
question il y a une dizaine d'années. On imprime en ce moment 
un livre où je rends un compte sommaire de mes observations. 

» Je suis en général d'accord avec vous, sauf sur quelques points 
de détail. Ainsi vous paraissez croire que lorsque une rivière coule 
sur un fond inperméable, comme la molasse, et que les graviers qui 
tapissent le fonds de la vallée sont seuls perméables, l'eau qui 
imbibe ces graviers provient delà rivière. Il n'en est rien, au moins 
en temps de basses eaux. L'eau des graviers provient toujours des 
coteaux voisins et de la pluie. Ce qui l e prouve, c'est que son 
niveau est toujours plus élevé que celui du fleuve. Il est vrai que 
vous reconnaissez ce fait. 



- 128 - 

» Un point sur lequel nous ne sommes pas d'accord, c'est sur 
l'emploi de l'hydrotimétre. Je reconnais comme vous, que c'est là 
un fort mauvais instrument entre des mains inhabiles. Mais avec 
des liqueurs parfaitement titrées et certaines précautions, on arrive 
à des résultats très-sûrs. 

» Ces deux points éclaircis, je suis à peu près d'accord avec 
vous, et votre ouvrage m'a confirmé dans une opinion aujourd'hui 
bien arrêtée chez moi : Veau des galeries filtrantes, même lorsque 
son niveau est très-abaissô, au-dessous de celui des rivières voisines, 
provient en très grande partie des nappes d'eau souterraines. Par 
conséquent, lout ce qui tend à corrompre ces nappes d'eau, les 
infiltrations des impuretés des grandes villes, les résidus des voi- 
ries, des grandes fabriques, etc., altère la qualité du liquide qu'on 
extrait de ces galeries. Il faut donc, lorsqu'on veut utiliser ces nap- 
pes superficielles qui circulent le long des fleuves, s'éloigner autant 
que possible des grands centres de population et des grandes indus- 
tries. Aussi la galerie de Portet, qui me paraît située à 9 kilom. 
de Toulouse, si j'ai bien compris, est dans de bonnes conditions. 
Seulement, je suis convaincu d'avance qu'elle donnera une grande 
quantité d'eau de la nappe souterraine mélangée à celle de la 
Garonne. S'il en était autrement, votre filtre s'engorgerait très- 
rapidement, ou bien si la théorie du nettoiement des filtres par les 
courants du fleuve était vraie, elle vous donnerait des eaux trou- 
bles toutes les fois que le fleuve en crue opérerait le nettoiement. 

» Je joins à cette lettre des épreuves de mon ouvrage où j'établis 
que dans toutes les localités où l'on a installé des galeries filtrantes, 
on reçoit en grande partie l'eau de la nappe que l'on nomme géné- 
ralement nappe d'eau des puits. A Toulouse, vous recevez beau- 
coup de ces eaux et vos expériences le prouvent, puisqu'il en 
résulte que les déjections superficielles de la ville en allèrent pro- 
fondément la bonne qualité. 

» Vous avez raison de prendre vos eaux dans les graviers qui 
vous en donneront de très pures et de bonne qualité. Mais s'il n'y 
a pas de fabrique et d'industries dans le voisinage de vos tranchées, 
il peut y en avoir plus tard. C'est là le côté faible de la solu- 
tion. » 

M. Lacroix donne connaissance à la Compagnie de l'ouvrage qui 
suit : 



129 



CATALOGUE RAISONNÉ 

DES 

OISEAUX 

Observés sur le versant Français des Pyrénées et la Région 

COMPRENANT LES DÉPARTEMENTS DE 

LA HAUTE-GARONNE, L'AUDE, l'ARIÉGE, LE GJ1RS, l'hÉRAULT, LES HAUTES-PYRENEES, 
LE TARN, LE TARN-ET-GARONNE ET LES PYRENEES-ORIENTALES 

PAR 

Adrien LACROIX 

Membre fondateur de la Société d'Histoire naturelle de Toulouse. 



AVANT-PROPOS. 

Les Pyrénées ont eu, de tout temps, le don d'attirer les recherches 
des naturalistes; leur position méridionale, ainsi que l'élévation con- 
sidérable de leurs sommets, donnent, en effet, à nos montagnes, un 
cachet tout particulier. 

Pour tous ceux qui s'occupent des sciences naturelles, la moisson y 
est abondante, mais elle est particulièrement intéressante pour l'orni- 
thologiste. 

Comment n'en serait- il pas ainsi? Quelle région, dans une étendue 
aussi limitée, pourrait donner aux espèces les plus différentes les con- 
ditions d'habitat qui conviennent à chacune d'elles ? Les vautours et 
les aigles atteignent les plus hauts sommets dans leur vol puissant 
(un de nos amis a pu voir un grand rapace, aigle ou vautour, franchir 
les crêtes de la Maladetta à 3,404 mètres); aux pieds même des gla- 
ciers, le Lagopède trouve encore sa nourriture ; dans les vastes forêts 

9 



— 130 — 
de sapins, le tétras, le pic noir, le casse-noix, etc., etc., cherchent un 
refuge contre les attaques des grands rapaces; nos plaines Sous-Pyré- 
néennes donnent asile à toutes ces espèces d'Europe qui ne sont parti- 
culières à aucune région et auxquelles viennent se mêler quelques 
espèces spéciales au Midi (pie-grièche méridionale, moineau espagnol, 
guêpier). 

Enfin, nous voyons arriver tous les ans le cortège nombreux des 
espèces émigrantes, et quelquefois, par aventure, des égarés africains 
ou asiatiques, les uns emportés par des coups de vents (faucon péleri- 
noïde, tourterelle rieuse et héron-garde-bœuf, originaires de l'Afri- 
que); les autres au contraire, entraînés à grande distance par des causes 
qu'il est difficile d'apprécier (Martin Roselin, originaire d'Asie). 

La Haute-Garonne a été, pour nous, l'objet d'études plus spéciales ; 
aussi, avons-nous insisté sur les espèces observées dans ce départe- 
ment, nous occupant des mœurs (nidification surtout), et des époques 
de passage que nous avons cherché à préciser le plus possible ; nous 
nous sommes également efforcé d'indiquer exactement le degré de 
rareté de chaque espèce, chose quelquefois difficile et pour laquelle 
nous avons dû interroger un grand nombre de chasseurs et d'ama- 
teurs. 

Pour rendre plus sensibles les différences qui peuvent exister entre 
les faunes des départements dont nous nous occupons, nous avons fait 
suivre .notre catalogue général des listes spéciales des oiseaux qui 
semblent propres à chaque département. 

Nous n'avons pas cru devoir faire entrer dans ce travail certaines 
espèces apportées sur le marché de Toulouse, et dont nous n'avons pu 
constater autrement la présence dans notre région ; la facilité des 
transports par les nouvelles voies amènent, en effet, dans les halles, 
bien des produits étrangers au pays ; aussi, nous n'avons indiqué 
que les espèces observées directement par nous ou par des personnes" 
dignes de foi. 

N'ayant à nous occuper ici que d'espèces européennes, nous avons 
été amené à modifier la classification généralement adoptée aujourd'hui; 
c'est ainsi que, n'ayant pas à classer les perroquets, nous avons pu 
mettre les pie-grièches à leur véritable place (ainsi que l'avaient déjà 
fait Buffon, Cuvier et Temminck); leurs mœurs et la conformation de 



— 131 — 

leur bec en font de vrais petits oiseaux de proie, et si l'ensemble de 
leurs caractères obligent à les classer dans Tordre des passereaux , 
nous ne comprenons pas qu'on puisse les placer ailleurs qu'en tête de 
cet ordre, immédiatement après les rapaces. 

Cette modification nous a obligé à remanier l'ordre des passereaux 
tout entier, et nous croyons que l'arrangement que nous avons suivi 
est, en somme, le plus naturel de tous, car il est basé à la fois et sur 
la conformation des organes essentiels, et sur les mœurs des différentes 
espèces. 

Il n'a été publié, jusqu'à ce jour, que deux catalogues d'oiseaux 
pyrénéens pour la région dont nous nous sommes occupé, et encore 
aucun d'eux ne traite-t-il de la région entière. 

L'un, déjà ancien et incomplet, de Philippe Picot de Lapeyrouse, a 
été publié à Toulouse l'an vu (1799), et ne s'occupe que des espèces de 
la Haute-Garonne \ l'autre, plus récent (1863), a été publié à Perpi- 
gnan par le docteur Gompagnyo (Louis), et ne traite que des oiseaux 
observés dans les Pyrénées-Orientales. 

Il nous semble superflu d'insister ici sur l'importance des catalogues 
régionaux ; il n'est plus un seul naturaliste qui ne sache qu'eux seuls 
peuvent fournir le moyen d'arriver à des travaux, sérieux, surtout 
quand il s'agit d'étudier les émigrations des espèces voyageuses, 
étude fort intéressante, et qui n'a encore donné que très-peu de 
résultat. 

Je ne puis terminer cet avant-propos sans témoigner toute ma gra- 
titude aux personnes qui ont bien voulu me communiquer leurs pré- 
cieuses observations ; je dois principalement des remerciements à 
MM. Marius Lacaze, Jules Berdoulat, Marquet, tous amateurs d'orni- 
thologie. 

Toulouse, le 9 avril 1873. 



132 — 



LISTE ALPHABÉTIQUE 

I 

DES OUVRAGES CITÉS DANS CE CATALOGUE. 



Barr. — Ornith. sp. nov. — Barrère, Ornithologue spécimen novum, 
sive séries avium in Ruscinone, Pyrenseis montibus, atque Galliâi 
œquinoxiali observât., etc., 1 vol. p. in-4. Perpiniani, 1745. 

Bechst. — Orn. Tasch. — Beciistein. Ornithologisches Taschenbuch vonj 
und fur Deutschland, 3 vol. in-8. Leipzig, 1802-4812. 

Bp. — Distr. meth. An vertebr. — Bonaparte (C. L. prince), Saggio dij 
una distribuzione methodica degli animali vertebrati. in-8. RomaJ 
1831-1832. 

— Fauna liai. — Iconographia délia Fauna italica per le quattroj 
classi degli animali vertebrati. 3 vol. grand in-4, avec pi. colF 
Roma, 1832-1842. 

— B. of Eur. — A geograpliical and comparative List. of. the Birds 
of Europe and North-America, in-8, London, 1838. 

— Consp. syst. Orn. — Conspectus systematis Ornithologie, in-8j 
Paris, 1854 (extrait des annales des Se. Nat., 4 e série, t. 1). 

— Cat. Perzud. — Catalogue Perzudaki, in-4. Paris, 1856. 

Brehm. — Beitr. zur Vog. — Brehm, Beitrage zur Vogelkunde, 3 vol. 
grand in-8, avec 11 pi. Neustadt, 1820-1822. 

— Lehrb. — Lehrbuch der Naturgesch. aller Europ. Vogel. 2 part. 
in-8, avec 1 pi. Iena, 1823. 

Bris. — Ornith. — Brisson (M.-J.), Ornithologie ou méthode contenant 

la division des Oiseaux en ordres, sections, genres, etc , 6 vol 

in-4., avec pi. Paris, 1760. 
Brùnn. — Ornith. Bor. — Brunnicii. — Ornithologia borealis, sistenî 

collectionem Avium ex omnibus imperio Danico subjectis provin- 

ciis, etc. In 8. Hafniae, 1764. 



— 133 — 

(1) Buff. — PL enl. — Buffon (G, L. Lecler comte de), Planches enlu- 
minées d'Histoire naturelle, par Martinet, exécutées par d'Auben- 
ton le jeune, 1008 pi. in-folio. Paris, 1765. 

Crespon. — Ornithologie du Gard et des pays circonvoisins. 1 vol. in-8. 
Nîmes et Montpellier, 1840. 

Cuv. (G.) — Tab. du règ. anim. — Guvier, Tableau élémentaire de l'his- 
toire naturelle des animaux, 1 vol. in-8. Paris, an vi (1798). 

— Règ. anim. — Règne animal distribué d'après son organisation. 
1 re édit. 5 vol in-8. Paris, 1817, — et 2 e édit., 5 vol. in-8. Pa- 
ris, 1820. 

Charlet. — Exercit. — Charleton (Gualter), Exercitationes de differen- 
tiis et nominibus animalium, etc., etc. in-folio. Osonipe, 1677. 

Degl. — Ois. obs. en Eut. — Catalogue des oiseaux observés en Europe, 
principalement en France, et surtout dans le nord du royaume. 
1 vol. in-8. Lille, 1839. 

— Ornith. Europ. — Ornithologie européenne ou catalogue analyti- 
que et raisonné des oiseaux observés en Europe. Lille, mdggcxlix. 

Ch. Dubois. — Dubois. — Planches coloriées des oiseaux de la Belgique et 
de leurs œufs, dédié à S. M. Léopold I er , roi des Belges. 1 re série. 
Bruxelles, 1869. 

Ch. et Alph. Dubois. — Planches coloriées des oiseaux de l'Europe et de 
leurs œufs. — Espèces non observées en Belgique, 2 e série. 
Ouvrages terminés en 1872. 

Dumér. — Zool. anal. — Duméril, Zoologie analytique ou méthode natu- 
relle de classification des animaux. 1 vol. in-8. Paris, 1806. 
Degl. et Gerbe. — Ornith. europ. — Ornithologie européenne ou 

catalogue descriptif, analytique et raisonné des Oiseaux observés en 

Europe, 2 e édition. Paris, 1867. 

Flem. — Brit. anim. — Fleming (John), A History of Bristish animais, 
exhibiting the descript. charact. and System, arrang. of the Gen. 
and Species of quadrup. Birds, Reptiles, 1 vol. in-8. Edin- 
burgh, 1822. 

Gmel. — S. N. — Gmelin (Joa.-Frid), Caroli à Linné Systema naturae, 
per régna tria naturae secundum classes, ordines, gênera, species, 
3 t. en 10 vol. in-8, avec pi. Lipsiae, 1788-1793. 

(1) Les planches enluminées de Buffon (par Martinet), sont à la Bibliothèque de la ville, rue 
du Lycée, où on peut les consulter. 



— 134 — 

Gray. — Gen. ofB. — The gênera of Birds; comprising Their generic 
charact. notice of the habits, of each genus, etc. Illustrated with 
360 pi. by Dav. WilL Mitchell. Grand in-4. London, 4840-1846. 

Illig. — Prodr. sijst. — Illiger(J. K. W.)> Prodromus systematis Mam- 
malium et Avium, additis terminis zoographicis utriusque clas- 
sis, etc. 4 vol. in-8. Berolini, 4811. 

Isis. — Encyclopad. Zeitschrift vorzùglichfûrNaturgeschichte, vergleich. 
Anatomie und Physiologie. In-4. Leipzig, 4817 et suite. 

Keys et Blas. — Wirbelth. — Keyserling et Blasius, Die Wirbelthière 
Europa's. 1 vol. grand in-8. Braunschweig, 4840. 

Koch. — Baier zool. — Koch, System der Baierischen Zoologie, 4 vol. 
in-4 2. Nurnberg, 4846. 

Lath. — Ind. — Latiiam, Index ornithologicus sive systema Ornithologie 
complectens Avium divisionem in classes, ordines, gênera, spe- 
cies, etc. 2 vol. in-4. London, 4790, et supplementum Indicis orni- 
thologici. 4 vol. in-4. Londini, 4802. 

Leach. — Syst. cat. M. and. B. Brit. Mus. — Leach, Systematic Catalo- 
gue of the Spécimens of the indigenous Mamm. and Birds 
that are preserved in the Britisch Muséum, etc. Petit in-4. Lon- 
don, 4846. 

— Zool. Mise. — Zoological Miscellany; being descript. of new or 
interesting animais , etc. 3 vol. in-4 , avec pi. col. London 
4844-4847. 

Less. — Man. d'Orn. — Lesson, Manuel d'Ornithologie, ou Description 
des genres et des principales espèces d'oiseaux. 2 vol. in-4 8. 
Paris, 4828. 

— Tr. d'Orn. — Traité d'ornithologie ou Tableau méthod. des ordres, 
sous-ordres, familles, tribus, genres, 2 vol. grand in-8, dont 4 vol. 
de planches. Paris, 4834. 

— Complément aux œuvres de Buffon ou Histoire naturelle des 
animaux rares découverts par les naturalistes depuis Buffon- 
Oiseaux, 3 vol. in-8. — Mammif. et Oiseaux, 4 vol. in-8. Pa- 
ris, 4835-4844. 

Lichst. — Doubl. zool. Mus. Lichtenstein (H.) Verzeichniss der Doublet- 
ten des Zoolog. Muséums der Konigl. Universitat zu Berlin, petit 
in-4. Berlin, 4824. 

— Nom. av. — Lisgiitenstein (H.), Nomenclator avium Mussei zoolo- 
gici Berolinensis, in-8. Berlin, 4854. 



— 135 — 

Linn. — S. N. — Linné (Karl, v.), Systema naturse, sive Régna tria 
naturse systematice proposita per classes, ordines, gênera et spe- 
cies. 4 re édit. in-folio. Lugduni Batavorum, 4735. — 40 e édit. 
2 vol. in-8. Holmise, 4758, — et surtout 42 e édit., 3 vol. in-8. 
Halae et Magdeb, 4 766. 

Meisner. — Syst. Verzeich Vôg. — Meisner (Fr.), Systemat. Yerzeichniss 
der Vogel, etc. 4 vol. in-8. Bern. 4804. 

— Vog. Schweiz. — Meisner (Fr.) et Sghinz (H. R.), Die Vogel der 
Schweig systemat. geordnet und beschrieben, etc. In-8, avec pi. 
col. Zurich, 4845. 

Mey. — Vôg Liv-und EsthL — Meyer (B.), Kurze Beschreibung der Vogel 
Liv-und Esthlands, 4 vol. in-8, avec 4 pi. Nurnberg, 4815. 

Mey et Wolf. — Tasch Deuts. — Meyer (B.) et Wolf (J.), Taschenbuch 
der Deutschen Vogelkunde, 2 vol. in-8, avec fig. Frankfurt, 4840 
et suppl. au même ouvrage, 4 vol. in-8. Frankfurt, 4822. 

Mont. — Orn. Dict. — Montagu (Geo.), Ornithological Dictionary, or 
Alphabetical Synops. of Brit. Birds, b> G. Montagu. — 2 e édit. 
with. many new'articles and original observât, by J. Rennie, in-8. 
London, 4834. 

Naumann. — Vog, ou Vog. Deuts. — Naumann (J.-A.) Naturgeschichte der 
Vogel Deutschlands, etc. 42 vol. in-8 avec figures col. Leip- 
zig, 4822-4844. augmenté d'un 43 e vol. par Naumann. Stuttgard, 
4860, avec un supplément par MM. Blasius, Baldamus et Sturm. 

Pall. — Voy. — Pallas (P. -S.), Voyage dans plusieurs provinces de 
l'empire de Russie et dans l'Asie septentrionale. Petersburg, 4776. 
— Edit. franc., in-8, 8 vol. avec atlas. Paris, an n (4794). 

— Zoogr. — Zoographia Rosso-Asiatica, etc. 3 vol. in-4, avec 4 vol. 
de pi. petit in-folio (fasc. 4 à 6). Petropoli, 484 4-4834. 

P. Picot. — M. et ois. de la Haute-Garonne. — Picot (Philippe), Tables 
méthodiques des mammifères et des oiseaux observés dans le 
département de la Haute-Garonne. In-8. Toulouse, an vu (4799). 

Ray. — Syst. Av. — Ray (Jean), Synopsis methodica iVvium, cum tab. 
aen. in-8. Londini, 4743. 

Ray. — Ray (Jules), Catalogue de la Faune de l'Aube, ou Liste méthod. 
des animaux qui se rencontrent dans cette partie de la Champa- 
gne. 4 vol. in-4 2. Paris, 4843. 



— 136 - 

Roux.— Ornith. prov. — Roux (J.-L.-F.-Polydore), Ornithologie pro- 
vençale, ou Description, avec figures col. de tous les oiseaux qui 
habitent constamment la Provence, ou qui n'y sont que de pas- 
sage, etc. Grand in-4. Marseille, 4825, 4 839 (ouvr. inachevé). 

Savig. — Ois. d'Egyp. — Savigny (M.-J.-C. Lelorgne de), Observation 
sur le système des Oiseaux de l'Egypte et de la Syrie. Grand 
in-folio, avec 54 pi. Paris, 4808-4840. 

Sciiinz. — Europ. Faim. — Schinz (H.-R.),Europaïsche Fauna, oder Ver- 
zeichniss der Wirbelthiere Europa's, 2 part, en 4 vol. in-8. Stutt- 
gart, 4840. 

Schleg. — Rev. crit. — Schlegel (H.), Revue critique des Oiseaux d'Europe. 
4 vol. grand in-8. Leyde, 4844. 

— Obs. sur le s. -g. des Pouillots. — Observations sur le sous-genre 
des Pouillots, et notamment sur le Pouillot lusciniole, Sylvia 
pohjglotta de Vieillot, ln-4, avec pi., 4848 (tirage à part). 

— Mus. d'Hist. nat. des Pays-Bas. — Muséum d'Histoire naturelle des 
Pays-Ras. in-8. Leyde, 4862-4865 (les 7 livr. parues). 

Scop. — Ann. I. Hist. nat. — Scopoli (J.-A), Annus I. historico-natura- 
lis, descriptiones Avium musei proprii earumque rariorum quas 
vidit in vivario August. imper. ; etc. 4 vol. in-8. Turriani, 4769. 

Selby. — Brit. Orn. — Selby (Prid J.), lllustrationes of Rristish Ornitho- 
logy. 2 vol. in-8, avec pi. Edimburg, 4833. 

— Types of Birds. — Catalogue of the generic and subgeneric types 
of Rirds, in-8. Nevvcastle, 4840. 

Sélys. — Faune Belg. Sélys-Longciiamps (M.-E. de) , Faune Relge, 
4 TC part., indication méthodique des Mamm., Oiseaux, Reptiles, 
Poissons observ. jusqu'ici en Relgique. 4 vol. in-8, avec pi. 
Rruxelles, 4 842. 

Stepii. — Gen. Zool. — Stepiiens (J.-F.), in : Shaw, General Zoology, or 
Systematic natural History. Aves. 8 vol. in-8, avec pi. Lon- 
don, 4 849-4826. 

Swains. — Faun. Bor. amer. — Swainson, mRiciiARDsoN. 

— Classif. Birds. — On the natural History and Classification of 
Rirds Lardner's Cabinet Cyelopœdia, vol. 83, 92. 2 vol. in-8 
London, 4836-4837. 

Temm. — Pig. et Gall. — Temminck (C. J), Histoire naturelle générale desj 
Pigeons et des Gallinacés. 3 vol. in-8, avec pi. Amsterdam, 
4843-4845. 









— 437 — 

— Man. — Manuel d'Ornithologie, ou Tableau systématique des 
Oiseaux qui se trouvent en Europe, etc., 1 vol. in-8. Amster- 
dam, 1815, — 2 e édit., 4* part., in-8. Paris, 1820-1840. 

Vieil. — Ornith. élém. — Vieillot (L. -P.), Analyse d'une nouvelle Orni- 
thologie élémentaire. In-8. Paris, 1816. 

— Ois. Am. Sept. — Histoire naturelle des Oiseaux de l'Amérique 
Septentrionale, etc. Grand in-folio avec pi. col. Paris, 1807. 

— Faune franc. — Faune française, etc. Oiseaux, 1 vol. in-8, avec 
88 pi. col. Paris, 1821-1828. 

— Gai. des Ois. — La Galerie des Oiseaux, 2 vol. in-4, avec 358 pi. 
in-4, dessinées par P.-L. Oudart. Paris, 1825-1834. 

Vig. — Gen. of. B.— Vigors (N.-A.), Arrangement of the hitherto pu- 
blished Gênera of Birds. etc. In-8. 1825 (extrait du Zool. Jour- 
nal, t. II). 

Willug. — Ornith. — Willugby (Fr.j, Ornithologie libri III, in quibus 
Aves hactenùs cognitse, in methodum naturis suis convenientem 
redactse accu rate describuntur, etc. In-folio. Londini, 1676. 



ABRÉVIATIONS 



( Colonne du Degré de Rareté ). 



Rare 


R. 






Commun 


G. 


Assez-rare 


A. 


R. 




Peu commun 


P. G. 


Peu rare 


P. 


R. 




Assez-^commun 


A. G. 


Très-rare 


T. 


R. 




Très-commun 


T. G. 


Très très-rare 


T. 


T. 


R. 


Très très-commun 


T. T. 



G. 



Nota. — Le Département est supprimé, toutes les fois que l'espèce n'a 
pas été observée. 



OISEAUX 

OBSERVÉS 

DANS LA HAUTE-GARONNE ET LES DÉPARTEMENTS VOISINS. 

PREMIER ORDRE 

OISEAUX DE PROIE. — ACC1PITRES. 



PREMIÈRE DIVISION. 

OISEAUX DE PROIE DIURNES. — ACCIPITRES D1URNL 



FAMILLE I. 

VAUTOURS. — VULTURWJE (Vig.) 



GENRE I. 
VAUTOUR. — VULTUR (Linn.) 

1. - VAUTOUR MOINE. - VULTUR MONACHUS 

Linn. 

Vultur monacous, Linn. S.N. 12 c édit. (17G6), t. 1, p. 122. 

Vultur cinereus, Temm. Man y '2 e édit. (4 820), t. 1, p. 4. 

Vultur mger, P. Roux, Ornith. Prov., pi. 2. 

Vultur cinereus, Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 9. 

Vultur MONACHUS , Degland et Gerbe, Ornith. Eut. (1867), t. 1, p. 5. 



— 139 — 

Vultur cineueus. — Dubois, PL col. des ois. de VEur., t. 1, pi. 4, 2 e série. 
Grand vautouk, Buff. , pi. Enl. 425, sous le nom de Vautour, 

Sédentaire sur les hauts sommets de nos Pyrénées , dans 

les parties les plus désertes; il est aussi de passage en sep- T. R. niche régul 1 . 
tembre et octobre, mais non régulièrement. 

Aude. De passage accidentel en automne et au prin- 
temps. T. R. ne niche pas. 
Ariége. Sédent. et de passage. T. R. niche régul 1 . 
Gers. De passage très accidentel. T. T. R. ne niche pas. 
Hérault. De passage à peu près régulier. T. R. ne niche pas. 
Hautes-Pyr. Sédent. et de passage. R. niche régul 1 . 
Tam-et-Gar. Je ne puis signaler qu'un passage accidentel. T. T.R. ne niche pas. 
Pyr. -Orient. De passage seulement et de loin en loin. T. R. ne niche pRS. 



2. - VAUTOUR FAUVE. - VULTUR FULVUS 

Briss. 

Vultur fulvus, Briss. Ornith., 1760, t. \, p. 462. 

— Temm, Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 15. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 2. 

— Degland, Ornith, Europ. (1849), t. 1, p. 6. 
Gyps fulvus, Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 9. 

Vultur fulvus, Dubois, PL col. des Ois. de VEur., I e série, t. 4. V~.pl* 2 et 2 i. 
Le Percnoptère, Buff., pi. Enl. 426; sujet passant à l'état adulte. v ' 

Sédentaire sur les sommets les plus escarpés de nos Pyré- 
nées ; cherche, pour se reproduire, les rochers les plus inac- G. niche régul 1 . 
cessibles, la nidification a lieu fin février. 

Aude. De passage accidentel et de loin en loin. T. T. R. ne niche pas. 

Ariége. Sédentaire sur les hauts sommets. G. niche régul 1 . 

Gers. De passage accidentel. T. R. ne niche pas. 

Hérault. De passage presque régulièrement. C. ne niche pas. 

Hautes-Pyr. Sédentaire sur les hauts sommets. T. C. niche régul 1 . 
Tarn, De passage accidentel ; trois sujets ont été tués 

près Lavaur. T. R. ne niche pas. 
Tam-et-Gar. De passage très-accidentel ; on passe des cinq, dix 

et quinze ans sans en voir. T. T.R. ne niche pas. 
Pyr. -Orient. Peu sédentaire, principalement de passage au 

printemps. P. Ç. niche accid 1 . 



— 140 — 

GENRE II. 

NÉOPHRON. - NÉOPHRON Savig.) 
3. - NÉOPHRON PERCNOPTÈRE. - NEOPHRON 

PERCNOPTERUS (Savig. ex Linn.) 

Vultur percnopterus, Linn. S. N, 12 e édition (1766), t. 1, p. 123. 
Neophron percnopterus, Savig. Sijst. des ois. d'Egyp. (1809), p. 76. 
Cathartes percnopterus, Temiïi. Man., 2 e édit. (1 820), t. 1 , p. 8. 
Neophron percnopterus, P. Roux, Omilh. Prov., pi. 3, \ieux mâle. — pi. 4, jeune 
individu. 
Neophron percnopterus, Degland, Omilh. Europ. (1849), t. 4, p, 14. 

— Degl. et Gerbe, Omilh. Europ, (1867), t. 1, p. 12. 

Neophron stercorarius, Dubois, PI. col. des Ois. de l'Eur., 2 e série., t. 4, pi. 1. 
Vautour de norwége, Buff. PL Enl., 429, adulte 427, jeune. 

Ce vautour est sédentaire dans les [environs de Luchon, 
Fos et Saint-Béat; en hiver, il descend dans les plaines des "• C- m che régult 1 . 
environs de Saint-Gaudens et même de Toulouse. 

Aude. Sédentaire sur les montagnes. C. niche regul 1 . 

Ariêge. Sédentaire sur les montagnes de moyenne alti- C. niche régul 1 . 

tude. 

Gers. De passage non régulier. R. ne niche pas. 

Hérault. Sédentaire dans les parties les plus élevées. P. G. niche régul 1 . 

Hautes-Pyr. Sédentaire dans les parties élevées. P. C. niche régul 1 . 

Tarn. De passage accidentel. T. T. R. ne niche pas. 

Tarn-et-Gar. De passage tout-à-fait accidentel et irrégulier. T. T. R, ne niche pas. 

Pyr.-OHen. Sédentaire et de passage. G. niche régul 1 . 



GENRE III. 

GYPAETE. - GYPAETUS. (Storr.) 

4. - GYPAETE BARBU. - GYPAETUS RARRATUS. 

Temm. ex Linn. 

Vultur barbatus, Linn. S. N., 12* édition (1766), t. 1, p. 123. 
Gtpaetls barbatus, Temm. Man., 2* édit. (1820), t. 1, p. 2. 
— P. Roux, Omilh. Prov., pi. 5 bis jeune. 



— 4 41 — 

Gypaetos barbatus, Degland, Ornith. Europ. (1 849), t. i., p. 17. 

Gypaetus barbatus, Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (4 867); t. 1, .16. 

Gypaetos barbatus, Dubois, PI. col. des Ois. de l'Eur., 2 e série, t. 4 , pi. 5 et 5 A, 

Ce grand et beau rapace est sédentaire sur les hauts som- 
mets de nos montagnes, où il reste toute l'année ; il est beau- (^ niche régul 1 . 
coup plus abondant sur les Pyrénées espagnoles ; les sujets 
adultes sont plus rares que les jeunes. 

Aude. De passage accidentel dans ce département. T.T.R. ne niche pas. 

Ariége. Sédentaire sur les hauts sommets des Pyrénées. C. niche régul 1 . 

Hérault. De passage tout-à-fait accidentel. T.T.R. ne niche pas. 

Hautes-Pyr. Sédentaire sur les parties les plus élevées des Py- G. niche régul 1 . 

rénées. 

Tarn-el-Gar. Je ne connais qu'une capture, le 1 \ octobre 1864 T. T. R. ne niche pas. 

(jeune). 

Pyr.-Orien. Sédentaire sur les parties les plus élevées. A. C. niche régul 1 . 



FAMILLE IL 

FALCONIDÉS, — FALCONIDJE (Leach.) 



GENRE IV. , 
AIGLE. — AQUILA (Briss.) 

5. - AIGLE FAUVE. - AQUILA FULVA. 

Savig. ex Linn. 

Falco fulvus et chrys^tos, Linn. S. N., 12 e édit. (1766), t. 1 , p. 124 et 125. 
Aquila fulva. Savig. Ois. d'Egyp. (1809), p. 82. 
Falco fulvus, Temm. Man. 2 e édit. (1820), t. 1, p. 10. 
Aquila fulva, P. Roux, Ornith. Prov., pi. 6. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 24. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1 867), t. 1 , p. 20. 

Aquila fulva, Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 4, pi. 3. 
Aigle commun, Buff. PL Enl. 409, aigle commun; 410, adulte, sous le nom de 
grand aigle ou aigle royal. 



— U2 — 

L'aigle fauve est sédentaire sur tous les points les plus 
élevés de nos Pyrénées, notamment les hauts rochers des envi- 
rons du lac d'Oo, des monts Cabrioules, et du port de Venas- r . , . . 
que ; en hiver, quelques sujets descendent dans les plaines 
et arrivent même jusqu'aux environs de Toulouse; j'ai un 
mâle adulte, capturé le 12 janvier 1868, près Saint-Martin- 
du-Touch (8 kil. de Toulouse). 

Aude. De passage accidentel. T. T. R. ne niche pas. 

Ariége. Sédentaire sur les hauts sommets des Pyrénées. C. ne niche pas. 

Gers. De passage non régulier et accidentel. T. R. niche régul 1 . 

Hérault. Sédentaire dans les parties les plus élevées. R. niche régul 1 . 

Hautes-Pyr. Sédentaire sur les hauts sommets. C. niche régul 1 . 

Tam. Tout-à-fait accidentel. T.T.R. ne niche pas. 

Tam-et-Gar. Je ne connais qu'une capture (jeune). T.T.R. ne niche pas. 

Pyr. -Orient. Sédentaire dans les parties les plus escarpées des 

Pyrénées de ce département. R. niche régul 1 . 



6. - AIGLE IMPÉRIAL. - AQUILA IMPERIALIS. 

Keys et Blas. ex Becht. 

FALCO IMPERIALIS, Bechst, Orn. Tasch. (1802-1803), t. 3, p. 553. 

— Temm. Man., 2 e édit. (1 820), t. 1 , p. 30. 

Aquila impeiualis, Keys et Blas. Wirbelt (1 840), p. 40. 
Aquila beliaca, Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1 . p. 22. 
Aquila impeiualis, Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 24. 
Aquila heliaca, Jaub. Bart.-Lapom. Rich. ornith. du Midi de la France, 1859, p. 35 
Falco imperialis, Crespon, Ornith. du Gard, 1840, p. 23. 
Aquila imperialis, Dubois, PI. col. des Ois. de l'Eur., 2 e série, t. 1, pi. 7. 

Quelques sujets sont sédentaires sur nos Pyrénées, et se 

reproduisent sur les grands sapins de nos forêts en monta- T T R niche 

gnes; nous avons aussi un passage en octobre et novembre, ' P r ^ s que régu- 

mais non régulier. hèrement. 

Hérault. Tout-à-fait accidentel. T.T.R. ne niche pas. 

Hautes-Pyr. Sédentaire sur les hautes montagnes. T. R. niche régul 1 . 

Pyr.-Orient. Accidentellement, une seule capture authentique. T. T. R. ne niche pas. 



— 143 



7. - AIGLE CRIARD. — AQUILA NJEVIA (Briss.) 

Aquila njevià, Briss. Ornith. (1760), t. 1, p. 425. 
Falco n^evius, Temm., Man. 2 e édit. (1820), t. 1, p. 42. 

Aquila planga, P. Roux, Ornith. Prov., pi. 7, mâle non adulte. — PI. 8, femelle 
non adulte. 

Aquilà n-evià, Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 4, p. 30. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1 , p. 26. 

Aquila NJEVIA, Dubois, PL col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 1, pi. 4. 

Sédentaire et de passage dans notre département. En été, . , 

il habite les grandes forêts de sapins et de hêtres de nos Py- r presque réf- 

rénées ; en hiver, il descend dans la plaine et arrive même lièremenl. 

dans les environs de Toulouse. 

Aude. De passage accidentel. T. R. ne niche pas. 

Ariége. Sédentaire et de passage sur les hauts sommets. R. niche régul 1 . 

Hérault. De passage en hiver. A. R. ne niche pas. 

Haules-Pyr. Sédentaire dans les grandes forêts des parties éle- P. C niche régul 1 . 

vées. 

Tarn. De passage tout-à-fait accidentel. T.T.R. ne niche pas. 

Tarn et-Gar. De passage tout-à-fait accidentel, T. T. R. ne niche pas. 

Pyr.-Orient. Sédentaire sur les hauts sommets des Pyrénées. C. niche régul 1 . 



8. - AIGLE BONELLII. - AQUILA BONELLIL 

La Marmora ex Temm. 

Falco bonellii, De la Mar., mem. délia R. Academia délia scienze di Torreno, 
t. 37, p. 110. 
Falco bonellii, Temm. Man. 3* part. (4 835), p. 4 9. 

— Temm. et Laug, pL col. 288, sujet de deux à trois ans. 
Aquila fasciata, Degland, Ornith. Europ. (4 849). t. 4, p. 8. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 4, p. 32. 
Aquila bonellii, Dubois, PL col. des Ois. de l'Eur., 2 e série, t. 4, pi. 8. 

L'Aigle Bonelli, appelé aussi Aigle à queue barrée, est de 
passage en automne et au printemps dans notre département ; 
il suit, de préférence, les coteaux ; on rencontre rarement les p # c. niche accid 1 . 
sujets adultes. Un jeune mâle, qui fait partie de ma collection, 
fut capturé le 4 5 octobre 4 870, près Portet (4 kil. de Tou- 
louse). 



T. R. 


ne niche pas, 


T.T. R. 


ne niche pas. 


A. R. 


ne niche pas. 


T. R. 


ne niche pas. 


T.T. R. 


ne niche pas. 


A. R. 


ne niche pas. 



— 144 _. 

Aude. Tout-à-fait accidentel. 

Gers. De passage non régulier et isolément. 

Hérault. De passage régulier en automne et en hiver. 
Haules-Pyr. De passage non régulier et de loin en loin. 
Tam-et-Gar. De passage tout-à-fait accidentel. 
Pyr.-Orient. De passage régulier, mais toujours isolément. 



9. - AIGLE BOTTÉ. - AQU1LA PENNATA. 

Brehm ex Briss. 

Falco pedibus pennatis, Briss. Ornith. (1760), t. 6, suppl. p. 22. 
Falco pennatus, Temm., A/an., 2 e édit., t. 1, p. 44, et pi. col. 33; mâle adulte. 
Aquila pennatà, Brehm. Lehr. der nat. eur. vog. (1823), t. * , p. 20. 
Aqoila pennata, Degland, Ornith. Eur. (1849), t. 1, p. 33. 

— Degl. et Gerbe, Omit. Eur. (1 867), t. 1 , p. 36. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de l'Eur., 2 e série, t. 1, pi. 1 1 . 

LA'igle Botté et de passage sur les Pyrénées moyennes et les 
coteaux élevés de notre département ; on m'a assuré qu'il 
avait niché dans la forêt de sapins entre Saint-Béat et Luchon, 
mais je n'ai pu le constater. 

Un magnifique mâle fut capturé, le 17 avril 1860, près 
de Saint-Gaudens. 

Aude. Je ne connais qu'une seule capture. 

Gers. Tout-à-fait accidentel. 

Hérault. De passage régulier en automne et en hiver. 

Hautcs-Pyr. De passage très-irrégulier et de loin en loin. 

Tarn. Tout-à-fait accidentel. 

Pyr.-Orient. De passage non régulier et de loin en loin. 

GENRE V. 
PYGARGUE. - HALIAETUS. (Savig.) 

10. - PYGARGUE ORDINAIRE. - HALIAETUS 

ALBICLLLA (Leach ex Linn.) 

Vultir albicilla, Linn., S. N., 12e édit. (1766), t. 1, p. 123. 

Falco ossifraga, Linn. Op. cit., p. 124. 

Haliaetis albicilla, Leach, Cat. M. and. Birds D. Mus. (1816), p. 9. 





niche 


T.T. R. 


tout-à-fait 




accidentellem 


T.T. R. 


ne niche pas. 


T.T.R. 


ne niche pas. 


T.T. R. 


ne niche pas. 


R. 


ne niche pas. 


T.T. R. 


ne niche pas. 


T.T.R. 


ne niche pas. 



— 145 — 

Falco albicilla, Temm. Man, 2 e édit. (1 820), t. 1 , p. 49. 
Haliaetus nisus, P. Roux, Omith. Prov., pi. 9 et 10. 
Haliaetus albicilla, Degland, Omith. Europ. (1849), t. 1, p. 38, 

— Degl. et Gerbe. Omith. Europ. (1867), t. I, p. 39. 

Haliaetus albicilla, Dubois. PL col. des Ois. de la Belg., 4 re série, t. 1, pi. 1 et 1 A. 
L'Orfraie, Buff., PI. Enl. 1 1 %, jeune. — 41 5, âge moyen. 

Le Pygargue est de passage en automne ; il suit constam- 
ment nos cours d'eau au-dessus desquels on le voit souvent 
planer à une certaine hauteur et puis se précipiter tout-à-coup 
pour saisir un poisson qu'il manque rarement. 

Aude. Tout-à-fait accidentellement et en hiver. 

Xriége. Observé deux fois, le \% novembre 1860 et le 

17 décembre 1869. 
Gers. De passage accidentel ; un jeune a été capturé près 

Lectoure le 15 décembre 1872. 
Hérault. De passage régulier le long des étangs et ri- 
vières. 
Hautes-Pyr. De passage accidentel et en hiver ; je ne connais 

qu'une capture opérée le %\ novembre 1869, 

près Tarbes. 
Tarn. De passage non régulier et de loin en loin. 

Tam-et-Gar. De passage non régulier en hiver, toujours en 

suivant les cours d'eau. 
Pyr. -Orient. De passage régulier en hiver le long des étangs et 

cours d'eau. 



GENRE VI. 

BALBUZARD. - PANDION (Savig.) 

11. - BALBUZARD FLUVIATILE. - PANDION 

HALIAETUS (G. Guv. ex Linn.) 

Falco haliaetus, Linn. S. IV., 12 e édit. (1766), t. 1, p. 129. 

— Temm. Man., 2« édit. (1 820), t. 1 , p. 47. 

Pandion fluvialis, P. Roux, Omith. Prov., pi. 11. 
Pandion haliaetus, Degland, Omith. Europ. (1849), 1. 1, p. 45. 
Haliaetus albicilla, Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), 1. 1, p. 47. 
Pandion fluyiatile, Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1 re série., t. 1,pl. 2, 
Le Balbusard, Buff., PI. Enl. 414, jeune sujet. 

40 



P. c. 


ne niche pas. 


T.T.R. 


ne niche pas. 


T.T.R. 


ne niche pas. 


T.T.R. 


ne niche pas. 


C. 


ne niche pas. 


T.T.R. 
T.T.R. 


ne niche pas. 
ne niche pas. 


T.T.R. 


ne niche pas. 


P. C. 


ne niche pas. 



P. c. 


ne niche pas 


T. R. 


ne niche pas. 


T. R. 


ne niche pas. 


T.T. R. 


ne niche pas. 


T. C. 


niche régul 1 . 


R. 


ne niche pas. 


T. R. 


ne niche pas. 


T. R. 


ne niche pas. 


C. 


ne niche pas. 



— 146 — 

Le Bal busard est de passage en automne et au printemps ; 
en suivant nos grands cours d'eau, il plane et plonge pour 
saisir sa proie de la même manière que le Pygargue. 

Aude. De passage régulier en automne et en hiver. 

Ariége. De passage non régulier pendant l'hiver. 

Gers. De passage accidentel pendant la mauvaise 

saison. 

Hérault. Sédentaire et de passage. 

Bautes-Pyr. De passage non régulier en automne. 

Tarn. De passage accidentel en automne et en hiver. 

Tarn-et-Gar. De passage de loin en loin en hiver. 

Pyr. -Orient. De passage régulier en automne et en hiver. 



GENRE VII. 

CIRCAETE. — CIRCAETUS (Vieil.) 

12. - CIRCAETE JEAN-LE-BLANC. - CIRCAETUS. 

GALLICUS (Vieil, ex Gmel.) 

Falco gallïccs, Gmel, S. N. (1788), t. i,p. 127. 

Falco brachidactylus, Temm. Man., l rc édit. (1815). p. 15. 

Circaetus gallicus, Vieill. N. Dict. (1817), p. 137. 

Falco brachydactylus, Temm. Man. y 2 e édit. (1820), t. 1, p. 46. 

Circaetus gallicus, P. Roux, Ornith. Prov., pi. 13. 

— Degland, Ornith. Europ. (1 849), t, 1, p. 49. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 50. 
Circaetus gallicus, Dubois, PL col. des Ois. de la Belg. l re série, t. 1, pi. 5. 
Le jean-le-b»anc, Buff., PI. Enl. 413. 

Le Jean-le-Blanc est sédentaire dans notre département et 
habite, durant toute la belle saison, les grandes forêts de sa- 
pins et de hêtres de nos Pyrénées ; il se reproduit sur les 
g rands arbres ; en automne, il descend dans les plaines au p r niche réeul 1 
pied des montagnes, tout en n'abandonnant guère les grandes 
orêts. Je pourrais citer plusieurs captures faites à 20 kilomè- 
tres à la ronde de Toulouse, mais peu dans la banlieue de 
notre ville. 



c. 


niche régul 1 . 


R. 


ne niche pas. 


C. 


niche régul 1 . 


C. 


niche régul 1 . 


T. R. 


ne niche pas. 


T. R. 


ne niche pas. 


C. 


niche régul 1 . 



_ 447 — 

Aude. Sédentaire, de passage en hiver. C. niche régul 1 . 

Ariêge. Sédentaire, dans les grandes forêts de sapins et de 

hêtres des Pyrénées. 

Gers. De passage en automne et au printemps. 

Hérault. Sédentaire dans les grands bois élevés. 

Hautes-Pyr. Sédentaire dans les grandes forêts des montagnes. 

Tarn. De passage non régulier. 

Tam-et-Gar. De passage accidentel et de loin en loin. 

Pyr. -Orient. De passage et sédentaire sur les Pyrénées. 



GENRE VIII. 
BUSE. — BUTEO (G. Guv.) 

13. - BUSE VULGAIRE. - BUTEO VULGABIS. 

Bechs ex Linn. 

Falco buteo, Linn. S. N., I2«édit. (1766), t. 1, p. 217. 

Buteo vulgaris, Bechs. Ornith. Tasch. (1802), t. 1,p. 15. 

Falco buteo, Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1,p. 63. 

Falco fasciatus, P. Roux, Ornith. Prov,, pi. 19, mâle; 20, femelle. 

Buteo mutans, P. Roux, pi. 21, jeune. 

Buteo vulgaris, Degland, Ornith. Europ. (1849), 1. 1, p. 53. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 53. 

Buteo vulgaris, Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 1, pi. 6. 
La Buse, Buff., PI. enl. 419. 

La Buse vulgaire habite, en été, nos Pyrénées, où elle se re- 
produit ; en automne, elle descend dans les plaines de nos ^ ^ niche réeul 1 
environs et passe l'hiver dans nos campagnes et ramiers ; elle 
regagne nos montagnes dès les premiers jours de mars. 

Aude. Hiverne pendant toute la mauvaise saison. 

Ariêge. Sédentaire et de passage. 

Gers. De passage et séjourne en hiver dans les plaines. 

Hérault. De passage régulier ; une grande partie hiverne. 
Hautes-Pyr. De passage et sédentaire dans les forêts de hêtre. 
Tarn. Arrive en automne et séjourne, l'hiver, près des 

fermes. 
Tam-et-Gar. De passage en automne, séjourne, l'hiver, dans 

la plaine. 
Pyr. -Orient. Sédentaire et de passage en automne et en hiver. 



A. 

T. 
T. 
T. 
T. 


C. 
C. 

C. 

c. 

G. 


ne niche pas. 
niche régul 1 . 
ne niche pas. 
nicbe accid 1 . 
niche régul 1 . 


T. 


c 


ne niche pas. 


T. 
T. 


C. 

C. 


ne niche pas. 
niche régul 1 . 



— 148 — 

14. - BUSE PATUE. - BUTEO LAGOPUS. 

Vieilli ex Brum. 

Falco làgopus, Brûm, Ornith. Bor. (1764), p. 4. 
Buteo lagopus, Vieil. Nouv. dict. (1816), t. 4, p. 482. 
Falco lagopus, Tem m. Man., 2 e édit. (1820), t. l,p. 65. 
Buteo lagopus, P. Roux, Ornith. Prov., pi. 25. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1,p. 55. 
Archibutea lagopus, Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 59. 
Buteo lagopus, Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., l re série, t. 1, pi. 7. 

Ce n'est que dans les hivers très-rigoureux que nous 
voyons cette Buse dans les environs de Toulouse ; je connais T. T. R ne niche pas. 
deux captures faites pendant les hivers de 1 863 et 1 870. 

Aude. De passage pendant les hivers très-rigoureux. 

Gers. De passage tout-à-fait accidentel (une capture opé- 

rée près Gimont le 18 novembre 1870). 

Hérault. De passage non régulier et pendant les hivers ri- 
goureux. 

Tarn-et-Gar. Tout-à-fait accidentellement. 

Pyr.-Orient. De passage presque régulier pendant les hivers 
très-rigoureux. 

GENRE IX. 
BONDRÉE. - PERNIS (G. Cuv.) 

15. - BONDRÉE APIVORE. - PERNIS APIVORUS. 

Bp. ex Linn. 

Falco apivorus, Linn. S. N., 12* édit. (1766), t. 1. p. 130. 

— Temm. Mon., 2« édit. (1820), t. 1, p. 67. 

Buteo apivorus, P. Roux. Ornith. Prov., pi. 23, femelle adulte. — PI. 24, jeune de 
l'année. 

Pernis apivorus, Bp. B. of. Eut. (1838), p. 3. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. I, p. 58. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. \, p. 61. 
Pernis apivorus,, Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., l re série, t. 1, pi. 8. 
La Bondrée, Buff., PL Enl. 420, mâle. 



T. T. R. 


ne niche pas. 


T. T. R. 


ne niche pas. 


T.T. R. 


ne niche pas. 


T.T.R. 


ne niche pas. 


T. R. 


ne niche pas. 



c. 




niche régul*. 


A. 


G. 


ne niche pas. 


T. 


C. 


ne niche pas. 


G. 




niche régul 1 . 


C. 




ne niche pas. 


C. 




ne niche pas. 


T. 


C 


niche régul 1 . 



— 149 — 

Quelques sujets habitent nos Pyrénées en été et descendent 
dans les plaines dès l'approche de la mauvaise saison. Un 
passage a lieu en octobre et novembre; quelques Bondrées 
s'arrêtent et nous les voyons séjourner, l'hiver, dans les en- q niche réeul 1 

virons de Toulouse ; le retour a lieu en mars et en avril, 
mais, à cette époque, ces oiseaux ne font que passer, et ceux 
qui avaient hiverné rejoignent les grandes forêts de sapins 
et de hêtres des Pyrénées. 

Aude. De passage régulier en automne et au printemps. C. ne niche pas. 

Âriége. De passage et sédentaire dans les grands bois des 
montagnes. 

Gers. De passage en automne et au printemps. 

Hérault. De passage en automne; une partie hiverne. 

Hautes-Pyr. De passage et sédentaire. 

Tarn. De passage en automne. 

Tarnet-Gar. De passage régulier en automne et au printemps. 

Pyr. -Orient. De passage en automne et au printemps ; une par- 
tie reste l'été. 

GENRE X. 

MILAN. — MILVUS (G. Guv.) 
16. - MILAN ROYAL. - MILVUS REGALIS (Briss.) 

Falco milvus, Linn. S.N., 1 2 e édit. (1766), t. 1, p. 126. 
Milvus regalis, Briss. Omith. (1760), t. 1, p. 414. 
Falco milvus, Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 59. 
Milvus regalis, P. Roux, Omith, Prov,, pi. 26, mâle; 27, femelle. 
Milvus regalis, Degland, Omith. Europ. (1849), t. 1, p. 62. 

— Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. 1, p. 64. 

Milvus regalis, Dubois, PI. col. des Ois. delà Belg., 1 re série, t. 1, pi. 4 0. 
Milan royal, Buff. , Pi. enl. 422. 

Ce Milan habite tout l'été les Pyrénées des environs de Lu- 
chon, Saint-Béat et Fos ; en hiver, il descend dans les plaines 
de notre département où nous le voyons planer à de grandes 
hauteurs en décrivant des cercles immenses et sans faire mou- C. niche régul 1 . 

voir ses ailes ; il nous quitte, pour regagner les montagnes, 
vers les premiers jours d'avril. C'est aussi dans ce mois que 
nous avons un passage assez considérable qui semble se diri- 
ger vers les Pyrénées. 



T. 
T. 
T. 


C. 
C. 
C. 


ne niche pas. 
niche régul 1 . 
ne niche pas. 


C. 




ne niche pas 


T. 

C. 


Ç- 


niche régul 1 . 
ne niche pas. 


G. 




ne niche pas. 


T. 


ç. 


niche régul 1 . 



— 150 — 

Aude. De passage en automne; une grande partie hi- 

verne. 

Ariége. Sédentaire et de passage. 

Gers. De passage en septembre ; une partie hiverne. 

Hérault. Arrive fin septembre, hiverne et repart commen- 
cement d'avril. 

Hautes-Pyr. De passage et sédentaire dans les forêts des hautes 
montagnes. 

Tarn. Arrive en automne et repart courant avril. 

Tam-et-Gar. Arrive en octobre et repart fin mars , courant 
avril. 

Pyr.-Oricnt. Sédentaire toute l'année; l'hiver, dans la plaine, 
et l'été, sur les montagnes. 



17. - MILAN NOIR. - MILVUS NIGER (Briss.) 

Milvus Niger, Briss. Ornith. (1760), t. 1, p. 413. 
Falco ater, Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 60. 
Milvus œtolius, P. Roux, Ornith. Prov., pi. 23. 
Milvus niger, Degland, Omith.Europ. (1849), t. 1, p. 64. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 65. 

Milvus atrofuscus, Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1 e série, t. 1 , pi. 11. 
Milan noir, Buff., PI. enl. 472. — Jeune sujet. 

Le Milan noir habite, comme l'espèce précédente, les Pyré- 
nées en été, descend dans les environs de Toulouse en hiver. . . , 
Il plane comme le Milan royal ; il est facile à reconnaître à ' JLii librement 
sa queue, bien moins fourchue, qu'il étale en volant. 



régulièrement. 



Aude. De passage très-accidentel. T. R. ne niche pas. 

Ariége. De passage; quelques sujets se reproduisent dans 

la haute montagne. R. niche régul 1 . 

Hérault. De passage accidentel. T. R. ne niche pas. 

Hautes-Pyr. De passage et sédentaire sur les hauts sommets des 

Pyrénées de ce département. R. niche régul 1 . 

Tarn. De passage accidentel et de loin en loin. T. R. ne niche pas. 

Tarn-et-Gar. Observé dans ce département au passage d'au- 
tomne. T. R. ne niche pas. 

Pyr.-OHent. De passage accidentel en hiver. R. ne niche pas. 



CATALOGUE DES OISEAUX DE LA HAUTE GARONNE 

Départements Voisins. 




A Lacroix del 



Litk. Cassan. 



/////rr// « 
Année 1873 




%2^ %Jla) C ]j^imo'\d^ Pag*/ 151 

Ternelle. 



orne 



VI! 



— 151 — 

GENRE XL 

FAUCON. - FALCO (Linn.) 

A. Faucons proprement dits (Falco. Linn.) 

18. - FAUCON PELERIN. - FALCO PEREGRINUS. 

Briss. 

Falco peregrinus, Briss. Ornith. (1760), t. 1, p. 321 et 341. 

— Temm. Man., 2« édit. (1820), t. 1, p. 22. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 29, mâle adulte. — PI. 30, jeune. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), 1. 1, p. 102. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 81. 

— Dubois, PL col. des Ois. de la Belg., 1 e série, t. 1, pi. 13. 

Le Faucon, Buff. PI. enl. 421, mâle adulte sous le nom de Faucon. — 430, femelle 
adulte, sous le nom de Lanier. — 419, jeune, sous le nom de Faucon noir ou passa- 
ger. — 470, jeune, sous le nom de Faucon Sors. 

Ce faucon, nommé aussi Faucon commun, habite, pendant 
la belle saison, les hauts sommets du port de Venasque et 
le lac d'Oo, etc.; en hiver, il descend dans les vallées, même G. niche régul 1 . 

dans les environs de Toulouse ; un passage a lieu fin septem- 
bre et avril. 

Aude. De passage en automne et au printemps. 

Ariége. De passage et sédentaire sur les rochers escarpés 

des Pyrénées de ce département. 
Gers. De passage en automne et au printemps. 

Hérault. De passage et sédentaire sur les rochers élevés. 
Hautes-Pyr. Sédentaire en été sur les hautes montagnes; il 
descend dans la plaine en automne et en hiver. 
Tarn. De passage non régulier. 

Tarn-et-Gar. De passage accidentel. 
Pyr. -Orient. De passage et sédentaire sur les Pyrénées de ce 

département. C. niche régul*. 

19. - FAUCON PÉLÉRINOÏDE. - FALCO 

PEREGRINOIDES (Kaup.) (1). 

Falco barrarus, Linn. S. IV., 12 e édit. (1766), t. 1, p. 125. 

Falco puniceus, Le Vaill. Jm. Expl. Se. de l'Algérie (1846), Ois. pi. 1. 

(1) Je donne la planche coloriée du sujet que je possède, et qui fait l'objet de cet article. 



P. 


G. 


ne niche pas. 


A. 
P. 
P. 


G. 
C. 

Ç- 


niche régul 1 . 
ne niche pas. 
niche régul 1 . 


C. 
A. 
R. 


R. 


niche régul*. 
ne niche pas. 
ne niche pas. 



— «52 — 

Falco rEREGRiNOÏDES, Fritsch. Vog. Eur., pi. 2. fig. 3, sous le nom de Falco Peregri- 
noïdes. 
Falco barbarus, Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. 1, p. 84. 

— Dubois, PL col. des Ois. de la Belg., 2 e série, t. 2, pi. 196. 

J'ai dans ma collection une jeune femelle qui a été capturée 
a 7 kilomètres de Toulouse, le 12 octobre 1871 (1). C'est le 
seul exemplaire que j'aie pu observer dans notre départe- T - T - **• ne n i cne Pi- 
ment. 



B. Hobereaux (Hypotriorchis, Boie, et Erythropus, Brehm). 

20. - FAUCON HOBEREAU. - FALCO SUBBUTEO. 

Linn. 

Falco subbuteo, Linn., S. N., 12 P édit. (1766), t. \, p. 127. 

Hypotriorchis subbuteo, Boie, Isis (1826), p. 976. 

Falco subbuteo, Temm. Man, 2 e édit. (1820), t. 1, p. 25. 

— P. Roux, Omith. Prov., pi. 31, jeune sujet. 

— Degland, Omilh. Europ. (1849), t. 1, p. 106. 

— Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1 867), t. 1 , p. 85. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1 e série, t. 1 , pi. 14. 
Le Hobereau, Buff. PI. enl. 432. 

Pendant la belle saison, il habite les grandes forêts de hêtres 
et de sapins de nos montagnes, et aussi nos grands ramiers 
près de Toulouse; en automne, il arrive dans nos environs, 
séjourne jusques aux fortes gelées; il nous quitte, du moins 
en grande partie, dans le mois de novembre. Nous avons un 
passage très-important fin mars et avril. 

Aude. De passage et sédentaire. 

Ariége. De passage et sédentaire sur les Pyrénées. 

Gers. De passage en automne et au printemps. 

Hérault. De passage et sédentaire sur les parties élevées. 

Hautes-Pyr. Sédentaire sur les hautes montagnes. 

Tarn. De passage en automne et au printemps. 

Tarn-el-Gar. De passage et sédentaire dans les forêts. 

Pyr. -Orient. De passage et sédentaire. 

(1) MM. J. Verreaux et J. \ian, de Paris, auxquels je l'ai communiqué, l'ont bien reconnu 
pour être le faucon Pélérinoïde. (Voir Revue et magasin de zoologie, 1872). 







niche 






régulièrement 






et 


T. 


G. 


presque tou- 
jours 
sur les grands 
arbres. 


C. 




niche régul 1 . 


A. 


C. 


niche régul 1 . 


C 




niche accid 1 . 


T. 


C. 


niche régul 1 . 


T. 


C. 


niche régul 1 . 


C. 




ne niche pas. 


T. 


C. 


niche régul 1 . 


T. 


T. C. 


niche régul 1 . 



ou qu'il ait 

'. R. niché. 



— 453 — 

21. - FAUCON KOBEZ. - FALCO VESPERTINUS. 

Linn. 

Falco yespertinus, Linn. S. N., I2 e édit. (1766), t. 4, p. 129. 

Falco rufipes, Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 33. 

Falco yespertinus, P. Roux, Ornith. Prov., pi. 34, vieux mâle, — pi. 35, fig. 1, 
mâle adulte, fig. 2, tête de jeune mâle. — PI. 36, jeune mâle passant à l'état adulte. 
— PL 37, vieille femelle. — PL 38, jeune femelle. 

Falco vespertinus. Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1. p. 111. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1 867), t. 1 , p. 89. 

Cerchneis rurripes, Dubois, PI. col. des Ois. de l'Europe, 2 e série, t. 1, pi. 17. 

Variété singulière du Horereau, Buff. PL enl. 431. 

Le Faucon Kobez est de passage non régulier et de loin en 
loin. Souvent deux, trois eL quatre ans se sont passés, sansque 
j'en aie vus, tandis que d'autres fois j'en ai observé pendant „ ga ^ s 

plusieurs années de suite; j'ai cependant remarqué que c'est 
toujours à la suite des Étés très-chauds que nous les voyons 
arriver vers les derniers jours de septembre, mais par petites 
bandes de cinq à dix individus. Ils séjournent peu dans notre 
département, et sont considérés commme une rareté ; les fe- 
melles sont plus rares que les mâles. 

Aude. De passage tout-à-fait accidentel et au prin- T. T. R. ne niche pas. 

temps. 

Hérault. De passage presque régulier et au printemps. R, ne niche pas. 

Hautes-Pyr. De passage accidentel et de loin en loin. T. R. ne niche pas 

Tarn. De passage accidentel. T. T. R. ne niche pas. 

Tam-et-Gar. De passage tout-à-fait accidentel. T. T. R. ne niche pas. 

Pyr.-Orient. De passage régulier, et même quelques sujets 

séjournent l'été. A. R. niche accid 1 . 



C. Emérillons (JEsalon, Kaup.) 

22. - FAUCON EMERILLON. - FALCO LITHOFALCO 

Gmel. ex Briss. 

Lithofalco et ^salon, Briss. Ornith. (1760), t. 1, p. 349 et 372. 
Falco lithofalco et ^esalon, Gmel. S. N. (1788), t. 1, p. 278 et 284. 
Falco ^esalon, Temm. Man. y 2 e édit. (1820), t. 1, p. 27. 



— 184 — 

Falco lithofalco, P. Roux, Oniith. Prov., pi. 30, 32. 

— Degland, Omith. Europ. (1849), 1. 1, p. 109. 

— Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. 1, p. 91. 
Falco 2E8ALQN, Dubois, PL col. des Ois. de laBelg., 1 e série, t. 1, pi. 15. 

Rochier et emerillon, Buff. PI. enl. 447, mâle adulte, sous le nom de Rochier, - 
468, femelle, sous le nom d'Emérillon. 

L'Emérillon habite, pendant l'été, tous les grands bois et 
forêts de nos Pyrénées ; cependant nous rencontrons quelques 
rares couples se reproduisant dans les grands ramiers des en- 
virons de Toulouse. 

, , . T C. niche régul 1 . 

En automne nous le voyons arriver dans la plaine où nous 

avons un grand passage tous les ans, mais je dois dire que 
parmi ceux que j'ai pu me procurer au passage, je n'ai jamais 
rencontré que des jeunes ou femelles. 

Aude. Arrive dans ce département en automne et repart 

au printemps. C. ne niche pas. 

Ariége. Arrive au printemps et repart en automne; un 

passage a lieu en septembre et octobre. T. .C. niche régul 1 . 

Gers. De passage et sédentaire sur quelques points. T. C. niche régul 1 . 

Hérault. De passage en automne et au printemps ; quelques 

couples restent pendant l'été. T. C. niche régul 1 . 

Hauies-Pyr. De passage et sédentaire sur les hautes monta- 
gnes. T. C. niche régul 1 . 

Tarn. De passage en automne et au printemps. C. ne niche pas. 

Tarn-et-Gar. De passage en automne et au printemps. C. ne niche pas. 

Pyr .-Orient. De passage et sédentaire sur les Pyrénées. T. C. niche régul 1 . 

D. Cresserelles (Tinnunculus, Vieill. — Cerchneis, Boie). 

23. - FAUCON CRESSERELLE. — FALCO 
TINNUNCULUS (Linn.) 

Falco tinnunculus, Linn. S. iV., I2 e édit. (1766), t. 1, p. 127. 

— Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1. 

— P. Roux, Omith. Prov., pi. 33, 40, femelle. 

— Degland, Omith. Europ. (1849), t. 1, p. 114. 

— Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. 1, p. 93. 
Cerchneis tinnunculus, Dubois, PL col. des Ois. de la Belg. y 1 rc série, t. 1, pi. 12. 
La cresserelle, Buff. PI. enl., 401, mâle, — 471, femelle. 



— 455 — 

C'est le faucon le plus commun de tous ceux de notre dé- 
partement et même de la région. Dans les villes, il se repro- _ . , . , t 
duit dans les trous des clochers, et à la campagne, dans les ' * ' ® 
nids de pie abandonnés, établis à l'extrémité des grands peu- 
pliers des ramiers. 

Aude. De passage et sédentaire. TT.C niche régul 1 . 
Ariége. De passage et sédentaire. T.T. C. niche régul 1 . 
Gers. De passage et sédentaire. T. C. niche régul 1 . 
Hérault. De passage et sédentaire. T.T. C. niche régul 1 . 
Hautes-Pyr. Sédentaire et de passage. T. G. niche régul 1 . 
Tarn. De passage et sédentaire. T.T.C. niche régul*. 
Tarn-et-Gar. Sédentaire et de passage. T.T. C. niche régul 1 . 
Pyr.-Orient. Sédentaire et de passage dans une partie du dé- 
partement. T. G. niche régul 1 . 



24. - FAUCON CRESSERELLETTE. - FALCO 

CENCHRIS (Naum,) 



Falco cenchris, Naum. Vog Deut, 2 e édit. (1822), t. 1, p. 317, pi. 29, fig. 1 et 2. 
Falco tinntjnculoides, Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 31. 
Falco tinnuncularius, P. Roux, Omith. Prov., pi. 41, mâle adulte. 
Falco cenchris, Degland, Omith. Europ. (1849), t. 1, p. 116. 

— Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. i, p. 94. 

Cerchneis tinnunculoides, Dubois, PL col. des Ois. deVEur., 2 e série, t. 1, pi. 16. 

Quelques couples se reproduisent sur les montagnes de notre T „ n'chp ' lt 
département; je n'ai jamais constaté le passage de cette espèce 
dans les environs de Toulouse. 

Ariége. Tout-à-fait accidentellement dans ce départe- 
ment. T.T. R. niche accid 1 . 

Hérault. De passage accidentel. T.T.R. ne niche pas. 

Hautes-Pyr. Il habite dans les environs de Pierrefitte, entre 

Lourdes et Cauterets. R. niche accid 1 . 

Pyr.-Orient. Observé presque tous les ans sur quelques points 

de ce département. T. R. niche régul 1 . 



156 — 



ACCIPIÏRIENS. — ACCIPITRINœ. 



GENRE XII. 

ÉPERVIER. - ASTUR (Dumér.) 

25. - ÉPERVIER ORDINAIRE. - ASTUR NI SUS (1) 

Pall. ex Linn. 

Fàlco nisus, Linn. S.N., 12 e édit. (1766), t. 4, p. 126 et 130. 
Accipiter Nisus, Pall. Zoogr. (1811-1831), t. 2, p. 367. 
Falco nisus, Temm. M<m., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 55. 
Sparvius nisus, P. Roux, Omith. Prov., pi. 42, mâle adulte, —pi. 43, jeune de 
l'année, — pi. 44, femelle. 
Astur nisus, Degland, Omith. Europ. (1849), t. 1, p. 83. 
Accipiter nisus, Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. 1, p. 99. 
Astur nisus, Dubois, PL col. des Ois. delà Belg., l re série, t. 1, pi. 16 et 17. 
L'Eperyier, Buff. PI. Enl. 467, adulte, — 412, femelle. 

L'Epervier ordinaire habite, en été, toutes les grandes forêts 
de notre département où il se reproduit ; en automne, il se 
répand dans les plaines. Une grande partie nous quitte en x. C. niche régul 1 . 
hiver ; nous le voyons revenir au printemps (les mâles très- 
adultes sont fort rares). 

Aude. De passage et sédentaire. T. Ç. niche régul 1 . 

Ariége. De passage et sédentaire dans tout le départe- 
ment. T. Ç. niche régul 1 . 

(1) Je donnerai, à la fin de ce catalogue la planche coloriée d'un épervier qui fait partie de 
ma collection. 

II fut pris, aux filets, par un chasseur des environs de Toulouse., en avril 1854. Depuis cette 
époque, et malgré mes recherches les plus actives, je n'ai pu m'en procurer un autre exemplaire ; 
à peu près semblable. Je l'ai communiqué à plusieurs ornithologistes du plus haut mérite, tels I 
que MM. J. Verreaux, J. Vian, etc., etc. Les uns croient voir un très-vieux mâle de l'Epervier 
ordinaire, d'autres reconnaissent une espèce d'Afrique ; vu cette diversité d'opinion, je ne puis 
le nommer, et me bornerai, pour le moment, à en donner une figure exacte, me réservant, I 
pour plus tard, la détermination de cette très-rare capture. 



CATALOGUE DES OISEAUX DE LA HAUTE GARONNE 
et Départements Voisins 




A- Lacroix del 



itk. ù 






Fajre Z5tf,Tome VII, Armée 1873. 

\ Mâle Adulte. 2. Me Jeune. 3 .Plume dePoitpme. (Grandeur Naturelle 1D1 



— 457 — 

Gers. De passage et sédentaire dans les grands bois. T. C. niche régul 1 . 

Hérault. De passage en automne ; une partie hiverne et dis- 
paraît an printemps. T. C. niche accid 1 . 

Hautes-Pyr. Sédentaire dans les grands bois. T. G. niche régul*. 

Tarn. De passage en automne et au printemps. C. ne niche pas. 

Tarn-et-Gar. De passage en automne, une partie hiverne. T. G. niche accid 1 . 

Pyr.-Oiient. Sédentaire et de passage en automne et au prin- 
temps. T. G. niche régul 1 . 



26. - EPERVIER AUTOUR. - ASTUR PALUMBARIUS 

Ch. Bp. ex Linn. 



Falco palumbarius et gentilis, Linn. S. IV., 12 e édit. (1766), t 1, p. 130. 
Falco palumbamus, Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 55. 

ASTUR PALUMBARIUS, Ch. Bp. Birds. (1838), p. 5. 

Sparvius palumbarius, P. Roux, Ornith. Prov.j pi. 45, adulte. 
Astur palumbarius, Degland, Omilh.Europ. (1849), t. 4, p. 88. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), 1. 1, p. 96. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Bêla. 1 e série, t. 1, pi. 18. 
L'Autour, Buff. PL enl. 418, adulte, — 425 et 461, jeunes sujets, sous le nom 

d'Autour Sors et Autour blond. 
« 
L'Autour habite, en été, les grandes forêts de hêtres et sa- 
pins de nos Pyrénées où il se reproduit sur les plus grands niche 
arbres ; en automne, il descend dans les plaines de -notre dé- p ^ 
partement. L'adulte est plus commun que le jeune : sur cinq ' ' t P res( ï u 
sujets que j'ai en ma possession, tous pris dans nos environs, régulièrement, 
il y a quatre adultes et un jeune. 



Aude. De passage non régulier et en automne. T. R. ne niche pas. 
Ariége. Sédentaire et de passage en automne et au prin- 
temps. A. R. niche accid 1 . 
Gers. De passage tout-à-fait accidentellement. T. T. R. ne niche pas. 
Hérault. De passage en automne et presque régulièrement. R. ne niche pas. 
Hautes-Pyr. De passage et sédentaire sur les hauts sommets 

couverts de grandes forêts. A. R. niche régul*. 

Tarn. De passage accidentel. T. R. ne niche pas. 

larn-el-Gar. De passage accidentel. T. R. ne niche pas. 
Pyr. -Orient. Sédentaire, en été, sur les points élevés ; en hiver 

habite les plaines. P. C. niche régul 1 . 



— 158 — 

CIRCIENS. — CIRCINA. 



GENRE XIII. 

BUSARD. - C IRC US (Lace?., 1800). 

27. - BUSARD HARPAYE. - CIRCUS jERUGINOSUS 

Savig. ex Linn. 

Falco ^ruginosus, Linn. S. N. (1766), t. 1, p. 130. 

Circus ^eruginosus et RUFUS, Savig. Ois. d'Egyp. (1809), p. 90 et 91. 

Falco rufus, Temm. Ma»., 2 e édit. (1820), t. 1. 

Circus rufus, P. Roux, Omilh. Prow., pi. 13, femelle. 

— Degland, Omilh. Europ. (1849), t. 4, p. 74. 

Circus ^ruginosus, Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (4 867), t. 1, p. 105. 
Circus rufus, Dubois, PL col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 1, pi. 19. 
Le Harpaye, Buff. PI. enl. 423, jeune, sous le nom de Busard, — 424, âge moyen, 
sous le nom de Busard des marais, — 460, adulte, sous le nom de Harpaye. 

Ce busard recherche les endroits humides et marécageux niche 

de notre département ; un passage a lieu en automne, mais accidentellem 1 

nous ne rencontrons que les jeunes; les sujets adultes sont G. ^ | e 

excessivement rares. Nous le voyons de nouveau au prin- département 

temps. 

Aude. Sédentaire et de passage. C. niche régul*. 

Ariége. De passage accidentel. R. ne niche pas. 

Gers. De passage tout-à-fait accidentel. T. R. ne niche pas. 

Hérault. Sédentaire toute l'année. T. Ç. niche régul 1 . 

Hautes-Pyr. De passage non régulier et en hiver. T. R. ne niche pas. 

Tarn. De passage accidentel . T. R. ne niche pas. 

Tam-el-Gar. De passage de loin en loin. T. R. ne niche pas. 

Pyr. -Orient. Sédentaire et de passage. T. Ç. niche régul*. 

28. - BUSARD SAINT-MARTIN. - CIRCUS CYANEUS 

Boie ex Linn. 

Falco cyaneus et pygargus, Linn. S.N., 12 e édit. (1766), t. 1, p. 426. 
Falco cyaneus, Temm. Man., 2 e édit. (4 820), t. 4, p. 72. 
Circus cyaneus, Boie, 7*u(1822), p. 549. 



— 159 — 

Circus gallinarius, P. Roux, Ornith. Prov., pi. 16, mâle, — pi. 1*7, femelle. 
Circus cyaneus, Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 74. 

— Degl. et Gerbe, Ornilh. Europ. (1 867), t. 1 , p. 1 07. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 4, pi. %\. 
L'oiseau saint-martin, Buff. Pi. cnl. 433, femelle, sous le nom de Soubuse, • 

459, mâle adulte, sous le nom de l'Oiseau Saint-Martin, — 480, jeune. 

Le Busard Saint-Martin arrive aux premiers jours du 
printemps, se répand dans nos campagnes où il fait une 
grande chasse aux rats des champs ; aussi le voit-on, des jour- 
nées entières, planer au-dessus de nos sainfoins et prairies 
naturelles. Il cherche les grands bois pour se reproduire. En 1 * & niche régul 1 . 
automne, nous avons un passage assez important. Quelques 
rares sujets passent l'hiver dans les environs de Toulouse, si 
cette saison n'est pas trop rigoureuse. 



Aude. 


De passage en automne. 




P. 


G. 


ne niche pas. 


Ariége. 


Sédentaire sur plusieurs points. 




C. 




niche régul 1 . 


Gers. 


Sédentaire et de passage. 




G. 




niche régul 1 . 


Hérault. 


De passage en automne ; une grande 


partie hi- 










verne. 




C. 




ne niche pas. 


Hautes-Pyr. 


Sédentaire sur plusieurs points. 




C. 




niche régul 1 . 


Tarn. 


Sédentaire et de passage. 




T. 


G. 


niche régul 1 . 


Tarn-et-Gar. 


Sédentaire et de passage. 




T. 


C. 


niche régul*. 



Pyr.-Orient. Arrive en automne et repart au printemps. T. C. niche accid 1 . 



29. - BUSARD MONTAGU. - CIRCUS C1NERACEUS 

Naum. ex Montagu. 



Falco cineraceus, Montagu Irons of the Linn. Soc, t. 9' p. 188. 

— Temm. Man., 2 e edit. (1820). t. 1, p. 76. 
Circus cineraceus, Naum. Vog. Deuts, 2 e édit. (1820), t. 1, p. 76. 
Circus montagui, P. Roux, Ornith. Prov., pi. 18, mâle. 

Circus cineraceus, Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 76. 

— Degl. et Gerbe, Ornilh. Europ. (1867), t. 1, p. 109). 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1™ série, t. 1, pi. 20. 



— ICO — 

Le Busard montagu, nommé aussi Busard cendré, habite, 

pendant tout l'été, nos grands bois, principalement la forêt 

de la Rainette où, depuis plusieurs années, j'en ai observé un 

nombre considérable. Il nous quitte en septembre et octobre, „ n . , , It 
, •,• i • i T. C. niche reçu t. 

pour revenir vers le milieu du mois de mars ou commence- & 

ment d'avril. II chasse beaucoup, dans les prairies naturelles 

et sainfoins, les rats et les mulots des champs (1). 



Aude. De passage en hiver dans ce département. A. R. ne niche pas, 

Ariége. Sédentaire dans les plaines de ce département. P. C. niche régul*. 

Gers. Sédentaire dans la plus grande partie de ce dé- 
partement. G niche régul 1 . 

EêravÀt. De passage régulier d2ns ce département et en 

hiver. A. R. ne niche pas, 

Hautes-Pyr. De passage accidentel dans ce département. R. ne niche pas, 

Tarn. Sédentaire dans certaines localités; de passage 

dans d'autres. A. C. niche régul 1 . 

Tarn-et-Gar. Sédentaire dans les grands bois de ce départe- A. G. niche régul 1 . 
ment. 

Pyr. -Orient. De passage dans ce département, en automne. R. ne niche pas 



30. - BUSARD SWAINSON. — CIRCUS SWAINSONII 

Smith. 



Cmcrs SWAINSONII, Smith. South. Afric. Quarter (1 -30), p. 384. 

Falco pallidus, Temm. Man., 4 e part. (1740), p. 595. 

Falco montagui, P. Roux, Omilh. Prov., pi. 19, femelle. 

Circus pallidus, Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 80. 

Circus swainsonii, Degl. et Gerbe, Omilh. Europ. (1867), t. 1, p. 111. 

Falco pallidus, Crespon, Ornith. du Gard (1840), p. 47. 

Circus pallidus, Dubois, PI. col des Ois. de V Europ., 2 e série, t. 1, pi. 24. 

(1) Le 2 juin 1873, j'ai trouvé, dans la forêt de la Ramette, (8 kilom. Sud-Ouest de 
Toulouse) trois nids de cette espèce ; ils se trouvaient posés à terre, au pied des taillis ou des 
bruyères; ces nids sont en forme de coupe peu profonde; ils se composent en dehors de petites 
bûchettes et l'intérieur est garni de débris d'herbe sèche; je n'ai remarqué ni plumes ni mousse 
dans aucun d'eux. 

Ils contenaient 4 œufs chacun, lesquels sont fond blanc, très légèrement bleu-verdâtre ; ils 
sont plus ou moins marqués de taches brun, clair, parfois très-peu apparentes et presque 
effacées ; l'intérieur de la coquille est vert-d'eau assez prononcé. Ils mesurent : grand-diam. 
0™ 042, petit-diam. 0'"033. 



— 461 — 

Ce Busard, nommé aussi Busard pâle, est très-rare chez 
nous; ce n'est qu'en automne que nous le voyons. Les deux ne sais pas 

sujets dont j'ai pu constater la capture (un jeune mâle et une • "• tyuïl ait 

femelle, ont été pris en septembre 1 867. Ils paraissent recher- niché, 

cher les lieux en plaine arides et sans culture. 

Aude. De passage tout-à-fait accidentel et de loin en 

loin. T.T.R. ne niche pas. 

Gers. De passage non régulier et tout-à-fait accidentel. T.T.R. ne niche pas. 

Hérault. De passage; un nid de cette espèce a été trouvé 

près Pézenas, le 21 mai 1869. R. niche accid 1 . 

Tarn. De passage accidentel et de loin en loin. T. T. R. ne niche pas. 

Tarn-et-Gar. De passage tout-à-fait accidentel. T. R. ne niche pas. 
Pyr.-Orien. De passage et sédentaire; j'ai reçu deux jeunes 

des environs de Perpignan. T. R. niche accid 1 . 



DEUXIÈME DIVISION. 

OISEAUX DE PROIE NOCTURNES. - ACCIPITRES NOCTURN1 

Mey. et Wolf. 



FAMILLE III. 

STRIGIDÉS. — STMGIDM (Leach.) 



GENRE XIV. 

CHOUETTE. - STRIX (Linn. 



SECTION I. — Chouettes proprement dites, tête dépourvue d'aigrettes. 

31. — CHOUETTE HULOTTE. - STRIX 

ALUCO (Linn). 

Strix aujco-stridula, Linn. S. N., 12 e édit. (1766), t. \, p. 132 et 133. 
Strix aluco, Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 89. 

— P. Roux, Oraith. Proc, pi. 50, mâle, — pi. S i - femelle, — pi. 53, 

très jeune. 

\\ 



— 162 — 

Sthix aluco, Degland, Omith. Europ. (1849), t. 1, p. 130. 
Syrnium aluco, Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. 1, p. 127. 
Strix aluco, Dubois, PI. cul des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 1, pi. 26. 
La hulotte, Buff. PI. enl, 437, femelle ou jeune, sous le nom de Chat-Huant, - 
441, adulte, sous le nom de Hulotte. 

Cette chouette, nommée aussi Chat-Huant, habite, pendant 
l'été, toutes les grandes forêts de nos Pyrénées ; en hiver, r> n'chp é li 

elle descend dans la plaine ; elle est rare dans les environs de 
Toulouse, même pendant l'hiver. 

Aude. Sédentaire dans les bois en coteaux, de ce dépar- 

tement. C. niche régul 1 . 

Ariége. Sédentaire dans les bois et forêts de ce départe- 
ment. P. C. niche régul 1 . 

Gers. Sédentaire dans quelques localités boisées de ce 

département. R. niche régul 1 . 

Hérault. Sédentaire dans les bois élevés des montagnes de 

ce département. P. C. niche régul 1 . 

Haules-Pyr. Habite les grands bois des environs de Lourdes et 

Pierreh'tte. P. C. niche régul 1 . 

Tam. Habile les grands bois de ce département. T. R. niche régul 1 . 

Tam-et-Gar. Sédentaire dans les forêts des environs de Mon- 

tauban. T. R. niche régul 1 . 

Pyr.-Orien. Habite les hauts sommets boisés de ce départe- 
ment. P. C. niche régul 1 . 



32. — CHOUETTE CHEVÊCHE. - STRIX 

PS1LODACTYLA (Linn.) 

Strix psilodactyla, Linn. Faun. Suc., d'après Boie, Nilson etTcmm. 
Strix passerina, Temm., Man., 2« édit. (1820), t. 1, p. 92. 

— P. Roux, Ornilh. Prov., pi. £3. 

Strix psilodactyla, Degland, Ornilh. Europ. (18 49), t. 1 , p. 132. 
Noctua minor, Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t, i, p. 122. 
Strix noctua, Dubois, PL col. des Ois. de la Belg., 1 rc série, t. 1, pi. 24. 
La cnEvÊCHE ou petite chouette, Buff. PI. enl. 439. 

Sédentaire toute l'année ; répandue un peu partout, mais 
principalement dans les endroits fourrés et où il y a de vieux t. C. niche régul 1 
arbres creux. 






— 163 — 

Aude. Sédentaire dans tout ce département. C. niche régul 1 . 

Ariége. Sédentaire dans tout le département. T T.C niche régul*. 

Gers. Habite tous les parcs, bois et forêts. T. T. C. niche régula 

Hérault. On trouve cette chouette dans tous les bois, parcs 

et ramiers. T. Ç. niche régul 1 . 

Hautes-Pyr. Un peu partout, dans les vallées et plaines. T. C. niche régul*. 

Tarn. Sédentaire dans tout le département. T. C. niche régul 1 . 

Tarn-et-Gar. Sédentaire dans tous les bois, forêts et ramiers. T. T.C. niche régul 1 . 

Pyr.-Orien. Toute l'année, dans les bois fourrés et sombres T. C. niche régul 1 . 



33. — CHOUETTE MÉRIDIONALE. - STRIX 

MERIDIONALIS (Schleg). 

Strix noctua MERiDiONàns, Schleg, Rev. crit. (1844), p. 4 5. 

Noctua veterum meridionalis, Schleg, Mus. des Pays-Bas (4 862), Striges, p. 29. 

Noctua persica, Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. 1, p. 4 23. 

Strix meridionalis, Dubois, PI col. des Ois. de VEur., 2 e série, t. 4, pi. 26. 

Cette chouette, que je crois une variété de la précédente, 
habile les grands bois dans les mêmes conditions que la Che- x. R. niche résul 1 . 
vêche. Cependant, elle semble nous venir de l'Espagne, toutes 
I les fois qu'il y a passage. 

Aude. Observée accidentellement en hiver. T.T.R. ne niche pas. 

Hérault. Sédentaire dans tout le département. R. niche régul 1 . 

Tarn. Observée accidentellement. T.T.R. ne niche pas. 

Tarn-et-Gar. Je ne connais qu'une capture, le 4 7 octobre 4 865, 

près Castelsarrasin. T. T. R. ne niche pas. 

Pyr.-Orien. Sédentaire dans les plaines. R. niche régul 1 . 



34. - CHOUETTE TENGMALM. — STRIX 
TENGMALM1 (Gmel.) 

Strix tengmalmi, Gmel. Syst. (1788), t. 4, p. 294. 

— Temm. Man., 2 e édit. (4 820), t. 4, p. 94. 

— P. Roux, Omith. Prov.. pi. 53 bis. 

— Degland, Omith. Europ. (4 849), t. 4, p. 4 34. 
Nyctale tengmalmi, Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. 1, p. 125. 
Strix tengmalmi, Dubois, PI. col. des Ois. delaBelg., 2 me série, t. 1, pi. 23. 



— 464 — 

Elle habite, pendant l'été, les grandes forêts de hêtres et 
sapins des environs de Luchon ; en hiver, elle descend dans 
les vallées et arrive, à mesure que le froid augmente, jusque p. g. niche régul'. 
dans les parcs des propriétés rurales des environs de Tou- 
louse. 

Aude. Sédentaire dans les grands bois. R. niche régul 1 . 

Ariége. Sédentaire dans quelques parties de ce départem 1 . T. R. niche régul 1 . 

Gers. Sédentaire dans les forêts . R. niche régul 1 . 
Hérault. Un peu partout où on rencontre de grands 

arbres creux et vermoulus. A. R. niche régul 1 . 

Hautes- Pyr. Sédentaire dans toutes les forêts. P. G. niche régul 1 . 
Tarn. On rencontre cette espèce dans les forêts sombres 

et fourrées. P.C. niche régul 1 . 
Tarn-et-Gar. Habite tous les bois où sont de vieux arbres 

creux. A. C. niche régul 1 . 

Pyr.-Orien. Sédentaire dans les grands bois. G. niche régul 1 . 



35. - CHOUETTE EFFRAIE. — STRIX FLAMMEA. 

Lirm. 

Strix fiammea, Linn. S. IV., 12 e édit. (1766), t. 1, p. 133. 

— Temm. Man.,% e édit. (1820), t. 1,p. 91. 

— P. Roux, Omith.Prov., pi. 54, adulte, — 55, jeune, dans le nid. 

— Degland, Omilh. Europ. (1849), t. 1 , p. 137. 

— Degl. et Gerbe, Omilh. Europ. (1867), t. 1, p. 133. 

— Dubois, PL col. des Ois. delà Belg., 1 re série, t. 1, pi. 25. 

Cette chouette est sédentaire toute l'année ; elle habite les 
vieux châteaux et les villes; dans ces dernières, elle recherche T. C. niche régul 1 . 
les vieilles tours et les clochers. 

Aude. Sédentaire dans toutes les villes. T. C. niche régul 1 . 

Ariége. Habite toutes les villes T. C. niche régul 1 . 

Gers. Habite toutes les villes et tous les villages. T. C. niche régul 1 . 

Hérault. Habite toutes les vieilles tours et tous les clo- 
chers. T. G. niche régul 1 . 

Haules-Pyr. Sédentaire dans les villes et villages. T. C. niche régul 1 . 

Tarn. Tout le département, et un peu partout dans les 

villes. T. C. niche régul 1 . 

Tarn-et-Gar. Sédentaire dans les villes et villages. T. C. niche régul 1 . 

Pyr.-Orien. Toute l'année dans les villes et villages de ce dé- 
parlement. T. C. niche régul 1 . 



36. 



165 



HIBOU. - OTUS (G. Cuv.) 

SECTION II. — Tête ornée de deux aigrettes. 

HIBOU BRACHYOTE. — OTUS BRACHYOTUS. 

Boie ex Gmel. 



Strix brachyotus, Gmel. S. N. (1788), t. 1, p. 289. 
Strix ulula, Temm. Man., 2 e édit. (4 820), t. 1, p. 99. 
Otus brachyotus, Boie, Isis, 1822, p. 549. 
Strix brachyotus, P. Roux, Ornith. Prov., pi. 49. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 439. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 136. 
Otus brachyotus, Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 4™ série, t. 4, pi. 29 A. 
La chouette ou grande chevêche, Buff. PI. enl. 438, sous le nom de Chouette. 

En été, il habite les grands bois où il y a de vieux arbres 
creux lui servant de retraite. En hiver, il se répand autour x. C. niche régul 1 . 
des habitations et des environs des fermes. 



Aude. 


De passage en octobre et en avril ; peu restent 






l'été. T. T. C. 


niche régui 1 . 


Ariége. 


De passage et sédentaire dans plusieurs points de 






ce département. T. C. 


niche régul*. 


Gers. 


Sédentaire et de passage. T. G. 


niche régul 1 . 


Hérault. 


De passage en octobre et avril. T. T. C. 


ne niche pas 


Hautes-Pyr. 


Sédentaire dans la plus grande partie du dépar- 






tement. T.T.C. 


niche régul 1 . 


Tarn. 


Sédentaire dans les bois fourrés et sombres. T. T. C. 


niche régul 1 . 


Tarn-et-Gar. 


De passage et sédentaire. T. C. 


niche régul*. 


Pyr.-Orien. 


Sédentaire et de passage. T. C. 


niche régul 1 . 


37. 


- HIBOU GRAND-DUC. - STRIX BUBO. 




Linn. 





Strix bubo, Linn. S. N. 9 I2«édit. (4 766), t. 4, p. 4 34. 

— Temm. Man., ^ édit. (4820), t. 4, p. 4 00. 

— P. Roux, Ornith. Prou., pi. 40. 

— Degland, Ornith. Europ. (4 849), t. 4, p. 4 44. 

Bubo maximus, Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (4 867), t. 4, p. 4 41. 

Otus maximus, Dubois, PI. col. des oiseaux delà Belg., 4 re série, t. 1, pi. 27. 

Le duc ou grand-duc, Buff. PI. enl. 435. 



— 166 - 

Le Grand-Duc est sédentaire dans la Haute-Garonne \ il 
habite les vieux manoirs et crevasses des rochers de nos Py- 
rénées; en hiver, il descend dans les vallées, même jusque C. niche régul*. 
dans les environs de Saint-Gaudens et de Montréjeau. 

Aude. Observé rarement. T. T. R. ne niche pas. 

Ariege. Sédentaire sur les hautes montagnes déchirées de 

ce département. G. niche régul 1 . 

Gers. Observé très-rarement. T.T.R. ne niche pas. 

Hérault. Observé rarement. T. R. ne niche pas. 

Hautes-Pyr. Sédentaire dans une grande partie du départe- 
ment. T. C. niche regul 1 . 

Tarn. De passage tout-à-fait irrégulier. T. R. ne niche pas. 

Tam-et Gar. Observé rarement. T. R. ne niche pas. 

Pyr.-Orien. Sédentaire sur les Pyrénées de ce département. T. C. niche régul 1 . 

38. — HIBOU MOYEN DUC. - STRIX OTUS. 

Linn. 

Strix otus, Linn. S. N., 42 e édit. (4 766), t. 4, 4 32. 

— Temm. Man., 2 e édit. (4 820), t. 4, p. 4 02. 

— P. Roux, Ornith. Prou., pi. 47. 

— Degland, Ornith. Europ. (4 849), t. 4, p. 4 44. 

Otus vulgaris, Degl. et Gerbe, Omilh. Europ. (4867), t. 4, p. 438. 
Otus médius, Dubois, PI. col. des Ois. de laBelg., 4 re série, t. 4, pi. 28. 
Le hibou ou moyen duc, Buff., PI. enl. 29. 

En été, ce hibou habite toutes les grandes forêts sombres 
et fourrées de nos montagnes moyennes où il se reproduit ; -hait 

en hiver, il descend dans la plaine; nous le voyons, pendant 
la mauvaise saison, dans les environs de Toulouse. 

Aude. En été, les lieux élevés et boisés; en hiver, les 

plaines. T. C. niche régul 1 . 

Ariége. Sédentaire, pendant la belle saison, dans les 

grandes forêts. T. C. niche régul 1 . 

Gers. De passage en automne et au printemps. T. C. ne niche pas. 

Hérault. De passage en automne et au printemps dans les 

plaines. T. T. C. niche accid 1 . 

Hautes-Pyr. Sédentaire sur plusieurs points. T. C. niche régul 1 . 

Tarn, De passage; quelques couples sont sédentaires. T. C. niche régul 1 . 

Tarn-et-Gar. Sédentaire en été et hiver ; un passage en au- 
tomne. C. niche régul 1 . 

Pyr.-Orien. De passage en automne et au printemps et séden- 
taire. C. niche régul 1 . 



107 — 



39. - HIBOU SCOPS. - STR1X SCOPS (Linn.) 

Strix scops, Linn. S. IV., 12e édit. (1766), t. 1, p. 132. 
. — Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 103. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 48. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 145. 

Scoçs aldrovandi, Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 142. 
Otus scops, Dubois, PL col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 1, pi. 29 B. 
Le scops ou petit Duc,Buff. PI. enl. 436, sous le nom de Petit-Duc. 

Ce hibou, nommé aussi Petit-Duc, arrive dans notre dépar- 
tement vers le milieu d'avril, se répand, dès son arrivée, 
dans les grands bois et ramiers de nos environs, nous quitte 
vers les derniers jours du mois d'août et commencement sep- 
tembre. 

Tous les auteurs, et même l'ouvrage récent de MM. Degland 
et Gerbe, assurent que le Scops choisit, pour faire son nid, 
les fentes des rochers, les trous des murs et le creux des ar- 
bres; j'ai observé le fait suivant, qui n'a pas encore été 

Signale : T G niche ré-nilt 

Les trois quarts des nids que j'ai vus étaient placés au 8 ' 

sommet des grands arbres. Ce sont des nids de pie que les 
nouveaux habitants ont eu soin de réparer, de manière à ren- 
dre le dedans de leur demeure plus sombre. Ils profitent, 
pour arranger celle-ci, des approches de la nuit et du clair de 
la lune. 

D'après un observateur, ces oiseaux se réuniraient en 
troupe, pendant le crépuscule et chasseraient les pies de leur 
gîte pour s'en emparer. Je n'ai pas pu vérifier encore ce fait 
curieux. 

Aude. Arrive vers les derniers jours de mars, repart 

courant septembre. 
Ariége. Passe toute la belle saison dans les plaines boisées 

de ce département. 
Gers. Arrive commencement avril, repart fin août, 

commencement septembre. 
Hérault. 11 habite ce département de mai en septembre. 
Hautes-Pyr. Peu répandu en été. 

Tarn. Toute la belle saison, repart courant septembre. 

Tam-et-Gar. D'avril en seplemb., on le rencontre dans ce dép 1 . 
Pyr.-Orien. Sédentaire presque toute l'année. 



T. 


C. 


niche régul*. 


T. 


C. 


niche régul 1 . 


T. 
T. 
R. 
T. 
T. 
T. 


C. 
C. 

C. 
C. 
C. 


niche régul 1 . 
niche régul 1 . 
ne niche pRS 
niche régul 1 . 
niche régult. 
niche régul 1 . 



iG8 



DEUXIEME ORDRE 

PASSEREAUX. — PASSERES. (Linn) 



FAMILLE IV 

PIE-GRIÈCHES. — LANIADM (Vigors), 



GENRE XV. 

PIE-GRIÈCHE. — LANIUS (Linn.) 

40. - PIE-GRIÈCHE GRISE. — LANIUS EXCUBITOR 

Linn. 

Unius excubitor, Linn. S. N., 42 e édit. (1766), t. 4, p. 135. 

— Temm.Man.,2 e édit. (1820), t. 1,p. 142. 

— P. Roux, Omith. Prov., pi. 152. 

— Degland, Orniih. Europ. (1849), t. 4. p. 384. 

— Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. 1, p. 221. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., i re série, t. 4, pi. 42. 
Lk pie-grièche grise, Buff., PI. enl. 445. 

Arrive dans notre déparlement courant avril, se répand 
dans les parcs et vergers bien garnis d'arbres touffus, nous 
quitte dans le mois de septembre ; il reste quelques rares T. C niche régul 1 . 
sujets en hiver. 

Aude. Sédentaire et de passage au printemps et en C. niche régul 1 . 

automne. 

Ariége. Arrive en avril, repart fin septembre. T. C. niche régul 1 . 

Gers. Arrive en avril, repart courant septembre. C. niche régul 1 . 

Hérault. De passage en septembre et avril. A. Ç. niche accid 1 . 



— 169 — 

Hautes-Pyr. Arrive vers les premiers jours de mai et repart 

commencement septembre. A. G. niche régul 1 . 

Tarn. Passe toute la belle saison ; quelques sujets res- 

tent l'hiver, s'il est doux. T. C. niche régul 1 . 

Tam-et-Gar Tout l'été; recherche, pendant son séjour, les 

parcs et bosquets. T. G. niche régul 1 . 

Pyr.-Orien. Sédentaire toute l'année dans les parcs. C. niche régul 1 . 



1. — PIE-GRIÈCHE MÉRIDIONALE. - LANIUS 

MERIDIONALIS (Temm.) 

Lanius meridionalis Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 143, 

— P. Roux, Omilh. Prov., pi. 153, mâle, 

— Degland, Ornith. Enrop. (1849), t. 1, p. 383. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Ewrryp. (1 867), t. 1 , p. 223. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de VEur., 2, série, t, 1, pi. 3 9. 

Cette Pie-Grièche arrive vers les premiers jours de mai, 
recherche, dès son arrivée, les lieux chauds et humides, bien 
pourvus d'arbres; elle nous quitte en septembre; il reste P - C; niche régul 1 . 
quelques sujets qui hivernent 

Aude. Observée accidentellement en automne et en 

hiver. p. C. niche accidt. 

Ariége. Observée accidentellement au passage d'au- 
tomne. A. R. ne niche pas. 

Gers. De passage en automne. R. ne niche pas. 

Hérault. Sédentaire toute l'année sur plusieurs points de 

ce département. G. niche régul 1 . 

Tarn. De passage tout-à-fait accidentel. T. T. R. ne niche pas. 

Pyr.-Orien. Sédentaire et de passage. P. G. niche régul 1 . 



42. - PIE-GRIÈCHE D'ITALIE. - LANIUS MINOR. 

Gmel. 

Lanius minor, Gmel. S. N. (1788), t. 1, p. 308. 

-— Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 144. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 51; f. 1, mâle adulte; f. 2, tête du jeune 
le l'année. 



— 170 — 

Lanius minor, Degland, Qmith. Europ. (1849), t. 4, p. 385. 

— Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. 1, p. 224. 

Lanius mgri fiions, Dubois, PL col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 1, pi. 41. 
Pie-giuècue d'italie. Buff. , PI. enl. 32, f. 1. 

Elle arrive dans les premiers jours de mai, recherche les 
grands ramiers et parcs où elle se reproduit et nous quitte en r, n i cn e régul». 

automne. 

Aude. Arrive au printemps et repart en automne. P. G. niche régul 1 . 

Ariége. De passage accidentel et en automne. R. niche régul 1 . 

Gers. Observée rarement. T. R. ne niche pas. 

Hérault. Arrive vers les premiers jours d'avril, repart en 

automne. T. T. G. niche régul 1 . 

Hautes-Pyr. De passage accidentel et de loin en loin. T. R. ne niche pas. 
Tarn. Quelques sujets passent la belle saison dans ce 

département. T. R. niche régul 1 . 

Tarn-et-Gar Observée de loin en loin. T. T. R. niche accid 1 . 
Pyr.-Orien. De passage, et quelquefois passe la belle saison 

dans ce département. T. R. niche accid 1 . 



43. - PIE-GRIÈCHE ROUSSE. - LANIUS RUFUS. 

Briss. 



Lanius rufus, Briss. Omith. (1760), t. 2, p. 147. 

— Temm. Man., ^ édit. (1820), t. 1, p. 146. 

Lanius rutifus. P. Roux, Omith. Prov., pi. 157, mâle adulte, — 158, femelle 
adulte. 
Lanius rufus, Degl. Omith. Europ. (1849), t. 1, p. 388. 

— Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. 1, p. 225. 
Lanius ruficeps, Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 1, pi. 40. 

La pib-grièche rousse de France, Buff Pi. enl. 9, f. 2, mâle, — pi. 31, f. 1, jeune, 
sous le nom de Pie-Grièche rousse de France, femelle. 



La Pie-Grièche rousse arrive dans notre département vers 
les premiers jours d'avril, se répand, dès son apparition, dans 
nos campagnes, et recherche les massifs d'arbres isolés; elle T. C. niche régul 1 . 
nous quitte en septembre et commencement d'octobre. 

Aude. Arrive en avril et repart fin septembre. C. niche régul 1 . 

Ariége. Arrive dans les premiers jours d'avril, repart 

courant septembre. A C. niche régul 1 . 






T. 

C. 


Ç. 


niche régul 1 . 
niche régul 1 . 


T. 


G. 


niche régul 1 . 


T. 


C. 


niche régul 1 . 


T. 


G. 


niche régul 1 . 



— 471 — 

Gers. Arrive vers les premiers jours d'avril, repart 

courant septembre. C. niche régul 1 

Hérault. On voit cette pie-grièche dans les premiers jours 
d'avril, repart fin septembre. 

Hautes-Pyr. On trouve cette espèce, de mai en septembre. 

Tarn, Arrive commencement avril, repart courant sep- 

tembre. 

Tarn-et-Gar Cette pie-grièche arrive courant avril, repart 
en septembre. 

Pyr.-Orien. Arrive fin mars, passe tout l'été, repart courant 
octobre. 



44. - PIE-GRIÈCHE ÉCORCHEUR. — LANIUS 
COLLURIO (Linn.) 

Lanius collurio, Linn. S. N., 4 2 e édit. (1766), t. 4, p. 136. 

— Temm. Man., 2« édit. (1820), t. 1, p. 147. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 155, mâle, — 156, jeune, avant la 
première mue. 

Lanius collurio, Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 4, p. 392. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (4 867), t. 4, p. 228. 

— Dubois, PI. col. des Ois. delaBelg., \™ série, t. 4, pi. 39. 
Là pie-grièche écorcheur, Buff. PI. enl. 34, fig. 2. 

Arrive à la même époque que la précédente ; une grande 
partie habite, pendant la belle saison, les vallées élevées des 
environs de Luchon, Saint-Béat et Fos; les quelques couples p „ . , , t 

qui restent dans les environs de Toulouse recherchent, comme ' ° 

la précédente, les massifs de grands arbres que l'on voit au 
milieu d'un champ de céréales. Elle revient en septembre pour 
disparaître peu de jours après. 

Aude. Arrive courant avril, repart commencement sep- 

tembre. C. niche régul 1 . 

Ariége. Arrive en avril, passe toute la belle saison, ne- 
part en septembre. P. G. niche régul 1 . 

Gers. Arrive en avril, reste tout l'été et repart en sep- 

tembre. P. C. niche régul 1 . 

Hérault. On voit cette espèce pendant toute la belle 

saison. A. R. niche régul 1 . . 

Hautes-Pyr. L'Ecorcheur est peu répandu dans ce départe- 
ment, mais s'y rencontre toujoure en été. R. niche régul 1 . 



— 472 — 

Tarn. De passage au printemps; quelques rares sujets 

restent l'été. A. R. niche accid 1 . 

Tam-et-Gar On voit cette espèce en été, repart dès les pre- 
miers jours de septembre. R. niche accid 1 . 

Pyr. Orien. Cette espèce séjourne l'été et repart courant 

octobre. R. niche régul*. 



FAMILLE V. 

MUSCICAPIDÉS. — MUSCICAPIDM (Vig.) 



GENRE XVI. 

GOBE-MOUCHE. — MUSCICAPA (Briss.) 

45. - GOBE-MOUCHE GRIS. - MUSCICAPA GRISOLA 

Linn. 

Muscicapa grisola, Linn. S. N. 12 e édit. (1766), t. 1, p. 328. 

— Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1,p. 152. 

— P. Roux, Ornilh. Prov., pi. 149, adulte. 

— Degland, Ornilh. Europ. (1849), I. 1, p. 372. 
Butalis grisola, Degl . et Gerbe, Ornilh. Europ. (1867), t. 1, p. 583. 
Muscicapa grisola. Dubois, PL col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 1, pi. 35. 
Le gore-mouche, Buff. PI. enl. 565, f. i . 

Le Gobe-Mouche gris arrive dans les derniers jours d'avril ; 
se répand dans les vergers, parcs, ramiers et même sur les 
arbres de nos promenades ; à la fin du mois d'août, il y a un T - T - c « mcne régul 1 . 
passage considérable ; ces oiseaux nous quittent aux premiè- 
res gelées. 

Aude. Arrive vers les premiers jours de mai, repart fin 

août et commencement septembre. T. C. niche régul 1 . 

Ariége. Arrive commencement de mai, repart fin août et 

commencement septembre, T. Ç. niche régul 1 . 



— 473 — 

Gers. On voit cette espèce dans les premiers jours de 

mai. T. C. niche régul 1 . 

Hérault. Arrive dans ce département dans les derniers 
jours d'avril, repart commencement sep- 
tembre. T. T. C. niche régul 1 . 

Hautes-Pyr. Arrive au printemps, repart en automne. T. C. niche régul 1 . 

Tarn. Arrive en mai, passe toute la belle saison, repart 

en septembre. T. G. niche régul 1 . 

Tam-et-Gar Arrive en mai et repart dans les derniers jours 

d'août et commencement septembre. T. C. niche régul 1 

Pyr.-Orien. Arrive commencement de mai, repart fin sep- 
tembre. T.T.C. niche régul 1 . 



46. - GOBE-MOUCHE NOIR. — MUSCICAPA NIGRA 

Briss. 

Muscicapa nigra, Briss. Ornith. (1760), t. %, p. 381. 

Motacilla ficedulla, Linn. Fau. Sued. (1761), n° 256. 

Muscicapa lucttjosa, Temm. Man., 1™ édit. (1815), p. 101. 

— — Man., 2« édit. (18 20), t. 1, p. 155. 

Muscicapa atricapilla, P. Roux, Omith. Prov., pi. 150, f. 1 et 2. 

— Degland, Omith. Europ. (1849), t. 1, p. 373. 

Moscicapa nigra, Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. 1, p. 580. 

Muscicapa luctuosa, Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1 ve série, t. 4, pi. 36. 

Le traquet d'angleterre et le recfigue, Buff. PL enl. 565, f. 2 et 3, mâle et 
femelle en robe de printemps, sous le nom de Gobe-Mouche de Lorraine, et 668, f. 1, 
jeune ou femelle, sous le nom de Becfigue. 

Ce Gobe-Mouche arrive dans les environs de Toulouse vers 
les derniers jours d'avril et commencement de mai ; se répand 
un peu partout, mais principalement dans les parcs et ramiers ; 
une faible partie reste, l'été, pour se reproduire. 

Un passage considérable a lieu vers la fin d'août et le com- 
mencement de septembre. A cette époque, il est très-gras par T. Ç- niche régul 1 . 
suite d'une nourriture abondante que lui procurent les fruits 
sucrés ; il choisit de préférence les raisins et les figues. Cet 
oiseau disparaît dès les premières gelées pour aller habiter des 
régions plus méridionales. 

Aude. De passage et sédentaire pendant la belle saison. T. C. niche régul 1 . 

Ariége. De passage au printemps et en automne. T. C. niche accid 1 . 

Gers. De passage et sédentaire. C. niche régul 1 . 



— 174 — 

Hérault. De passage et sédentaire dans tout le département. T. T. G. niche régul*. 

Hautcs-Pyr. De passage en mai et septembre. T. C. niche régul 1 . 

Tam. De passage au printemps, mais principalement 

en automne. T. T. C. rie niche pas. 

Tam-ct-Gar De passage principalement courant août et com- 
mencement septembre. T. T. C. ne niche pas. 

Pyr.-Orien. De passage en mai et septembre, une partie reste 

l'été. T. T. C. niche régul». 



47. — GOBE-MOUCHE A COLLIER. — MUSCICAPA 
COLLAR1S (Bechst). 

MUSCICAPA COLLARIS, Bechst, Ornith. Tasch. (1802), p. 158. 
Muscicapa albicollis, Temm. Man., 1 re édit. (1815), p. 100. 

— — Man., 2 e édit. (1820), t. 1,p. 153. 

Muscicapa streptophora, P. Roux, Ornith. Prov., pi. 151, mâle en noces. 
Muscicapa albicollis, Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 376. 
Muscicapa collaris, Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 581. 
Muscicapa albicollis, Dubois, PI. col des. Ois. de laBelg., 1 re série, t. 1, pi. 36. 

Le Gobe-Mouche à collier est de passage au printemps ; à 
cette époque, nous le voyons dans son beau plumage ; il re- p. c. niche accid 1 . 
passe en automne mêlé au Gobe-Mouche noir , dont les 
mœurs sont les mêmes ; il nous quitte fin septembre. 

Aude. De passage en mai, quelques sujets restent en été, 

repassent et partent courant septembre. P. Ç. niche accid 1 . 

Ariége. De passage en mai, fin août et commencement 

septembre. P. C. ne niche pas. 

Gers. De passage au printemps et fin de Tété, commen- 

cement de l'automne. p. c. ne niche pas. 

Hérault. De passage en automne et au printemps. p. C. ne niche pas. 

Hautcs-Pyr. De passage au printemps et à la fin de l'été. P. G. ne niche pas. 

Tarn. De passage au printemps et à la fin de l'été. R. ne niche pas. 

Tarn-et-Gur De passage en mai, fin août et commencement 

septembre. A. R. ne niche pas. 

Pyr.-Orien. Arrive au printemps, reste l'été et repart com- 
mencement septembre. P. C. niche régul 1 . 



175 



FAMILLE VI 

HIRUNDINIDÉS. — HIRUNDITSW^ (Vig.) 



GENRE XVII. 

HIRONDELLE. - HIRUNDO (Linn). 

48. — HIRONDELLE DE CHEMINÉE. - HIRUNDO 

RUSTICA (Linn.) 

Hirundo rustica, Linn. S. N., 4 2 e édit. (1766), t. 4, p. 343. 

— Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 427. 

— P. Roux, Ornilh. Prov., pi. 141. 

— Degland, Ornilh. Europ. (1849), t. 1, p. 554. 

— Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. 4, p. 587. 

— Dubois, PI. Col. des Ois. de la Belg.,. 1 re série, t. 1. pi. 34. 
Hirondelle de cheminée ou domestique, Buff., PI enl. 543, 1. 

Arrive dans la Haute-Garonne avec une exactitude ma- 
thématique entre le 19 et le 21 mars, comme je l'ai observé 
depuis de longues années. Dès qu'elle est venue, elle se 
répand dans les villes, villages et maisons de campagne, et 
construit son nid jusque dans les appartements habités; elle 
s'installe aussi dans les serres et les orangeries dont les fleurs ^ T C niche réeul' 
attirent les insectes qui lui procurent une nourriture abon- 
dante. Le mâle chante dès la pointe du jour et pendant que 
la femelle couve. Cette espèce nous quitte plus tôt ou plus 
tard, selon que les gelées sont plus ou moins précoces. 
Ainsi, l'hiver ayant été tardif cette année, j'ai vu des hiron- 
delles au commencement de novembre. 

Aude. Arrive vers le 18 mars, lepart dans les derniers 

jours d'octobre. T.T.C. niche régul 1 . 

Ariége. Arrive vers le 20 mars, repart vers la moitié 

d'octobre. T.T.C. niche régul 1 . 

Gers. Arrive vers le 20 ou 22 mars et repart en 

octobre. T.T.C. niche régul 1 . 



— 176 — 

Hérault. Arrive du 1 5 au 18 mars, repart fin octobre. T. T.C. niche régul 1 
Hautes-Pyr. Arrive dans ce département vers le 20 à 22 mars, 

repart en octobre. T. T. C. niche régul 1 

Tarn. Arrive vers le 20 mars, repart dans le mois 

d'octobre et commencement novembre. T. T.C. niche régul 1 

Tarn-et-Gar On voit arriver cette hirondelle vers les 20 ou 

22 mars pour partir aux premières gelées. T. T.C. niche régul 1 
Pyr.-Orien. Cette hirondelle arrive vers les 15 ou 18 mars, 

repart dans les premiers jours de novembre. T.T. C. niche régul* 



49. - HIRONDELLE DE FENÊTRE. - HIRUNDO 

URBICA (Linn.) 

Hirundo urbica, Linn. S. N., 12° édit. (1766), t. 1, p. 344. 

— Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 428. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 144, f. 1 et 2, variété. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1 , p. 358. 
Cbélidon urbica, Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. \, p. p. 592. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg.> 1 rc série, t. 1, pi. 32. 
Hirondelle a croupion blanc ou hirondelle de fenêtre, Buff., PI. enl. 542, f. 2, 

sous le nom de Petit Martinet. 

L'Hirondelle de Fenêtre , appelée aussi Chélidon de Fenê- 
tre, arrive dans notre contrée dans les premiers jours d'avril, 
et se répand dans tout le département. Les unes restent dans 
les villes et établissent leur nid sous l' avancement que fai- 
saient anciennement les toitures de nos maisons; d'autres 
le placent dans les anfractuosités des rochers de nos Pyré- 
nées et à côté des Hirondelles de rocher. r - T " C * mche ré § ult - 

Je citerai une station importante près St-Mamet, à Ludion, 
en contournant la route qui conduit à Bosost (Espagne). La 
plus grande partie nous quitte un peu plus tôt que l'espèce 
précédente; cependant, il en reste quelques-unes qui parlent 
en même temps que l'Hirondelle de Cheminée. 

Aude. Arrive peu après l'Hirondelle de Cheminée et 

repart commencement octobre. T. T.C. niche régul 1 . 

Ariége. Arrrive dans les premiers jours d'avril pour 

repartir commencement octobre. T. T.C. niche régul*. 

Gers. Arrive dans la première quinzaine d'avril, repart 

commencement octobre. T. T.C, niche régul*. 






— 177 — 

Hérault. Pendant toute la belle saison on voit cette hiron- 
delle, qui quitte ce département dans les 
premiers jours d'octobre. T. G. niche régul 1 . 

Hautes-Pyr. Arrive au printemps, repart vers le commence- 
ment d'octobre. T. C. niche régul 1 . 

Tarn. Arrive vers le milieu d'avril, repart courant 

octobre. T. G. niche régul 1 . 

Tarnet-Gar Arrive en avril, repart courant octobre. T. T. C. niche régul 1 . 

Pyr.-Orien. Arrive fin mars, repart courant octobre. T. T. C. niche régul 1 . 



50. — HIRONDELLE DE RIVAGE. - HIRUNDO 

RIPARIA (Linn.) 

Hirundo riparia, Linn. S. N., 12 e édit. (4766), t. 1,p. 344. 

— Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 429. 

— P. Roux. Ornith. Prov., pi. 143. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 360. 
Cotyle riparia, Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. l,p. 596. 
Hirundo riparia, Dubois. PI. col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 1, pi. 33. 
L'hirondelle de rivage, Buff. PI. enl. 345, f. g, jeune. 

L'Hirondelle de Rivage arrive dans notre contrée vers les 
premiers jours de mai ; elle recherche, dès son arrivée, les 
talus élevés, sablonneux et tranquilles, principalement des 
bords de l'Ariége et de la Garonne. 

Elle pratique une espèce de terrier, et comme elle niche en T. C. niche régul 1 . 
famille, on voit une masse de trous réunis les uns près des 
autres; généralement, ces trous ont de 30 à 50 centimètres 
de profondeur. 

Elle nous quitte vers le milieu du mois de septembre. 

Aude. Arrive fin mars, commencement avril, repart fin 

septembre. C. niche régul 1 . 

Ariége. Arrive commencement avril , repart fin sep- 

tembre. A. Ç. niche régul 1 . 

Gers. Arrive commencement avril , repart fin sep- 

tembre. P. Ç. niche régul*. 

Hérault. Arrive fin mars, repart fin septembre et com- 
mencement octobre. G. niche régul 1 . 

Hautes-Pyr. Arrive commencement avril , repart fin sep- 
tembre. P. C. niche régul». ' 



12 



— 178 — 

Tarn. Arrive commencement avril pour repartir fin 

septembre et commencement octobre. A. C. niche régul 1 . 

Tam-et-Gar Arrive commencement avril, repart fin septem- 
bre et commencement octobre. A. C. niche régui 1 . 

Pyr.-Orien. Arrive lin mars et repart courant octobre. A. C. niche régul 1 . 



51. - HIRONDELLE DE ROCHER. - HIRUNDO 

RUPESTRIS (Scopoli). 



Hirundo rupestris, Scopoli. Ann. \, Hist. Nat. (1768), p. 167. 
— Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 430. 

Hirundo montaïu, P. Roux, Omilh. Prov., pi. 142, adulte. 
Hirundo rupestris, Degland. Omilh. Europ. (1849), t. 1, p. 361. 
Biblis rupestris, Degl. et Gerbe. Omith. Europ. (1867), t. K p. 597. 
Hirundo rupestris, Dubois, PL col. des Ois. de ÏEur., 2 e série, t. 1, pi. 33. 

L'Hirondelle de Rocher arrive dans le courant de mai ; 
elle ne fait que passer dans nos plaines pour gagner ses 
rochers solitaires et favoris. Elle construit un nid en terre à 
la manière des Hirondelles de Fenêtre, et le fixe à la voûte 
des rochers creux et dont le sommet surplombe. Elle niche 
en famille, et lorsqu'on en voit une, on ne tarde pas à C. niche régul 1 . 

voir toute la bande. Une station importante est celle dont 
je parle relativement à l'Hirondelle de Fenêtre, c'est près 
Saint-Mamet-de-Luchon , et en suivant la route qui con- 
duit à la frontière Espagnole. Elle nous quitte dès les derniers 
jours de septembre. 

Aude. Pendant toute la belle saison. A. R. niche régul 1 . 

Ariége. Arrive vers les premiers jours de mai, repart 

courant septembre. G. niche ré^uK 

Gers. De passage seulement en automne. T. R. ne niche pas. 

Hérault. Arrive dans ce département commencement avril, 

repart fin septembre. P. R. niche régul 1 . 

Haules-Pyr. On la voit dès les premiers jours de mai, repart 

en septembre. G. niche régul 1 . 

Tarn. De passage ; quelques rares sujets restent l'été. T. R. niche accid 1 . 

Tarn-et-Gar De passage seulement en automne. T. T. R. ne niche pas. 

Pyr.-Orien. Arrive fin avril, repart fin septembre et com- 
mencement octobre. G. niche régul 1 . 






179 — 



GENRE XVIII. 
MARTINET. — CYPSELUS (Illig. 1811). 

52. - MARTINET NOIR. — CYPSELUS APUS. 

Illig. ex Linn. 

Hirundo apus, Linn. S. N., Inédit. (1766), t. 1, p. 344. 
Cypselus apus, Illig. Prod. Syst. (1811), p. 230. 
Cypselus murarius, Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 434. 
Cypselus apus, P. Roux. Orniih. Prov., pi. 145. 

— Degland. Orniih. Europ. (1849), t. 1, p. 364. 

— Degl. et Gerbe. Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 601. 
Cypselus murarius, Dubois. PI. col. des Ois. de la Belg., l re série, t. 4, pi. 31. 
Le martinet noir, Buff. PI. enl. 542, f. 1, sous le nom de Grand Martinet. 

Arrive à Toulouse vers les premiers jours de mai, nous 
quitte dès que ses petits peuvent le suivre, c'est-à-dire vers ,„ T „ . , . lt 
la deuxième quinzaine de juillet, et il est bien rare d'en voir 
dans le mois d'août. 

Aude. Arrive commencement mai, repart fin juillet. T. C. niche régul*. 

Ariége. On voit cette espèce dans les premiers jours de 

mai pour repartir fin juillet. T. G. niche régul 1 . 

Gers. Il arrive du 1 er au 15 mai, repart du 20 au 31 

juillet. T. T.C. niche régul 1 . 

Hérault. On le voit du commencement de mai à la fin 

juillet. T. T.C. niche régul 1 . 

Haules-Pyr. Il arrive commencement de mai, repart vers 

le 20 ou 25 juillet. C. niche régul 1 , 

Tarn. On le voit vers les premiers jours de mai pour 

partir vers la fin juillet. T. T. C. niche régul 1 . 

Tarn-et-Gar II arrive dans les premiers jours de mai pour 

partir fin juillet. T. T.C. niche régul 1 . 

Pyr.-Oricn. Il se montre dans les derniers jours d'avril pour 

partir commencement août. T. C. niche régul 1 . 



- 180 — 

53. - MARTINET ALPIN. - CYPSELUS MELBA. 

Illig. ex Linn. 

Hirundo melba, Linn. S. N., 12 e édit. (1766), t. 1, p. 345. 
Cypselus melba, Illig. Prod.Sysl. (1811), p. 230. 
Cypselus alpds, Temm. Man., 2° édit. (1820), t. 1, p. 433. 
Cypselus melba, P. Roux, Omith. Prov., pi. 146. 

— Degland. Omilh. Europ. (1849), t. 1, p. 365. 

— Degl. et Gerbe. Omilh. Europ. (1867), t. i,p. 602. 
Cypselus alpus, Dubois, Pi. col. des Ois. de l'Eur., 2 e série, t. 1, pi. 32. 

Le Martinet Alpin ou à ventre blanc , arrive comme le 
précédent, mais au lieu d'habiter les villes, il choisit pour 
demeure les rochers escarpés et déchirés de nos Pyrénées, et C. niche régul 1 . 

où sont de nombreuses crevasses dans lesquelles il établit son 
nid ; il nous quitte vers les derniers jours d'août. 

Aude. Il arrive au commencement de mai, reparten août. T. R. niche régul 1 . 

Ariége. Il arrive en mai, passe l'été et repart en août. C. niche régul 1 . 

Gers. De passage seulement en automne. T. T.R. ne niche pas. 

Hérault. De passage ; une partie séjourne l'été. P. G. niche régul 1 . 

Hautes-Pur. Il se montre en mai, séjourne en été, repart cou- 
rant août. T. Ç. niche régul 1 . 

Tarn. De passage non régulier en automne. T. T.R. ne niche pas. 

Tam-et-Gar De passage en automne seulement. T. T. R. ne niche pas. 

Pyr.-Orien. Arrive en mai, s'établit sur les rochers, repart en 

août. C. niche régul'. 

GENRE XIX. 

ENGOULEVENT. - CAPRIMULGUS (Linn.) 

54. - ENGOULEVENT D'EUROPE. - CAPRIMULGUS 

EUROPJEUS (Linn.) 

Caprimulgls europ^us, Linn. S. N., 12 e édit. (1766), 1. 1, p. 346. 

— Temm. Man., 2* édit. (1820), t. 1, p. 436. 
Caprimulgls vulgaris, P. Roux, Omith. Prov., pi. 147. 
Caprimulgus europ eus, Degland, Omilh. Europ. (1849), t. 1, p. 367. 

— Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (4 867), t. 1, p. 604. 



— 181 — 

Caprimulgus vulgaris, Dubois, PL col. des Ois. de la Belg., 1 ro série, t. 1, pi. 30. 
L'engoulevent ou crapaud volant, Buff. PI. enl. 4 93. 

L'Engoulevent arrive vers les derniers jours d'avril ; il 

recherche les vieux bois et parcs pourvus de grands arbres 

touffus: il vole, le soir, aussitôt le crépuscule venu; toute n . , , .. 

\ i •* a u u u • C. niche regul' 

Ja journée, on le voit reposé sur une grosse branche non- 8 

zontale et semble dormir. Il nous quitte vers les derniers 

jours de septembre. 

Aude. Arrive fin avril, repart courant septembre. 

Ariége. Il arrive commencement de mai, repart courant 
septembre. 

Gers. Il se montre en mai pour repartir en sep- 

tembre. 

Hérault. Il arrive lin avril et reste l'été. 

Hautes-Pyr. De passage ; quelques sujets restent l'été. 

Tarn. Il arrive en mai pour repartir en septembre 

Tam-et-Gar Séjourne de mai en septembre. 

Pyr.-Orien. Se montre fin avril pour partir en septembre. 



FAMILLE VIL 

CORVIDÉS. — CORVIDM (Leach.) 



A. 


ç. 


niche réguP. 


P. 


C 


n iche régul 1 . 


A. 


R. 


niche régul*. 


T. 


C. 


niche régul 1 . 


T. 


R. 


niche régul 1 . 


P. 


C. 


niche régul 1 . 


P. 


C. 


niche régul 1 . 


A. 


G. 


niche régula 



GENRE XX. 

CORBEAU. - CORVUS (Linn). 

55. - CORBEAU ORDINAIRE. - CORVUS CORAX. 

Linn. 



Corvus corax, Linn. S. N.. 12© édit. (1766), t. 1, p. 155. 

— Temm. Man., 2« édit. (1820), t. 1,p. 107. 

— P. Roux, Omith. Prov., pi. 129. 

— De^land, Omith. Europ. (1849), t. 1, p. 310. 



— 182 - 

— Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1807), t. 1, p. 196. 

— Dubois, PU col. des Ois. de lalielg., I re série, t. 1, pi. 45. 
Le corbeau, Butï. Pi. enl. 495. 

Le corbeau ordinaire, nommé aussi grand corbeau, est 
sédentaire toute l'année sur les Pyrénées de la Haute Garonne. 
Il habite les grandes crevasses des rochers escarpés des envi- 
rons du port de Venasque et du lac d'Oo, près Luchon; on p. C. niche régul' 
en voit aussi dans les environs de Saint-Béat et Fos, tou- 
jours par couple isolé ou peu rapprochés, ne vivant pas en 
société comme les autres espèces. 



Sédentaire toute l'année sur plusieurs points. R. 



Aude. 

Ariége. Sédentaire dans les Pyrénées de ce département. 

Hérault. Sédentaire sur quelques points de ce départe- 
ment. 
Hautes-Pyr. Sédentaire sur les Pyrénées de ce département. 
Tarn. Très-peu observé dans ce département. 

Pyr.-Orien. Sédentaire sur les hautes montagnes de ce dép 1 . 



T. R 
C. 

T.T.R. 
P. C. 



niche régul 1 . 



P. G. niche régul 1 . 



niche régul 1 . 
niche régul 1 . 
niche accid 1 . 
niche régul 1 . 



56. - CORBEAU CORNEILLE, 

Linn. 



- CORVUS CORONE 



Corvus corone, Linn. S. 2V., 12 e édit. (1766), t. 1, p. 155. 

— Temm. Man,, 2* édit. (1820), t. 1, p. 108. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 130. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1,p. 313. 

— Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1 867), t. 1 , p. 1 98. 
Cornix nigra, Dubois, PL col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 1, pi. 46. 
Corneille noire, Buff. PI. enl. 495. 



Cette Corneille est de passage en hiver et par grandes ban- 
des; si cette saison n'est pas rigoureuse à durcir la terre, elle 
hiverne; elle nous quitte dès le milieu de mars. Quelques x. C. 
couples cependant restent pendant la belle saison et se 
reproduisent dans les grands ramiers de notre département. 



niche 

d'une manière 

irrégulière. 



Aude. De passage et peu sédentaire; en hiver, dans les 

plaines. T. C. niche accid 1 

Ariége. Quelques sujets passent l'été dans ce départe- 

ment, l'arrivée a lieu courant octobre, repar- 
tent en mars. T. T. C. niche accid 1 . 






— 183 — 

Gers. Arrive en octobre, repart fin février; peu restent 

l'été. T. G. niche accid*. 

Hérault. Se montre pendant toute la mauvaise saison. Ï.T.C. ne niche pas. 

Hautes-Pyr. On ne voit cette espèce qu'en hiver, très peu en été. T. C. niche accid 1 . 
Tarn. Quelques sujets sont sédentaires, mais ils arrivent 

en quantité en octobre. T. T. G. niche accid 1 . 
Tarn-et-Gar. Quelques couples sont sédentaires ; le passage a 

lieu en octobre pour partir en mars. T. T. C. niche accii 1 . 

Pyr.-Orien. On ne voit cetle Corneille qu'en hiver. T. C. ne niche pas. 



57. — CORBEAU MANTELÉ. — CORVUS CORNIX. 

Linn. 

Corvus cornix, Linn. S. N., 12 e édit. (1766), t. 1, p. 156. 

— Temm. Man., 2? édit. (1820), t. 1,p. 109. 

— P. Roux, Ornith. Prov.. pi. 131. 

— Degland, Ornith. Eur op. (1849), t. 1,p. 314. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 20. 
Cornix cinerea, Dubois, PI. col. des Ois. de la Ma., 1 re série, t. 1, pi. 46. 
La corneille mantelée, Buff. PI. enl. 76. 

De passage, en hiver, par grandes bandes mêlé à l'espèce 
précédente; nous quille vers le milieu de mars. P. C. ne niche pas. 

Aude. De passage non régulier et en hiver, séjourne, 

et repart en février. R. ne niche pas. 

"Ariége. Arrive en octobre, repart fin février; on ne le 

voit pas tous les ans. P. C. ne niche pas. 

Passe tout l'hiver dans ce département, regagne 

le Nord de l'Europe en mars. P. C. ne niche pas. 

Hérault. De passage accidentel et en hiver. T. R. ne niche pas. 

Hautes-Pyr. On passe souvent plusieurs hivers sans en voir. T. T. R. ne niche pas. 
Arrive avec la Corneille Noire, repart en même 

temps. R. ne niche pas. 

Tarn-et-Gar. Se montre courant octobre, repart fin février, 

ou les premiers jours de mars. R. ne niche pas. 

Pyr.-Orien. Arrive tout-à-fait irrégulièrement, et lorsque 

l'hiver est rigoureux. T. R. ne niche pas 



— 184 — 



58. - CORBEAU FREUX. - CORVUS FRUGILEGUS. 

Linn. 

Cornus frugilegus, Linn. S. N., M c édit. (1766), t. 1, p. 156. 

— Temm. Man., 2e édit. (1 820), t. 1 , p. 11 0. 

— P. Roux, Omith. Prov., pi. 131, — f. 1, jeune, — f. 2, tête 
d'adulte. 

Cornus frugilegus, Degland, Omith. Europ. (1849), t. 1, p. 316. 

— Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1 867), t. 1 , pi. 201 . 
Cornix frugilegà, Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 1, pi. 47. 
Le freux, Buff. PI. enl. 484 et 483, jeune, sous le nom de Corneille. 

De passage en hiver et par grandes bandes ; hiverne et 
nous quitte vers le 1 5 mars. T. C. ne niche pas. 

Aude. Arrive en même temps que les deux espèces 

précédentes. C. ne niche pas. 

Ariége. On trouve ce Corbeau, de fin octobre à fin 

février. A. C. ne niche pas. 

Gers. Le Freux arrive courant octobre, repart commen- 

cement de mars. T. C. ne niche pas. 

Hérault. On voit ce corbeau avec les précédents, et repartir 

en même temps. R. n e niche pas. 

Hautes-Pyr. Arrive au commencement de l'hiver, repart fin 

février. C. ne niche pas. 

Tarn. Arrive, en grandes bandes, courant octobre pour 

repartir commencement de mars. A. C. ne niche pas. 

Tarn-el-Gar. On le voit en octobre pour repartir en mars ; 

quelques rares couples restent l'été. C. niche accid 1 . 

Pyr.-Orien. Se montre en même temps que les précédents, 

repart avec eux. P. C. ne niche pas. 



59. — CORBEAU CHOUCAS. - CORVUS MONEDULA 

Linn. 

Corvus monedula, Linn. S. N., 12 e édit. (1766), t. 1, p. 156. 

— Temm. Man., 2« édit. (1820), t. 1, p. 111. 

— P. Roux, Omith. Prov., pi. 133. 

— Degland, Omith. Europ. (1849), t. 1, p. 318. 

— Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. 1, p. 202. 



— 185 — 

Monedula turrium, Dubois, PI. col. des Ois. de la Bêla., 1 re série, t. 1, pi. 47. 
Le choucas, Buff. PI. enl. 522, jeune. — 523, adulte, sous le nom de Grolle ou 
Choucas gris. 

De passage en hiver, en compagnie des espèces précédentes 
avec lesquels il forme de grandes bandes ; nous quitte vers le C. ne niche pas. 

1 5 mars. 

Aude. De passage régulier et toujours en hiver. T. B. ne niche pas. 

Ariége. De passage régulier en hiver, mais toujours en 

petit nombre. p. c. ne niche pas. 

Gers. De passage en hiver; il séjourne pendant la mau- 

vaise saison. G. ne niche pas. 

Hérault. De passage de loin en loin et toujours pendant 

l'hiver. A. R. ne niche pas. 

Hauies-Pyr. On voit celte espèce pendant la saison froide ; elle 

repart en mars. P. C. ne niche pas. 

Tarn. Il se montre et repart aux mêmes époques que 

les précédents. C. ne niche pas. 

Tam-et-Gar. Il arrive en octobre, passe l'hiver et repart cou- 
rant mars. G. ne niche pas. 

Pyr.-OHen. Ne se montre pas tous les hivers dans ce dépar- 
tement. T. R. ne niche pas. 



GENRE XXI. 

GHOCARD. — PYRRHOCORAX (Vieill.) 

60. - CHOCARD ALPIN. - PYRRHOCORAX ALPINUS 

Vieill. 

Pyrrhocorax alpinus, Vieill. N. Dict. (1817), t. 6, p. 568. 
Coavus pirrhocorax, Temm. Man., inédit. (1815), p. 71. 

— — Man., 2 e édit. (1820), t. 4, p. 121. 
Pyrrhocorax alpinus, P. Roux, Ornilh. Prov., pi. 138, adulte. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 322. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 4, p. 204. 

— Dubois, Pi. col. des Ois. de l'Eur., 2 e série, t. 4, pi. 43. 

Le choucas des alpes. Buff. PI. enl. 531, jeune, sous le nom de Choucas des 
Alpes. 



P. c. 


niche régul 1 


T. G. 


niche régul 1 


R. 


niche régul 1 


T. G. 


niche régul 1 



— 18G — 
Sédentaire toute l'année sur les rochers à pic des Pyrénées 
de notre département ; en hiver quelques sujets descendent c niche régul 1 . 

dans la plaine, mais arrivent rarement dans les environs de 
Toulouse. 

Aude. Quelquefois on le rencontre, en hiver. R. niche accid 1 . 

Ariége. Sédentaire sur plusieurs points des hauts som- 

mets déchirés de ce département. T. C. niche régul 1 . 

Gers. Non observé dans ce département. 

Hérault. Sédentaire sur quelques points élevés. 
Hautes-Pyr. Sédentaire sur plusieurs points de ce déparlem 1 . 
Tarn. Observé rarement dans ce département. 

Pyr.-Orien Sédentaire snr plusieurs points de ce départem 1 , 



GENRE XXII. 

GRAVE. - CORACIA (Briss.) 

61. - GRAVE ORDINAIRE. - CORACIA GRACULA 

Gray ex Linn. 

Gorvus graculus, Linn. S.N., 12 e édit. (1766), t. 1, p. 158. 

— Temm. Man., 4™ édit. (1815), p. 72. 

Pyrrhocorax graculus, Temm. Man., 2e édit. (1820), t. 1, p. 112. 

CORACIA ERYTHRONAMPHOS, P. ROUX, Omiih. PrOV., pi. 137. 

Goracia graculus, Degland, Omiih. Europ. (U49), t. 1, p. 324. 
Coracia gracula, G. R. Gray, Gen. of B. (1847-1849), t. 2, p. 321. 
— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1 867), 1. 1, p. 205. 

Fregilus graculus, Dubois, PL col. des Ois. de la Belg., 1 rc série, t. 1, pi. 48. 
Le grave ou coracias, Buff. PI. enl. 2 55, sous le nom de Coracias des Alpes. 

Habile, toute Tannée, les parties hautes et moyennes de 
nos Pyrénées, dans les endroits coupés à pic et déchirés ; il q niche réeul 1 

se reproduit dans les crevasses des rochers. Il y a un habitat 
assez important au mont Cagire. 

Aude. Sédentaire sur quelques points de ce dép 1 . R. niche régul 1 . 

Ariége. Occupe, toute l'année, plusieurs parties de ce dép 1 . T. G. niche régul 1 . 

Gers. Observé rarement et en hiver. T. T. R. ne niche pas. 

Hérault. Habite quelques points élevés de ce département. P. C. niche régul 1 . 

Hautes-Pyr. Sédentaire sur plusieurs points des Pyrénées. T. G. niche régul 1 . 

Tarn. Observé rarement dans ce département. T T. C. ne niche pas. 

Pyr.-Oricii. Sédentaire sur plusieurs endroils des Pyrénées. A. G. niché régul 1 . 



— 187 — 

GENRE XXIII. 

PIE. - PICA (Briss.) 

62. - PIE ORDINAIRE. — PIC A CAUDATA. 

Linn. 

Pica caupàta, Linn. S. N. (1748), 6 e éclit. sp. 8. 

Coryus pica, Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 4, p. H 3. 

Garrulus picus, Temm., 3 e part. (1835), p. 63. 

Pica. alriventris, P. Roux, Omith, Prov., pi. 134. 

Pica caudata, Degland, Omith. Europ. (1849), t. 1, p. 326. 

— Degl. et Gerbe, Omilh. Europ. (1 867), t. 1 , p. 21 1 . 

Pica vulgaris, Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., \ re série, t. 1, pi. 43. 
La pie, Buff. PL enl. 488. 

Dans tout notre département , principalement dans la 
plaine et les moyennes hauteurs. Je ne l'ai jamais rencontrée 
dans les hauts sommets des environs de Luchon, Fos et T.T.C. niche régul 1 . 
Saint-Béat ; elle commence à préparer son nid dès les pre- 
miers jours de mars, et plus tôt si l'hiver est doux . 

Aude. Commune et sédentaire. 

Ariége. On la trouve toute l'année dans les plair.es de ce 

département. 
Gers. Dans tout le département et toute l'année. 

Hérault. Toute l'année et presque partout. 
Hautes-Pyr. Sédentaire dans les vallées et plaines. 
Tarn. Dans tout le département et toute l'année. 

Tarn-et-Gar. Très-abondante et toute l'année. 
Pyr.-Orien. Dans les vallées et plaines. 

GENRE XXIV. 

GEAI. - GARRULUS (Briss.) 

63. — GEAI ORDINAIRE. - GARRULUS GLANDARIUS 

Linn. 

Corvus glandarius, Linn., S. IV., 12 e édit. (1766), t. 1, p. 156. 
— Temm. Man., 2 a édit. (1820), t. 1, p. 114. 



T.T.C. 


niche régul 1 . 


T. T. C. 


niche régul 1 . 


T.T.C. 


niche régul 1 . 


T. C. 


niche régul 4 . 


T.T.C 


niche régul 1 . 


T. T. C. 


niche régul 1 . 


T.T.C. 


niche rcgul 1 . 


T.T.C. 


niche régul 1 . 



— 188 — 

— Temni. Mun., 3* part. (1835), p. 65. 

— P. Roux, Omilh. Prov., pi. 135. 

— Degland, Omilh. Europ. (1849), t. 1, p. 331. 

— Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. 1, p. 215. 

— Dubois, PL col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 1, pi. 44. 
Le geai, Buff. PI. enl. 481. 

Sédentaire dans tous nos parcs, ramiers et grands bois ; 
je ne l'ai jamais rencontré dans les hauts sommets de nos T. C. niche régul 1 . 
Pyrénées. 

Aude. Très-abondant dans les bois et grands parcs. T. C. niche régul 1 . 

Ariége. On le trouve presque partout. T. G. niche régul 1 . 

Gers. Dans tous les bois, ramiers et grandes forêts. T. T. C. niche régul . 

Hérault. Commun toute l'année sur plusieurs points. C. niche régul 1 . 

Hautes-Pyr. Très-répandu dans les bois en plaine et co- 
teaux. C. niche régul. 

Tarn. Sédentaire dans tout ce déparlement surtout dans 

les bois. T. T. C. niche régul 1 . 

Tarn-et-Gar. Répandu dans les bois et forêts. T. T. C. niche régul. 

Pyr.-Orien. Se rencontre dans les forêts des vallées et 

de la plaine. C. niche régul 1 . 



GENRE XXV. 

CASSE-NOIX. - NUCIFRAGA (Briss.) 

64. - CASSE-NOIX VULGAIRE. — NUCIFRAGA 

CARYOCATACTES (Temm. ex Linn.) 

Corvus caryocatactes, Linn. S. N. 12 e édit. (1766), t. 1, p. 157. 
Nccifraga, Temm. Man., 2 e édit. (4 820), t. 4, p. 117. 

Nucifraga caryocatactes, P. Roux, Ornilh. Prov., pi. 136, variété de l'Europe cen- 
trale. 
Nucifraga caryocatactes, Degland, Omilh. Europ. (1849), t. l,p. 337. 

— Degl. et Gerhe, Omilh. Europ. (1867), t. 1, p. 207. 

— Dubois, PL col. des Ois. de laBelg., 1 re série, t. 1, pi. 49. 
Le casse-noix, Buff., PI. enl. 50. 



— 189 — 

En été, une partie de nos Pyrénées ; de passage en septem- 
bre dans la plaine des environs de Toulouse, mais d'une 
manière irrégulière ; on passe souvent un, deux et trois ans T. R. 
sans en voir. On peut considérer cette espèce comme erra- 
tique. 

Aude. De passage accidentel sur les points élevés et 

boisés de ce département. T. T. R. 

Ariége. Observé très-rarement, et toujours dans les bois 

élevés. T.T.R. 

Hérault. Capturé et observé rarement sur quelques points 

de ce département. T. T. R. 

Hautes-Pyr. Quelques rares couples se reproduisent dans les 

forêts des montagnes. T. R. 

Tarn. Non observé dans ce département. 

Tarn-et Gar. Je ne connais qu'une capture, le 1 7 janvier 1 860. T. T. R. 

Pyr.-Orien. De passage non régulier et à de longs inter- 
valles. T. R. 



ne 

niche pas 

d'une manière 

régulière. 



ne niche pas. 
niche accid*. 
ne niche pas. 
niche régul 1 . 
ne niche pas. 
ne niche pas. 



GENRE XXVI. 

ETOURNEAU. - STURNUS (Linn.) 

65. — ETOURNEAU VULGAIRE. - STURNUS 

VULGARIS (Linn.) 



Sturnus vulgàris, Linn. S. N., 12 e édit. (1766), t. 1, p. 290. 

— Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. i, p. 132. 

— P. Roux, Omith. Prov., pi. 128, mâle, au printemps. 

— Degland, Omith. Europ. (1849), t. 1, p. 341 . 

— Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. 1, p. 232. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de laBelg., 4 re série, t. 1, pi. 52. 
L'etourneàu, Buff. PI. enl. 75, sous le non de Sansonnet ou Etourneau de France. 

De passage dans toute la plaine de notre département, 
principalement en suivant les ramiers , le soir et le matin ; 
dans la journée, on le voit suivre nos laboureurs et se mêler, 
dans les prairies, aux troupeaux de bœufs e» de moutons. Le T. C. ne niche pas. 
passage a lieu en octobre et novembre ; il n'hiverne pas, mais 
fait un long séjour; nous le voyons repasser dans le mois de 
mars. 



— 490 — 

Aude. On voit arriver les Etourneaux courant octobre 

et repartir fin février. T. C. ne niche pas. 

Ariége. Il se montre dans le courant octobre et repart en 

mars. T. T. C. ne niche pas. 

Gers. Arrive en octobre, passe l'hiver et repart fin 

février ou commencement de mars. T. T. C. ne niche pas. 

Hérault. On le voit vers le milieu d'octobre pour partir 

courant février. T. C. ne niche pas. 

Hautes-Pyr. Il arrive dans les plaines de ce département en 

octobre, repart courant mars. T. C. ne niche pas. 

Tarn. L'Etourneau se montre dans ce département 

d'octobre à fin février. T. T. C. ne niche pas. 

Tarn-et-Gar. Il arrive en octobre, hiverne et repart en mars. T. T. G. ne niche pas. 
Pyr.-Orien. Il arrive fin octobre pour repartir dès les derniers 

jours de février. T. C. ne niche pas. 



GENRE XXVII. 

MARTIN. — PASTOR (Temm.) 

66. - MARTIN ROSELIN. - PASTOR ROSEUS. 

Temm. ex Linn. 



Turdus roseus, Linn. S. N., 12^ édit. (1766), t. 1, p. 294. 
Pastor roseus, Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 236. 
Acridotheres roseus, P. Roux, Omilh. Prov., pi. 177; l'adulte, 177 bis ; 
jeune de l'année, — f. 2, tête de jeune dans sa 2 e année. 

Pastor roseus, Degland, Omilh. Europ. (1849), t. 1, p. 346. 

— Degl. et Gerbe, Omilh. Europ. (1867), t. 1 , p. 235. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 1, pi. 53. 
Merle couleur de rose, Buff. PI. Enl. 251. 



f. 1 



Un magnifique mâle adulte en plumage de noces fut cap- 
turé le 15 juillet 1857. Il fait partie de la collection de 
M. J. Berdoulat; on tua également, et d'un seul coup de 
fusil, dans le ramier de Braqueville (8 kilomètres de Tou- 
louse), le soir à la retirée, 8 JVlartins, dont trois adultes et 
en belle livrée. 



T. R. ne niche pas. 



— 191 — 

Le chasseur qui fit cette belle capture crut tirer à des 
Etourneaux qu'il attendait; sa surprise fut grande lorsqu'il 
les ramassa ; il m'a dit que le vol sur lequel il avait tiré 
était composé de plus de cent individus qui volaient en 
troupe serrée. Il est très-probable que tout ce vol était com- 
posé de Martins, vu que, sur les 8 sujets qu'il ramassa, il n'y 
avait aucun Etourneau ordinaire. 

Aude. On a pris, et de loin en loin, cette espèce dans 

ce département. T. T. R. ne niche pas. 

Ariége. Observé très- rarement, mais toujours de juin à 

fin septembre. T. T. R. ne niche pas. 

Hérault. Capturé et observé plusieurs fois, mais d'une 

manière irrégulière. A. R. ne niche pas. 

Hautes-Pyr. Je ne peux constater qu'une capture, cependant 

on m'a assuré l'avoir observé quelques fois. T. T. R. ne niche pas. 
Tarn. Ce n'est qu'à de longs intervalles qu'on a pu se 

procurer cette espèce dans ce départem 1 . T. T. R. ne niche pas. 

Pyr.-Orien. De passage presque régulier, soit en été, soit en 

hiver. T. T. R. ne niche pas. 



FAMILLE VIII 

LORIOTS. — ORIOLWM. 



GENRE XXVIII. 
LORIOT. - ORIOLUS (Linn.) 

67. - LORIOT JAUNE. - ORIOLUS GALRULA 

Linné. 

Oriolus galbula, Linn. S. N., 42* édit. (4*66), t. 1, p. 160. 

— Temm. Man., 2« édit. (1820), t. 1, p. 129. 

— P. Roux, Orniih. Prov., pi. 125, mâle,— 426, femelle, — 127, 
mâle après la mue. 



— 192 — 

Oriolus galbula, Degland, Ornilh. Europ. (1849), t. 1, p. 450. 

— Degl. et Gerbe, Ornilh. Europ. (1867), t. \, p. 892. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Delg., l r c série, t. 1, pi. 51. 
Le loriot, Buff. PI. enl. 26, mâle. 

Arrive dans nos environs vers les derniers jours d'avril et 
se répand dans tout le département ; le nid est construit fin niche ré^ul 1 

mai; les petits sont éclos vers le 15 ou 20 juin ; ils nous 
quittant dans les premiers jours de septembre. 

Aude. 11 arrive en avril, repart commencement sep- 

tembre - A. C. niche régula 

Ariége. On le voit dans les grands bois fin avril, repart 

commencement septembre. T. C. niche régul 1 . 

Gers. Le Loriot paraît dès le milieu d'avril, quitte 

ce département en août et courant sep- 
tembre. T. C. niche régul 1 . 

Hérault. On le rencontre commencement avril pour partir 

en septembre. A. G. niche régul 1 . 

Hautes-Pyr. Il arrive dans les Hautes- Pyrénées fin avril pour 

partir fin août. A. Ç. niche régul 1 . 

Tarn. Arrive fin avril, se répand dans les bois et grands 

parcs, repart fin août. T. C. niche régul 1 . 

Tarn-el-Gar. Arrive dans les derniers jours d'avril , repart 

fin août. T. T. C. niche régul 1 . 

Pyr.-Orien. On le voit de fin avril au commencement sep- 
tembre. T. C. niche régul 1 . 



FAMILLE IX 

HYDROBAÏES. — HYDROBATIDiï (Vig.) 



GENRE XXIX. 

CINCLE. - CINCLUS (Linn.) 

68. — CINCLE PLONGEUR. — CINCLUS AQUATICUS 

Linn. 

Sturnus cinclus, Linn. S. iV., 12* édit. 0766), t. 1, p. 290. 
Cinclus AQUATicus, Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 177. 



— 193 — 

Hydroilvta. albicollis, P. Roux, Omilh. Prov., pi. 1 78, mâle adulte, — 1 79. jeune, 
à la sortie du nid. 

Cinclus aqdaticus, Degland, Omilh. Europ. (1849), t. 1, p. 447. 
Hydrobata cinclus, Degl. et Gerbe, Omilh. Europ. (1867), t. ^, p. 389. 
Cinclus aquaticus, Dubois, PI. col. des Ois. de V Europ., 1 re série, t. 2, pi. M 4. 
Le merle d'eau, Buff. PI. enl. 940, sous le nom de Merle d'eau 

Tout l'été, les cascades et cours d'eau rapides de nos Pyré- 
nées ; en hiver, les rivières et cours d'eau de la plaine. C. niche régul 1 . 

Aude. Sédentaire; en été, les eaux en montagnes, en 

hiver, descend dans les eaux de la plaine. P. C. niche régul 1 . 

Ariége. Toute l'année ; l'été, les cours d'eau des Pyrénées ; 

l'hiver, les eaux de la plaine. C. niche régul*. 

Gers. On rencontre quelques sujets en hiver, le long 

des cours d'eau. T. R ne niche pas. 

Hérault. Sédentaire ; l'été, les eaux des endroits élevés; en 

hiver, les eaux courantes de la plaine. P. C. niche régul*. 

Hnutes-Pyr. Toute l'année on le rencontre dans ce départe- 
ment. A. C. niche régul*. 

Tarn. Assez abondant; l'été dans les eaux de la Monta- 

gne Noire. T. C. niche régul*. 

Tarn-et-Gar On le rencontre très peu dans ce département et 

toujours en hiver. T. R. ne niche pas. 

Pyr.'Orien. Sédentaire toute l'année ; en été, les Pyrénées; 

l'hiver, la plaine. A. C. niche régul*, 

FAMILLE X 

MERLES. — TURDIDM (Linn). 

PREMIÈRE DIVISION 

MERLES. — MERUL/E. 



GENRE XXX. 

MERLE. - TURDUS (Linn). 

H» — Espèces unicolores ou chez lesquelles les couleurs sont distribuées par 
grandes masses. — HIERULA (Briss.) 

69. - MERLE NOIR. — TURDUS MERULA (Linn). 



Turdus merula, Linn. S. IV., 12 e édit. (1766,), t. I, p. 295. 
— Temrn. Man., 2° édit. (1820), t. 1, p. 168 



13 



— I9i — 

— P. Roux, Ornilh Pro»., pi. 4 66, mâle, — 167, femelle,— 168, 
169, variétés, — 170, jeune. 

Turdds mkiui.v, Degland, Ornilh. Europ. (1849), t. 1, p. 456. 

— Degl et Gerbe, Ornilh. Europ. M867j, t. 1, p. 399. 

— Dubois, /'/. col. dis Où. de la Iiehj., 1™ série, t 1, pi. 58. 

Le merle de frange, Buff. PI. Enl. 2, mâle, sous le nom de Merle commun, — 
555, femelle 

Sédentaire; habite le long des bars fraîches et humides, 
les ramiers, parcs, jardins et la lisière des grands bois; un 
passage a lieu en septembre et octobre. 

Un mâle adulte, variété blanche, avant encore deux plu- 
mes noires à la queue et cinq ou six à la poitrine, a été cap- 
turé près Toulouse le 3 décembre 1872. Si je donne ce ren- 
seignement, c'est qu'il s'est élevé, des doutes pour savoir si T. C. 
ces variétés blanches étaient des grives litornes ou des 
draines et non des merles. Je garantis que celui dont je 
parle était bien un merle noir : son bec était jaune orange; 
ce dernier caractère ne laissait aucun doute. 

Malgré mon observation, je reconnais aussi que les Merles 
grives passent à l'albinisme plus ou inoins complet. 



niche régul 1 . 

J'ai trouvé 

le nid 

de cette espèce 

avec des œufs. 

dès 

les premiers 

jours d'avril. 



Aude. Tous les bois, parcs, vergers et grands jardins^ 

toute l'année. 

Ariéijc. Sédentaire dans toutes les parties fraiches et 

boisées de la plaine du déparlement. 

(iers. Sédentaire dans tout le département et un peu 

partout. 

Hérault. Répandu dans tout le déparlement où il vit sé- 
dentaire. 

Haules-Pyr. Il habite tous les coteaux et plaines. 

Tarn. On le rencontre toute l'année et presque partout. 

Tam-ct-(lar Sédentaire dans tons les ramiers et bois frais. 

l'ijr.-Orien Toute Tannée on le rencontre dans les parties 
fraiches et humides, en plaine et coteaux. 



T.T.C. 


niche régul 1 . 


T.T.C. 


niche régul. 


T.T.C = 


niche régul 1 . 


T. C. 
T. C. 
T.T.C. 
T.T.C. 


niche régul . 
niche régul' 
niche régul 1 . 
niche régul 1 . 


T. C. 


niche régul 1 . 



70. — MERLE A PLASTRON. - TURDUS 

TORQUATUS (Linn.) 



Tukdus torquatus, Linn. S. N., 18? édit. (1766), t. 1, p. 296. 

— Temm. Man., 2^ édit. (1820), t. l,p. 166. 

— P. Roux, Ornilh. Prov., pi. 171, maie, — 172, femelle. 



- 195 - 

Turdus torquàtus. Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 458. 

I— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 401. 

— Dubois, Pi. col. des Ois. de la Belg., 1™ série, t. \ s p] 60 

Merle de montagne, Buff. PI. Enl. 182, jeune, sous le nom de Merle de montagne 
- 51 6, mâle adulte, sous le nom de Merle à collier. & ' 

^ En été, les forêts de hêtres et sapins de nos Pyrénées, en 
iver, la plaine des environs de Toulouse ; un passage a lieu 
en octobre et en mars. r . u , '. 

T > • x . i k- niche recul 1 . 

J ai rencontre des sujets blancs ou plus ou moins mou- 
chetés de blanc. 

Aude, En été, les parties élevées du département, en 

hiver la plaine. p r _.'«•„ , ,. 

* ■/ rn i - » * r. t.. nicbe recul'. 

Anege. Toutes les forets des montagnes, en été ; la plaine, 

en hiver. T r -.■. , .. 

r> rs 1. C. niche resrul'. 

fers. On ne voit cette espèce que pendant la mauvaise 

saison. p ^ . , 

Hérault. En été, les parties élevées de ce département; en * PaS ' 

hiver, la plaine. A R niche idt 

Hautes-Pyr. Sédentaire ; pendant la belle saison, les bois des 

hauts sommets: en hiver, les plaines du 

département. j ^ niche ' lt 

Tarn. En été, il se trouve dans la Montagne Noire ; en * GgU ' 

hiver, dans la plaine. p. G< niche re K 

Tmn-e-Gar. De passage en octobre et en avril. A. R ne niche nas 

Pyr.-Onen. Sédentaire; en été, les Pyrénées; en hiver, la ' 

P ine ' G. niche régul'. 

». — Espèces dont le plumage est grivelé et moucheté. — TURDUS 



71. - MERLE GRIVE. - TURDUS MUSICUS. 

Linn. 

Type du genre Turdus (Kaup). 

Turdus musicus, Linn. S. N., 12 e édit. (1766), t. \, p. 292. 

— Temm. Man., 2<* édit. (1820), t. \, p. 164. 

— P. Roux, Ornith. Prov. f pi. 159, adulte, - 160, variété, maculé 
le blanc. 

Turdus musicus, Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 465. 



- 1% — 

Tubdus musicus. Degl. et Gerbe, Ornilh. europ. (1867), t. i,p. 422. 

— Dubois, PL col. des Ois. de laBelg., 1 re série, t. 1, pi. 56. 

La grive, Buff. PI. enl. 406. 

Arrive dans nos contrées vers les derniers jours d'octobre 
et se répand dans nos vignes, parcs et ramiers, y séjourne 
quelques jours, puis disparaît en grande partie ; commence à 
repasser vers les premiers jours de février. Ce retour est éche- T. C. ne niche pas. 
lonné et dure jusque vers la fin avril; passé cette époque, on 
ne voit plus un seul sujet (connu dans nos pays sous le nom 
deTourd). 

Aude. Arrive fin octobre, hiverne, repart en avril. T. C. ne niche pas. 

Ariége. On le voit arriver fin octobre, séjourne quelque 

peu et repasse en mars et avril. T. C. ne niche pas. 

Gers. Cette espèce arrive en octobre, séjourne un mois 

environ et disparaît; repasse en avril. T. C. ne niche pas. 

Hérault. On le rencontre en novembre, passe une grande 

partie de l'hiver ; un passage très-considéra- 
ble a lieu en avril. T. T. C. ne niche pas. 
Haules-Pyr. 11 arrive fin octobre, commencement novembre, 

repasse en avril. T. C. ne niche pas. 

Tarn. On le trouve fin octobre et novembre dans les 

vignes, repasse en avril. T. T. C. ne niche pas. 

Tarn-et-Gar Arrive fin octobre, recherche les vignes; repasse 

en avril. T. C. ne niche pas. 

Pyr.-Orien. On voit arriver cette espèce en novembre pour 

repartir en mars. T. C. ne niche pas. 



72. - MERLE DRAINE. - TURDUS VISCIVORUS. 

Linn. 

Type du genre Ixocossyphus (Kaup.) 

Tlrdus viscivorus, Linn. S. N., \2 e édit. (1766), t. 1, p. 291. 
-— Temm. Man., 2« édit. (1820), t. I, p. 160. 

— P. Roux, Ornilh. Prov., pi. 162, — pi. 163, variété rousse. 

— Degland, Ornilh. Europ. (1849), t. 1, p. 467. 

— - Degl. et Gerbe, Ornilh. Europ. (1867), t. I, p. 418. 

— Dubois, PL col. des Ois. de la Bclg,, 1 re série, t. \, pi. 54. 
La draine, Buff. Pi. enl. 489. 



— 197 — 

Sédentaire toute l'année et dans tout le département, sauf 
les parties les plus élevées de nos Pyrénées; cette espèce com- 
mence sa nidification de très-bonne heure, et il n'est pas ^ ^ . , , .. 
j , * ., i . ■ * i T. C. niche regul 1 . 
rare de trouver ses œufs des le 1 5 mars, ce qui remonte le 

commencement de la construction de son nid de quinzejours 
environ . 

Aude. Sédentaire toute l'année dans les bois et parcs. T. C. niche régul 1 . 

Ariége. Sédentaire dans toutes les vallées basses et 

plaines. T. C. niche régul 1 . 

Gers. Sédentaire partout. T. T. C. niche régul. 

Hérault. Sédentaire et de passage ; et toute l'année dans les 

bois, parcs et ramiers. T. C. niche régul 1 . 

Hautes-Pyr. Sédentaire dans les bois et parcs de la plaine du 

département. A. C. niche régul'. 

Tarn. Sédentaire dans toutes les parties boisées de ce 

département. T. C. niche régul 1 . 

Tam-et-Gar. On rencontre cette grive dans tout le département 

et toute l'année. T. C. niche régul'. 

Pyr.-Orien. Elle se trouve toute l'année clans les bois et parcs 

du département. A. C. niche régul 1 . 



73. - MERLE LITORNE. - TURDUS PILARIS. 

Liun. 

Type du genre Arcenthornis (Kaup.) 

Turdus pilaris, Linn. S. IV., 12 e édit. (1766), t. 1,p. 291. 

— Temm. Man., 2 e édit. (1 820), t. 1 , p. \ 63. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 164. 

— Degland, Ornilh. Europ. (1849), t. 1, p. 471. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 407. 

— Dubois, PL col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 1, pi. 55. 
Là litorne, Buff. PI. Enl. 406. 

De passage en novembre et souvent par grandes bandes, 
lesquelles hivernent en grande partie dans nos environs; 
nous quitte dès le milieu de mars. ^" 

i» • . x j • . j j , • , „ au ne niche pas. 

J ai rencontré des sujets de cette espèce, de couleur Isabelle passage 

ou plus ou moins tapiré de blanc, et [même un individu com- 
plètement blanc. 



— 198 — 

Aude. Cette grive arrive en novembre, hiverne et repart 

en mars. A. Ç. ne niche pas. 

Ariége. Elle arrive courant novembre, repart aux pre- 

miers jours du printemps. A. G. ne niche pas. 

Gers. On la voit de novembre à fin février, par vols 

assez nombreux. T. C. ne niche pas. 

Hérault. Elle arrive dans les premiers jours de novembre, 

repart en février. G. ne niche pas. 

Hautes -Pyr. Elle fréquente quelques parties de ce départe- 
ment. P. G. ne niche pas. 

Tam. On la voit tous les ans, de novembre en mars. . A. C. ne niche pas. 

Tam-el-Gar Elle arrive au commencement de novembre, 

repart fin février. A. C. ne niche pas. 

Pyr.-Orien. La Litorne arrive vers les premiers jours de 
novembre , repart en février ; quelques 
couples se reproduisent sur les Pyrénées de 
ce département. T. C. niche accid 1 . 



74. - MERLE MAUVIS. - TURDUS ILIACUS. 

Linn. 



Turdus ilucus, Linn. S. N. t 12 e édit. (1766), t. I, p. 292. 

— Temm. Man., 2e édit. (1820), t. 1, p. 165. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 561 . 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 473. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 421. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 1, pi. 57. 
Le mauvis, Buff. PI. Enl. 51. 

Arrive dans nos contrées presque à la même époque que 
l'espèce précédente et se répand dans les parcs, jardins, bos- 
quets et ramiers de nos environs; séjourne en grande partie 
durant l'hiver, surtout s'il est tempéré et humide; nous C. ne niche pas. 

quitte vers les premiers jours d'avril ; à la fin de ce mois, on 
n'en voit plus un seul. 

J'ai rencontré des sujets de cette espèce, tachetés de blancs 
et même complètement blancs. 



— 199 — 

Aude. De passage en automne et au printemps. 

Ariége. De passage en automne et repasse au printemps. 

Gers. Arrive en novembre", disparaît et repasse en 

mars et avril. 

Hérault. Cette grive est de passage en novembre, mars et 
avril. 

Hauies-Pyr. Elle arrive en novembre, repasse en mars et 
avril. 

Tarn. Elle arrive en novemb., repasse en mars et avril. 

Tam-et-Gar On la voit en novembre, mars et avril. 

Pyr.-Orien. Elle séjourne tout l'hiver et repart dès le prin- 
temps. 



GENRE XXXI. 



c. 

A. 


Ç- 


ne niche pas. 
ne niche pas. 


A. 


C. 


neniche pas. 


A. 


C. 


ne niche pas 


G. 

A. 
A 


C. 

c. 


ne niche pas 
ne niche pas. 
ne niche pas. 


A. 


c. 


ne niche pas . 



PETROC1NCLE. - PETROCINCLA (Vigors). 

75. - PÉTROCINCLE DE ROCHE. - PETROCINCLA 

SAXATILIS (Vig. ex Linn.) 

Type du genre Monticola (Boie). 

Turdus saxatilis, Linn. S. N., 1 2 e édit. (1766), t. 1,p. 294. 

— Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 172. 

— P. Roux, Omith. Prou., pi. 175, mâle adulte, — pi. 176, femelle. 

PETROCINCLA SAXATILIS, Vig. Gen. of. B., 1825, p. 396. 

— Degland, Omith. Europ. (1849), t. 1, p. 477. 

— Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. 1, p. 446. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., *re série, t. 1, pi. 61. 
Le merle de roche, Buff. PI. Enl. 262, mâle adulte. 

Pendant toute la belle saison, les hauts sommets de nos 
Pyrénées, dans les endroits où il y a de grands éboulements 
et des débris de rochers, principalement vers le port de Ve- p. c. niche régul 1 . 
nasque, le pic de l'Entécade et les environs du lac d'Oo ; en 
hiver, descend dans la plaine. 



— 200 — 

Avde. Pendant toute l'année, sur les parties élevées. P.C. niche régul 1 . 

Aricgc. Toute l'année sur les hauts sommets déchirés et 

nus des Pyrénées. A. C. niche régul 1 . 

Hérault. Sur quelques points élevés de ce département. T. T. R. niche accid 1 . 
Hautes-Pyr. Toutes les parties élevées de ce département. A. C. niche régul 1 . 

Tam. Rarement, rencontré dans les parties élevées de ce 

département. T.T.R. niche accid 1 . 

Tam-et-Gar. Non observé dans ce département. 
Pyr.-Orfcn. Sédentaire et toute l'année sur les sommets des 

Pyrénées de ce département. A. C. niche régul 1 . 

70. - PÉTROCINCLE BLEU. - PETR0C1NCLA 

CYANEA (Keys et Blas ex Linn.) 

Type du Genre PETROCOSSYPHUS (Boie). 

Turdis cyanus, Linn. S. N n 12 e édit. (1766), l, 1, p. 296. 

— Temm. Man , 2 e édit. (1820), t. 1, p. 174. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 173, mâle, — 174, femelle. 
Petrocincla cyanea, Keys et Blas Wirbelth. 1840, p. 50. 

— Degland, Ornilh. Europ. (1849), t. 1, p. 479. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 447. 

— Dubois. PL col. des Ois. de V Europ. 2 e série, t. 1, pi. 53. 

Le meule bleu, Buff. PI. Enl. 250, mâle, sous le nom de Merle solitaire, femelle 
d'Italie. v 

Toutes les parties déchirées, éboulées et désertes de nos 
Pyrénées pendant l'été; en hiver, descend dans la plaine et 
arrive même aux environs de Toulouse, jusque dans les jar- C. niche régul 1 . 

dins de la ville ; un mâle adulte a été tué dans un enclos de la 
rue des Récollets, par M. Courso, le 1 o janvier 1 873. 

Aude. En été, toutes les parties élevées ; en hiver, 

quelques sujets descendent dans la plaine. 
Ariége. Toutes les hautes montagne dénudées. 

Gers. On voit quelques rares sujets en hiver. 

Hérault. Habite les sommets élevés et déserts de ce dép 1 . 
Haules-Pijr. Toutes les montagnes de ce département dans les 

parties dénudées. 
Tarn. Sédentaire sur les hauts sommets. 

Tarn-et-Gar. On voit quelques sujets isolés pendant l'hiver. 
Pyr.-Orien. En été, tous les points élevés des montagnes; en 

hiver, quelques sujets descendent dans la 

plaine. 



P. G. 
A. G. 
T.T.R. 
R. 


niche régul 1 . 
niche régul 1 . 
ne niche pas 
niche régul'. 


T. C. 
T. R. 
T. R. 


niche régul 1 . 
niche régul 1 . 
ne niche pas 


T. G. 


niche régul 1 . 



— 201 ~ 

GENRE XXXII 

TRAQUET. — SAXICOLA (Bescht.) 

1 e '" Motteux. — Vitiflora (Briss). 

Plumage, en dessus, coloré d'une manière uniforme. 

77. - TRAQUET MOTTEUX. - SAXICOLA OENANTHE 

Becht ex Linn. 

MOTACILLA OENANTHE, LlTlll. S. N., 12 e édit. (1706), t. 1 , p. 332. 

Saxicola oenanthe, Bescht, Orn. Tasch., 4 802, l. 1, p. 217. 

— Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 237. 

Sylvia oenanthe, Temm. Man., 1 re édit. (4 815), p. 135. 

jEnanthe ginereus, P. Roux, Omïth. Prov., pi. 198, f. 1, mâle; f. 2, partie de la 
femelle. 
Saxicola oenanthe Degland, Omith. Europ. (4 8-49), t. l,p. 482. 

Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. 1, p. 450. 
Saxicola cinerea, Dubois, PL col. des Ois. de laBelg., 1 re série, t. 1, pi. 62. 
Le motteux, Buff. PI. Enl. 554, f 1, mâle, — f. 2, femelle. 

Arrive dans nos contrées vers les premiers jours de mai ; 
se répand dans nos campagnes pour se reproduire. Un grand T. C. 
passage a lieu fin août et commencement septembre; il nous ^S™ mC G r ^ U 
quitte deuxième quinzaine de ce dernier mois. 

Aude. En été, les lieux incultes et arides ; en automne, 

les champs labourés. 

Ariége. Arrive en avril, recherche les lieux incultes, 

repart en octobre. 

Gers. Un passage assez important a lieu en septembre ; 

quelques couples se reproduisent l'été. 

Hérault. On le rencontre depuis le mois d'avril jusque fin 
octobre. 

Hautes-Pijr. De passage au printemps et à la fin de l'été ; peu 
se reproduisent dans ce département. 

Tarn. Arrive en avril, une partie passe l'été; un pas- 

sage très-important a lieu en septembre. 

Tarn-et-Gar On le voit en avril, peu en été et beaucoup cou- 
rant septembre. 

Pyr.-Orien. Toute la belle saison, niche dans les endroits 
arides. 



passage 



T. 


G. 


niche régul 1 . 


T. 


C. 


niche régul 1 . 


T. 


C. 


niche régul 1 . 


T. 


C. 


niche régul 1 . 


T. 


C. 


niche accid 1 . 


T. 


C. 


niche régul 1 . 


T. 


G. 


niche régul 1 . 


T. 


C. 


niche régul 1 . 



— 202 — 

78. - TRAQUET STAPAZIN. - SAXICOLA 

STAPAZINA (Temm. ex Gmel). 

Motacilla stapazina, Gmel. S. iV. (1788), i. 1, p. 966. 

— linn.,5. N..j 12 e édit. (1766), t. 1, p. 332. 

Sylma stapazina, Temm. Alan. 1 re édit. (-1 81 5), p. 137. 
Saxicola stapazina, Temm. Ma»., 2 e édit. (1820), t. \, p. 239. 
iENANTHE stapazina, P. Roux, Ornith. Prov., pi. 199, fig. 1, vieux mâle, — fig. 2, 
femelle. 
Saxicola stapazina, Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 486. 

— Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1 867), t. 1 , p. 454. 

Saxicola atrogularis, Dubois, PL col. des Ois. del'Europ., 2 e série, t. \, pi. 56. 

De passage en automne dans les environs de Toulouse; 
quelques couples restent l'été, sur nos montagnes nues et 
rocailleuses pour s'y reproduire; nous n'en voyons aucun en R. niche accid 1 . 

hiver. Il est très-difficile de tirer ces oiseaux à portée de fusil ; 
il part de très-loin et se laisse difficilement approcher. 

Aude. Il arrive au printemps, recherche les endroits 

arides pour se reproduire; émigré en sep- 
tembre. A. R. niche régul 1 . 

Ariége. On le voit dès le mois de mai dans les parties 

élevées et arides; repart en septembre. T. R niche régul 1 . 

Hérault. Assez répandu dans ce département de fin avril 
à fin septembre, principalement dans les 
garrigues de Vendre. C. niche régul 1 . 

Hautes-Pyr. On le trouve sur plusieurs points arides et élevés 
de ce département; et pendant la belle sai- 
son. A. Ç. niche régul 1 . 

Tam. Sur quelques poinls arides et de mai à fin sep- 

tembre. T. R. niche régul 1 . 

Pyr.-Orient. Sur les parties élevées et désertes, pendant la belle 

saison. A. C. niche régul 1 . 

79. - TRAQUET OREILLARD. - SAXICOLA AURITA 

Temm. 

Vitiflora rufescens Briss. Ornith. (1760), t. 3, p. 457. 
Saxicola aurata, Temm. Man. 7 2 ,; édit. (1820), t. 1, p. 241. 



— 203 — 

JEnanthe àlbicollis, P. Roux, Ornith. Prov , pi. 200, vieux mâle. 
Saxicola aurita, Degland, Omilh. Europ. (1849), t. 4, p. 488. 

— Degl. et Gerbe, Omilh. Europ. (4 867), t. 4, p. 455. 

— Dubois, PL col. des Ois. de V Europ., 2 e série, t. 4, pi. 57. 

Vit, en été, dans les lieux les plus retirés et les plus arides 
de nos Pyrénées. 

Nous le voyons rarement à son passage dans les environs T. R. niche accil 1 . 
de Toulouse. 

Aude. De passage accidentel en automne. T. T. R. ne niche pas. 

Hérault. On le trouve depuis mai à fin septembre dans 

les lieux arides, tels que les garrigues de 

Vendre. P. C. niche régul 1 . 

Pyr.-Orient. Arrive vers les premiers jours de mai., repart 

courant septembre. P. G. niche régul 1 . 



2 e TRAQUET. - RUBETRA (Linn. ex Briss.) 

Plumage en dessus varié de taches longitudinales 

80. - TRAQUET TARIER. - SAXICOLA RUBETRA, 

Mey. et Wolf. 

Saxicola rubetra, Mey. et Wolf., Tasch. der Deuts (4 84 0), t. 1, p. 252 b. 
Stlvià rubetra, Temm. Man., 4 re édit. (4845), p. 439. 
Saxicola rubetra, Temm. Man., 2 e édit. (4 820), t. 4, p. 244. 
JEnanthe rubetra, P. Roux, Ornith. Prov., pi. 203, mâle adulte. 
Saxicola rubetra, Degland, Ornith. Europ. (4 849), t. 4, p. 493. 
Pratincola rubetra, Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (4 867), t. 4, p. 464 . 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg.., 4 e série, t. 4., pi. '63 

Le tarier, Buff., pi. Enl. 678, f. 2, mâle, sous le nom de Tarier. 

Toute l'année, la plaine ou les moyennes hauteurs de notre 
, département, recherche les endroits laissés en friche et arides; T G niche recul» 
I à la vue de l'homme, il perche sur les branches mortes des 
broussailles ou à l'extrémité des haies le long des chemins. 

Aude. Arrive dans ce département en mars, passe l'été, 

repart fin octobre. A. C. niche régul 1 . 

Ariége. On le voit dès le mois de mars pour repartir cou- 
rant octobre. G. niche régul 1 . 



— 204 — 

Gers, On le trouve depuis le mois de mars jusqu'en 

octobre. C. niche régul'. 

Hérault. il arrive dans ce département en mars et repart 

en novembre. T. C. niche régut 1 . 

HauUs-Pyr. 11 habite ce département pendant toute la belle 

saison. A. C. niche régul'. 

Tarn . Il arrive dans le mois de mars, passe l'été et repart 

fin octobre. T. C. niche régul 1 . 

Tam-el-Gar. Arrive courant mais et quitte ce département en 

octobre. T. C. niche régul 1 . 

Pyr.-Orienl. On le voit du mois de mars au mois de novembre 

dans ce département. T. C. niche régul'. 



81. - TRAQUET RUBICOLE. - SAXICOLA RUBJCOLA 

Temm. ex Linn. 

Motacilla rubicola, Linn. S. N., 1 2 e édit. (4 766), t. 1, p. 332. 
Sylvia rubicola, Temm. Man., 4 rc édit. (4 81 5), p. 4 40. 
Saxicola rubicola, Temm., A/an., 2 e édit. (4820), t. 4 , p. 440. 
jEnanthe rubicola, P. Roux, Ornith. Prov., pi. 201, vieux mâle, — 202, jeune, à 
la sortie du nid. 

Saxicola rubicola, Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 495. 
Pratlncola rubicola, Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867:; t. 1, p. 462. 

— Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 4 re série, t. 4, pi. 64. 

Le traquet, Buff., PI. Enl . 678, fig. 4, sous le nom de Traquet. 

Sédentaire toute l'année dans tout le département, sauf les niche régul 1 

grandes hauteurs de nos Pyrénées; hante presque toujours la et |J e bonne 

lisière de nos bois, le bord de nos routes et chemins bordés T p j> . ure * 

de broussailles et de haies où il perche sur les plus hautes son ni ^ ^ans 

branches au moindre bruit qu'il entend; cependant peu crain- les derniers 

tif ; il se laisse facilement approcher. jours de mars. 

Aude. Sédentaire toute l'année dans les parties arides 

des bois, dos routes et autres lieux. A. C. niche régul'. 

Ariége. En été, les coteaux el endroits en pente, en hiver 

les plaines. T. C. niche régul 1 . 

Gers. Un peu partout, où sont des parties incultes et 

arides. T. C. niche régul 1 . 



— 205 — 

Hérault. Dans toutes les parties dénudées de végétation 

sérieuse et où sont des arbustes maigres et 

rabougris. T. C. niche régul 1 . 

Uaules-Pyr. Dans toutes les parties basses des montagnes, en 

été. A. C. niche régul 1 . 

Tarn. On rencontre ce Traquet principalement sur les 

moyennes hauteurs de ce département. T. C. niche régul 1 . 

Tarn-et-Gar. On le trouve dans les clairières et lisières des 

grands bois pendant l'été. T. G. niche régul 1 . 

Pyr.-Orient. Toute l'année et un peu partout où la végétation 

est peu active. T. G. niche régul 1 . 



GENRE XXXIII. 

RUBIETTE. - ERITHACUS (Cuv.) 
1<* LES ROSSIGNOLS. - PHILOMELA (Linn.j 

Queue légèrement arrondie unicoîore, doigts externes et internes égaux. 

82. - RUBIETTE ROSSIGNOL. - ERITHACUS 
LUSCINIA (Cuv. ex Limf.) 

Type du genre PHILOMELA (Sw. et Luscinia CL. Bonap.) 

Motacilla luscinia, Linn. S. N. Inédit. (17C6), t. i,p. 328. 
Sylvu luscinia, Temm. Man. 2 e édit. (4 820), t. 4, p. 195. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 2 11 . 

Erithacus luscinia, Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 499. 
Philomela luscinia, Degland et Gerbe, Ornith. Euv. (4 867), t. 1, p. 431. 
Erithacus luscinia, Dubois, PL col. des Ois. de la Belçj., 1 re série, t. 1, pi. 69. 
Le rossignol, Buff. , pi. Enl. 615, t. 2. 

Arrive vers la deuxième quinzaine d'avril, se répand dans 
tous nos bois, parcs et jardin-, où il est très-commun ; il 
n'est pas rare de rencontrer, dans un jardin de peu d'étendue 
deux et trois rossignols, et, quand on se trouve à la campa- 
gne dans le mois de mai, par une nuit calme, claire et où la 
lune brille, on entend leur chant toute la nuit et de tous côtés. T - r - c - niche régul 1 
On dirait qu'ils se répondent entre eux. 

Le Rossignol nous quitte vers le milieu de septembre; il 
est très-rare d'en rencontrer dans les premiers jours d'octo- 
bre, et, si on en voit quelques-uns, ce sont ceux qui passent 
en descendant du Nord de la France. 



— 206 — 

Aude. Il arrive courant mars, une grande partie reste 

l'été, il repart en septembre. T. G. niche régul 1 . 

Ariigt. Il paraît dès le milieu de mars et repart en sep- 

tembre. T. T. C. niche régul 1 . 

Gen. Il passe toute la belle saison dans les bois, parcs 

et jardins de ce département. T.T.C. niche régul 1 . 

Hérault. Il arrive commencement de mars pour partir fin 

septembre. T. G. niche régul 1 . 

Hautes-Pur. On le voit dans toutes les vallées et plaines de ce 

département pendant toute la belle saison. T. Ç. niche régul 1 . 

Tarn. Il arrive en mars, passe l'été et part courant sep- 

tembre. T.T.C. niche régul 1 . 

Tarn-et-Gar. 11 arrive en mars, passe l'été et part courant, sep- 
tembre. T.T.C. niche régul 1 . 

Pyr. -Orient. 11 arrive commencement de mars pour partir fin 

septembre. T. G. niche accid 1 . 



83. - RXJBIETTE PHILOMÈNE. — ERITHACUS 

PHILOMELA (Degl). 

Llscinia major, Briss. Ornith. (1760\ t. 3, p. 400. 

Sylvia philomela, Temm. Man., 2 ? édit. (1820), t. 1, p. 196. 

Eritiiacus philomela, Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 501. 

Pmlomela major, Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1-, p. 432. 

Erithacus philomela, Dubois, PL col. des ois. de VEur., 2 e série, t. 1, pi. 62. 

Observé accidentellement dans les environs de Toulouse. Je 
trouvai un nid de cet oiseau, le 29 mai 1861, et fus frappé 
de la grosseur des œufs; je me mis à observer, et je pus me T R . , . , t 
procurer la femelle; je reconnus le Rossignol Philomèle ; 
depuis lors, je l'ai rencontré, mais de loin en loin et au pas- 
sage de fin août. 

Aude. Accidentellement observé et au passage d'au- 

tomne. T. R. ne niche pas, 

Ariégc. Je ne connais qu'une capture authentique. T. R. ne niche pas. 

Gers. Je me suis procuré les œufs de cette espèce pris 

dans ce déparlement, près Lomhez. T. R. niche accid 1 . 

Hérault. Ce Rossignol arrive courant mars, repart en sep- 
tembre. P. G niche régul 1 . 

Tarn-et-Gar. Je connais deux captures opérées au passage d'au- 
tomne. T. R. ne niche pas. 

P>jr. -Orient. Arrive en mars, passe la belle saison et repart 

fin septembre. A. R. niche régul 1 . 



207 — 



2 fi LES ROUGE-QUEUE. - RUTIC1LLA (Brehm). 

Queue égale, bicolore, les deux rectrices médianes étant d'un brun noir dans leur plus grande 

étendue. 

84. - RUBÏETTE ROUGE-QUEUE. - ERITHACUS 

PHMNICURUS (Linn.) 

Type du genre RUTICIIXA (Brehm), PHMNICURUS (Swains). 

Motacilla phmnicurus, Linn. 5. N, 42 e édition (1766), t. 4, p. 335. 
Sylvia phmnicurus, Temm. Man., 2-édit. (4820), t. 4, p. 220. 

— P. Roux, Ornilh. Prov., pi. 209, mâle, — 24 0, femelle. 

Ekithacus ph/Enicurus, Degland, Ornilh. Europ. (4849), t. 4 , p. 502. 
Ruticilla phmmcurus, Degl. et Gerbe, Ornilh. Europ. (4 867), t. 4, p. 438. 

— Dubois, PL col. des Ois. de la Belg.,. V e série., t. 4, pi. 65. 

Le rossignol de muraille, Buff., PI. Enl., 354, f. ^, mâle, — f. 2, femelle. 

En été, les moyennes et grandes hauteurs de nos Pyrénées, 
dans les endroits où il y a des roches éboulées et aussi les 
vieilles tours abandonnées. C'est du sommet de ces vieux édi- 
fices ou de l'extrémité d'un rocher nud et isolé qu'il fait 
entendre son chant, pendant que la femelle couve. T. C. niche régul 1 . 

Au printemps, à son arrivée, il recherche les prairies hu- 
mides et les lisières des bois; en automme, et au moment de 
son départ, il fréquente les mêmes endroits qu'au printemps, 
il nous quitte courant octobre. 

Aude. Passe en automne et au printemps ; ceux qui res- 

tent l'été, habitent les parties les plus éle- 
vées. T. C. niche régul 1 . 

Ariége. Pendant tout l'été, il habite les hautes montagnes, 

en hiver les plaines. T. C. niche régul 1 . 

Gers. De passage en automne et au printemps. T. C. ne niche pas. 

Hérault. De passage en automne et au printemps. A. C. ne niche pas. 

Hautes-Pyr. Arrive en avril, gagne les rochers escarpés pour 
y passer l'été; en automne descend dans la 
plaine. A. C. niche régul 1 . 

De passage en automne et au printemps. A. G. ne niche pas. 

Tarn-et-Gar. De passage en automne et au printemps. T. G. ne niche pas. 

Pyr.-Orient. Arrive au printemps, repart en novembre. A. C. niche régul 1 . 



— 208 



85. — RU.BIKTTE TITHYS. - ERITHACUS TITHYS. 

Lath. ex Linn. 



Motacilla ERiTHÀCus, Linn. S. N , 12° édit. (1766;, t. 1. p. 335. 
Sylyia titys, Lath. Ind. (1790), t. 2, p 512. 

— Temm. Mon. ge édit. ; 1 820), t. 1 , p. 2 1 8. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 208. f. 1, mâle, en été, — f. 2, femelle 
dans la même saison. 

Erithacus titoys, Degland, Ornith. Europ. (1849), t. I, p. 504. 
Ruticilla tithys, Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. \, p. 440. 
Ruticilla atrata, Dubois, PI. col. des Ois. de la Bdg., I e série, t. 1, pi. 66. 

Arrive dans les environs de Toulouse vers les premiers 
jours d'avril, se dirige sur les Pyrénées et s'élève jusqu'aux ^ p 
plus grandes hauteurs. moins 

Cet oiseau est très répandu parmi ces immenses cahos de que niche réeul 1 . 
roches éboulées qui sont sur les bords du lac d Oo ainsi l'espèce 
qu'au port de Venasque. préce- 

En automne, il regagne la plaine de nos environs et nous 
quitte vers le 1 5 octobre au plus tard 

Aude. Arrive en avril, gagne les hauts sommets, repart 

fin septembre. A. C. niche régul'. 

kriége. On le rencontre en avril, niche sur les Pyrénées, 

part courant septembre. A. G. niche régul 1 . 

Gers. Arrive en automne, une partie hiverne pour 

repartir au printemps. P. G. niche régul 1 . 

Hérault. Arrive en septembre, passe l'hiver et repart au 

printemps. A. C. niche régul 1 . 

Hautes-Pyr. En été, les hauts sommets, en automne les plai- 

ne3. G. niche régul 1 . 

Tarn. De passage en automne et au printemps. P. C. ne niche pas. 

Tam-et-Gar. On voit le Rouge-Queue au printemps et en au- 
tomne. P. G. ne niche pas. 
Pyr. -Orient. En été, les rochers élevés et déchirés, en automne 

les plaines. A. C. niche ré 



209 



3. LES ROUGE -GORGE. - RUBECULA (Briss.) 

Queue à peu près égale, unicolore, loules les rectrices terminées en pointe et légèrement 
échancrées à leur extrémité, sur les barbes externes. 

86. - RUBIETTE ROUGE-GORGE. - ERITHACUS 

RUBECULA (Degl. exLinn.) 

Type du genre RUBECULA (Briss.) 



Motacilla bdbecula, Linii. S. N., 1 2 e édition (1766), t. 1, p. 337. 
Sylvia bubecula, Temm. il/an., 2 e édit. (1820), t. 4, p. 215. 

— P. Roux. Ornith. Prov., pi. 206. 

Ebithacus bubecula, Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1 , p, 509. 
Rubeccla FàMiLiARis, Degl. et Gerbe, Ornilh. Europ. (1867), t. 1, p. 429 
Erithacus bubecula, Dubois, PL col. des Ois. de laBelg., 1 e série, t. 1, pi. 68. 
Le rouge-gorge, Buff. PI. Enl. 361, f. 1. 

Sédentaire toute l'année ; en été, les grandes forêts de la 
Haute-Garonne ; il s'approche, en automne, des fermes, des 
habitations, même jusque dans les villes en'hiver, et lorsque x. C. niche régul 1 . 
le froid est très- intense, il n'est pas rare de le voir entrer dans 
les maisons, sans paraître s'inquiéter de la présence de 
l'homme. 

Aude. Sédentaire, les bois ou montagnes l'été, les jar- 

dins et la plaine en hiver. 

Ariége. Sédentaire, les bois en montagne l'été, les jardins 
de la plaine en hiver. 

Gers. Toute l'année, mais principalement l'hiver. 

Hérault. Sédentaire, en été les grandes forêts, en hiver les 
jardins. 

Hautes-Pyr. En été, dans toutes les moyennes hauteurs boi- 
sées ; en hiver, les jardins et vergers. 

Tam. Les grands bois l'été, les environs des fermes et 

jardins en hiver. 

Tarn-et-Gar. Très-répandu en hiver, bien moins en été. 

Pyr. -Orient: Les grandes forêts pendant l'été, les jardins en 

hi ver. T. C. niche régul 1 . 

14 



T. G. 


niche régul 1 


T.T.C. 
T.T.C. 


niche régul 1 
niche peu. 


A. C. 


niche régul 1 


A. C. 


niche régul 1 . 


A. C. 
T.ï. C. 


niche régul' 
niche régul 1 



— 210 — 
4. LES GORGE-BLEUE. - CYANECULA (Brehm). 

Queue égale, bicolore. 

87. - KUBIETTE GORGE-BLEUE. - ERITHACU 

CYANECULA (Degl. ex Briss.) 

Cyanecula, Briss. Ornith. (1760), t. 3, p. 44 3. 

Sylyia suecica, Temm. Man. 2 e édit. (1820), t. 1, p. 216. 

— P. Roux, Omith. Prov., pi. 207, f. 1, mâle adulte, f. 2, moitié du 

jeune mâle. 

Erithacus cyanecula, Degland, Ornith. Eur. (1849), t. 1 , p. 510. 

Cyanecula suecica, Degl. et Gerbe, Omit. Eur. (1867), t. l,p. 434. 

Erithacos cyanecula, Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1 e série, t. 1, pi. 67. 

La gorge-bleu, Buff. PI. enl. 361, f. 2; pi. 600, f. 1, mâle sans tache, f. 2, femelle, 
f. 3, jeune. 

De passage seulement en automne et au printemps; à ces 

époques, elle recherche les endroits très- fourrés et frais, tels _ ne , s ^î s R^ s 

L/A L h i • j • , , - R. quelle ait 

que les broussailles, les oseraies de nos ramiers et les mais niché 

de fourrage où il est très-difficile de la voir pour la tirer. 

Aude. De passage en automne et au printemps. T. R. ne niche pas. 

Ariége. De passage régulier, mais en petit nombre, en 

septembre et avril. T. R. ne niche pas. 

Gers. De passage en septembre et avril, mais toujours 

en petit nombre. T. R. ne niche pas. 

Hérault. On la voit arriver courant septembre et avril. T. T. R. ne niche pas. 

Haules-Pyr. De passage non régulier en automne et au prin- 
temps. T. T. R. ne niche pas. 

Tarn. De passage régulier, mais en petit nombre, en 

septembre et avril. R. ne niche pas. 

Tarn-etrGar. De passage régulier, mais en petit nombre, en 

septembre et avril. R. ne niche pas. 

Pyr.-Orient. Arrive au printemps mais disparaît bientôt, 

repasse en automne. P. C. ne niche pas. 



— 211 — 

88. - A. RUBIETTE SUÉDOISE. - ERITHACUS 

SUECICA (Schleg). 

Luscicola cyanecula orientalis, Schleg, Revue, 1844, p. 32. 
Erithacus suecica, Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 513. 
Cyanecula suecica, Degl. et Gerbe, Ornilh. Europ. (1867), t. 1, p. 4 34. 
Erithacus suecica, Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 1, pi. 67. 

Quelques rares sujets se mêlent à l'espèce précédente dans 
ses migrations du Nord au Midi, et fréquentent les mêmes 
lieux; un sujet de cette variété, qui fait partie de ma collée- T. R. ne niche pas. 
tion. a été capturé le 10 novembre 1870, dans les ramiers 
du Moulin-du-Château , dans le rayon de l'octroi de la 
ville. 

Aude. Observée rarement et au passage d'automne et 

avril . 
Gers. Je ne connais qu'une capture et déjà ancienne. 

Hérault. Très-peu observée dans ce département. 
Tarn. Très-rare et encore au passage d'automne. 

Pyr. -Orient. Très-peu vue dans ce département. 



FAUVETTES. — CURRUCjE. 

1" SECTION. 

SYLVIES OU FAUVETTES VRAIES. - SYLVIJE (Scop.) 

Front et dessus de la tête arrondis. 



T.T.R. 


ne niche pas. 


T.T.R. 


ne niche pas. 


T.T.R. 


ne niche pas. 


T.T.R. 


ne niche pas. 


T.T.R. 


ne niche pas. 



GENRE XXXIV. 
ACCENTEUR. - ACCENTOR (Bescht.) 

;9. - ACCENTEUR ALPIN. - ACCENTOR ALPINUS. 

Bechst ex Gmel. 

MOTACILLA ALPINA, Gmel, S. N. (1788), t. 1, p. 957. 

Accentor alpinus, Bechst. Nat. Deuls (1802), t. 3, p. 700. 

— Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 248. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 204. 



— 212 — 

ACCENTOR ALPINUS Degland, Omith. Europ. (1849), t, 1, p. 518. 

— Degl. el Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. 1, p. 466. 

— Dubois, PL col. des Ois. de la Belg. 1™ série, t. 1, pi. 70. 
La fauvette des alpes, Suff., PI. Enl. 668, f. 2. 

Pendant toute la belle saison, babite les hauts sommets des 
environs de Luchon et Saint-Béat; au mois de juillet 1869 
j'en ai trouvé un grand nombre en partant de l'hospice qui fait 
face au port de Venasque, me dirigeant vers le pic de l'Enté- 
cade, dans des parties où on rencontre une masse de rochers C. niche régul 1 . 

éboulés ; il descend en automne dans la plaine des environs 
de Luchon, et sitôt que les froids viennent intenses, il dispa- 
raît pour se diriger vers les pays plus chauds; je ne l'ai jamais 
rencontré dans les environs de Toulouse. 

Aude. Observé très-rarement dans ce département. T.T. R. ne niche pas. 
Ariége. En été, les hauts sommets déserts des Pyrénées 

de l' Ariége. C. niche régul». 

Hérault. Très rarement rencontré dans ce département. T. T.R. ne niche" pas. 
Haules-Pyr. On le trouve pendant toute la belle saison sur 

les hauts sommets arides et dénudés. A. C. niche régul 1 . 
Tam-et-Gar. Je ne puis citer qu'une capture que j'ai pu cons- 

later - T.T. R. ne niche pas. 
Pgr. -Orient. On le trouve rarement, mais toujours sur les 

hauts sommets. A. R. niche régul 1 . 



90. - ACCENTEUR MOUCHET. - ACCENTOR 

MODULARIS (Temm. ex Linn.) 

Motacilla modularis, Linn. S. iV., 1 2 e édit. (1766), t. 1, p. 329. 
Accentor modularis, Temm. Man., 2 (> edit. (1820). t. 1, p. 249. 

— P. Roux, Omith. Proo., pi. 205. 

— Degland, OtnUh. Europ. (1849), t. 1, p. 520. 
Prunella modularis, Degl. et Gerle, Omith. Europ. (1867), t. 1, p. 468. 
Accentor modularis, Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1 rc série, t. 1, pi. 71. 

La fauvette d'hiver, Buff. PI. enl. 615, f. 1, femelle, sous le nom de Mouchet. 

Pendant la belle saison, habite les grands bois des moyen- 
nes hauteurs de nos Pyrénées, en hiver se répand dans la 
plaine, et nous le voyons jusque dans nos grands jardins ; 
mais, où nous le trouvons le plus abondamment, c'est dans *• ^" niche regul . 
les grands ramiers de Bracqueville et du moulin du château 
narbonnais, aux portes de Toulouse. 



— 213 — 

Aude. En été, les -vallées élevées, en hiver, les jardins 

de la plaine. T. G. niche régul 1 . 

Ariége. Se montre dans toute la plaine en hiver. T. C. ne niche pas. 

Gers. Arrive en novembre, une partie reste l'hiver, 

repart fin février. T. C. ne niche pas. 

Hérault. On ne voit cette espèce que pendant la saison 

froide. p - G. ne niche pas. 

Hautes-Pyr. Se reproduit sur quelques points élevés et en 

hiver dans la plaine. A. C. niche régul*. 

Tarn. Arrive en novembre, repart fin février. T. C. ne niche pas. 

Tarn-eUGar. On ne le trouve que pendant l'hiver. A. G. ne niche pas. 

Pyr .-Orient. Se reproduit sur quelques points élevés; en 

hiver, on le trouve dans les parcs, ramiers et 

parties fourrées de la plaine. T. C. niche régul 1 . 



SYL VIENS. — SYLVIINiï. 



- 

A» 



GENRE XXXV. 

FAUVETTE. — SYLVIA (Scop.) 
1° LES FAUVETTES PROPREMENT DITES SYLVIA. 

91. - FAUVETTE A TÊTE NOIRE. - SYLVIA 

ATRICAPILLA (Scop. ex Linn.) 

Type du genre MONACHUS (Kaup). 

Motacilla atricapilla, Linn, S. N., 12 e édit. (1766), t. 1, p. 332 
Sylvia atricapilla, Scop., An. I, Hist. nat. (1769), n° 229. 

— Temm. Man., 2 e édit. (1820). t. 1 . p. 201. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 215. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 525. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 473. 

— Dubois, PL col. des Ois. de laBelg., 1 re série, t. 1, pi. 72. 
fauvette a tête noire, Buff. PI. enl. 580, f. 1, mâle, — f. 2, femelle. 



Arrive dans nos bois, ramiers, parcs et jardins, vers la 
deuxième quinzaine d'avril ; nous quitte aux environs des T. C. niche régul*. 
premiers jours de septembre. 



T. C. 


niche régul 1 . 


T. C. 


niche régul 1 . 


T. C. 


niche régul 1 . 


T. T. C. 


niche régul 1 . 


A. Ci 

T. G. 
T. G. 


niche régul*. 
niche régul 1 . 
niche régul 1 . 



— 214 — 

Aude. Arrive en avril, passe l'été et repart en septem- 

bre. 

Ariccje. Arrive en avril, recherche les parcs et bosquets, 
repart fin août . 

Gers. On la voit arriver courant avril pour repartir fin 

août. 

Hérault. Un passage considérable a lieu au printemps et 

■ en automne; une grande partie reste l'été. 

Hautes-Pyr. Se montre en avril, passe la belle saison et repart 
fin août. 

Tarn. Arrive en avril, reste l'été pour partir fin août. 

Tarn-et-Gar. On la rencontre de fin avril à fin août. 

Pyr. -Orient. Un passage a lieu au printemps, mais ce passage 
est beaucoup plus important en automne, 
une grande partie reste en été. T. T. C. niche régul 1 . 



92. - FAUVETTE des JARDINS. - SYLVIA 

HORTENSIS (Lath. ex Gmek 



Motacilla hortensis, Gmel, S. N. (1788), t. 1 , p. 955 . 
Sylvia hortensis, Lath. Ind. (1790), t. 2, p. 507 et 508. 

— Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 206. 

Sylvia .edonia, P. Roux, Ornith. Prov., pi. 221 . 
Sylvia hortensis, Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 527. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 475. 

— Dubois, PI. col. des Ois. delà Belg., 1 re série, t. 1, pi. 73. 
La petite fauvette, Buff. , PI. enl. 579, f. 2, sous le nom de Petite Fauvette. 

C^tte Fauvette arrive dans les derniers jours d'avril, se 
répand dans nos jardins, parcs, vergers, lisières de nos grands 
bois el nos ramiers ; nous quitte au commencement de l'au- 
tomne ; si cette saison est douce, elle retarde son départ. On 
peut alors la considérer comme un fléau pour nos vergers, T. C. niche régul 1 . 
par le dégât qu'elle cause en perçant et mangeant les figues et 
autres fruits mous. Cette nourriture la fait devenir très-grasse; 
elle est, pour ce motif, recherchée par nos gourmets. 

Aude. On la voit arriver vers le milieu d'avril et repar- 

tir en octobre. T. C. niche régul 1 . 

Ariéye. Elle arrive en avril, se répand dans tous les parcs 

et jardins et repart courant octobre. T. C. niche régul 1 . 



— 215 — 

Gers. Elle se montre en avril, séjourne l'été et repart 

en octobre. G. niche régul*. 

Hérault. Arrive vers le 15 avril pour partir en octobre. T. C. niche régul 1 . 

Hautes-Pyr. On la rencontre en avril, elle passe l'été et repart 

fin septembre. G. niche régul 1 . 

Tarn. Arrive en avril, se répand dans les grands jar- 

dins et repari fin septembre. T. G. niche régul 1 . 

Tam-et-Gar. Arrive en avril, se répand dans les grands jardins, 

et repart fin septembre. T. Ç. niche régul 1 . 

Pyr. -Orient. Se montre en avril, reste tout l'été et repart cou- 
rant octobre. T. T. C. niche régul 1 . 



2" LES BABILLARDES. — CURRUCA (Boie). 

93. - FAUVETTE BABILLARDE. - SYLV1A 

CURRUCA (Lath. ex Linn.) 

Motacilla curruca, Linn. S, IV-, 1 2 e édit. (1766), t. 1, p. 329 et 334. 
Sylvia curruca, Lath. Ind. (1790), t. 2, p. 509. 

— Temm. Man, 2 e édit. (1820), t. 1, p. 209. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 216. 

— Degland, Ornilh. Europ. (1849), t. 1, p. 529. 
Curruca garrula, Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. i,p. 477. 
Sylvia garrula, Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., 1 e série, t. 1 , pi. 74. 
La fauvette rarillarde, Buff , PI. enl. 580, f. 3. 

Nous avons celte Fauvette pendant toute la belle saison ; 
elle arrive vers le 1 5 avril pour nous quitter dans les derniers 
jours d'août. Elle se répand un peu partout, mais aime, de c. niche régul*. 

préférence, les endroits frais et fourrés où il est très-facile de 
la perdre lorsqu'on veut la poursuivre. Elle établit son nid, 
dans les broussailles, presque par terre. 

Aude. On la voit depuis le mois d'avril à fin août. C. niche régul*. 

Ariége. Elle arrive vers le 15 avril pour repartir fin 

août. P. G. niche régul*. 

Gers. Elle est assez abondante dans ce département pen- 

dant toule la belle saison. G. niche régul*. 

Hérault. Elle arrive dans les premiers jours d'avril pour 

partir fin septembre. P. C. niche régul*. 

Haules-Pyr. On la trouve dans les premiers jours de mai, 

repart fin août. P. G. niche régul*. 






— 210 — 

Tarn. Elle se montre en mai, passe la belle saison pour 

partir fin août. P. C. niche régul 1 . 

Tamcl-Gar. Elle arrive fin avril, commencement mai, pour 

partir fin août. C. niche régul 1 . 

Pyr.-Oricnt. La Babillarde arrive en avril pour partir fin sep- 
tembre. A. C. niche régul 1 . 



94. - FAUVETTE 



ORPHEE. 

Temm. 



SYLVJA ORPHEA 



Sylvia orphea, Temm. Man., 1* édit. (1820), t. 1, p. 198. 

Sïlvia grisea, P. Roux, Ornith. Prov., pi. 213, f. 4, mâle, f. 2, femelle. 

Sylvia orphea, Degland, Ornilh. Europ. (1849), t. 1, p. 530. 

Curruca orphea, Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 479. 

Sylvia orphea, Dubois, PL col. des Oit. delà Belg., i re série, t. 1, pi. 72 A. 

La fauvette, Buff., PI. Enl. 579, f. 1, femelle, sous le nom de Fauvette. 



Quelques rares sujets viennent au printemps et passent tout 
l'été dans les environs de Toulouse, nous quittent dès le 
commencement du mois de septembre. Je ne l'ai jamais ob- 
servée dans les vallées de nos Pyrénées. 



niche 

presque 

régulièrement, 



Aude. Cette Fauvette arrive en avril et repart fin août, 

commencement septembre. 
Hérault. Elle arrive en avril, passe l'été, repart fin août 

ou premiers jours de septembre. 
Tarn. Je ne connais que deux captures. 

Tarn-el-Gar. De passage tout-à-fait accidentel. 
Pyr. -Orient. On la voit dès les premiers jours d'avril pour 

repartir en septembre. 



A. G. niche régul 1 



T. T. C. 
T.T.R. 
T.T.R. 



niche régul 1 . 
ne niche pas. 
ne niche pas. 



T. C. niche régul 1 . 



95. - FAUVETTE GRISETTE - SYLVIA CINEREA 

Lath. 



Sylvia cinkrea, Lath. Ind. (1790), t. 2, p. 514. 

Temm. Mm.) 2* édit. (1820), t. 1, p. 207. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 220. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1. p. 534. 
Gubbuga cinerea, Degl. et Gerbe, Ornilh. Europ. (1867), t. l,p. 480. 
Sylvia cinkhkv, Dubois, PL col. des Ois. de la Belg. 1° série, t. 1, pi. 74. 
La grisette. Buff , PI. enl. 579, f. 3. 



217 



Nous voyons celte fauvette dans les environs de Toulouse 
vers le commencement d'avril ; elle se répand dans nos cam- 
pagnes, recherche les haies et les champs de grande luzerne, 
et trèfle; nous quitte aux premiers jours de septembre. Cette 
espèce et la Babillarde sont les plus communes de toutes 
celles qui nous visilent. 



T.T.C. 



niche régul 1 
et aux mêmes 

endroits que 
la babillarde. 



Aude. 
Ariége. 
Gers. 
Hérault . 
Hautes-Pyr. 



Tarn. 
Tarn-et-Gar. 

Pyr. -Orient. 



96. 



Arrive fin mars, commencement avril ; elle repart 
en septembre. 

On la voit dès les premiers jours d'avril pour 
repartir fin août, commencement septembre. 

Très répandue partout dès les premiers jours d'avril 
à fin août. 

Elle arrive en avril, passe l'été, repart en sep- 
tembre. 

On la trouve dans toutes les vallées et plaines de 
ce département, depuis les premiers jours 
d'avril jusqu'à la fin août. 

Assez répandue du mois d'avril à fin août. 

Elle arrive en avril, passe l'été et repart en août- 
septembre. 

Très-répandue d'avril à fin septembre dans ce dé- 
partement. 



FAUVETTE PASSERINETTE 

PASSERINA (Temm.) 



T.T.C. 


niche régul 1 . 


T. C. 


niche régul 1 . 


T.T.C. 


niche régul 1 . 


T. T. Ç. 


niche régul 1 . 


T. C. 
T. C. 


niche régul 1 . 
niche régul 1 . 


T. T. G. 


niche régul 1 . 


T. C. 


niche régul 1 . 


'E. - 


- SYLVIA 



Sylvia passerina, Temm. Man., 3 e part. (1835), p. 131. 

Sylvia subalpina, Temm. etLaug. PI. col. 251, f. 2 et 3, mâle et femelle, sous le 
nom de Bec-Fin Subalpin. 
Sylvia passerina, P. Roux, Omilh. Prov., pi. 217, f. 1 et 2, sujets adultes. 

— Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 536. 

Curruca subalpina, Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 482. 
Sylvia subalpina, Dubois, PL col. des Ois. de l'Eur., 2 e série, t. 1, pi. 67. 

La Fauvette Passerinette ou Babillarde Subalpine arrive, 
dans la Haute Garonne, courant avril, passe toute la beUe 
saison dans les bois garnis de ronces et broussailles et en coteaux 
de préférence, aime, à la fin de l'été, les fruits sucrés de notre 
pays, notamment les figues et les raisins ; elle nous quitte en 
septembre. Je n'en ai jamais rencontré en hiver, malgré l'as- 
sertion de plusieurs auteurs qui la disent sédentaire dans le 
Midi. 



T. R. niche régul 1 . 



R. 


niche régul 1 . 


T. R. 


niche accid 1 . 


T.T.R. 


ne niche pas. 


A. G. 


niche régul 1 . 


T.T.R. 


ne niche pas. 


P. G. 


niche régul 1 . 



— 218 — 

Aude. Arrive fin mars pour partir fin août ou com- 

mencement septembre. 

Ariége. Quelques sujets se reproduisent dans les coteaux 
arides de ce département, pour repartir dès 
la fin du mois d'août. 

Gers. Observé rarement dans ce département et en au- 

tomne. 

Hérault. Passe toute la belle saison dans ce département. 

Tarn. Se trouve très-rarement dans ce département. 

Pyr.'Orient. Arrive commencement de mars, passe l'été et 
repart courant septembre. 



97. - FAUVETTE MÉLANOCÉPHALE. - SYLVIA 

MELANOCEPHALA (Lath. exGmel.) 

MOTACILLA MELANOCEPHALA, Gmel. S. N. (1788), t. 1, p. 970. 

Sylvia melanocephala, Lath. Ind. [4790), t. 2, p. 509. 

— Temm. Mon., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 203. 

Sylvia jiuscicola, P. Roux, Ornith. Prov., pi. 21. 
Sylvia melanocephal\, Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 540. 
Curruca MELANOCEpnALA, Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 487. 
Sylvia melanocephala, Dubois, PI. col. des Ois. de l'Ear., 2 e série, t. 1, pi. 65. 



ne sais pas 



Ce n'est qu'accidentellement que j'ai rencontré cette Fau- 
vette, et encore fin août, commencement septembre; je n'ai, 
pour ma part, trouvé que deux sujets. Ce qui est très-bizarre, 
cette espèce qui est une grande rare té pour nous, est très- * ■ quelle ait 

commune et sédentaire dans le département de l'Aude, et niché, 

encore plus dans l'Hérault, dont un limitrophe de la Haute- 
Garonne. 

Aude. On la rencontre sur quelques points de ce dépar- 

tement où elle est sédentaire. 

Hérault. Sédentaire toute l'année et partout, surtout dans 
les garrigues entre Vendre et Béziers. 

Pyr.-Orien. Sédentaire sur plusieurs points de ce départe- 
ment. 



A. C. 


niche régul 1 


T. C. 


niche régul 1 . 


A. C. 


niche régul» 



;— 219 - 



3 e LES MÉLIZOPHILES. - MELIZOPHILUS (Leach). 



98. - PITCHOU PROVENÇAL. - MELIZOPHILUS 

PROVINCIALIS (Jenyns ex Gmel.) 



Motacilla provincialis, Gmel., S. N. (1788). t. 1, p. 958. 
Sylvia provincialis, Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 211. 
Melizophilus provincialis, Jenyns, Man. Brit. Vert. Ann a (1835), p. 112. 
Sylvia ferruginea, P. Roux, Omith. Prov., pi. £19, mâle en été. 
Sylvia provincialis, Degland, Omith. Europ. (1849), t. 1, p. 544. 
Melizophilus provincialis, Degl. et Gerbe, Omith. Europ. (1867), t. i, p. 490. 
Sylvia provincialis, Dubois, PL col. des Ois. de l'Eur., 2e série, t. 1, pi. 70. 
Le pitchou Buff., PI. enl. 655, f. 1, mâle, sous le nom de^Pitte-Chou de Pro- 
vence. 

Sédentaire toute l'année ; en été habite les coteaux secs, 
arides, couverts de bruyères, de genêts et dans les landes où 
croissent les ajoncs ; pendant la saison froide, descend dans G. niche régul 1 . 

la plaine, mais hante toujours, et autant qu'il le peut, les 
endroits sans culture. 

Aude. Sédentaire sur quelques points de ce département. C. niche régul*. 

Ariége. Recherche les endroits arides et pierreux où il 

passe toute l'année. p. C. niche régul 1 . 

Gers. On trouve quelques sujets en hiver qui ne font 

que passer. T R ne n i cne pa8 . 

Hérault. Sédentaire dans presque tous les lieux pierreux 

et arides, principalement dans les garrigues 

de Vendre. A. C. niche régul 1 . 

Hautes-Pyr. On le trouve toute l'année sur plusieurs points rb 

ce département. P. C niche régul 1 . 

Tarn. Sédentaire sur quelques points de ce département. T. R. niche peu 

Tarn-et-Gar. On rencontre, en hiver, quelques égarés et de 

loin en loin. T. T. R. ne niche pas. 

Pyr.-Orien. Sédentaire dans presque tout le département. A. C. niche régul 1 . 



— 220 — 

GENRE XXXVI. 

HYPOLAÏS. - HYPOLAIS. (Brehm). 

99. - HYPOLAÏS ICTÉRINE. - HYPOLAIS ICTERINA 

Z. Gerbe ex Vieill. 

Sylvia hyppolaïs, Temm. Man., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 222. 

Sylvia icterina, Vieill. N. Dict. (1817), t. IX, p. 194, et Fau.Fran.,p. 211. 

Hippolaïs icterina, Z. Gerbe, Rev. Zool (1844), t. 8, p. 240,— (1846), t. 9, p. 433. 

— Degland, Omith. Europ. (1849), t. 1, p. 561. 

— Degl. et Gerbe, Ornilh. Europ. (1867), t. 1, p. 498. 
Hippolaïs salicaria, Dubois, PI. col. des Ois. de laBelg., 1 e série, t. 1, pi. 78. 
Fauvette des roseaux, Buff., PI. enl., 581, f. 1, sous le nom de Fauvette des Ro- 
seaux. 



Cette espèce arrive vers les derniers jours d'avril, se 
répand dans les parcs, jardins, vergers et surtout les ramiers 
et endroits un peu humides; nous quitte vers les premiers ^- niche régul 1 . 

jours de septembre. 

Aude. Cette espèce arrive en avril, recherche les lieux 

ombrés et humides; repari fin août. A. C. niche régul 1 . 

Ariége. L'Hyppolaïs se montre d'avril à fin août. C. niche régul 1 . 

Gers. On rencontre cette espèce pendant toute la belle 

saison. A. C. niche régul 1 . 

Hérault. Tres-répandu pendant toute la belle saison. T. C. niche régul 1 . 

Hautes-Pyr. 11 arrive dans les derniers jours d'avnl pour re- 
partir fin août. P. C. niche régult. 

Tarn. Assez répandu, en été, sur plusieurs points hu- 

mides du déparlement. A. C. niche régul 1 . 

Tam-el-Gar. On voit l'Hyppolaïs depuis le mois d'avril à fin 

août. C. niche régul 1 . 

Ptjr. -Orient. Il arrive vers les premiers jours d'avril pour 

partir en septembre. T. C. niche régul 1 . 



— 221 



100. — HYPOLAÏS POLYGLOTTE. - 

POLYGLOTTA (Z. Gerbe ex Vieill.) 



HYPOLAÏS 



Sylvia polyglottà, Vieil. Nouv. dict. (1817), l. 11, p. 200 Faune Fr., p. 212. 

— P. Roux, Ornith. Prov., pi. 224. 

Hippolaïs poliglotte, Z. Gerbe, Rev. Zool. (1 844), t. 7, p. 440, et (1846), t. 9, 
p. 434. 

Hippolaïs poliglotte, Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1,p. 559 
Hippolaïs polyglotta, Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 502. 

— Dubois, PL col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 1, pi. 78 A, 



Cette espèce arrive vers les premiers jours d'avril et fré- 
quente, à son arrivée, les endroits frais et humides, puis se 
répand dans les coteaux, et, en été, on la trouve aussi bien 
dans les parties arides que dans les localités fraîches et humi- 
des. Au moment de son départ nous la voyons le long des 
rivières ou des ruisseaux, et vers la fin septembre on n'en voit 
plus du tout. 

Aude. Arrive en avril, repart fin septembre. 

Ariége. Peu répandu dans ce département. 

Gers. On voit cette espèce depuis le mois d'avril jus- 

qu'en septembre. 

Hérault. Arrive en quantité au printemps, une partie reste 
l'été, et la repasse a lieu fin septembre. 

Hautes-Pyr. On rencontre peu cette espèce dans ce départe- 
ment. 

Tarn On trouve cette espèce depuis avril en septembre, 

mais toujours en petit nombre. 

Tarn-et-Gar. Du mois d'avril en septembre on rencontre cet 
Hyppolaïs dans ce département. 

Pyr. -Orient. On le trouve dans toutes les parties basses et hu- 
mides pendant la belle saison. 



C. 



G. 
A. R. 

P. G 

T. C. 

R. 

P. C. 

P. C. 
C. 



niche 
régulièrement 

dans 

les touffes des 

arbustes. 



niche régul 1 . 
niche régul*. 

niche régul*. 

niche régul 1 . 

niche accid 1 . 

niche accid 1 . 

niche régul 1 . 

niche régul 1 . 



— 222 — 

GENRE XXXVII. 

ROUSSEROLLE. - CALAMOHERPE (Boie). 

101. ROUSSEROLLE TURDOÏDE. - CALAMOHERPE 

TURDOIDES (Boie ex Meyer). 



Sylvia turdoïdes, Meyer, Vog. lin. und Estl. (1815), p. 116. 
Turdus ARUNDiNàCEus, Temm. Man., 1 e édit. (1815), p. 96. 
Sylvia turdoïdes, Temm Man., 2 e édit. (1820), t. 1 , p. 181. 

CALAMOHERPE TURDOÏDES, Boie, fris (1822), p. 552. 

Turdus arundinaceus, P. Roux, Ornith. Prov., pi. 175, f. 1. 
Calamoherpe turdoïdes, Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 570. 

— Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 515. 

Calamoherpe turdida, Dubois, PL col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 1, pi. 81. 
La rousserolle, Buff., PI. Enl. 513. 

Cette Kousserolle arrive vers les premiers jours d'avril, fré- 
quente les ramiers et les mares pourvus de joncs et roseaux 
où elle établit son nid, et nous quitte fin août; si on rencon- P- C. niche regul . 
tre quelques sujets plus tard, ce sont ceux de passage et qui 
viennent du Nord. 

Aude. Arrive au printemps, recherche les lieux pouivus 

de plantes aquatiques ; repart courant sep- 
tembre. C. niche régul 1 . 

Ariége. On la voit d'avril en septembre, recherche les 

parties marécageuses. A. C. niche régul 1 . 

Gers. On rencontre la Rousserolle depuis le mois d'avril 

à courant septembre. A. C. niche régul 1 . 

Hérault. Arrive en avril pour partir en septembre ; très- 
commune à l'étang de Vendre. A. C. niche régul 1 . 



— 223 — 

Hautes-Pyr. On trouve peu cette espèce dans ce départe- 
ment. T. R. niche régul 1 . 

Tarn. On voit arriver la Rousserolle Turdoïde en avril 

et partir en septembre. P. c. niche régul*. 

Tarn-et-Gar. C'est, toujours en avril qu'arrive cette espèce pour 

partir en septembre. C. niche régul 1 . 

Pyr. -Orient. Elle arrive en avril, recherche les endroits frais 

et humides; repart courant septembre. A. C. niche régul*. 



102. - ROUSSEROLLE EFFARVATTE. — 

CALAMOHERPE ARUNDINACEA (Boie ex Gmel.) 

MOTACILLA ARUNDINACEA., Gmel. S. N. (1788), t. 1, p. 992. 

Sylvia arundinacea, Temm. Man, 2 e édit. (1820), t. 1, p. 134. 

Calamoherpe arundinacea, Boie, bis (1822), p. 972. 

Sylvia strepera, P. Roux, Ornith. Prov., pi. 227. 

Calamoherpe arundinacea, Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1,p. 572. 

— Degl. et Gerbe. Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 516. 

— Dubois. PI. col. des Ois. de la Belg., 1 re série, t. 1, pi. 80. 

Arrive dans la Haute-Garonne vers le 15 avril, recherche, 
dès son arrivée, les endroits marécageux où elle s'établit et y C. niche régul 1 . 

passe toute la belle saieon; elle nous quitte commencement 
septembre. 

Aude. On trouve l'Effarvatte, d'avril au mois d'octobre. T. C. niche régul 1 . 

Ariége. Elle arrive fin avril, commencement de mai, pour 

partir en octobre. P. C. niche régul 1 . 

Gers. Répandue dans toutes les parties marécageuses, et 

pendant toute la belle saison. C. niche régul 1 . 

Hérault. Arrive dans les derniers jours d'avril et repart en 

octobre; très-commune à l'étang de Vendre. T. T. C. niche régul 1 . 
Hautes-Pyr. On trouve cette espèce dans les parties humides de 

la plaine de ce département, et en été. P. C. niche régul 1 . 

Tarn. Sur quelques points de ce département, et de mai 

en octobre. R. niche régul*. 

Tarn-et-Gar. On la trouve, pendant la belle saison, dans les 

lieux où poussent les plantes aquatiques. P. C. niche régul 1 . 
Pyr. -Orient. Arrive fin avril dans ce département, repart fin 

octobre. C. niche régul 1 . 



— 224 - 

103. - ROUSSEROLLE VERDEROLLE. - 

CALAMOHERPE PALUSTR1S (Boie). 



Stlvia palustrls Temm. Mon., 2 e édit. (1820), t. 1, p. 192. 
Calamoherpe palustuis, Boie, Isis (1826), p. 972. 
Stlvia palustuis, P. Roux, Omilh.-Prov., pi. 227 bis. 
Calamoqerpe palustris, Degland, Ornith. Europ. (1849), t. 1, p. 574. 

— . Degl. et Gerbe, Ornith. Europ. (1867), t. 1, p. 518. 

Stlvia palustuis, Crespon, Ornith. du Gard (1840), p. 1 17. 

Calamoherpe palustris, Dubois, PI. col. des Ois. de la Belg., l r e série., t. 1 
pi. 82, f. 1. 

Arrive en môme temps que l'espèce précédente et recher- 
che les mêmes endroits. Cependant je l'ai rencontrée dans les 
roseaux qui poussent au bord de la Garonne, dans les ra- r niche réeul 1 . 

miers du Moulin-du-Château, et n'ai jamais trouvé l'Effarvatte 
que dans les grandes llaques d'eau dormantes ou peu couran- 
tes. 

Aude. Arrive en mars, passe l'été et repart fin septem- 

bre. R. niche regul 1 . 

Ariége. Passe toute la belle saison dans ce département. P. C. niche régult 1 . 

Gers. On y rencontre peu cette espèce. A. R. niche acciil 1 . 

Hérault. On rencontre la Verderole en mars pour repartir 
fin septembre; très commune à l'étang de 
Vendre, près Béziers. C. niche régul 1 . 

Hantes-Pyr. Très-peu observée dans ce département. T. T. R. niche accid 1 . 

Tarn. Ce n'est qu'en été qu'on rencontie cette espèce. T. R. niche régul 1 . 

Tarn-et-Gar. On la trouve pendant toute la belle saison, mais 

rarement. T.T.R. niche accid 1 . 

Pyr.-Oricnt. Elle arrive en mars pour repartir fin sep- 
tembre. G. niche régul 1 . 



Séance du 12 mars 1873. 

Présidence de M. le D r Gourdon. 

La Société reçoit : 

1° Bulletin de la Réunion des officiers, 8 mars. 

2° Bulletin de la Société d'acclimatation , mars à août 4 867 , 
novembre 4868; mai 1870; mars à décembre 1872. 

3° Procès-verbaux des séances de la Société littéraire, scientifi- 
que et artistique d'Apt , 2 e série, t. I er . 

4° Mémoires de la Société d'émulation du Jura, 1874-2 , Lons- 
le-Saulnier, 1872. 

5° Comptes-rendus de V Académie des Sciences, 3 mars 1873. 

6° Lettre de M. de Courrèges , remerciant la Société de sa 
nomination comme membre correspondant. 

M. le D r Gourdon communique la Note suivante : 

Aperçu sur la géologie de la région de Rennes -les -Bains 

(Aude). . 

La station de Bennes -les -Bains forme, au sud de l'arron- 
dissement de Limoux (Aude), une région aussi intéressante 
par ses sourees thermales que par l'aspect pittoresquement 
accidenté de son sol. Souvent visitée, elle a été l'objet, à 
diverses reprises, des études de divers géologues distingués, 
Picot de Lapeyrouse, Dumortier, d'Archiac, Leymerie, et 
en particulier de notre regretté collègue H. Magnan, qui a 
appliqué à l'ensemble du pays, comme partout, sa méthode 
lumineuse d'exploration. 

Ces différents travaux présentent toutefois, à l'égard du 
territoire particulier de Rennes, une lacune assez notable qui 
m'avait été signalée par Magnan lui-même; lacune qu'ex- 
pliquent dans une certaine mesure, le caractère accidenté 
du pays, la diversité de nature, d'étendue et d'inclinaison 
de ses assises géologiques constitutives, affectant dans leur 

d5 



— 226 — 

ensemble une irrégularité au premier aspect indéchiffrable. 
Aussi, jusqu'à présent n'exisle-t-il aucune coupe statigra- 
phique exacte de cette petite région. La seule qui ait été 
essayée et que l'on doit à d'Archiac remonte à une ving- 
taine d'années (1). On trouve daus cette notice une descrip- 
tion détaillée et exacte des différentes couches qui peuvent 
être observées dans la localité, une énumération assez com- 
plète des fossiles qu'elles renferment. Mais elle ne donne 
aucune idée des rapports respectifs des couches, non plus 
que des accidents de terrains multipliés auxquels toute cette 
région doit sa physionomie si caractéristique; accidents 
d'ailleurs, offrant par eux-mêmes d'autant plus d'intérêt à 
préciser qu'ils se lient d'une manière directe à l'origine et 
au mode de distribution des eaux minérales qui abondent 
dans la station. 

Là était donc un point à éclairer, une élude à com- 
pléter. La tâche m'a tenté, etmîlgié ma faible compétence 
en cette matière, j'ai cru pouvoir profiler d'un séjour de 
quelques semaines, que j'ai eu l'occasion de faire à Rennes 
pendant l'été de 1872, pour essayer de résoudre, par un 
nouvel examen du terrain, ce petit problème de géologie 
locale. 

Afin qu'on puisse plus nettement apprécier le résultat 
des observations que j'ai à présenter, un coup d'oeil géné- 
ral sur l'orographie et la géologie du pays est d'abord 
nécessaire. 

ART. 1. 

COUP-D'OEIL GÉNÉRAL SUl\ l'oROGAPHIE DU TERRITOIRE. 

Le territoire de Rennes, qui occupe la partie la plus méri- 
dionale du département de l'Aude, forme en môme temps 
la partie la plus occidentale des Corbières, ensemble de 
montagnes d'un caractère orographique tout spécial, et 

(i) Bull, de la Soc. géol. de France, séance du 23 janvier 1854. 



i.l i.imii ,„ • c,i n ■ 



Di'.uviuin di V 



Terrain Tertiaire 



ratajCPKÏantt: W11J1 M 



V.1, ; m^ j!> .ij 



( in!' ',J : 



/Hua il 



Tot Crétacé ' Moyen J ICaioira a Mistes 

ICéaoïaanien 

ifeneur )^ lm 

VNéocomien. 
Terrain Jurassique 
Tnas 

Terrain de Transition 
Granit du terrain Primordial 

(Coupesau 50,000'™») 



^TT 



(%l)- COUPE B.E.-S.O. DU MONT CARDOU (ferf de trans^A LA FORÊT D£ FiNCESICU à S'Aniome) 

passant par Rermes-les-Bams 



Forêt de Fangi 



(Fi§2) COUPE IV. S. PASSANT PAR 1E PIC DE BUGARACH. 

Chaîne de S'Aitaie Pic de Bugarach L.nas Col de Capela lit de la Sali lesCrouzils Massif de Ifathoumet 



(%5.) - COUPE D'ENSEMBLE N.-S. MONTRANT LA SÉRIE DES TERRAINS CRÉTACÉS DU MASSIF DE MONTHOUMET A LA CHAINE DE LESOUERDE. 

Soulatge 



(Fig.4.) - COUPE N-S. ENTRE LES DEUX BRAMES DE LEXTREMITÉ DELA CHAINE DE MONTHOUMET, 



Rennus Coustaussa 



Chaîne de Monthoumet 




PL I. 



A - :.; - ■ 




(Groupe d'Alel 




*— 



COUPE O.E.- S.S.O. DU TERRITOIRE DE RENNES -LES-BAINS, passant par les établissements thermaux. (Echelle au 10 000 e ) 



PL. II 



Hameau de Jandou 



Lit de 
la Blanque 




Moulin Coume- Sourde 

Tiffau (B30" 1 ) 



Village de 
Rennes les Bains 



Lit de la Salz Bac de la Barrlei 



I Source Source ; 

■ juBsùvrort du Bain de la fieine 



Sommet de 

Rivière plane 

(564?) 




il i,l MM. ....*! 'M'PE'- 



Dilimuin des Vallées 

Terrain Tertiaire f ocèue *« - "- 



i ^Calcaire ÎTiflilEiograpri 

Vtariii 



tig.GrèsMaroes rouge 

Grès iAIct 

Marnes bleues . 
Calcaire iMmodermes 



Aptiea 

lleocoiLueiL 



Terram Jurassique . 

Tnas 

Terrain, de Transition 

Granit du terrain Primordial 



COUPE PARALLELE A LA COUPE CI-DESSUS, passant par le Bain-Doux. 




M 



- 227 - 

dont on ne retrouve point l'analogue dans la chaîne des 
Pyrénées. Ces montagnes, généralement peu élevées, sont 
presque toutes à une seule inclinaison, principalement tour- 
née vers le S. S. O. , ce qui fait ressembler la surface du 
pays, suivant une comparaison de d'Archiac, à un parquet 
dont toutes les dalles auraient été soulevées d'un même 
côté, et que l'on peut se représenter encore comme un sol 
horizontal, fracturé en un grand nombre de points, et dont 
toutes les parcelles se seraient inclinées dans le même sens 
par l'abaissement de leur bord méridional. 

Le groupe de montagnes de la région de Rennes en 
particulier, que ne distingue aucun nom d'ensemble, 
participe de la forme générale de ce système monta- 
gneux. Il offre toutefois ce caractère spécial de se trouver 
compris entre deux groupes assez considérables de monta- 
gnes formant les deux principales chaînes qui s'élèvent dans 
les Corbières, et que d'Archiac décrit sous les noms de 
massif de Monthoumet et de chaîne de Saint- Antoine de 
Galamus. 

Massif de Monthoumet. Sous ce nom, tiré de celui d'un 
village qui en occupe à peu près le centre, d'Archiac dési- 
gne un groupe montagneux formant une zone, allant de 
l'est à l'ouest, de 46 kilomètres de long sur 42 kilomètres 
de largeur, et se terminant à l'ouest, sur la rive droite de 
l'Aude, entre Aletet Rennes, par deux branches distantes, à 
leur extrémité, d'une dizaine de kilomètres et laissant entre 
elles un intervalle occupé par une large plaine ondulée 
dont la petite ville d'Arqués forme en quelque sorte le 
centre, 

Par sa situation, ce massif forme une ligne de partage qui 
coupe toute la partie du département située à l'est de la 
rivière l'Aude, en deux régions très inégales, l'une au sud, 
s'étendant jusqu'à la chaîne de Saint-Antoine, d'unelargeur 
N. S. de 10 kilomètres environ*, l'autre au nord, d'une étendue 
quatre à cinq fois plus considérable. Constituées par des 
terrains de transition (Cambrien et Silurien), ces montagnes 



— 228 - 

se présentent sous l'aspect de cônes arrondis au somme!, à 
pentes très-régulières, souvent assez rapides, et cou vertes de 
pelouses très-uniformes d'aspect, principalement au bord 
méridional du massif. 

Chaîne de Saint- Antoine de Galamus. Exactement dirigée, 
comme la précédente, de l'est à l'ouest, celle chaîne com- 
prend, à son extrémité ô., les grands escarpements de la 
forêt des Fanges, que coupent les gorges de Pierre-Lis, 
et se continue vers l'est, dans une étendue de plus de 
50 kilomètres. Elle forme des pentes abruptes, la plupart 
infranchissables, et qui ne peuvent guère être traversées 
qu'au col de Saint-Louis, à l'est de la forêt des Fanges. 

Cette chaîne, dont la largeur ne dépanse pas 2 a 3 kilo- 
mètres, et souvent même est moindre, seri de limite aux 
déparlements de l'Aude et des Pyrénées-Orientales. Sa crête 
et sa pente méridionale sont formées par un seul système 
calcaire plongeant au sud. Sa pente nord, souvent coupée 
de grands escarpements, est constituée par les tètes de ces 
mêmes couches et les effleurements de 1 étage inférieur. 

La chaîne de St-Antoine de Galamus, simple et nette- 
ment délimitée au sud, est prolongée au nord par de nom- 
breux appendices qui la relient plus ou moins au massif de 
Monthoumet. Un de ces appendices se détache, entre Camps 
au nord et Prugnanes au sud, à l'ouest du défilé de l'Agly, 
sous la forme d'une crête rocheuse, dirigée N. N. 0. et 
venant se terminer au pic de Bugarach, massifisolé,de1231 
mètres d'altitude, qui s'élève brusquement au-dessus de 
la chaîne qui l'entoure, et forme en quelque sorte le point 
culminant des Corbières. Ses formes anguleuses, sa cime 
dépouillée lui donnent un aspect particulier, qui tranche au 
milieu des sites à lignes prolongées particuliers au pays. 

Du sommet de Bugarach, qui domine au loin la contrée 
environnante, la vue embrasse un horizon qui atteint pres- 
que 40 lieues de rayon. Vers l'est, dans la direction de 
Soulalge, on aperçoit les montagnes de Tuchan. Au sud, 
se montre surtout la longue ligne formée par la chaîne de 






— 229 — 

Sainl-Antoine, au-delà de laquelle apparaissent, en outre, 
deux crêtes appartenant à la chaîne d'Ayguebonnes et de 
Lesquerde, que forment, à une distance seulement de 5 à 6 
kilomètres, une série de tronçons alignés parallèlement à la 
chaîne de St-Antoine, et offrant tout-à-fait les mêmes carac- 
tères. 

Vers l'ouest, on aperçoit une série de rides régulières 
presque reclilignes, tranchantes, que domine au sud la 
longue ligne noire de la forêt des Fanges, d'une altitude 
d'environ 1000 kilomètres. Ces rides, du sud au nord, 
vont en diminuant progressivement d'élévation. 

On dislingue ainsi successivement, en partant de l'est de 
la forêt, 4° la crête allant de St- Louis à St-Julia, atteignant 
7 à 800 mètres; 2° à l'ouest, les crêtes deSt-Just et de St- 
Ferriol, de 8 à 900 mètres ; 3° en avant de celles-ci, la crête 
de Bézu et la métairie du Mas, de 7 à 800 mètres., au nord 
desquelles apparaissent, sous une altitude moindre, les 
montagnes du territoire de Rennes, venant butter contre le 
Gardou, leur point culminant au nord, et appartenant à l'ex- 
trémité occidentale du massif de Monthoumet. Une autre 
crête, peu prononcée, mais continue, placée au nord du pic 
de Bugarach, offre la même direction que les précédentes. 

Toutes ces crêtes plongent invariablement au sud et 
figurent, dans leur ensemble, les vagues immenses d'une 
mer houleuse, qui se rapprocheraient ensemble et parallè- 
lement d'un rivage situé vers le N.-E. Toutes sont recon- 
naissables, à leur relief, à une grande distance, et offrent 
une teinte claire, une surface presque dépourvue de 
végétation, des escarpements abruptes, souvent verticaux, 
tournés vers le nord, avec des talus au midi plus réguliers 
et moins arides. 

Placées entre les deux principales chaînes que nous venons 
de décrire, limitées à l'ouest par la rive droite de l'Aude, à 
l'est par les montagnes de Tuchan, les montagnes de Rennes 
sont allongées, comme tout le système, de l'ouest à l'est, 
mais sont moins élevées que celles qui les entourent. Dans 



- 230 - 

les environs des Bains, au sud et à l'ouest, notamment, 
elles paraissent couronnées de reliefs saillants constitués 
par des grès à escarpements curieusement découpés et 
offrant des formes aussi bizarres que variées. 

Le territoire de Rennes, en particulier, se distingue, 
dans cet ensemble, par sa forme régulièrement excavée; 
il présente l'aspect d'une sorte de cuvette à fond arrondi, 
également visible de toutes les hauteurs environnantes, et 
dont la partie moyenne, la plus basse, correspond au point 
d'émergence des eaux minérales. 

C'est en cette partie que le terrain parait comme coupé, 
du sud au nord, par le lit de la Salz, rivière salée, naissant 
au pied de l'escarpement que forme la crête s'étendant au 
nord de Bugarach et que l'on franchit au col de Capela. 
De ce point jusqu'à Rennes, le cours de la rivière suit une 
direction à peu près E.-O. Un peu au-dessus du village la 
Salz se mêle à la Blanque, petite rivière d'eau douce venant 
de l'ouest, et prend alors la direction sud-nord. C'est sur 
ses bords que se trouvent construits, d'abord le village de 
R°nnes-les-Bains, qu'il faut distinguer du village même de 
Rennes, situé sur la montagne, à l'ouest et à quelques kilo- 
mètres de distance de la station thermale ; puis, les établis- 
sements de bains eux-mêmes, au nombre de trois, distants 
les uns des autres de quelques centaines de mètres. 

ART. 2. 

CONSTITUTION GÉOLOGIQUE DU PAYS. 

Bien que suffisamment caractérisées en elles-mêmes, les 
montagnes de Rennes, au point de vue géologique, sont 
intimement liées à l'ensemble des Corbières ; ce ne sera donc 
pas sortir de notre sujet que de donner d'abord, pour en 
faciliter l'exposé, une idée générale de la constitution géolo- 
gique de ces montagnes, qui forment, à elles seules, toute 
la partie méridionale du département de l'Aude. 



- 231 - 

§ 1. Terrains constitutifs des Corbières. 

Principalement constituées par les divers étages de l'épo- 
que Crétacée, les Corbières permettent de reconnaître, dans 
les divers points de leur étendue, un ensemble de couches 
dont voici la série générale, telle qu'elle résulte notamment 
des recherches de d'Archiac et surtout de H. Magnan, dont 
nous n'avons pu mieux faire que d'accepter la classification 
et les descriptions principales. 

Voici, d'ailleurs, en réunissant les divers éléments fournis 
par l'étude de l'ensemble du pays, comment il est possible 
de constituer la série géologique des Corbières : 



Terrains modernes et quaternaires. 
[ moyen 



Terrain tertiaire. 



Crétacé 

Terrains 

secondaires 

Jurassique 

Trias 

Terrains de transition 

Terrain primitif 



inférieur 



supérieui 



moyen 



inférieur 



Miocène M 

Éocène supérieur £ 2 

Nummulitique E 1 



( Garumnien J G 

) [groupe d'Alet. 

) Ut. super.) &b 

[ Sénonien j 

f étage inférieur C 3 a 

!Turonien C 2 b 
Cénomanien C 2 a 

( Albien Ck 

] Aptien C l b 

[ Néocomien C { a 

j Oolitke et Lias J 

T 

| Silurien et Cambrien i 

J Granit y 



- 232 - 

Sans nous arrêter aux dépôts modernes et quaternaires 
du fond des vallées, non plus qu'au terrain miocène ou 
molasse (calcaires plus ou moins grossiers et coquillcrs, 
marnes diverses, dépôts d'eau douce), et à Yéocène (pou- 
dingue de Palassou, grès de Carcassonne, etc.), qui entou- 
rent à l'est, au nord et à l'ouest, les sédiments tertiaires 
plus anciens qu'ils recouvrent en stratification concor- 
dante, et dont ils partagent l'inclinaison ainsi que les 
divers accidents, voici les principaux caractères que Ton 
peut assigner aux terrains particuliers à la région que nous 
éludions. 

1° Terrain Nummiilitique E< . — Groupe carac- 
térisé par la présence des Nummulites, N. atacica Leym., 
N. globulus Leym., mais composé de roches très-différen- 
tes. Fort important dans l'Aude, il a été divisé par d'Archiac 
en trois étages assez bien caractérisés. 

Etage supérieur. Calcaires jaunes ou gris ; marnes et 
grès jaunâtres ou brunâtres, à Nummulites, alternant avec 
des psammites, des grès lins et grossiers diversement colo- 
rés, des poudingues et marnes sans fossiles. Puissance très- 
variable. 

Etage moyen . Calcaires, grès marneux et marnes bleues, 
caractérisés, à la partie supérieure, par les mêmes Nummuli- 
tes, la Turritella imbriœtaria Lm., la Turbinolia sinuosa 
Brg., etc., etc. et, à la partie inférieure, par la Lucina cor- 
barica Leym. Puissance, plus de 100 mètres. 

Etage inférieur. Calcaires d'un blanc grisâtre ou bleuâtre 
de nuances diverses, souvent en plaquettes, compactes, 
très-durs et peu altérables, avec Milîioliles principalement, 
qui en forment le caractère saillant, et qui contiennent, en 
outre : des Nummulites, YAlveolina subpyrenaica Leym., 
en abondance ; YOstrea gigantea Dubois , le Conoclypeus 
conoideus Agass., etc. Ces calcaires renferment parfois, 
aussi, quelques fossiles du Crétacé, Ostrea vcsicularis Lm., 



— 233 — 

Hemiaster nasutulus Sorig., Venus lapeyrusana, etc., et 
dans certains cas, sont mêlés à des marnes gypseuses. 



2° Garumnien G. — Cet étage, !e plus élevé de la 
Craie supérieure, recouvert par le calcaire à milliolites, est 
représenté par une formation lacustre importante, particu- 
lière aux départements de Sa Haute-Garonne, de l'Ariége 
et de l'Aude, et reconnue par M. Leymerie, qui lui a 
donné son nom actuel, comme correspondant à la formation 
marine constituant le terrain Danien (craie de Maëstricht), 
que Ton trouve dans les Hautes et Basses-Pyrénées et dans 
plusieurs autres régions. Cet étage se compose de plusieurs 
assises : 

1° A la partie supérieure, calcaires compactes gris, roses- 
clairs ou jaunâtres, à cassure esquilleuse, devenant parfois 
subli'hogrophiques , fréquemment siliceux ou mêlés de 
nodules avellanaires de même nature, souvent d'une teinte 
plus foncée, et renfermant des Physes, des Lymnées, des 
Paludines, des Cyclostomes, des graines de Chara. 

2° A la partie moyenne, grès à gros grains, fortement 
colorés en rouge ou jaunâtres, peu épais et peu solides, 
et passant communément à des poudingues multicolores 
ou à des brèches calcaires à petits fragments pisoîithiques 
ou cariés, avec sables et argiles souvent ligniteuses. On y 
trouve des débris de Sauriens, de Tortues, la Cyrena garurn- 
nica, etc. 

3° A la partie inférieure, bancs épais d'argiles sableuses, 
rouges et panachées, qui donnent aux terrains très répan- 
dus où on les observe une teinte rouge des plus remar- 
quables, «et aux collines, dont elles constituent les pentes, 
un aspect particulier par la régularité des talus, leur conti- 
nuité , leur surface dénudée , ravinée et dépourvue de 
végétation (d'Archiac). » 

Ces marnes alternent souvent avec les deux assises supé 



— 234 — 

rieures ilu même étage, et clans les Gorbières, notamment, 
contribuent surtout à donner au Garumnien la grande 
épaisseur qu'offre ee terrain dans eetle région (1). 

3° SéllOilieil G 3 . — Offre deux étages distincts, une 
première assise de grès et une assise de marnes bleues. 

I' Etage supérieur G 3 b (grès d'Alet). Constitué par des 
bancs épais de grès quartzeux, blanchâtres, jaunâtres ou 
rosés, plus ou moins zones, micacés, friables, schistoïdes ou 
psammitiques , renfermant quelquefois du kaolin, avec 
quelques fossiles difficilement délerminables, appartenant 
aux genres Pecten, Vénus, Mitylus, Cardium, et des emprein- 
tes végétales ramifiées. 

Ces grès, très variables d'aspect, d'ailleurs, passent par- 
fois, soit à un sable blanc, à gros grains, ou à un grès sans 
solidité, soit à des grès gris foncés, calcarifères, à grains 
très fins, jaunâtres ou bleuâtres à l'intérieur avec quelques 
points noirs, à cassure esquilleusc, droite, anguleuse ou 
largement conchoïde. Ces grès sont exploités en divers 
points ; tels sont ceux que l'on trouve sur la route de 
Rcnnes-les-Bains, entre la Source-du Pont et le Bain-Doux. 

Cette assise est partagée en bancs épais de m ,50 à 
l n, ,50 d'épaisseur, et dont les plus élevés dominent le 



(1 ) Ce terrain Garumnien ne forme pas une couche d'une épaisseur 
partout égale; manquant dans la partie occidentale de la chaîne, il ne 
dépasse pas, dans la Haute-Garonne, 150 mètres, et atteint ensuite, par 
une progression croissante, k à 500 mètres dans l'Ariége, et 5 à 600 
mètres dans les Cornières où il acquiert son maximum de développe- 
ment. Ces différences d'épaisseur et l'absence de ce terrain dans l'Ouest 
peuvent s'expliquer en admettant quese sont produits, pendant la période 
crétacée supérieure, des mouvements du sol qui ont fait émerger les 
parties médiane et orientale de la basse chaîne, et desquels sont résultées 
des excavations recouvertes ensuite par des lacs d'eau douce, pendant 
qu'il la môme époque, des sédiments marins, continuation de la période 
crétacée, se déposaient dans les Hautes et Basses-Pyrénées. 



— 235 — 

paysage des environs de Rennes, ainsi que de loule la 
contrée à l'en tour (1). 

2° Etage inférieur G 3 a (marnes bleues). — Marnes ou 
argiles calcaires d'une teinte gris bleuâtre plus ou moins foncé, 
compactes ou psammitiques, pyriteuses par places, quel- 
quefois ligniteuses, sableuses ou micacées, passant à une 
sorte de grès noirâtre. Entrecoupées de lits minces, 
discontinus, formés d'un grès calcarifère compacte, gris 
foncé et d'argile brunâtre endurcie, ou bien de bancs plus 
minces de grès gris à grains très tins et tenaces, elles sont 
souvent entremêlées de rognons de composition variable, 
tantôt de même nature que les bancs précédents, tantôt for- 
més d'une marne ferrugineuse brune, micacée, ou d'un 
carbonate de fer impur, zone. Au contact de ces marnes et 
des grès supérieurs, on observe fréquemment une alter- 
nance de plusieurs bancs de grès et d'argile schisteuse 
bleue. 

Ces marnes contiennent, en bien des points et souvent en 
abondance, les fossiles suivants : Ostrea vesicularis, Anan- 
chytes ovata, Inoceramus cripsii, I. regularis, Ammonites 
gallo-villensis, des facoïdes^ et notamment la nombreuse 
série des fossiles du moulin Tiffau, la station la plus remar- 
quable de cet étage. 

4° Turonien G 2 6. — Calcaires divers mêlés de grès 
siliceux, jaunâtres ou rougeàtres, et d'argiles plus ou moins 

(i) Dans l'Ariége occidentale, la Haute-Garonne, les Hautes et Basses- 
Pyrénées, cet étage s'offre sous l'aspect de calcaires jaunes-nankins ou 
grisâtres, souvent à grains de quartz, et renfermant parfois de nombreux 
fossiles de la craie de Maëstricht., notamment : Orbitolites socialis, 
Hemipneustes radiatus, Nerita rugosa, Ostrea larva, Janira strio- 
costata , etc. 

Ce même étage, dans les Corbières, réuni au Garumniem, constitue 
ce que M. d'Archiac avait appelé le Groupe d'Alet, et dont il formait la 
base du tertiaire. Mais la présence, au-dessus de ce groupe, dans la 
Haute-Garonne et l'Ariége, de couches contenant des fossiles crétacés, 
doivent faire ranger le groupe entier dans la Craie supérieure. 



— 236 - 

micacées, et atteignant une puissance totale d'environ 200 
mètres. Le développement auquel arrivent ces calcaires dans 
l'Ariége orientale et surtout dans l'Aude, permettent d'éta- 
blir, dans celte formation, au moins deux étages. 

4° Etage supérieur G 2 6 2 (calcaire à Echinodermes). 
Calcaires gris, bleus ou jaunâtres, quelquefois roses, durs, 
compactes, à cassure finement esquilleuse, généralement 
noduleux, séparés par des marnes endurcies jaunâtres, for- 
mant de nombreux fragments mêlés de sable, cylindroïdes, 
faciles à détacher. Ces calcaires, formant des bancs épais 
de 4 à 5 mètres, ainsi que les assises marneuses qui les 
séparent, renferment un abondance ces fossiles variés bien 
connus dans les collections, principalement des Echinoder- 
mes, Micaster brevis, M. distinctus, M. Matheroni, Echino- 
corys ovala, ainsi que de nombreux Mollusques. Spondylus 
spinosus, Janira quadricostata, Cyprina Boysii, etc. 

a. 2° Etage inférieur. c%b ] (calcaire à Rudistes). Calcaires 
gris, jaunâtres ou brunâtres, solides, assez épais, souvent 
sableux, et tournant au grès calcarifère, alternant avec des 
marnes grises, sableuses ou schisteuses, ou des bancs épais 
de grès rutilants ou jaunâtres. Ces calcaires sont surtout 
caractérisés par la présence de nombreux Rudistes ( Hip- 
purites, Radiolites), mêlés à des Cyclolytes et à des Polypiers 
en nombre considérable. Le calcaire à Rudistes se rencontre 
spécialement au lieu appelé la montagne des Cornes, où 
la roche tout entière est formée par ces fossiles accumulés. 

La présence, au milieu du calcaire à Rudistes, de bancs 
plus ou moins épais de grès non fossilifères, analogues au 
grès du Sénonien, avec lequel on pourrait les confondre, 
si l'on ne tenait compte que des caractères pétrographiques, 
est un fait remarquable qui montre l'importance de la 
place occupée par le grès dans toute la formation crétacée 
supérieure. 

5° Cénomanien C 2 a. — Etage principalement cons- 
titué, dans l'ensemble de la chaîne pyrénéenne, par un puis- 



— 237 — 

sant conglomérat (conglomérat de Camarade de Magnan), 
plus ou moins incohérent, offrant parfois des blocs énormes 
de terrains plus inférieurs, avec leurs fossiles propres, ce 
qui a pu donner lieu à des erreurs sur l'âge véritable de 
celle formation. 

A sa partie supérieure, ce conglomérat alterne avec des 
couches schisteuses psammitiques , et quelquefois passe à 
un poudingue bréchoïde solidement cimenté ; il est recouvert 
par des dalles gréseuses à empreintes végétales ( fucoïdes), 
des grès sablonneux, des argiles micacées, des roches détri- 
tiques, plus ou moins mêlées à des couches de calcaires 
gris ou bleuâtres, durs, avec diverses fossiles caractéristi- 
ques : Exogyra columba , Janira quinquecostata , Naulilus 
Charpentierii , Çyclolites semi-globosa , Caprina adversa, 
Ostrea carinata, etc. 

Puissance totale de près de 800 mètres, mais se rédui- 
sant, dans les environs de Rennes, aux couches calcaires 
fossilifères qui en constituent la mince assise supérieure. 

Les divers étages que nous venons d'énumérer se suc- 
cèdent en stratification concordante , qui se maintient 
malgré de nombreuses lacunes ou les failles qui interrom- 
pent fréquemment la continuité des couches. Au-dessous 
se succèdent, en stratification discordante, les divers étages 
de la Craie inférieure qui, sans entrer directement dans la 
constitution géologique de la région que nous étudions, s'y 
rattachent en quelques points. Ges terrains, dont l'étude a 
fait l'objet principal des travaux de Magnan dans la région 
des Gorbières, se trouvent, d'après notre regretté collègue , 
constitués ainsi qu'il suit : 

6° Albien. C ] c. — Etage puissant, atteignant, dans les 
Pyrénées et les Gorbières, près de 1500 mètres, et formé 
de trois assises principales : 

Etage supérieur. Schistes terreux, gréseux , jaunâtres , 
rougeàtres, souvent comme ophitisés, avec petits bancs de 



— 238 — 

calcaires cà-el-là ; schistes noirs, un pou micacés, passant 
à des schistes ardoisés. Pas de fossiles. Epaisseur considé- 
rable, non encore déterminée. 

Etage moyen. Couche épaisse de calcaires compactes , 
gris, bleuâtres, marmoréens, à caprotines et à fossiles 
empalés indéterminables; avec brèches a grands éléments, 
des calcaires marmoréens blancs et roses. Puissance, 500 
mètres. 

Etage injéiicur. Calschistes gréseux et schistes verdâtres 
ou noirâtres , rougissant par décomposition , avec bancs 
résistants de calcaires tenaces, siliceux, un peu gréseux. 
Fossiles nombreux ; d'abord, \ers le haut, les Ammonites 
milletianus, A. Mayorianus, Turritella Vibrayana, Trigonia 
Fittoni, Pecten Dutempli, etc., puis, à 150 ou 200 mètres 
plus bas, des Belemnites minimus, Nucula bivirgata, N. 
pectinata, Plicatula radiola, Discoidea conica, etc. , mélan- 
gés avec quelques espèces de l'étage inférieur : Cidaris 
pyrenaicci) Echinospatangus collegnii, Caprotina Lonsdalii , 
Orbitolina, etc. 

7° Aptien. C^ b. — Calschistes et schistes noirâtres, 
alternant avec des calcaires de même couleur, à grains fins, 
souvent fétides, entremêlés de calcaires gris, bleuâtres, 
veinés, marmoréens, etc. Fossiles abondants, notamment: 
Belemwtessemi-canaliculatns. Ostrea aquila, O. macroptera, 
Terebratula prœlonga , Rynchonella lata , R. unciformis , 
Terebratella Delbosii, Cidaris pyrenaica, Diplopodia Mal- 
bosii* Orbitolina conoïdea, O. discoïdea, Caprotina Lonsdalii, 
Serpula, etc. — Puissance : de 150 à 200 mètres. 

8° Néocomicn C< a. — Calcaires gris ou bleuâtres, 
compactes, marmoréens, comme corrodés a l'extérieur par 
les eaux ; et calcaires plus ou moins fétides renfermant, en 
certains bancs, de nombreuses caprotines (C. Lonsdalii), de 
petits Ostrea, des Polypiers, des Oursins (Cidaris pyre- 



— 239 — 

n ai ca), la Terebratula sella, des Nérinées, etc. — - Puissance, 
300 à 400 mètres. 

Au-dessous de cette assise, existent les terrains juras- 
siques, représentés par l'Oolithe, le Lias et le Trias, et qui 
n'apparaissent que dans certains affleurements isolés ; puis 
le terrainde transition (Silurien et Cambrien), formant, dans 
le département de l'Aude, l'étage le plus inférieur de la 
série, et constitué par des calcaires et schistes d'un gris 
bleuâtre ou noirâtre d'un caractère assez uniforme. 

§ 2. Disposition statigraphique des divers terrains. 

Tel est l'ensemble des couches géologiques que l'on peut 
observer dans les Corbières. Ces couches, par suite des 
dislocations et perturbations qui se sont produites à 
diverses époques et ont sensiblement affecté le relief du 
terrain en interrompant ainsi la succession régulière des 
phénomènes sédimentaires, sont loin d'offrir, dans les 
diverses régions, une distribution parfaitement uniforme. 
En général, les dépôts modernes et quaternaires seuls n'ont 
point été dérangés de leur position première, tandis que les 
terrains secondaires et tertiaires ont tous été plus ou moins 
disloqués et se sont affaissés d'une manière inégale, de 
manière à ne conserver que dans quelques points isolés 
la trace de leur constitution primitive. 

Le caractère général de ces affaissements, qui se sont 
accompagnés de nombreuses failles et ont eu pour résul- 
tat de rompre tous les rapports réguliers des couches, est 
de s'être produits principalement par le bord méridional 
des parcelles dissociées des terrains, d'où ces pentes uni- 
formes au sud buttant contre des escarpements, qui forment, 
en quelque sorte, le caractère saillant de ces terrains. 

Cet ensemble, d'ailleurs, est comme dominé par l'exis- 
tence du massif de Monthoumet, appartenant au ter- 
rain de transition, et contre lequel, au nord et au sud, 
viennent butter les couches constitutives du sol. Quant à 






- 240 - 

celles-ci, ce que Ton remarque, en premier lieu, c'est 
qu'elles appartiennent presque exclusivement aux forma- 
tions les plus récentes du Tertiaire inférieur et du 
Crétacé, les étages plus profonds n'apparaissant qu'à de rares 
intervalles et notamment à la base des principaux escar- 
pements où on les voit effleurer avec plus ou moins de 
régularité. Pour se faire une idée exacte de cette disposition, 
il y a lieu de distinguer toutefois le terrain situé au sud et 
le terrain situé au nord du massif. 

Terrains situés au sud du massif de Monthoumet. — Pour 
concevoir le caractère et les rapports de ces terrains, il 
faut se reporter d'abord à la chaîne de Saint-Antoine de 
Ga!amus(Pl. I, fig. 3), formant la limite sud du déparlement 
île l'Aude. Cette chaîne est constituée dans toute sa lon- 
gueur par le Crétacé inférieur reposant, en concordance, 
sur les brèches foncées et les dolomies fétides de l'Oolithe, 
lesquelles reposent elles-mêmes, en discordance, sur des 
roches de Trias (calcaires veinés, cargneules, marnes gyp- 
scuses colorées, formant le muschelkalk). 

Les couches, beaucoup plus puissantes, de la craie 
inférieure, qui forment la partie principale de la montagne, 
sont inclinées au sud, et se montrent, du néoeomien à 
l'albien, de plus en plus verticales, jusqu'à la chaîne de 
Lesquerde, au sud de laquelle elles reposent sur ie granit, 
après avoir reparu dans un ordre inverse, ce qui atteste, 
entre les deux chaînes, un profond enfoncement, avec pli 
en S de tout le sytème et principalement comblé par les 
couches devenues verticales de l'albien inférieur. 

Dans celte direction, les couches parallèles du néoeomien 
de la chaîne de Saint Antoine atteignent 400 mètres de 
puissance. Elles constituent également, en grande partie, 
la bande nord de la chaîne de Lesquerde. 

Elles sont recouvertes par les couches très fossilifères de 
l'aptien, et surtout par l'albien qui forme la presque tota- 
lité du fond de la vallée comprise entre les deux chaînes, et 



- 241 — 

vers le milieu et au bord Sud de laquelle se trouve Saint- 
Paul de Fenouillet. 

Ces mêmes terrains se continuent vers l'Ouest, et consti- 
tuent les principales collines qui s'étendent jusqu'au bassin 
de Quillan, fermé, au S.-O. et au N., par de hautes monta- 
gnes de calcaire à caprotines (aptien), tout l'intérieur du bas- 
sin et son côté oriental appartenant exclusivement à l'étage 
inférieur, à Exogyra sinuata (néocomien). Au Sud des gor- 
ges de Pierre-Lis, jusqu'à Axât et au-delà, les deux étages 
alternent en formant le sol si accidenté du pays. Ils appa- 
raissent, dans leur ensemble, sous forme de schistes noi- 
râtres et de calcaires gris foncé à caprotines, à plongements 
divers, et reposent au sud sur le terrain de transition ou le 
granit. Les mêmes terrains reparaissent à l'est du départe- 
ment de l'Aude, mais beaucoup plus au Nord, où ils for- 
ment, en plongeant au S.-E., les montagnes de la Glape et 
la chaîne de Fontfroide. 

Au nord de la chaîne de Saint-Antoine, la nature des 
terrains change tout-à-coup. Dans toute la longueur et au 
pied de la chaîne se montrent les couches plus ou moins irré- 
gulièrement affaissées du Crétacé moyen et du Crétacé supé- 
rieur également inclinées au sud, sous une faible pente, et 
occupant tout l'intervalle compris entre cette chaîne et le 
massif de Monthoumet, sur lequel elles reposent en stratifi- 
cation discordante. 

Ces couches successives (Cénomanien C 2 a,TuronienC 2 6, 
marnes sénoniennes C 3 a, grès d'Alet G 3 6), composées de 
roches détritiques, se recouvrent l'une l'autre en concor- 
dance parfaite, — la première, C 2 a, représentée par un 
calcaire à Caprinella reposant sur le terrain de transition, 
— jusqu'à la moitié de la distance, à peu près, qui sépare 
les deux montagnes. 

Plus au sud, des failles multiples font reparaître le Céno- 
manien et le Turonien, sous des inclinaisons diverses, 
jusqu'à la chaîne de Saint-Antoine, contre laquelle ils 
buttent en discordance. 

16 



Ces couches sont encore interrompues, le long du versant 
nord de la chaîne de Saint-Antoine, par les divers appen- 
dices dépendants de celte chaîne et qui offrent la même 
constitution géologique. Tel est, notamment, le massif de 
Bugarach, formé en grande partie par le calcaire à Caprotines 
(crétacé inférieur), reposant sur les couches dolomiliques de 
l'oolithe supérieure. (PI. I, fig. 2.) 

Ce même calcaire forme les rides parallèles si visibles du 
sommet du pic, ainsi que la portion moyenne de la ride 
plus septentrionale qui domine le vallon (col de Capela) et 
de la base de laquelle, — constituée par des marnes mêlées 
à du gypse blanc, rouge ou gris verdàtre, accompagnées 
d'argiles à teintes verdàtres, — nous avons vu que s'échappe 
l'eau salée de la rivière la Salz. 

A la base même du pic, s'étend la vallée de Bugarach, 
dont le fonds est en entier constitué par le calcaire à Echi- 
nodernes C 2 6 2 , qui vient butter, toujours en plongeant au 
sud, contre la base oolithique des soulèvements du Crétacé 
inférieur qui limitent la vallée dans cette direction. 

En allant vers l'ouest, on voit dominer surtout les grès 
du Sénonien (grès d'Alet), qui se montrent principalement 
sur les territoires de Granes, de Jandou et de Rennes, où 
ils forment les escarpements remarquables, inclinés au S. 0. 
qui donnent à tout le paysage son aspect de murailles en 
ruines. 

En dehors de l'espace compris entre les deux grandes 
chaînes, le Crétacé moyen n'offre dans les Corbières qu'une 
faible importance. Ainsi on ne retrouve le Turonien que 
dans un espace limité, sur le versant occidental de la 
chaîne de Fontfroîde, entre Saint-Martin et Saint-Pierre, à 
gauche de la roule de Narbonne à La Grasse, où il forme 
un système d'environ 350 mètres d'épaisseur, composé de 
grès bruns ferrugineux, de psammiles gris et rouges, de 
calcaires gris ou blanchâtres, remplis tfhippurites et de radio- 
UteSy et plongeant au N. E. en s'appuyant contre les calcaires 
néocomiens. 



— 243 - 

De cet ensemble de caractères, en tenant compte surtout 
de ceux observés au sud du massif de Monthoumet, résulte 
la preuve de nombreuses érosions et dislocations, les uns 
ayant précédé, les autres ayant suivi la formation de la Craie 
supérieure et que l'on peut résumer ainsi : 

1° Formation de la Craie moyenne et supérieure, qui 
reposant en stratification discordante sur la Craie inférieure, 
et se montrant presque entièrement composés de roches 
détritiques (grès et conglomérats), paraît être le produit des 
dénudations éprouvées par la Craie inférieure, à laquelle, 
ainsi, les agents d'érosion semblent avoir enlevé, selon l'esti- 
mation de H. Magnan, plus de 1,000 mètres de couches. 

2° Affaissement de toute la surface comprise entre la 
chaîne de Saint-Antoine et le massif de Monthoumet, et qui 
s'est continué jusqu'à amener, au nord, la Craie moyenne 
au contact du terrain de transition; et, au sud, la sépara- 
tion de ce même terrain du Crétacé inférieur, par une lon- 
gue faille, dirigée est-ouest, dont la lèvre méridionale en 
relief constitue la chaîne de Saint-Antoine, ainsi que les 
quelques crêtes avancées, comme celle de Bugarach, qui 
en dépendent. 

3° Affaissement, au sud de la chaîne de Saint-Antoine, 
entre cette chaîne et celle de Lesquerde, du Crétacé infé- 
rieur lui-même, qui s'est effondré par le milieu en faisant 
basculer au nord et au sud la base des couches et en ne 
laissant subsister, dans l'intervalle, que les couches supé- 
rieures du système, qui ont dû prendre, dans ce mouve- 
ment, la direction verticale qu'elles offrent encore. 

Terrains situés au nord du massif de Monthoumet. — 
Dans cette région, le terrain offre des caractères différents. 
Les couches, toutes plus récentes que celles observées au 
sud du massif, et, de plus, inclinées au nord, sont exclu- 
sivement constituées par le Garumnien et le Tertiaire 
inférieur. On peut les étudier, soit dans la partie comprise 
entre les deux branches du massif et formant la plaine 



— 244 — 

(l'Arques, soit au nord du massif d'Alet, où elles se con- 
tinuent, dans la même direction, jusqu'à la limite du 
département. 

La plaine d'Arqués (PI. I, fig. 4), que borne au sud 
une ligne passant par Couiza, Goustaussa, Arques, et 
qui s'étend, au nord, jusqu'à Alet , est essentiellement 
constituée, dans sa plus grande partie, par le Garumnien, 
reconnaissable à sa couleur rouge, due aux couches nom- 
breuses d'argiles rouges qui forment ce terrain et qui donne 
un aspect si remarquable à toute cette plaine quand on 
l'examine des hauteurs environnantes. 

Le terrain nummulitique, qui recouvre en concordance 
le Garumnien, s'y montre aussi en plusieurs points, mais 
sans beaucoup de régularité, les deux terrains paraissant 
avoir subi de nombreux remaniements. Les montagnes 
escarpées qui bordent la rive gauche de l'Aude , entre 
Alet et Lapujade , sont le point où Von observe le mieux 
la succession de ces couches, qui viennent butter contre le 
bord sud de la branche septentrionale du massif. Là , se 
succèdent régulièrement, en dessous du calcaire à millioli- 
tes (nummulitique inférieur), d'abord les différentes couches 
du Garumnien , puis les grès du Sénonien. Cet ensemble 
constitue ce que d'Archiac avait appelé le Groupe d'Alet , 
dont le grès, qui en forme l'assise inférieure, se prolonge 
à l'est jusqu'au delà de Véraza et d'Arqués, et à l'ouest , 
par Brénac etNébias jusqu'à Belesta (Ariége) et au-delà. 
.Vers le sud de la plaine d'Arqués, apparaissent les 
mômes assises, recouvrant l'extrémité ouest du massif de 
Monlhoumet, qui a pour point culminant, au nord de 
Rennes, le pic de Cardou, que la Salz coupe, à sa base, du 
sud au nord, et qui se continue au-delà, vers l'ouest, dans 
la direction de Couiza, mais en Rabaissant de plus en plus, 
de façon à avoir disparu, avant d'arriver à l'Aude, sous 
les couches du Garumnien et du Nummulitique, qui plon- 
gent tout autour , au sud, à l'ouest et au nord. 

On peut ainsi suivre ces couches, — à partir des grands 



— 245 — 

escarpements du Crétacé inférieur qui s'élèvent, dans la 
direction sud de Rennes, en avant de la forêt des Fanges, 
et contre lesquels elles vont butter, — en passant par Saint- 
Ferriol, Esperazza, Campagne au sud, Couiza à l'ouest, et 
dans toute la plaine d'Arqués , au nord ; régions diverses 
où apparaissent les calcaires et les marnes rouges du 
Garumnien, sauf dans les points où ce terrain se trouve 
recouvert par les différentes assises du Nummulitique. 

Celui-ci constitue un groupe important, pouvant être 
facilement observé sur les deux rives de l'Aude , depuis 
Esperazza jusqu'auprès de Limoux, où il forme des assises 
inégales, à inclinaisons diverses participant des accidents 
du terrain. 

L'étage inférieur, essentiellement formé par le calcaire 
compacte à milliolites, forme d'abord le rocher isolé qui 
porte le village de Rennes ( PI. I, fig. 4 ), puis, en plon- 
geant au nord, la longue crête, séparée de ce rocher par la 
Salz coulant de l'est à l'ouest et par la route de Couiza à 
Arques, sur laquelle est construit le village de Coustaussa. 

On suit ces mêmes calcaires , plongeant au sud , et 
recouvrant les argiles rouges , sur les deux rives de 
l'Aude, à Couiza , puis à la butte de Luc , et sur les 
plateaux d_e la Caune et de Coussergue, à l'ouest d'Alet. 

Au nord de la branche d'Alet du massif de transition l'as- 
sise inférieure du Nummulitique reparaît reposant sur le 
terrain de transition , le long de la route de Limoux, à 
l'entrée de la gorge que suit l'Aude. 

L'étage moyen, constitué par des marnes bleues et des 
calcaires, qui repose sur le précédent, est très réduit, quand 
on l'observe au nord du massif d'Alet, à Saint-Saîvaire; 
mais il se montre fort développé en face de Couiza, sur 
la rive gauche de l'Aude; là, une tranchée sur le bord de la 
route offre à découvert les marnes bleues à Turritelles, où 
l'on peut recueillir, en peu d'heures, une abondante collec- 
tion des fossiles de cet étage. 

On observe encore ces marnes, soit sur la rive droite 



— 246 — 

de l'Aude, soit, en remontant la Salz, jusqu'au moulin de 
Coustaussa, et en face de celui-ci, le long du chemin qui 
monte au village de Rennes. 

Quant à l'étage supérieur, il constitue, de Couiza à Espe- 
razza, les collines de la rive gauche de l'Aude, d'où il se 
prolonge, à l'ouest, jusqu'à Rouvenac. Il se montre éga- 
lement, au nord du massif d'Alet, sur les bords de la 
route de Limoux , jusqu'à Vindemies , Salles, où il est 
recouvert par l'Éocène. 

A partir de Salles, au sud de Limoux, le terrain num- 
mulitique remonte vers le N. E., jusqu'au mont Alaric (au 
sud de Gapendu ) , et s'étend vers l'est dans le reste du 
département, où il n'est plus représenté que par places , 
recouvrant en concordance les marnes rouges du Garum- 
nien qui se succèdent inégalement de l'est à l'ouest, au nord 
du massif de Monthoumet. Le nummulitique, dans cette 
direction, se montre surtout au nord et à l'est de La Grasse, 
sur les deux rives de l'Orbieu, où se retrouvent les trois 
étages se succédant irrégulièrement avec des pentes dirigées 
vi\ différentes directions, selon les accidents du terrain. 

ART. 3. 

CONSTITUTION DES MONTAGNES DE RENNES. 

Ces notions d'ensemble exposées, nous pourrons main- 
tenant, d'une manière plus claire, nous rendre compte de 
la constitution des montagnes de Rennes. Nous remar- 
querons d'abord que ces montagnes, bien qu'appartenant 
par leur situation au système du sud du massif de Mon- 
thoumet, tiennent, géologiquement, des deux ordres de 
couches que nous venons d'examiner. Elles sont, en effet, 
recouvertes en partie par le Garumnien, dont la présence 
dans cette région s'explique, d'ailleurs, par la situation de 
ce groupe montagneux au sud de l'extrémité occidentale 



— 247 — 

du massif, autour de laquelle se succèdent les dépôts du 
Garumnien et du Nummulitique. En même temps on y 
reconnaît les couches du Sénonien et du Turonien, aux- 
quelles elles s'unissent sous des inclinaisons et stratifications 
diverses plus ou moins confuses, et dont l'oeil ne saisit 
point d'abord la succession régulière. 

La coupe de ces montagnes, donnée par d'Archiac, ne 
laisse point pressentir une semblable confusion. Tous les 
terrains, en effet, s'y trouvent représentés en concordance, 
avec une pente un peu plus prononcée à mesure qu'on 
approche de la limite nord, et dans le texte qui accompagne 
cette coupe, il n'est nullement question des dislocations 
multipliées qui s'y font remarquer. Sans doute, l'auteur 
n'y aura vu qu'un accident sans importance et inutile à 
signaler. Mais on ne s'explique guère comment n'a pas été 
mieux appelée l'attention d'un observateur aussi sagace, 
à l'égard d'un fait à la constatation duquel le voisinage de 
sources minérales importantes donnait naturellement un 
certain intérêt. 

Quoi qu'il en soit , voici ce que tout d'abord on peut 
constater quand on examine la disposition des couches par- 
ticulières du territoire de Rennes-les-Bains ( PI. I, fig. 1 ; 
PI. II, fig. 1 et 2). 

C'est, en premier lieu, et comme fait principal, la dis- 
cordance de ces couches avec celles de tout le territoire 
environnant , discordance qui se manifeste en allant du 
nord au sud, comme de l'est à l'ouest. 

Ainsi, au sud de Rennes, les couches inclinées au sud et 
principalement constituées par le Sénonien (grès d'Alet et 
marnes bleues) , se succèdent, dans une assez longue 
étendue, en stratification régulière ; au centre du vil- 
lage, ces mêmes couches qui, à l'est et à l'ouest du village, 
se continuent régulièrement, s'arrêtent et sont remplacées 
par des couches d'une autre nature, d'abord inclinées au 
sud , et qui deviennent ensuite horizontales, plongent 
même légèrement au nord ; puis, non moins subitement, au 



— 218 - 

nord du village, reprennent leur direction inclinée, sans 
offrir, toutefois, une égale uniformité de pente. 

Ce changement de direction est parfaitement visible sur 
les deux rives de la Salz, et en particulier sur le bord de 
la route, formant la rive gauche de celle-ci, et où les 
couches suivent la direction S.-N. , de l'établissement du 
Bain-Fort à celui du Bain de la Reine, éloignés l'un de l'autre 
d'environ 200 mètres. 

L'espace compris entre ces deux points extrêmes et 
que caractérise l'horizontalité des couches, offre de plus 
cela de particulier qu'il forme la partie la plus affaissée, le 
fonds, en quelque sorte, et la partie moyenne de l'espèce 
de cuvette qui constitue la surface du territoire de Rennes. 
La partie supérieure de ce massif surbaissé, appelée les 
Escatades, constitue le Parc de l'établissement des bains. 

Ce fut précisément sur ce massif que je commençai par 
arrêter mon attention en vue d'en déterminer la nature 
géologique, qui me paraissait différer sensiblement de celle 
des terrains entre lesquels il se trouvait compris. Ainsi , 
tandis qu'au sud du village se succèdent régulièrement les 
grès et les marnes bleues du Sénonien, les couches du 
Parc paraissent offrir une composition beaucoup plus com- 
plexe. On peut constater ainsi l'existence, en commençant 
par le haut, des couches suivantes (PI. Iï, (ig. 1) : 

4° Un banc de calcaire compacte, jaunàlre, à esquilles 
cristallines, peu fossilifère, de 2 à 3 mètres d'épaisseur et 
recouvrant le sommet du Parc; 

2° Un banc de poudingue multicolore, de près de 1 
mètre d'épaisseur, cimenté à sa base par une sorte de gan- 
gue marneuse rouge, mêlée à un grès grossier rutilant; 

3° Dix à douze assises, alternantes, de grès calcarifères, 
jaunâtres, micacés, en bancs minces ou épais, à empreintes 
végétales, points noirs, et de marnes bleues ou grisâtres 
psammitiques ; épaisseur totale, 12 à 15 mètres ; 

4° Une assise, de 3 à 4 mètres, de marnes bleues schis- 



- 249 — 

toïdes, entremêlée de quelques minces bancs de grès et 
apparaissant au niveau de la route ; 

5° Un banc de calcaire noduleux grisâtre ou rosé, à 
traces de fossiles de l'étage turonien, formant les bords et 
le lit de la rivière. 

Ce qui me parut le plus digne de remarque dans cet 
ensemble de couches fut la présence du banc de calcaire 
jaune, que l'on trouve à sa partie supérieure, et qui man- 
que généralement sur les grès formant les escarpements 
voisins. La situation de ce calcaire, à un niveau bien infé- 
rieur à ceux-ci, laisse d'abord quelque doute sur son âge 
véritable ; mais son aspect jaunâtre ainsi que la présence 
du banc de poudingue sur lequel il repose, suffisent pour 
en établir la nature et démontrer que ce banc appartient au 
Garumnien. 

Quant aux couches inférieures à celui-ci, elles offrent 
exactement les caractères, d'abord du Sénonien, puis du 
Turonien qui en constitue la base. 

Le massif abaissé du Parc offre ainsi, en raccourci, les 
couches diverses, pressées, comme resserrées les unes con- 
tre les autres, de tout l'étage tertiaire supérieur et une partie 
du moyen, c'est-à-dire: le Garumnien (représenté par le 
calcaire jaune, le poudingue, les grès rutilants), le Séno- 
nien (grès d'Alet, marnes bleues), le Turonien (calcaires à 
Echinodermes et à Rudistes), toutes comprises dans cette 
faible épaisseur, comme si, dans l'affaissement qu'ils ont 
éprouvé, une grande partie des terrains avait disparu par 
une sorte d'érosion intérieure qui n'aurait laissé subsister 
que les couches les plus résistantes. 

Les couches offrent naturellement les mêmes caractères 
sur la rive droite de la Salz. Là, elles forment un escarpe- 
ment élevé, couronné par le même calcaire jaune, en bancs 
plus épais que ceux du Parc et qui reposent également sur 
un poudingue multicoloresous lequel apparaissent plusieurs 
bancs alternatifs de grès, de marnes, puis, à la base, le cal- 
caire turonien. Mais, tout-à-coup, à 200 mètres environ 



— 250 — 

vers l'est, le calcaire jaune s'interrompt et butte par une 
faille sud-nord, contre les couches marneuses régulière- 
ment inclinées du Turonien supérieur. 

Vers l'ouest, on voit ce même calcaire se prolonger 
à 300 mètres de distance, jusqu'au Bain-Doux ; en ce point, 
il se montre à un niveau très inférieur à celui des couches 
de grès et marnes du Sénonien qui au delà s'élèvent et 
se superposent en stratification régulière. 

Au nord du massif, que limite assez exactement un 
coude que forme la rivière après l'établissement du Bain-de- 
la-Reine, on remarque encore ces mêmes couches ; mais 
elles sont plus épaisses, atteignent une plus grande hau- 
teur, et enfin offrent une inclinaison au sud assez mar- 
quée. 

Le sommet de ce coteau qui domine, au nord, le village 
et le Parc, forme ce qu'on appelle le Bac de la Barrière, ou 
encore plateau de Rivière Plane. Sa surface, vers la partie la 
plus rapprochée du parc, est encore couverte par le cal- 
caire jaune du Garumnien. En allant plus au nord, vers le 
milieu à peu près du plateau, ce calcaire cesse brusque- 
ment ; il est remplacé par un grès grossier, rutilant, offrant 
une inclinaison plus prononcée et qui va butter sur le ter- 
rain de transition du Gardou. 

Ce coteau de Rivière-Plane, avons-nous dit, et comme on 
peut le voir sur la figure, est séparé du massif du Parc par 
le lit de la rivière qui, changeant de direction à partir du 
Bain-de-la-Reine, coule vers l'ouest depuis cet établisse- 
ment jusqu'au Bain-Doux, où elle fait un nouveau coude 
vers le nord, puis se remet à couler à l'ouest jusqu'à la 
source du Pont, pour reprendre là son trajet plus ou moins 
sinueux vers le nord. 

La rivière qui sépare le Parc et le coteau de Rivière- 
Plane ne coule point exactement à la limite géologique de 
ces deux portions de terrain. Elle a creusé son lit sur les 
assises môme du coteau, qui se trouvent ainsi entamées 
presque à leur bord, et dont, par suite, une portion très 



— 251 — 

réduite se voit sur la rive gauche de la rivière, le long de 
la route allant du Bain-de-la-Reine au Bain-Doux. 

Sur la rive droite, le terrain forme un escarpement 
offrant la succession la plus complète des couches du cré- 
tacé supérieur et du Turonien, savoir, en commençant par- 
le haut : calcaire jaune compacte, poudingue, grés d'Alet, 
bancs alternant de grès, marnes bleues psammitiques ou 
jaunes, calcaires compactes et noduleux à Echinodermes. 

Au bord de la route, sur la rive gauche de la rivière, 
on ne retrouve, de cet ensemble de couches, que le calcaire 
noduleux fossilifère du Turonien supérieur, calcaire contre 
lequel viennent butter les couches horizontales du massif 
du Parc. 

Ce même calcaire noduleux apparaît de nouveau après 
le second coude de la route, avant d'arriver à la source du 
Pont; mais il est recouvert alors par d'épaisses couches 
d'un grès calcarifère, en bancs épais, qui commencent à 
apparaître au niveau du Bain-Doux, et se succèdent jus- 
qu'au-delà de la source du Pont. 

Au-dessous de ce calcaire se montre, et en ce point 
seulement (PI. II, fig. 2), formant un banc dont l'épaisseur 
ne passe pas 2 à 3 mètres, le calcaire du Génomanien, 
grisâtre, esquilleux, très tenace, avec les fossiles carac- 
téristiques de cette formation. Il apparaît sous l'aspect 
d'une bande dirigée S.-O.-N.-E., que l'on peut voir près 
de la source du Pont, sur les deux rives et dans le lit de 
la rivière. Il repose très probablement, en ce point, sur le 
terrain de transition. 

En avançant plus au nord, et en suivant le cours de la 
rivière, on rencontre des bancs d'un grès ferrugineux 
semblable à celui qui forme le sommet de Rivière-Plane, et 
qui résultent d'une inclinaison considérable, à l'ouest, de 
ces couches gréseuses, ainsi que de toutes les autres 
couches du Crétacé supérieur et moyen constituant celte 
partie du territoire. 

Revenant au sud du massif du Parc, nous retrouvons les 



- 252 - 

diverses assises du Sénonien,grès et marnes psammitiques, 
puis le Turonien, dont l'étage inférieur ou calcaire à 
Rudistes forme, au sud du village, le fond de la rivière, où 
il se relève en bancs épais inclinés à 18 à 20°. Sur la rive 
gauche, il arrive jusqu'au niveau delà route, où, en face 
du Bain Fort, il forme un banc oblique qui butte contre 
les bancs de grès grisâtre constituant la partie moyenne 
du massif. 

En allant plus au sud, les couches se succèdent en strati- 
fication régulière; ainsi, on peut observer, à partir du vil- 
lage, dont le calcaire à Rudistes forme le plan le plus infé- 
rieur : d'abord le calcaire à Echinodermes, puis un lit épais 
de marnes bleues fossilifères, formant tout le fonds de la 
vallée dans laquelle est creusé le lit de la Salz, et qui se 
continue jusqu'au moulin Tiffau, à 1 kilomètre en amont de 
Rennes, où commencent les grès de l'assise supérieure. 
C'est dans ces couches marneuses supérieures que se ren- 
contrent avec le plus d'abondance les fossiles particuliers 
à cette assise. On les trouve encore très abondamment dans 
îe lit de la rivière, et sur la rive droite, à 100 mètres au- 
dessus du moulin, lorsque les eaux sont assez basses. Ces 
fossiles se montrent en moins grande abondance dans les 
couches inférieures de l'assise, dont quelques-unes même 
semblent en être entièrement dépourvues. 

Il faut ajouter que ces coquilles, avec les polypiers qui 
y sont mélangés, sont très fragiles, comme calcinés, et 
ne peuvent être obtenus en bon état qu'avec beaucoup de 
précaution. D'Archiac en a donné une liste assez longue, 
dont le chiffre n'a pas été, depuis, beaucoup augmenté. 

Aux marnes bleues succèdent, en bancs nettement super- 
posés, les grès du Sénonien supérieur (1), coupés à 765 
mètres plus loin par le lit de la Blanque, un peu avant sa 

(1) C'est un peu au-dessus du point.de contact des grès avec les mar- 
nes bleues, en face précisément du moulin Tiffau, qu'on voit sourdre , 
d'un accident de rocher très marqué, la source froide ferrugineuse dite 
du Cercle. 



— 253 — 

réunion avec la Salz, et sur la rive droite ou opposée de 
laquelle coule une source ferrugineuse (source Madeleine) 
recherchée des baigneurs et à une distance, par la route, 
de 860 mètres de la source du Cercle. Sur cette même rive 
se relèvent, en escarpements considérables, ces mêmes 
grès, que recouvrent plus au sud, en pentes peu pro- 
noncées, les marnes rouges et les calcaires du Garumnien, 
lesquels ne cessent qu'aux premières rides du crétacé 
inférieur, qui bordent l'horizon en avant de la forêt de 
Fanges (PL I, fig. 1). 

De divers côtés, au sud et à l'est de ce point principale- 
ment, on voit s'élever les grès du Sénonien, constituant 
ces hauts escarpements dont nous avons parlé, formés de 
bancs rompus, découpés en blocs énormes, en place au 
sommet des montagnes ou éboulés sur les pentes, et affec- 
tant les aspects les plus variés : de murailles en ruines, de 
dômes, de crêtes dentelées, etc. 

A l'est de Rennes, sur la rive droite de la Salz, le massif 
du Parc se prolonge, comme nous l'avons dit, avec ses cou- 
ches horizontales jusqu'à une distance d'environ 200 mè- 
tres marquée par une faille, après laquelle les couches se 
montrent dans leur succession régulière et leur inclinaison 
au S.-O. On peut suivre ainsi, du sud au nord, en partant 
du lit de la Salz, au hameau de la Bordeneuve, point où 
elle coule encore de l'est à l'ouest : 

D'abord, les bancs épais du grès d'Alet, forment de larges 
pentes arides ou à peine boisées ; 

Les marnes bleues psammitiques, particulières à la base 
de ce même étage ; 

Les couches variées, marneuses, bleues ou jaunes, les 
calcaires divers, du Turonien supérieur ou calcaire à 
Echinodermes, couches formant tout le terrain s'élevant à 
l'est de Rennes, au bas et au sud de Montferrand, jus- 
qu'aux montages de Soulatge, et au milieu desquelles le 
collectionneur peut recueillir une abondante moisson des 
fossiles caractéristiques de cet étage. 



— 254 — 

En^fin, Tassise inférieure duTuronien ou calcaire à Rudis- 
tes, offrant divers aspects, gris ou rosé, compacte ou nodu- 
leux, le plus souvent d'un gris clair, fragile, mais plus 
compacte vers les parties inférieures. En ce dernier point, 
les fossiles peu nombreux sont incrustés dans la roche et 
s'en détachent difficilement, tandis que vers le haut de 
l'assise, entièrement à découvert, au lieu dit de la Montagne 
des Cornes, les fossiles, principalement les Hippurites, 
multipliés à l'excès, peuvent être assez facilement isolés, 
et arrivent, par leur abondance, à constituer à eux seuls 
la montagne toute entière. 

Telle est la disposition staligraphique des diverses cou- 
ches de terrains, si remarquables par leur variété, qui 
constituent le territoire de Rennes-les-Bains. Pour la bien 
concevoir en raison des inclinaisons latérales qui font varier 
incessamment le mode de superposition des couches, de 
nombreuses coupes seraient nécessaires. 

Ne pouvant les multiplier autant que nous le voudrions, 
nous nous bornons à donner: 1° Une coupe principales. N. 
passant par le village, et la plus essentielle au double point 
de vue de l'étude des mouvements qu'a dû effectuer 
le terrain et de l'origine des sources ; 2° Une seconde 
coupe prise à l'ouest du massif du Parc et passant par 
le Bain-Doux, montrant la faille d'où sort la source qui 
alimente l'établissement. 

Ces deux tracés aideront à comprendre les mouvements 
variés et assez considérables qui se sont produits dans ces 
couches, en ont rompu tous les rapports, et qui sont 
accusés surtout par l'horizontalité des assises formant le 
massif du Parc. Ces mouvements paraissent avoir, jusqu'à 
ce jour, échappé aux géologues. D'Archiac lui-même, nous 
l'avons vu, ne les soupçonne pas, car il attribue l'horizontalité 
des assises du massif du Parc, au relèvement vers le sud, 
après brisure, de ces couches, qu'il paraît considérer comme 
faisant suite à celles qui leur sont contiguës. 

L'examen des terrains, qui non-seulement changent de 



— 255 - 

direction, de nature, mais n'offrent plus de concordance 
dans la superposition des couches, suffit à faire tout d'abord 
rejeter cette supposition. On se rend un compte plus exact 
de ce qui a dû avoir lieu en considérant l'existence de 
cette couche calcaire jaune reposant sur un poudingue du 
Garumnien, formant comme une sorte d'îlot au milieu des 
couches du Turonien et du Sénonien qui entourent le ter- 
ritoire de Rennes. Ce fait seul, en effet, est la preuve 
manifeste d'un affaissement de toute cette partie du 
terrain, qui semble s'être enfoncé comme une sorte de 
coin, pour combler un vide survenu dans les profondeurs 
du sol, en se détachant nettement des couches environ- 
nantes. Mais cet affaissement circonscrit n'est pas le seul ; 
il n'a été, évidemment, que la conséquence de plusieurs 
autres mouvements de terrain qui ont eu pour effet 
d'amener la dislocation de tout le banc crétacé supérieur 
et moyen, brisé, non tout à la fois, mais par fractions 
plus ou moins étendues, affaissées à des époques différentes 
et descendues à une profondeur variable. 

Le premier de ces mouvements paraît avoir été celui 
qui a fait descendre, au contact du terrain de transition, le 
Crétacé supérieur et moyen, affaissement qui n'a pu se 
produire sans amener de nombreuses dislocations avec 
affaissements partiels, lesquels se remarquent, en effet, 
dans toute l'étendue de cet étage et donnent à sa surface 
l'aspect ondulé qui en constitue l'un des caractères les plus 
saillants. 

Sur le territoire de Rennes, en particulier, l'on peut 
remarquer l'un des principaux de ces abaissements, avec 
faille, produit sur une ligne qui suit, à partir du bain de la 
Reine, le cours de la rivière jusqu'au terrain de transi- 
tion, et qui a eu pour résultat de faire inclinera l'ouest dans 
celte étendue toutes les couches de la rive droite de la Salz. 
Par cette même faille s'explique l'apparition, sur le pre- 
mier tournant de la route, entre le Rain de la Reine et le 
Bain-Doux, du calcaire à Echinodermes, en stratification 



- 256 - 

discordante, avec le second affleurement de ce même terrain, 
qui se montre, avec ses rapports réguliers, sur le second 
tournant de la route, conduisant à la source du Pont. 

A ces premières dislocations ont succédé les dépôts d'eau 
douce du Garumnien : marnes, poudingues et calcaire jau- 
ne, qui ont recouvert, sur une vaste étendue, toute la sur- 
face du pays, et en ont comblé toutes lesanfractuosités. 

Ce dépôt n'a pas arrêté les mouvements partiels du cré- 
tacé, qui ont continué à se produire ça et là, et qui, à 
Rennes notamment, ont donné lieu à un phénomène assez 
remarquable, l'abaissement général d'une surface de ter- 
rain presque circulaire, d'environ un kilomètre carré de 
superficie, et comprenant dans son étendue les trois sour- 
ces thermales et la plus grande partie du village. 

La limite de ce terrain, enfoncé dans le sol comme le 
serait un coin dans du bois, est déterminée, nous l'avons 
vu, par la présence à son sommet, d'une assise parfaitement 
circonscrite de calcaire Garumnien reposant sur un pou- 
dingue rouge, qui en forme comme le couronnement, assise 
quia complètement disparu sur les surfaces environnantes, 
et qui doit précisément à sa pénétration, en ce point, dans 
le sol, d'avoir résisté aux agents d'érosion qui tout autour 
ont fait disparaître cette couche. Si l'on veut suivre la ligne 
par laquelle se trouve circonscrit ce terrain affaissé, on 
peut s'assurer qu'elle passe par le village, au sud du 
Bain-Fort, se continue à l'ouest, entoure le Bain-Doux, 
retourne à l'est en passant par le milieu de Rivière-Plane, 
et, après avoir décrit une courbe assez prononcée sur la 
rive droite de la Salz, où elle embrasse un terrain presque 
double de celui qu'elle limite, sur la rive gauche, revient à 
son point de départ au sud du Bain-Fort. 

A une époque postérieure, le terrain abaissé s'est divisé 
en deux parties, dans la direction, à peu près, de la frac- 
ture qui avait précédé le dépôt du Garumniem. L'une de ces 
parties, celle qui occupe la rive droite de la Salz, s'est 
maintenue à son niveau primitif. L'autre, continuant de 



- 257 — 

s'enfoncer, principalement au sud et à l'ouest, a formé le 
massif du Parc, dont la surface supérieure, comme le mon- 
tre la figure, est à un niveau notablement plus bas que le 
plateau de Rivière-Plane. 

Ce mouvement du sol a été le dernier ; il a produit les 
reliefs que l'on voit encore et donné au sol sa configuration 
actuelle. 

Par ces dislocations successives, qui ont si profondément 
modifié la constitution primitive de ce petit territoire, on 
peut maintenant se tendre compte, non pas encore de l'ori- 
gine première des sources thermales si précieuses de la 
station de Rennes, mais au moins de la nature des voies 
par lesquelles elles parviennent du sein de la terre à la 
surface du sol. On reconnaît ainsi : que la source du Bain- 
Fort, la plus chaude, a pour issue un point de la faille cir- 
culaire qui circonscrit au sud le massif abaissé; que la 
source du Bain de la Reine sort, au contraire, par la fissure 
plus ancienne qui a partagé ce massif en deux : que celle 
du Bain-Doux, enfin, se trouve, tout-à-fait à l'ouest, au point 
de jonction de ces deux lignes de fracture. 

Ajoutons que tous ces mouvements de terrains peuvent 
trouver leur explication dans l'existence même des sources. 
La grande analogie de composition de celles-ci permet, en 
effet, d'admettre qu'elles proviennent d'un même bassin 
souterrain, situé à une grande profondeur et d'une impor- 
tance assez considérable, et qui, en creusant le sol en des- 
sous, a dû provoquer ces affaissements multipliés dont on 
peut aujourd'hui constater les effets. 

Remarquons encore que les eaux des trois sources n'of- 
frent pas la même température. La plus chaude, celle 
du Bain- Fort, atteint 52°, celle du Bain de la Reine est de 
45°, celle du Bain-Doux 38°. De là on peut conclure que 
la voie la plus directe par laquelle l'eau du bassin souter- 
rain arrive à la surface du sol correspond surtout au Bain- 
Fort, tandis qu'elle n'arrive aux autres établissements 
qu'après s'être refroidie dans un trajet plus ou moins long 

17 



- 258 - 

à travers les parties profondes sur lesquelles repose le 
massif abaissé du Parc. 

D'après la température de l'eau, on peut, jusqu'à un cer- 
tain point, apprécier la profondeur du bassin où les sour- 
ces prennent naissance. En admettant une augmentation 
d'un degré de température pour 33 mètres ; et en considérant 
l'eau du Bain-Fort, de 52°, si on en retranche 12°, tempé- 
rature du niveau du sol, restent 40°, qui, multipliés par 33, 
donnent 1320 mètres pour la profondeur approximative du 
point de départ des sources. 

Est- il téméraire de supposer que l'existence de ce bas- 
sin, — auquel peut-être s'alimentent les autres sources mi- 
nérales du département, notamment celles de Campagne et 
de Ginoles, — se lie à la manifestation des phénomènes qui 
ont amené en ce point le territoire supérieur et moyen au 
contact du terrain de transition, et ont produit, dans toute 
l'étendue de la chaîne de Monthoumet, l'effondrement du 
carbonifère, du trias et de tout le jurassique? 

Nous posons la question sans la résoudre ; mais il est 
facile d'entrevoir quelle lumière sa solution apporterait à 
l'histoire des causes qui ont déterminé les dislocations si 
caractéristiques de l'ensemble des Corbières. 

M. G. de Malafosse signale à l'attention de la Société les Ira- 
vaux d'un de ses membres. M. de Folin vient de publier dans les 
comptes rendus de l'Institut (Acad. des se.) une note très-impor- 
tante sur les résultats de ses draguages en pleine mer qui lui ont 
livré des espèces vivantes que l'on croyait éteintes. 

M. E. Cartailhac lit un rapport détaillé sur le Musée Ethno- 
graphique ou Galerie Roquemaurel. Il expose d'abord l'importance 
de cette collection qui ne paraît pas appréciée à sa juste valeur. 
Dans les villes du Nord de la France on aime et on cultive l'anthro- 
pologie. Boulogne, Lille, Douai font de sérieux sacrifices pour des 
Musées spéciaux vraiment remarquables. Toulouse qui a la bonne 
fortune de posséder les nombreux objets recueillis à grand 
peine et souvent à grands frais par M. de Roquemaurel, semble 



- 259 - 

avoir assez fait en leur donnant asile dans une salle mesquine et 
obscure (1). L'exemple de M. de Roquemaurel a été suivi par 
quelques personnes, des dons importants sont venus s'ajouter au 
sien. Mais aucune démarche n'est tentée auprès des particuliers, 
auprès des établissements scientifiques analogues des autres pays, 
auprès de nos ministères delà marine et de l'instruction publique; 
on ne fait rien, en un mot, pour obtenir des dons nouveaux, pour 
enrichir le Musée Ethnographique de Toulouse. M. Cartailhac cite 
au contraire l'exemple de Bordeaux où un Musée d'Ethnographie 
ancienne et moderne se forme rapidement grâce à l'activité du 
conservateur qui multiplie les appels au public, les circulaires 
aux marins, aux consuls, etc., etc. 

La situation des collections de notre ville est encore plus 
fâcheuse qu'on ne pouvait le croire. Le Musée Archéologique 
accapare peu-à-peu les vitrines de la galerie Roquemaurel ; le 
public voit avec étonnement les sceaux, les médailles, les verres 
de Venise se glisser parmi les séries chinoises outaïtiennes. Aucun 
classement n'est adopté ; aucune étiquette ne renseigne et n'instruit 
les visiteurs. Le catalogue très succinct, publié il y a plusieurs 
années, n'est plus au courant, ses numéros ne correspondent plus 
aux vitrines. De sorte queles dons de M. de Roquemaurel et autres 
restent sans intérêt, sans profit pour personne, et Toulouse sem- 
ble les dédaigner absolument. 

11 faut ajouter que cette collection bien classée et restant même 
dans ce local, compléterait l'enseignement que donne la Galerie 
d'Anthropologie préhistorique du Musée d'histoire naturelle. 

M. Cartailhac expose les mesures qu'il croirait suffisantes pour 
améliorer une situation déplorable. Il insiste sur ce point qu'il faut 
atout prix rompre avec cette habitude toulousaine qui consiste à 
ne rien faire, sous prétexte que tels monuments, telles salles, telles 
vitrines sont provisoires. En attendant la fin du provisoire, dix et 
vingt ans se passent. Quel que soit l'avenir des bâtimenls des 
Augustins, un fait est positif, c'est qu'il n'en coûterait pas 500 fr. 
à la ville pour organiser la galerie Roquemaurel en peu de semai- 
nes. Toulouse aurait ainsi un Musée qni attirerait les étrangers, 



(1) Voir ce qu'en dit M. Roschach dans son remarquable mémoire 
sur les Musées de Toulouse. 



— 260 — 



instruirait le public, en un mot lui ferait honneur et lui porterait 
profit. 

La Société, à l'unanimité, approuve les conclusions de ce rapport 
et décide qu'il sera soumis à M. le Maire de Toulouse. 



Séance du 19 mars 1873. 

Présidence de M. le D r Gourdon. 

La Société a reçu : 

Bulletin de la Société d'Etudes scientifiques et archéologiques 
de la ville de Draguignan, tome VIII, 1870-1871. Draguignan. 

Académie de la Rochelle, section des sciences naturelles, anna- 
les 1870-1871, n°10. La Rochelle, 1.872. 

Bulletin de la Réunion des officiers, 15 mars 1873. 

Comptes-rendus de V Académie des Sciences, n° 1 0. 

Catalogue raisonné des Oiseaux observés dans la subdivision 
de Milianah, Algérie, par Rodolphe Germain, membre correspon- 
dant de la Société. 

Bulletin de l'Association scientifique, n° 280. 

MM. Bioche, Garrigou et Cartailhac, membres titulaires, sont 
chargés parla Société de la représenter à la réunion des délégués 
des Sociétés savantes. 

MM. A. Detroyat, Caste!, L. Gèze, général de Nansouty , 
F. Regnault, de Folin, E. Trutat, F. Garrigou, Cartailhac sont 
délégués par la Société au Congrès scientifique de France à 
Pau. 

M. Huttier lit ensuite le travail suivant : 

Note sur quelques matériaux de construction employés pour les 
travaux des chemins de fer des Pyrénées. 

Les matériaux employés pour la construction des chemins 
de fer formant le réseau des Pyrénées proviennent généra- 



— 261 — 

lement de carrières situées à proximité des travaux, ou, 
encore, des tranchées ouvertes pour l'établissement de la 
voie. Aussi, ces matériaux représentent-ils presque tous les 
étages géologiques rencontrés. 

Voici ce qui concerne les matériaux employés sur la 
ligne de Montréjeau à Bagnères-de-Luchon. 

En général, les pierres employées aux travaux d'art sont 
des calcaires très-durs, inattaquables par la gelée, d'une 
densité fort grande, variant de 2 1/2 à 3, et, pour la plu- 
part, rencontrés dans les terrains silurien et dévonien. 

De Montréjeau à Loures, c'est la pierre de Gourdan qui 
a été préférée, à cause de la proximité des carrières; de 
Loures à Marignac, on a employé la pierre de Saléchan; de 
Marignacà Guran, c'est le marbre de Gierp qu'on a surtout 
utilisé; enfin, au-delà de Guran, jusqu'à Luchon, on s'est 
servi de la pierre de Cazaux. 

La ligne, qui a une longueur de 35 kilomètres, se trouve 
ainsi divisée en quatre zones à peu près égales, de 8 à 9 
kilomètres chacune, dans laquelle on a utilisé les matériaux 
qui se trouvaient dans un rayon de 4 à 5 kilomètres. 

Exceptionnellement, pour la construction des maisons de 
garde, on a employé la pierre d'Ore et celle de Saint-Béat, 
qui peuvent être considérées commme de véritables mar- 
bres. 

La pierre de Gourdan a été tirée d'une carrière située 
dans la commune de ce nom, près de Montréjeau. Le ter- 
rain où elle se trouve est le crétacé inférieur. Cette pierre 
est grise, dure et non gélive, très-propre à la construction. 
Elle est d'ailleurs à peu près la même que celle de Labar- 
the-de-Rivière, que l'on a employée sur la ligne de Toulouse 
à Montréjeau. 

La pierre de Saîéchan consiste en un calcaire noirâtre, 
provenant d'un banc dévonien, et l'on rencontre, à côté de 
ce calcaire, des pyrites de cuivre, dont on a essayé, mais 
•sans succès, jusqu'à présent, l'exploitation. 

Les ponts de Fronsac et de Marignac ont été construits 



— 262 — 

avec cette pierre, qui contient beaucoup de silice et 
d'alumine. 

Le marbre de Gierp est à peu près le môme que celui de 
Sarrancolin (Hautes -Pyrénées) avec lequel on produit 
les pièces tournées si connues à Bagnères-de-Bigorre. Ce 
marbre est du genre appelé brèche, brocatelle et griotte; 
sa couleur est variable, tantôt rouge, tantôt verdàtre; quel- 
ques échantillons sont entièrement gris. 

Cette pierre, qu'on rencontre soit dans le silurien, soit 
dans le dévonien, a servi à la construction d'un pont de 40 
mètres d'ouverture, sur la Pique, près de Cierp, et de deux 
autres ponts, sur la même rivière, à quelques kilomètres 
au-delà. Des expériences nombreuses ont démontré que le 
marbre de Cierp était beaucoup plus résistant que celui de 
Saint-Béat. La pression de 300 kil. par centimètre carré 
suffit à peine pour produire une fente dans un cube de 3 
centimètres de côté, et certaines variétés ne sont écrasées 
complètement que sous un poids de 6 à 70 kil. (par cen- 
timètre carré). La résistance à la flexion est également très- 
grande, et l'expérience a fait voir qu'elle était de 460 k. par 
centimètre carré. 

Quant à la pierre de Cazaux, elle ressemble beaucoup au 
marbre gris de Cierp. Elle a la même nuance; sa résis- 
tance à l'écrasement est la même (300 kil. par o m , oi 2 ); 
mais sa résistance à la flexion est beaucoup plus grande: 
260 kil. par centimètre carré. 

Enfin, les marbres de S?t-Béat, employés pour quelques 
ouvrages, ont donné pour résistance à l'écrasement, par cen- 
timètre carré : 

le blanc: 213 kil. 
le gris: 240 kil. 
le gris bleuâtre : 268 kil. 
au minimum. De sorte qu'on peut en conclure que moins 
ces marbres contiennent desilice et d'alumine, moins ils sont 
résistants. 

En ce qui concerne les chaux du pays, une seule a été 



— 263 — 

expérimentée : c'est celle du Bazert, provenant d'une car- 
rière située au pied du col de ce nom, à peu de distance 
delà route de Montréjeau à Luchon. Cette chaux est moyen- 
nement hydraulique, mais son prix, peu élevé, la fait recher- 
cher dans la contrée, quoiqu'elle ne puisse être employée 
à de grands travaux de fondations. 

La vallée de St-Béat contient aussi des gisements de chaux 
non encore essayée. 



Séance du 2 avril. 

Présidence de M. leD r Gourdon. 

La Société reçoit une lettre de M. le secrétaire adjoint de Y Aca- 
démie des sciences, inscriptions et belles -lettres de Toulouse annon- 
çant l'envoi de la collection des Mémoires de l'Académie. 

Sont nommés membres titulaires de la Société : 

M. Gaston Tissandier, directeur du laboratoire de chimie de 

l'Union nationale, à Paris, présenté par MM. J. Castel et Garri- 

gou. 

M. de Nerville, inspecteur général des mines, à Paris, présenté 

par MM. Garrigou et Gourdon. 

M. G. de Malafosse donne une analyse rapide des Notices his- 
toriques sur les Sociétés savantes de La Rochelle. 

M. le D r Gourdon propose à la Société d'autoriser la publication 
sous ses auspices des entretiens scientifiques faits à quelques-unes 
de ses séances. Cette publication se ferait aux frais des auteurs et 
serait complètement distincte du Bulletin. 

M. Gaston de Malafosse donne lecture d'un passage d'une lettre 
de M. Bioche, membre titulaire de la Société, où notre collègue 
annonce avoir recueilli aux environs de la Capelle (village de la 
région des Causses au S. E. de la Canourge (Lozère), un échan- 
tillon de l'Ammoniles subfascicularis (d'Orb.). Cette Ammonite, 



— 204 - 

confondue par quelques-uns, mais à tort, avec l'Amm. polyplocus 
(Reineck.), accompagne toujours l'Amm. tenuilobatus 

* Il est curieux, dit M. Bioche, de retrouver sur les Causses de 
» la Lozère cette zone,oxfordienne pour les uns,kimméridgienne 
» pour les autres. * 

M. de Malafosse fait remarquer que l'intéressante observation de 
M. Bioche semble fournir un argument à ceux qui rangent dans 
l'oxfoidien la zone à Amm. tenuilobatus; le plateau des Causses, 
dans la région de la Capelle, est en effet purement oxfordien, 
on y trouve l'Amm. plicatilis et d'autres fossiles également 
caractéristiques. 

M. de Saint-Simon donne lecture de la note suivante : 

Notes sur l'Hélix Rangiana (Desh.) 

§ 1 . — Dans son Encyclopédie, p. 257, M. Deshayes a 
dédié, en 4 831, à Rang, une Hélice Irès-curieusequecelui-ci 
avait découverte auprès de Collioure. La coquille de ce 
mollusque ressemble tellement, au premier abord, à celle 
d'une espèce fossile, VH. Vialaï de l'éocène du Midi de la 
France, qu'un œil peu exercé pourrait s'y tromper ; mais 
YHel. Rangiana présente un tèt plus aplati, à tours plus 
serrés, le prolongement dentiforme péristomien est en 
même temps plus avancé, il se rapproche davantage de 
l'insertion du bord extérieur. D'un autre côté, la fossette 
qui correspond à cette saillie recourbée en volute du 
Rangiana, est remplacée, dans le Vialaï, par un sillon assez 
allongé. Néanmoins, l'analogie qui existe entre ces deux 
espèces, l'une vivante actuellement, et l'autre, d'une époque 
géologique, relativement ancienne, me paraît être un fait 
remarquable. 

M. Moquin-Tandon a étudié, dans son magnifique ouvrage 
sur les mollusques terrestres et fluviatilcs de France, 
l'anatomie et les mœurs de cette curieuse Hélice. Malheu- 
reusement, ce savant anatomiste ayant dû s'occuper d'un 
grand nombre d'autres espèces, n'a pu donner que peu 
de détails sur la structure interne de ce mollusque. Je vais 



— 265 - 

tâcher de remplir cette lacune au moyen d'observations 
que j'ai eu occasion de faire sur un individu vivant. 

D'après M. Moquin, l'animal de 17/. Rangiana ressemble 
beaucoup à celui des Zonites aplostomes, c'est-à-dire des 

Z. lucidus, nitens, etc., etc Il est très-grêle, ardoisé, 

les boutons oculifères sont peu renflés, et l'œil plus petit 
que la plupart des autres Hélices de France, dénote les 
mœurs nocturnes de ce mollusque. En effet, d'après 
MM. Moquin Tandon et Paul Massot, cette espèce ne 
sort que la nuit et redoute les fortes chaleurs. Ses habitu- 
des sont, sous ce rapport, les mêmes que celles des Zonites 
aplostomes. L'humidité est une condition essentielle pour 
qu'elle puisse vivre, et, quand on veut la recueillir, il faut 
bouleverser les murs de soutènement qui lui servent d'abri. 
L'on remarquera plus loin que le cristallin de son œil est 
très -bombé. 

On trouve dans un travail très-consciencieux, extrait du 
dix-neuvième Bulletin de la Société agricole des Pyrénées- 
Orientales et publié en 1873 par mon savant ami M. le doc- 
teur Paul Massot, des détails très-précis sur l'habitat de 
YH. Rangiana. Cette espèce ne se retrouve pas en dehors du 
cap Cerbère, de Banyuls-sur-Mer, Port-Vendres, Collioure, 
et le torrent appelé Ravaner, comme l'ont observé 
MM. Massot et Penchinot. Pourtant M. Massot en a trouvé 
un exemplaire à Vernet-les-Bains. M. Moquin assure, 
d'après M. Astier, qu'on a recueilli aussi cette Hélice à 
Ollioules, près de Toulon; mais cette localité me paraît 
douteuse. 

Les Hélices dont la coquille présente quelque analogie 
avec celle de l'H. Rangiana sont YH. lenticula des mêmes 
localités, du Var, de la Corse, et des lies Baléares ; 
177". Uns des parties les plus méridionales de l'Europe, 
mais ces deux espèces ne présentent pas ces dentelures si 
curieuses du péristome qui caractérisent les H. Rangiana et 
Vialaï. Mon savant ami M. Bourguignat, dans ses Mollus- 
ques litigieux et peu connus, p. 267-268, décrit, sous le 



— 266 — 

nom de H. Tlemcensis, une coquille qui présente une dent 
vers le milieu du bord libre, mais elle est beaucoup plus 
petite que celle de PH. Rangiana, efsajcarène ne forme pas 
un cordon saillant comme dans les mollusques dont je viens 
de parler. 

M. Moquin donne quelques détails sur l'appareil repro<- 
ducteur de cette espèce, il signale l'existence d'un flagel- 
lura et de trois vésicules muqueuses; malheureusement, il 
ne dit pas si les vésicules les plus nombreuses se trouvent 
du côté droit, comme je l'ai observé dans d'autres hélices, 
et notamment chez les H. Carthusiana, sylvatica^ Cirtœ et 
neglecta. La figure de l'ouvrage sur les mollusques de 
France, qui représente ces vésicules, ne donne pas d'éclair- 
cissement à cet égard. 

Le même auteur dit que la poche copulatrice est ovoïde, 
pourvue d'un canal médiocrement long, et qu'il n'existe pas 
de branche copulatrice. 

Maintenant voilà quelles sont les observations que j'ai 
faites sur l'individu qui m'a été communiqué par mon 
savant ami M. le docteur Penchinat. L'on verra plus loin 
que la poche du dard existe dans cette hélice. 

§ 2. — - D'après M. Moquin, la mâchoire de l'H. Ran~ 
giana est médiocrement arquée, jaunâtre; on y remarque 
dix côtes dont l'extrémité dépasse le bord libre et paraît un 
peu pointue. Dans l'individu que j'ai examiné, cette pièce 
est plus arquée que celle de fa figure de l'ouvrage de 
M. Moquin ; elle m'a paru plus étroite, surtout aux deux 
bouts qui sont inégalement et très-finement dentelés. J'y ai 
compté 16 côtes; celles-ci très- serrées, inégales, conver- 
gent vers le bord postérieur quelles dépassent à peine ; les 
quatre médianes forment un commencement de rostre. Les 
crénelures sont peu marquées, quelques-unes pointues, 
les autres obtuses. Les médianes réunies deux à deux, 
paraissent finement dentelées à un fort grossissement. 

La mâchoire est, en outre, finement chagrinée et présente 



— 267 — 

une bordure fauve le long du bord libre ; elle est munie à 
la partie opposée d'un talon membraneux, allongé, trans- 
parent. 

La formule dentaire de la plaque linguale est la sui- 
vante : 

(15+16 + 4 +16 + 45) X 80 

Les cellules épithéliales des dents sont un peu allongées. 

Celles-ci deviennent plus grêles et plus pointues près de 
l'extrémité pharingienne de la plaque linguale : 

Les marginales paraissent assez grandes, peu inclinées 
vers la ligne rachiale ; les supports se touchent presque, 
ils sont grands, aussi larges que longs, sinueux, biseg- 
mentés irrégulièrement, rétrécis et terminés par une dent 
très-peu marquée dans la partie qui regarde le bord mar- 
ginal. Ils portent quatre cuspides, les deux plus grandes 
sont disposées en ciseaux et regardent le côté du rachis ; 
de l'autre côté on remarque, en s'éloignant de celui-ci, 
une dent petite et recourbée, enfin, plus loin encore, une 
dent rudimenlaire. 

Les dents latérales sont allongées, larges à la base qui 
présente un support épais, cupuliforme ; la grande dent 
parait fortement contournée et se termine par une cuspide 
robuste ; la petite dent est très-courte, dirigée vers le 
bord externe et terminée par une pointe rudimentaire. La 
lamelle paraît grande, large; elle finit par une pointe un 
peu obtuse et recourbée. 

Les dents du rachis sont un peu plus petites et un peu 
plus écartées que les latérales ; le support est assez gros, 
un peu allongé, fortement échancré vers l'insertion des 
dents, la dent principale rappelle, pour la forme, celle du 
bouton du grand tentacule des Hélices; elle donne nais- 
sance à une cuspide terminale assez forte, obtuse, conoïde; 
les dents rudimentaires sont contournées et terminées cha- 
cune par une cuspide recourbée, très-petite et pointue. La 
lamelle paraît trilobée, large, un peu évasée. 



— 268 - 

L'œsophage et l'intestin sont assez étroits, grisâtres. L'es- 
tomac se trouve à une assez grande distance de la poche 
buccale; il est assez grand, allongé, médiocrement renflé, 
grisâtre. 

Le péricarde et le cœur sont allongés, celui-ci se com- 
pose d'une oreillette arrondie et d'un ventricule pyriforme; 
le bout qui renferme la valvule est fortement arrondi dans 
ce dernier. 

Le sac de Bojanus (glande prsecordiale) a la forme d'un 
S disposé horizontalement ; il paraît très-allongé, étroit, 




Collier médullaire de Vlïelix Rangiana. 

peu rétréci en arrière, un conduit assez apparent le coupe 
en deux dans le sens de la longueur. Les acini sont dis- 
tincts, serrés, vermiformes. 

Le collier médullaire se compose de six ganglions, d'un 
gris clair; les cérébroïdes sont gros, longs de 3/4 de mill., 
composés chacun de trois segments distincts, ovoïdes, et 
sont séparés par une commissure assez courte. Les autres 
ganglions sont au nombre de quatre ; les deux antérieurs, 
longs chacun de 1/4 de mill., paraissent sécuriformeset se 
rejoignent par le gros bout qui est tronqué; les deux posté- 
rieurs, plus petits et ovoïdes, supportent les poches des 
ololilhes; ceux-ci sont jaunâtres par réflexion, transparents, 
plus ou moins allongés, ovoïdes, un peu anguleux et irré- 
guliers ; chaque poche est grande de ï/10 e de mill. et con- 



— 269 — 

tient environ un millier d'otolithes. Les commissures qui 
séparent les cérébroïdes des postérieurs sont doubles. 

Les nerfs tentaculaires partent de la partie antérieure du 
lobe médian du ganglion cérébroïde. 

Le collier médullaire présente une disposition qui se rap- 
proche de celle du même appareil que j'ai vu dans YH. 
nautiliformis et dont la seconde décade de mes miscellanées 
contient la description ; mais il existe des différences nota- 
bles. Les ganglions cérébroïdes du Nautiliformis paraissent 
plus petits, leurs lobes sont terminés en pointe à la partie 




Collier médullaire de VHelix nautiliformis. 



antérieure et soudés en arrière. Les. sous- œsophagiens dif- 
fèrent aussi ; les antérieurs paraissent plus petits et pyri- 
formes ; d'un autre côté, ceux qui supportent les otolithes 
sont oblongs et beaucoup plus grands que chez le Rangiana. 
Quant au collier médullaire de YH. constricta, il est diffé- 
rent ; les ganglions cérébroïdes sont grands et dépourvus 
de lobes ; les sous-œsophagiens forment deux groupes situés 
l'un à droite, l'autre à gauche, qui séparent deux commis- 
sures assez longues. On voit donc que les centres nerveux 
de ces trois hélices diffèrent entre eux complètement. 
L'œil est ovoïde ; il se compose d'une cornée assez petite, 



— 270 — 

d'une sclérotique s'élargissant en arrière et brune, d'une 
choroïde presque ronde, pointue à la partie postérieure et 
d'une rétine cupuliforme, brune. Le cristallin est petit ; on 
le voit sous la forme d'une calotte presque hémisphérique, 
pointue aux deux bouts, très-bombée extérieurement, peu 
bombée en dedans ; il est composé de deux segments juxta- 
posés dans le sens de la longueur. 

Le ganglion optique touche presque la rétine et paraît 
allongé. 

La glande de l'albumine est longue de 8 mill., allongée, 
étroite, linguiforme, bicarénée ; sa face interne paraît con- 
cave ; cet organe est d'un gris jaunâtre, un peu plus foncé 
à la base. La glande en trèfle (talon) paraît un peu éloignée 
de la matrice, longue de près d'un millimètre, recourbée en 
arrière, d'un gris clair, et terminée par un bouton globuleux ; 
la courbure est parallèle à celle de la glande de l'albumine; 
cet organe est plus développé que dans d'autres espèces. 

Le canal excréteur s'insère au-dessous du talon ; il est 
très-fin, sinueux ; les circonvolutions de l'épididyme sont 
nombreuses, écartées, jaunâtres. 

La poche à dard appliquée au vagin paraît digitiforme 
allongée, jaunâtre, membraneuse ; elle se rétrécit au bout 
qui est arrondi. 

Le dard est long de 3/4 de mill. à 1 mil!., petit, allongé; 
vers la base il paraît un peu évasé, brusquement élargi et 
creux ; il ressemble à une corne de bœuf, se recourbe en 
demi cercle et parait comme tordu ; il est jaunâtre, un peu 
terreux, sub-pellucide ; sa pointe est très-aiguë. 

Cet instrument paraît très-finement granuleux au micros- 
cope, sa base est en contact avec un tissu fibreux assez 
puissant. On remarque, à quelque distance de la pointe, 
comme un dard primitif, que des couches transparentes 
ont recouvert après coup. 

M. Moquin ayant décrit et figuré les vésicules muqueu- 
ses, je me bornerai à dire qu'elles sont éloignées de la 
poche à dard, très-grandes, inégales et flexueuses. 



- 274 - 

Il résulte de ce qui précède que YH. Rangiana ne doit 
plus être classée parmi les Hélices dépourvues de poche 
du dard, et que, sous ce rapport, il se rapproche davantage 
de Y H. personata que de YH. obvoluta, les dents margi- 
nales du personata présentent, à peu près, la même struc- 
ture que celle de l'Hélice des Pyrénées-Orientales, tandis 
que celles de Yobvoluta et du Nautiliformis sont munies 
d'un support beaucoup plus étroit. 



Séance du 16 avril. 

Présidence de M. le D r Gourdon. 

La correspondance fournit les ouvrages suivants : 

Recherches sur l'état sénile du crâne, par le docteur Sauvage. 

Descriptions d'espèces nouvelles des terrains jurassiques de 
Boulogne-sur-Mer, par MM. Sauvage et Rigaux. 

Comptes-rendus de l'Académie des sciences, n oS 13 et M 
(avril 4873). 

Bulletin de la Réunion des officiers, 5 et 12 avril 4873. 

Mémoires de V Académie nationale des sciences, arts et belles- 
lettres de Caen. 1873. " 

Bulletin hebdomadaire de l'Association scientifique de France, 
tomeXIÏ. 43 avril. 

Journal d'agriculture pratique pour le Midi de la France, 
3 e liv,, tome XXIV. 

Réponse de M. le professeur de Rouville à M. le docteur Blei- 
cher sur la question des terrains jurassiques supérieurs. 

Les Grottes de la Basse-Falize , près Hydrequent (Pas-de- 
Calais), par M. Emile Sauvage. 

L'Homme fossile de Denise, par le docteur Sauvage. 

Synopsis des poissons tertiaires de Licata {Sicile), par le doc- 
teur Sauvage. 

De la progressibilité organique et de la variabilité restreinte des 
types, par le docteur Sauvage. 



- 272 - 

M. E. Trutat dit que la Société, suivant ses désirs, a été 
représentée au Congrès de Pau par un grand nombre de ses mem- 
bres qui, tous, ont pris part activement aux travaux. 

La section des sciences, présidée par M. le comte de Bouille qui 
a demandé à devenir notre confrère, s'est fait remarquer entre 
toutes par le nombre et l'importance des lectures et des discus- 
sions. 

La section des sciences médicales et d'anthropologie a été éga- 
lement très-suivie. 

Les sections d'abord, ensuite le Congrès tout entier ont approuvé 
hautement la pétition en faveur du rétablissement de l'histoire 
naturelle dans l'enseignement secondaire, et les programmes du 
baccalauréat. 

Il a été décidé que l'année prochaine le Congrès aurait lieu à 
Rodez. 

Le temps a malheureusement empêché les excursions, sauf une 
que M. Trutat n'a pu suivre. 

M. Trutat, après avoir entendu, à Pau, la lecture du catalogue 
des mammifères des Basses-Pyrénées, par M. le comte de Bouille, 
a jugé utile de rédiger la note suivante pour la Société d'Histoire 
naturelle : 

M. Trutat met sous les yeux de la Société quatre petits mam- 
mifères pris aux environs de Toulouse et qui viennent d'être don- 
nés au Musée d'histoire naturelle ; et à ce sujet il insiste sur l'inté- 
rêt que présente dans notre région l'étude si négligée jusqu'à 
présent de la micromammalogie. 

Les Pyrénées et les plaines Sous-Pyrénéennes renferment un 
grand nombre d'espèces qui semblaient tout d'abord spéciales à 
d'autres contrées. Deux des petits mammifères présentés aujour- 
d'hui appartiennent au genre musaraigne : l'un la musaraigne 
musette, sorex areneus, l'autre la musaraigne de Daubenton, 
sorex fodiens. M. Trutat donne les diagnoses latines attribuées 
par Schinz à ces deux espèces, et à cette occasion il déplore 
l'abandon de la méthode véritablement Linnéenne pour la des- 
cription des espèces et l'abandon non moins fâcheux de la langue 
latine comme langue scientifique. Il est positif que maintenant 
bien des naturalistes ignorent jusqu'à la signification de certains 
mots employés continuellement. Il cite entre autres ces deux mots 



— 273 — 

inventés par Illiger, notœum. et gastrœum, le premier désignant toute 
la région supérieure d'un animal, de la nuque à la naissance de 
la queue, le second au contraire la région inférieure, des mem- 
bres antérieurs à la queue. La musaraigne de Daubenton paraît 
assez rare dans nos contrées, elle avait été prise, il y a plusieurs 
années, par M. de Marin, sur les bords du Touch; cette année elle 
a été rencontrée à Luchon par M. Chelle, plus tard par M. Lézat, 
et tout dernièrement enfin par M. de Caumont, à Portet. Ces dif- 
férents sujets présentent des caractères remarquables et qui sem- 
blent constants dans notre région : tous portent une tache grise au 
milieu de la poitrine et ils n'ont pas de taches blanches eu avant 
de Y œil comme l'indiquent les auteurs ; enfin les parties inférieu- 
res ne sont pas mouchetées, mais bien d'une teinte blanche uni- 
forme. Nous aurions donc dans notre région une variété spéciale à 
caractères constants, mais qui ne semblent pas suffisants à M. Tru- 
tat pour créer une espèce nouvelle. 

Les musaraignes sont de petits insectivores très-utiles à l'agri- 
culture et faciles à distinguer de la nombreuse famille des ron- 
geurs. Parmi ceux-ci est le campagnol des champs (arvicola 
arvalis), bien connu sous le nom de rat des champs ; sa prodi- 
gieuse fécondité le rend extrêmement redoutable; cette espèce 
peut se reproduire dès l'âge de trois mois -, elle fait de huit à neuf 
portées par an de quatre petits chacune en moyenne. Un seul 
couple peut donc, dans l'espace d'une année, produire plus de 50O 
individus aptes à se reproduire. 

Une espèce très-voisine du campagnol des champs, est le cam- 
pagnol de Savi, que M. de Caumont a rencontré à Portet; cette 
espèce diffère du campagnol des champs par ses oreilles plus cour- 
tes et cachées sous les poils, auriculis absconditis, une queue 
plus courte et un pelage dépourvu de poils jaunes, caractère de 
l'espèce précédente. Cette espèce avait été regardée jusqu'à présent 
comme propre à l'Italie, elle serait donc nouvelle pour la faune 
française. 

M. H. Calmels dit que voulant se débarrasser d'un nid de pies, 
à sa campagne, il a tué d'abord le mâle et la femelle; mais il a 
remarqué que le nid a été aussitôt occupé par d'autres pies. Ces 
pies, tuées à leur tour, ont été remplacées par d'autres. 

M, H. Calmels a remarqué deux années consécutives une cor- 

48 



— 274 — 

neille mantelée (espèce rare pour le pays) en compagnie d'une 
corneille noire ; dans les émigrations, ces oiseaux reviennent 
donc dans les mêmes régions. 

M. Gaston de Malafosse signale dans le dernier n° des 
Comptes-rendus de l'Académie des Sciences (7 avril) une intéres- 
sante note de M. Fabre sur l'âge de soulèvement du mont Lozère. 
L'auteur cherche surtout à démontrer que ce massif schislo-grani- 
tique a été recouvert par des sédiments jurassiques. 

A ce propos, M. de Malafosse rappelle que déjà, en 1869, 
M. Magnan soutenait que le plateau central tout entier n'était 
point une île des mers secondaires, et ne devait son aspect actuel 
qu'à de gigantesques érosions qui y avaient mis à nu le granit et 
les autres roches anciennes (Bulletin de la Société, t. III, p. 80). 
Les nouveaux travaux de M. Fabre tendent à confirmer l'opinion 
hardie, émise naguère par notre regretté collègue. Il faut cepen- 
dant à cette théorie de nouvelles preuves pour qu'elle soit accep- 
tée par la majorité des géologues, et ne laisse de place qu'au 
doute systématique. 



Séance du 23 avril. 

Présidence de M. le docteur Gourdon. 

La Société reçoit : 

Comptes-rendus de V Académie des sciences, t. 76, n e 14. 
Bulletin de la Réunion des officiers, 3 e année, n° 16. 
Bulletin de V Association scientifique de France. 

Sont nommés membres titulaires : 

MM. Gabriel Mazières, rue du May, 14, Toulouse, et Jean 
Dupont, allées Lafayetle, 64, Toulouse; présentés par MM. Des- 
jardins et Bidaud. 

MM. le comte de Bouille, président de la section des Sciences 
au Congrès scientifique, à Pau, Genreau, ingénieur des mines, à 
Pau ; Doumet Adanson, à Cette ; D r Gobert, à Mont-de-Marsan, 
présentés par MM. Cartailhac et Trutat. 



- 275 — 

Sont nommés membres correspondants : 

M. R. Pottier, à Dax (Landes), présenté par MM. E. Trutat 
et Cartailhac, et M. le docteur Emile Sauvage, attaché au 
Muséum de Paris, présenté par MM. G. de Malafosse et Cartailhac. 

Le Président annonce plusieurs présentations. 

M. F. Regnault lit une note sur les résultats du Congrès de Pau 
au sujet des questions anthropologiques. Il insiste d'abord sur la 
démonstration faite à l'heure qu'il est, irrécusable et définitive de 
l'antiquité de l'homme « Les six mille ans d'existence qu'on accor- 
dait à l'humanité ne sont qu'une imperceptible période auprès 
des siècles innombrables qui se sont écoulés depuis que l'homme 
a laissé dans le diluvium, etc., les produits de son industrie ou 
les débris de son squelette. » Au Congrès de Pau on s'est occupé 
de l'homme tertiaire. M. le marquis de Nadaillac a présenté l'état 
de la question et a produit un fait nouveau : Un géologue anglais, 
M. Calvert, digne de foi, d'après sir John Lubbock, aurait trouvé, 
dans le miocène, aux Dardanelles, des ossements d'animaux ter- 
tiaires cassés et travaillés par l'homme. 

M. Regnault ajoute: «M. le D r Garrigou, notre confrère, a com- 
muniqué ensuite ses observations sur l'importance des ossements 
cassés pour dévoiler la trace de l'homme d'une façon irrécusable. 
11 avait signalé des ossements de ce genre dans le gisement tertiaire 
de Sansan (Gers). Aujourd'hui, il annonce la découverte d'une 
couche de cendres et de charbons sous un dépôt glaciaire. » 
M. Regnault termine en disant que les discussions du Congrès de 
Pau ont été favorables à l'homme tertiaire. 

M. Trutat conteste quelques-unes des conclusions de M. Re- 
gnault. Pour lui, la question de l'homme tertiaire est encore fort 
obscure, et des preuves nouvelles sont plus que jamais nécessaires 
à ce sujet. 

M. Trutat signale un phénomène qui s'est produit à Toulouse 
dans la matinée du 20 avril. Il s'agit de la chute d'une grande 
quantité de pollen de pin maritime, apportée des Landes par le 
vent d'Ouest. 

M. le docleur Gourdon rappelle qu'une pluie de soufre analogue 
a été observée à Toulouse il y a quatre ans. 



— 276 — 

M. Louis de Malafosse analyse rapidement une note de M. le 
docteur Broca (1) sur une excursion dans la région d'Aubrac, en 
compagnie de M. le docteur Prunières. Il fait remarquer que 
M. Prunières a cherché autrefois à prouver que la région dont il 
s'agit avait été, jadis, beaucoup plus peuplée qu'elle ne l'est de 
nos jours. (Voir la Revue archéologique du Midi). 

Aujourd'hui, il met une égale ardeur à soutenir la thèse diamé- 
tralement contraire, et veut démontrer que TAubrac est inhabité 
et inhabitable. 

Une pareille proposition est bien faite pour exciter l'étonnement 
de tous ceux qui ont visité les montagnes explorées par MM. Broca 
et Prunières; elle ne saurait avoir aucune valeur en présence des 
faits matériels qui la contredisent. 

M. E. Trutat regrette que la Société anthropologique fasse 
figurer dans son Bulletin des travaux et des discussions qui n'ont 
aucune base scientifique réelle et reposent sur des théories plus 
ou moins imaginaires. Cette voie est périlleuse à plus d'un titre. 



Séance du 29 avril 1873. 

Présidence de M. le docteur Gourdon. 

La Société reçoit : 

Compte-rendu de l'Académie des sciences. 

Les Sciences physiques et naturelles chez les Arabes de V Algérie, 
parleD r E. L. Bertheraud. Alger, 1870. 

VAceras antropophora, par le môme. Alger, 1868. 

Fouilles des dolmens du plateau des Beni-Messous, près Alger, 
par M. le D r Bourjot. Alger, 1868. 

Le globulaire Turbish, par le D r E.-L. Bertheraud. Alger, 1870. 

Ces quatre brochures sont offertes par M. le colonel Belleville. 

Association scientifique de France, n° 286 du Bulletin. 

Venise et son climat, par Edouard Gazenave. Paris, 1865. 

(\) Bulletin de la Société d'anthropologie, 2 e série, tome 7 e , p. 52* 
et 566. 



— 277 - 

Dix-sept années de pratique aux Eaux-Bonnes, par Ed. 
Cazenave de La Roche. Paris, 4867. 

Bulletin des séances de la Société entomologique de France, 
N° I. 

N° 85. Compte-rendu de l'Assemblée mensuelle du 5 avril 
4873 de la Société entomologique de Belgique. 

Discours de M- Emile Blanchard à la réunion de d872 des 
délégués des Sociétés savantes à la Sorbonne. Paris, Imprimerie 
nationale, 1873. 

Guide de Pau aux Eaux-Bonnes, par Jam (M. le comte de 
Bouillet). Pau, 1869. 

Sont nommés membres titulaires, sur la présentation de MM. le 
Dr Garrigou et Gastel : 

MM. Baisselance, ingénieur de la Marine, à Bordeaux, Del- 
vaille, docteur à Bayonne, Thore, à Pau, Fournie, ingénieur 
des ponts-et-chaussées à Orthez, Cazenave de la Roche, docteur 
à Pau. 

Sur la présentation de MM. Trutat et Gourdon, M. Cayrol, 
conducteur des Ponts-et-Chaussées, à Cahors. 

Est nommé membre correspondant, M. le docteur V. de Rochas, 
à Pau, présenté par MM. le docteur Garrigou et Castel. 

M. E. Cartailhac résume une note publiée par M. E. Rivière 
dans les Comptes-rendus de l'Académie des Sciences, et signale de 
curieux rapprochements entre les parures d'un nouveau squelette 
humain trouvé dans les grottes de Menton et de celles du sque- 
lette découvert à Laugerie-Basse. 

M. Huttier analyse les derniers Comptes -rendus de V Académie 
des sciences. 

M. de Saint-Simon analyse le Bulletin de l'Association scienti- 
fique de France, et, à la suite, une discussion s'ouvre entre 
MM. Trutat, Huttier et autres membres, sur les sables de silicate 
de fer que l'on trouve abondamment à l'embouchure de la 
Gironde. 

Sur la demande du Comité de publication, deux membres lui 
sont adjoints : Ce sont MM. Bidaud et Huttier. 



— 278 - 

M. E. Cartailhac rend compte de la Réunion des délégués des 
Sociétés savantes à la Sorbonne.il rappelle que «cette idée excel- 
lente d'appeler à Paris, à un rendez-vous général, les savants de 
la province est due à M. de Gaumont qui, le premier, organisa ce 
Congrès annuel. Cette innovation séduisit tout le monde, et le 
Ministère s'empressa de plagier l'œuvre de M. de Caumont. A 
partir de ce moment, le Congrès (indépendant) eut lieu en même 
temps que la Réunion (officielle), jusqu'en 1870. Cette année, il 
n'y a eu que la Réunion [officielle): pendant qu'elle siégeait, M. de 
Caumont succombait à Caen. On pourrait compter sur les doigts 
d'une main les personnes qui, à Paris, ont osé lui rendre publi- 
quement hommage. L'illustre fondateur des Congrès archéologi- 
ques et scientifiques de France, et de tant d'autres institutions qui 
avaient en vue l'activité intellectuelle de la province ; l'homme 
généreux qui avait depuis plus de quarante années consacré sa 
vie et sa fortune au progrès des sciences dans notre pays, est mort 
sans que les savants se soient honorés en lui rendant hommage ! 

» La Réunion des délégués des Sociétés savantes a entendu la 
lecture d'un assez grand nombre de travaux sur l'Histoire natu- 
relle ; le Journal officiel en a donné l'analyse, mais la Société 
apprendra surtout avec intérêt que M. Emile Blanchard, dans le 
discours qu'il a prononcé à la séance générale, a parlé d'elle et de 
Toulouse en des termes qui méritent notre gratitude. C'est le com- 
mencement de son rapport : 

« L'ambition de voir se multiplier les travaux de recherche et 
le désir d'élever la nation à en comprendre le bienfait ont gagné 
partout les meilleurs esprits. Si le mouvement ne se propage pas 
encore avec l'énergie qu'il faut souhaiter, néanmoins le progrès 
est manifeste. Des villes commencent à se préoccuper de la fon- 
dation ou de l'accroissement des musées scientifiques et des biblio- 
thèques; en un mot, d'assurer des moyens d'étude. Un jour, son- 
geant à l'étendue trop restreinte de la vie intellectuelle dans notre 
pays, nous avons émis l'opinion que les municipalités et les riches 
particuliers ont le devoir d'agir pour les véritables intérêts et pour 
l'honneur de la cité. A Toulouse, des hommes instruits, des mem- 
bres de la Société d'Histoire naturelle partageaient le même sen- 
timent; ils se sont efforcés de porter cette conviction dans l'esprit 
des administrateurs de la ville et la conviction s'est faite. 



— 279 — 

» Le Conseil municipal de Toulouse vient de prendre les mesu- 
res nécessaires pour donner au Musée scientifique une importance 
et un caractère de grandeur qui appelle tous les regards. De pré- 
cieuses collections existaient-, bientôt convenablement disposées, 
elles serviront, en excitant la curiosité, à répandre des notions 
utiles dans toutes les classes de la société ; elles seront le point de 
départ d'études sérieuses. Quelques années d'efforts soutenus dans 
cette voie, et les objets instructifs accumulés inspireront le goût de 
la recherche et attireront les étrangers. En ce moment, la muni- 
cipalité de Toulouse prépare sans doute un avenir brillant à la 
ville qui, dans le passé, a tenu une grande place. Elle fait mieux 
encore : elle donne un exemple. » 



Séance du 7 mai 18*93. 

Présidence de M. le docteur Gourdon. 

La Société reçoit : 

Des lettres de MM. Jules Duc, pharmacien à Gahors ; D r de 
Rochas, à Pau ; Genreau, ingénieur des mines à Pau, remerciant 
la Société de les avoir admis au nombre de ses membres. 

Bulletin de la Société des lettres, sciences et arts de Pau, 1872, 
1873, accompagné d'une demande d'échange. 

Mémoires de V Académie des sciences, belles-lettres et arts de 
Clermont-Ferrand, t. Xlî, XIII, 1870-71. 

Mémoires de l'Académie du Gard, 1871. 

Extrait des procès-verbaux de la société des sciences physiques 
et naturelles de Bordeaux, 1872-73. 

Bulletin de la société nivernaise des sciences, lettres et arts, 
2 e série, t. VI, 1872. 

Comptes-rendus hebdomadaires de l'Académie des sciences, t. 76, 
n° 17. 

Bulletin de l'Association scientifique de France. 

Bulletin de la société d'agriculture, industrie, sciences et arts de 
la Lozère, t. XXIV, 1873. Janvier, février, mars. 

Bulletin de la Réunion des officiers, 3 e année, n° 18. 3 mai 
1873. 



— 280 — 

Journal d'agriculture pratique, 3 e série, t. XXIV, mars 1873. 

Extrait du dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, 
article Mélanésie, par le docteur Victor de Rochas (Paris-Masson), 
Don de l'auteur, membre titulaire de la Société. 

Un unvoi considérable de fossiles divers provenant des gise- 
ments de phosphates du Lot. Don de fil. Duc, membre titulaire de 
la Société. 

M. Emile Blanchard, de l'Institut, professeur au Muséum, est 
nommé membre honoraire de la Société, sur la présentation de 
MM. E. Cartailhac, J. Gourdon, A. de Saint-Simon, E. Belleville, 
G. de Ma la fosse. 

M. le docteur Gourdon appelle l'attention de la Société sur une 
nouvelle maladie de la vigne dont la Société d'agriculture de la 
Haute-Garonne s'est occupée à diverses reprises. Une grande incer- 
titude règne encore au sujet de l'origine de la maladie en question. 
M. Trutat rappelle que M. le professeur Planch'on, de Montpellier, 
attribue à un champignon la maladie dont parle M. le docteur 
Gourdon. 

Plusieurs membres ajoutent des observations à ce propos. 

M. G. deMalafosse présente à la Société une hachette de pierre 
verte trouvée par M. G. Seignelte dans une grotte de l'Ariége. Cet 
instrument, parfaitement travaillé, offre, à la place du tranchant, 
un méplat très-accentué. 

M. Trutat fait observer que l'on est encore réduit à des con- 
jectures sur l'âge et la destination des outils de cette sorte. 

M. le Président propose à la Société de voter des remercîments 
à M. Lacroix pour l'obligeance parfaite avec laquelle il a mis sa 
salle de conférences et ses appareils à projection photographique à 
la disposition de notre collègue, M. Trutat, dont Y Entretien sur les 
Glaciers a obtenu un si légitime succès, le lundi 5 mai. 

La proposition est adoptée. 



— 281 — 
M. P. Fagot, membre titulaire, communique le travail suivant : 

Tableau des Mollusques recueillis à Aulus et ses environs en 
juillet 4872. 

I. 
INTRODUCTION. 

La région, que nous avons explorée aussi soigneusement que 
possible pendant notre court séjour à Aulus, comprend la plaine 
resserrée au milieu de laquelle passe le torrent et les montagnes 
qui dominent celle-ci. Les terrains dont se composent les environs 
du village, appartiennent tous à la période de transition. Des îlots 
et des massifs de granité représentent la période la plus ancienne. 
Le système Laurentien est le système dominant, les roches qui le 
composent sont : des schistes feuilletés et compactes, des calchisles, 
des calcaires cristallins et des filons d'ophile. L'arc de cercle formé 
parles montagnes dont Aulus serait le centre, appartient en entier 
à cet âge géologique. Les deux chaînons qui continuent cet arc et 
entre lesquels a été tracée la route de Saint-Girons, contiennent un 
grand amas de schistes très feuilletés et se délitant facilement qui 
nous ont paru représenter le cambrien, le silurien et le dévonien. 
Lorsqu'on a dépassé le village, on aperçoit à sa droite une monîa- 
gne dont les flancs ont été entaillés pour donner lieu à l'exploita- 
tion de calcaires compactes noirâtres à l'extérieur, bhnchâtres et 
jaunâtres à l'intérieur, que nous pensons devoir être rapportés au 
calcaire carbonifère. C'est dans l'ensemble de ces terrains et dans 
les cours d'eau qui les sillonnent, que nous avons recueilli les 
quelques espèces dont nous donnons le tableau. 

IL 

DESCRIPTION DES ESPÈCES. 

Genre 1 . — Arion. 

1. Arion empiricorum . Var. ater : Limax ater. Linn, syst. nat. 
1758, p. 652. Limax ater Drap. hist. moll. 1805, pi. 9, fig.3,5. 
Limax ater. Noulet-Moll. bass. sous pyr. 4834, p. 22. Dans tous 
les lieux humides. C. C. C. 



— 282 — 

Genre 2. — Limax. 

4. Limax agrestis. 

Limax agrestis. Linn. syst. nat. 1758, 1, p. 652. Sur un mur 
en pierres sèches bordant la route de Saint-Girons. R. 

Genre 3. — Zonites. 

1 . Zonites striatulus. 

Zonites striatulus. Moquin. Tand. hist. nat. moll. 1855, 2. 
p. 86. Hélix nitidula. var. B, Drap. hist. moll. 1805, p. 117, 
pi. 8, fig. 21, 22. Dans un tronc d'arbre et sous la mousse tapis- 
sant les murs d'une cabane R. R. 

Genre 4. — Hélix. 

1 . Hélix rotundata. 

Hélix rotundata, Mull. verm. hist. 1774, 2, p. 29. Zonites 
rotundatus. Gray in Turt. 1840, p, 165, fig. 44. Dans un tronc 
d'arbre R. R. 

2. Hélix nemoralis. 

Hélix nemoralis. Linn. syst. nat. 10 e édit. 1758, 1, p. 775. 

Variété à bourrelet brun foncé et à péristome de la même 
couleur R. Variété à bourrelet rose et à péristome rose plus foncé. 
Dans la vallée C. G. 

3. Hélix hortensis. 

Hélix hortensis, Mull. verm. hist. 1774, 2, p. 52. Hélix hor- 
tensis. Moquin. Tand. hist. nat. moll. 1855. Partout G. C. C. Le 
bourrelet d'un blanc pur est tantôt étroit et saillant, tantôt large 
etsaillant, tantôt peu saillant et évasé. Les individus présentent 
également de nombreuses variations de taille, de forme et de colo- 
ration ; le test est ordinairement épais et opaque ; il s'amincit assez 
quelquefois pour devenir subtransparent. 

Les nuances insensibles qui rapprochent l'H. hortensis du 
nemolis nous confirment dans l'opinion, adoptée par notre célèbre 
malacologisteM. le D r Noulet,que la première espèce n'est qu'une 
variété de la seconde. 



- 283 - 

4. Hélix aspersa. 

Hélix aspersa, Mull. verm. hist. 4774, 2, p. 59. Sur et sous 
les calcaires carbonifères exploités près du village dans une monta- 
gne bordant la route de Saint-Girons G. G. 

5. Hélix limbata. 

Hélix limbata. Drap. hist. moll. 1805, p. 400, pi. 6, fig. 29. 
Sur les haies et les broussailles bordant le torrent G. C. C. 

J'ai rencontré un individu de la variété Sarratina (var. b. Mill. 
moll. Main, et Loiv., p. 48) dans un bois au-dessus du torrent. 

6. Hélix rupestris. 

Hélix rupestris. Drap. tabl. moll. 1801, p. 71. Hélix rupestris. 
Moquin. Tand. hist. nat. moll, 1855, 2, p. 492. pi. 15, fig. 40 
à 13. Hélix pusilla. Vall. Exerc. d'hist. nat. 4804, p. 5. Sur les 
schistes et calcshistes laurentiens bordant le sentier qui conduit 
du village à la cascade de l'Art. 

7. Hélix carthusiana. 

Hélix carthusiana. Mull. verm. hist. 4775, 2, p. 15. Hélix 
carthusianella. Drap. tabl. moll. 4804, p. 86. Sur des buissons 
desséchés protégeant les arbres qui bordent la route de Saint- 
Girons et même sur les arbres^R. R. Var. minor. Moquin. Tand. 
loc. cit., pi, 4 6. fig. 25, 26. Hélix Olivieri, Y. minor. Fer. Tabl. 
syst. 4 822, p. 47. Hélix rufilabris, Jeffr. in Trans. Linn. XVI, 
4830, p. 509. Avec l'espèce C. G. C. 

8. Hélix lapicida. 

Hélix lapicida, Linn. syst. nat. 40 e édit. 1758, 4, p. 768. 
Carocolla lapicida. Lam. anim. sans. vert. 4822, 6, 2, p. 99. Sur 
tous les murs en pierres sèches et sur les parois des rochers G. C. G, 

9. Hélix hispida. 

Hélix hispida. Linn. syst. nat. 40 e édit. 4758, l, p. 774. Sous 
les pierres bordant le torrent dans les lieux ombragés. G. G. 

40. Hélix ericetorum. 

Hélix ericetorum. Mull. verm. hist. 4 774, 2, p. 33. Dans la 



— 284 - 

vallée, un peu partout. C. C. Les individus recueillis ont la taille 
plus grande et sont moins colorés que ceux du bassin sous-pyré- 
nées. 

11. Hélix obvoluta. 

Hélix obvoluta. Mull. verm. hist. 1774, 2, p. 27. Hélix obvoluta. 
Drap. Hist. moll. 1805, pi. 7, fig. 27, 29. Hélix trigonophora. 
Lam. in journ. hist. nat. 1792, 2, p. 349. Un seul individu. 

Genre 5. — Bulimus. 
1 . Bulimus subcylindricus . 

Bulimus subcylindricus. Poir. prodrom. 1801, p. 45. Bulimus 
subcylindricus. Moquin. Tand. hist. nat. moll. 1855, 2, p. 304, 
pi. 22, fig. 15 à 19. Hélix subcylindrica. Linn. syst. nat. 
10 e édit. 1767, 2, p. 1428. Hélix lubrica. Mull. verm. hist. 1774, 
2, p. 104. Parmi les alluvions du torrent H. R. 

Genre G. — Clausilia. 

1. Clausilia nigrican s. 

Clausilia nigricans. Jeffreys. Syst. test, in trans. linn. 1833, 
16, p. 351. Sur la mousse tapissant les murs d'une cabane auprès 
du village G. C. C. — Sur la mousse et les troncs d'arbres pourris 
dans les bois avoisinant !a cascade Je l'Art jusqu'aux pieds de la 
cascade G. — Dans les troncs d'arbre sur la montagne au-dessus 
de l'établissement thermal C. Au milieu de la mousse tapissant 
les vieux arbres sur le chemin de Castelminier C. C. G. (1). 

Genre 7. — Pupa. 
1. Pupa megacheilos. 

Pupa megacheilos. Desmoul. Descrip. moll. in act. Soc. linn. 
Bordeaux. 1835, 7, p. 158, pi. 2, fig. A, B, C, D. Pupa 
megacheilos. Moquin Tand. Hist. nat. moll. 1855, 2, p. 354, 
pi. 25, fig. 23 à 32. Sur les calschistes et schistes laurentiens en 
remontant vers la cascade de l'Art. S'applique aux roches et 
s'élève jusqu'à 3 mètres de hauteur. 

(1) A mesure que l'on s'élève, le test de la coquille devient plus mince, 
plus transparent et plus foncé. 



— 285 - 

2. Pupa Pyrenearia. 

Pupa Pyrenearia. Boubée (sub. nom. Bombey), in Michcomp ; 
4 831 , p. 66, pi. 15, fig. 37, 58. Pupa Pyrenearia. Moquin Tand., 
Hist. nat., moll. 1855, 2, p. 364, pi. 26, fig. 21 à 35. Avec 
l'espèce précédente, mais montant moins haut sur les rochers C. 

Genre 8. — Pomatias. 

4. Pomatias obscur us. 

Pomatias obscurus. Crist. et Jan. Cat. 4832. XV, n° 3. 
Cyclostoma obscurum. Drap, tabl. moll. juill. 1801, p. 39 et 
Hist. moll., pi. 1 ro , fig. 13, Cyclostoma obscurum. Moquin Tand., 
Hist. nat. 1855, 2, p. 499, pi. 37, fig. 24 à 29. Sur les schistes 
et calschistes laurentiens bordant la route qui conduit à la cascade 
de l'Art C.C. G. Sur l'écorce des noyers, dont un bois auprès de 
la cascade des thermes G. G. C. Sur le chemin de Castelminier et 
sur l'écorce des vieux arbres G.C. Sur les arbres dans les prairies 
au bord du torrent C. Var. voisine du Grassilabrum. Moquin 
Tand , loc. cit. (Pomalias crassilabrum. Dup. cat. extramar. 
test. 1849, n° 255, et hist., pi. 26, fig. 11. Avec l'espèce, mais 
moins commun. 

2. Pomatias Nouleti. 

Pomatias Nouleti. Dup. Hist. moll. 1851, V, p. 515, pi. 26, 
fig. 12. Cyclostoma Nouleti. Moquin Tand., Hist. nat. moll. 
1855,2, p. 500, pi. 37, fig. 30, 31. Sur l'écorce des noyers, 
dans un bois traversé par le torrent qui descend de la cascade 
des Thermes C. G., dans la vallée, un peu partout C. 

Genre 9. — Limnoka. 
1 . Limnœa peregra. 

Limnœa peregra, Lam. anim. s. verb. 1822, b. 2, p. 161. 
Buccinum peregrum. Mull. Verm. Hist. 1774,2, p. 150. Dans 
les rigoles bordant le chemin qui conduit à la buvette et dans les 
fossés avoisinant la route de Saint-Girons G. C.C. 



- 286 — 

2. Limnœa truncatula . 

Limnœa truncatula. Beck. Ind. moll. 1837, p. 112. Limnœa 
truncatula Moquin Tand., Hist. nat. moll. 1855, 2, p. 473, 
pi. 34, fig. 21 à 24. Buccinum truncatulum. Mulll. verm. Hist. 
1774, 2, p. 130. Bulimus truncatus. Brug. Encyl. 1789. Vers. 1. 
p. 310. Limneus minutus. Drap. tabl. moll., juillet 1801, p. 51. 
Limnea minuta. Lamark. anim. s. vert. 1822, 6, 2, p. 162. 
Dans le torrent C. C. C. Dans les flaques d'eau, un peu partout. 
Var. plus petite G. 

Genre 10. — Ancylus. 

1. Ancylus simplex. 

Lepas simplex. Buchoz Aldov. Lotharl77l, p. 236, n° 1130. 
Ancylus fluviatilis. Mull. Verm., Hist. 1774, p. 201, n° 386. 
Ancylus simplex. Bourg, cat. g. Ane. in Journ. conch. 1853, 
t. IV, p. 187. Dans le torrent; attaché aux quartiers de roches 
submergées C.G.C. 

Genre 11. — Bythinia. 
1. Bythinia abbreviata. 

Bythinia abbreviata, var. Reyniesii. Moquin Tandon, Hist. 
nat. moll. 1855, 2, p. 519, pi. 38, fig. 37, 38. Bythinia 
Reyniesii. Moquin Tand., Hist. nat. moll. 1855, 2, p. 519. 
Paludina abbreviata. Mich. compl. 1831, p. 98, pi. 15, fig. 52, 
53. Les sources, les petits ruisseaux des montagnes, sur les feuil- 
les mortes et sur les pierres C. C. C. 

Genre 12. — Pisiuium. 

1. Pisidium amnicum. 

Pisidium amnicum. Jen. monogr. Cycl. in Trans. Cambridg 
1833, 4, p. 309; pi. 19, fig. 2. Tellina amnica. Mull. verm. 
hist. 1774, 2, p. 205. Cyclas palustris. Drap. Tabl. moll,, juillet 
1801, p. 106. Sur les feuilles mortes, dans une fontaine, près la 
route de Castelminier C. C. C. 



— 287 — 

Séance du 14 mai . 

Présidence de M. le D r Gourdon. 

La Société reçoil : 

Une lettre de M. le D r Noulet, directeur du Musée d'histoire 
naturelle, accusant réception de divers envois de la Société. 

Une lettre de M. Malinowski, membre correspondant de la 
Société accompagnant un volume : Traité spécial des phosphates 
de chaux natifs, in 8°. 

Bulletin hebdomadaire de V association scientifique, n° 288. 

Bulletin des séances de la Société entomologique de France n° 2. 

Bulletin de la Société d'agriculture de Nice et des Alpes mari- 
times. 

Annales de la Soc. d'Agriculture et histoire naturelle de Lyon, 
4 e série, t. 3. 

De la part de M. E. Cartailhac les ouvrages suivants : 

Bulletin de V Académie R. des sciences, lettres et arts de Belgi- 
que. 

Compte rendu de la 36 e session du Congrès scientifique de 
France 1870. 

Bulletin de la Société Géologique de France, t. 24, 25, 26, 
et 27. 

Est nommé membre titulaire sur la présentation de MM. Gour- 
don et G. de Malafosse, M. Georges Gourraud, docteur médecin à 
Bagnères-de-Luchon. 

MM. Marquet, Huttier et Bidaud rendent compte des diverses 
publications qui avaient été renvoyées à leur examen. 

M. le D r . Gourdon donne lecture du mémoire suivant : 

Note sur une nouvelle classification de minéraux avec présen- 
tation de Tableaux propres à faciliter les études minéralo- 
giques. 

J'ai l'honneur de soumettre à l'appréciation de la Société 
un exemplaire d'une série de tableaux synoptiques de miné- 



— 288 - 

ralogie, spécialement conçu dans la pensée de venir en 
aide, en les simplifiant, aux études minéralogiques, et de 
faciliter le classement des collections, base indispensable 
de ce genre d'études. 

Dans ces tableaux se trouvent énumérés, en série 
linéaire, tous les types importants de minéraux c'est-à-dire 
tous ceux offrant quelque intérêt par leur abondance, leur 
valeur scientifique ou leur utilité pratique. Des annotations, 
disposées en plusieurs colonnes, résument les caractères 
essentiels de chacun d'eux, c'est-à-dire: la composition 
chimique générale ; la formule chimique exacte : le mode de 
cristallisation, la dureté et la densité. On peut ainsi juger 
d'un seul coup d'œil, des rapports de ces propriétés d'un 
type à l'autre, se rendre compte aisément de leurs analo- 
gies et de leur dissemblance. 

Je n'insiste pas d'ailleurs sur la clarté de ces indications, 
que le simple examen des tableaux suffit à faire ressortir. 
Je me bornerai à rappeler qu'elles sont toutes données en for- 
mules abréviatives dont la clef se trouve dans le premier 
tableau. 

J'ajoute, enfin, que chaque espèce ou variété porte, dans 
une colonne spéciale, un numéro d'ordre, qui, reporté sur 
les types correspondants des collections, devient un moyen 
facile pour la désignation et la détermination de ceux-ci. 

Il me reste à appeler l'attention maintement sur le mode 
de classification adoptée pour l'ensemble des types compris 
dans les tableaux. Cette classification ne se recommande 
pas seulement par son extrême simplicité. On me permet- 
tra de la considérer à un autre point de vue et d'en faire 
ressortir surtout le caractère rationnel. 

Il est, vous le savez, Messieurs, en histoire naturelle, 
pour le groupement méthodique des objets à étudier, deux 
modes principaux de classement, dont le choix ne sait être 
indifférent et peut, au contraire, exercer la plus grande 
influence sur le développement des études et le progrès des 
sciences. Ces deux modes sont, d'une part, les systèmes 



— 289 — 

artificiels, basés sur un seul caractère, et établissant de la 
sorte, entre les objets, des rapprochements forcés qui n'en 
font pas toujours ressortir les rapports vrais; et, d'autre 
part, la méthode naturelle qui envisage l'ensemble des carac- 
tères, de manière à former des groupes dont toutes les 
espèces sont unies par leurs traits les p!us essentiels. Dans 
la méthode naturelle, en outre, est adoptée la subordination 
des caractères, de telle sorte que les plus importants, mis 
au premier rang, servent à établir les grandes divisions, 
embranchements, classes ou familles, et que ceux d'ordre 
secondaire sont utilisés seulement pour les subdivisions en 
genres et espèces. Pour donner une idée exacte delà supé- 
riorité au point de vue du développement des études, de ce 
dernier mode de classement comparé au premier, il suffit 
de rappeler l'influence considérable qu'a eue sur les progrès 
de la Botanique, l'application de la méthode naturelle de 
Jussieu, se substituant aux systèmes de Linné et de Tour- 
nefort, ces essais sans doute extrêmement remarquables de 
groupement des espèces, vu l'époque de laquelle ils datent, 
mais qui n'ont pu servir que comme acheminement à la 
méthode rationnelle aujourd'hui universellement adoptée. 

En minéralogie, on doit le reconnaître, la méthode natu- 
relle, bien que généralement préconisée, comme dans 
toutes les sciences, n'a point encore été véritablement 
suivie. Tous les auteurs qui ont décrit les minéraux les ont 
classés d'une façon spéciale, mais en partant, la plupart, de 
vues plus ou moins systématiques ne pouvant conduire à 
un groupement vraiment rationnel. Ainsi, il en est qui 
ne considèrent que les caractères physiques des minéraux, 
tels que le degré de cohésion, l'éclat métallique, etc., et 
n'arrivent, en groupant les types entr'eux sur cette seule 
base, qu'à des assimilations et à des disjonctions également 
fâcheuses pour l'intelligence des vraies relations, ainsi 
qu'on l'observe à l'égard des plantes classées d'après les 
systèmes artificiels deTournefort et de Linné. 

D'autres se sont principalement appuyés, pour constituer 

49 



- 290 — 

les groupes de minéraux, sur la composition chimique, soit 
en tenant compte seulement de la nature même des éléments 
constitutifs de chaque minéral, soit en adoptant les séries 
formées par les différentes catégories de la nomenclature 
chimique. 

Cette méthode, préférable à la première, serait de plus 
parfaitement acceptable pour des produits artificiels et d'une 
composition toujours identique. Mais elle ne saurait être 
rigoureusement applicable à des corps naturels, générale- 
ment d'une composition complexe, à la constitution des- 
quels, au surplus, ont concouru des forces diverses, ayant 
souvent autant de valeur pour la détermination des corps 
et de leurs relations respectives que la nature des élé- 
ments qui entrent dans leur constitution. 

Une classification, pour être naturelle, doit donc tenir 
compte de ces diverses circonstances. Seulement, pour 
procéder d'une manière rationnelle à la formation des 
groupes et de leurs subdivisions, il faut, comme on l'a 
fait en botanique , adopter d'abord , dans la mesure du 
possible, le principe de la subordination des caractères, en 
considérant, pour constituer les divisions principales ou 
classes, ceux qui ont le plus d'importance au point de vue 
minéralogique. 

Nous remarquerons, toutefois, que si, dans les plantes 
qui se développent sous l'influence d'une force unique, la 
vie, un seul caractère, l'absence ou bien la présence d'un 
ou de deux cotylédons, a pu suffire pour délimiter exac- 
tement les grands embranchements du règne végétal , il 
n'en peut être de même pour les minéraux, formés sous 
l'influence de causes diverses, et se distinguant parfois les 
uns des autres autant par leur aspect extérieur que par 
leur composition propre. D'où la nécessité de prendre 
pour base principale du classement , non tel ordre de 
caractères plutôt que tel autre, mais la réunion du plus 
grand nombre possible de caractères communs. 

En réunissant ainsi les types qui , naturellement , se 



— 29! - 

rapprochent à la fois par leur aspect extérieur , leur com- 
position et leur origine, c'est-à-dire par l'ensemble de 
leurs propriétés caractéristiques, on voit se former, en 
quelque sorte d'elles-mêmes, les classes bien connues qui 
suivent : 

D'abord, celle des minéraux de source organique] 

Puis celle des minerais, ou minéraux à base métallique ; 

Puis, enfin, celle des pierres, ayant pour base princi- 
pale l'acide silicique sous ses différentes formes. 

A ces groupes primordiaux on en peut joindre un autre, 
celui des gemmes, de tout temps admis comme une classe 
très-naturelle, que caractérisent parfaitement la dureté , 
l'éclat, la rareté des minéraux qui la composent. 

Ces quatre groupes, comprenant la presque totalité des 
espèces minéralogiques , sont admis depuis longtemps. 
Mais, bien que se retrouvant dans beaucoup d'auteurs, 
nous ne les voyons point suffisamment constitués dans 
le cadre qui leur convient, et avec leur indépendance 
réelle, leur adoption se trouvant le plus souvent liée à la 
formation d'autres groupes conçus d'après des vues sys- 
tématiques restreintes , qui en rompent l'enchaînement 
naturel et ne permettent plus de saisir les rapports qui 
rapprochent ces classes, non plus que les différences qui 
les caractérisent. 

En les adoptant comme point de départ de notre clas- 
sification, nous consacrons donc une innovation réelle, qui 
sera surtout appréciée, croyons-nous, par la simplification 
qu'elle apporte au classement de la plus grande partie des 
espèces minérales. 

Quant aux minéraux qui restent en dehors des quatre 
groupes dont nous venons de parler, nous ne voyons plus, 
en effet, qu'un certain nombre de corps dont la majeure 
partie sont de simples sels, formés d'une base alcaline ou 
terreuse et d'un acide, mais sans silice et, par consé- 
quent, sans dureté excessive. De tous ces composés, nous 
avons fait une nouvelle classe, aussi naturelle que les 



— 292 — 

précédentes, s'en distinguant parfaitement à tous les points 
de vue, et à laquelle la dénomination depuis longtemps 
consacrée de Halides s'est trouvée tout naturellement 
adaptée. 

Restait après cela à classer un très-petit nombre de corps 
simples ou binaires, existant comme minéraux distincts 
et , de plus, concourant à former, soit les sels ou halides, 
soit les autres minéraux. Nous les avons réunis dans une 
dernière classe, à laquelle le nom, également en usage, 
d'Halogènes a paru exactement convenir. 

Telles sont les classes naturelles , réduites, comme il 
est facile de le voir, à leur formule la plus simple, et, 
en même temps, je le crois, la plus claire possible, qui 
m'ont servi de base pour classer les minéraux dans les 
tableaux que j'ai l'honneur de soumettre à la Société, et où 
elles figurent dans l'ordre inverse à celui de Pénuméra- 
tion que je viens d'en faire. 

Quant aux subdivisions de chaque classe , elles sont 
surtout basées, comme on peut s'en rendre compte par 
l'examen des tableaux , sur la composition chimique. 
D'autres éléments, toutefois, ont dû intervenir, principale- 
ment pour les Pierres, que leur grand nombre obligeait à 
subdiviser en groupes secondaires, et qui, par la variété 
même des types qu'elles présentent, ont permis, en tenant 
compte seulement de la cristallisation et [de quelques 
autres caractères extérieurs, de former plusieurs familles 
très-naturelles, admises déjà par divers auteurs et que je 
me suis attaché à conserver en vertu du principe général 
qui m'a surtout guidé dans ce travail. La composition 
exacte, en dernier lieu, a fourni le moyen de constituer 
définitivement les espèces, dont quelques-unes se subdi- 
visent à leur tour en variétés plus ou moins nombreuses, 
se distinguant par des caractères d'un ordre secondaire 
tirées de l'état physique, du mode de formation, de la 
couleur, etc. 

A ces considérations se borne l'exposé que j'avais à 



— 293 — 

soumettre à l'appréciation de la Société. A vous mainte- 
nant, Messieurs, de juger si les études minéralogiques 
pourront retirer quelques fruits de ce nouvel essai de 
classement et plus particulièrement des Tableaux qui en 
résument l'application. * 

Qu'il me soit seulement permis, en terminant cette 
note , d'y joindre , à l'adresse d'un de nos collègues , 
M. Charles Fouque, qui a bien voulu me prêter, pour 
l'exécution de ces tableaux, le précieux concours de ses 
connaissance spéciales, l'expression de mes sincères remer- 
ciements. 



Séance du SI mai. 

Présidence de M. le D r Gourdon. 

La Société reçoit : 

Nouveau journal de Minéralogie, Géologie et Paléontologie (en 
allemand), 1869 et 1870. Don de M. E. Cartailhac. 

Bulletin de la Société académique de Brest, 4 871, 2 e livraison. 

Les Horticulteurs hollandais de l'île d'Amarck à Copenhague, 
par M. M. Demarsy, br. in-8o. 

Bulletin de la Société d 'agriculture et sciences de la Sarthe, 
XXI tome, 4 e semestre 4872. 

Bulletin hebdomadaire de V Association scientifique, n° 289. 

Une lettre. de M. Nigra, ministre d'Italie en France, annonçant 
l'envoi de plusieurs ouvrages offerts par le Ministre de l'instruc- 
tion publique. 

Sont nommés membres titulaires : 

MM. Jacques Malinowski, professeur au lycée de Cahors et 
J. Lassort, avocat, de la Dordogne, présentés par M. G. de 
Malafosse et Cartailhac. 

M. Lecacheux, directeur des hauts fourneaux de la Société 
métallurgique de l'Ariége. à Tarascon, présenté par MM. Gourdon 
et Deschard. 

Le Secrétaire général donne lecture d'une lettre de M. E. Blan- 
chard qui remercie la Société du titre de membre honoraire. 



- 294 — 

M. le colonel Belleville rend compte des dernières publica- 
tions de la Société des sciences de Pau. 

M. E. Cartailhac expose quelques-uns des faits qu'il a remar- 
qués dans le département des Landes où il avait principalement 
pour but de constater tout l'intérêt des découvertes préhistoriques 
dues à notre confrère M. R. Poltier. 

On trouve, aux environs de Dax, des vestiges de toutes les 
périodes de Page de pierre. Ainsi, les types les plus anciens des 
temps quaternaires, les haches ou mieux les pointes semblables à 
celles du gisement classique de Saint-Acheul ne sont pas très 
rares. Chose curieuse, comme leurs pareilles des environs de 
Toulouse, elles sont en quartzite et autres roches, mais non en 
silex. Cette dernière roche ne manquait pourtant pas. C'est en 
beau silex tertiaire que sont confectionnés de nombreux grattoirs 
et pointes, soit du type du Moustier, soit du type de Laugerie- 
Haute ou Solutré. Une station de cette dernière époque, décou- 
verte par M. R. Pottier, a livré de remarquables spécimens à 
M. E. Cartailhac. Ce gisement, comme un certain nombre d'autres, 
est situé à l'extrémité d'un mamelon qui pénètre dans le marais, 
ot les silex y sont disséminés de telle façon que l'on peut assurer 
qu'il n'y a pas eu de changement dans la configuration du sol 
depuis cette période moyenne des temps quaternaires. Le pays 
avait, tout semble le démontrer, son aspect actuel. On sait, d'ail- 
leurs, que les stations de l'âge du renne sont souvent au niveau 
des eaux actuelles dans nos vallées. Mais le fait n'est pas moins 
intéressant à constater dans une région aussi basse et aussi voisine 
de l'Atlantique. 

M. A. de Saint-Simon prend ensuite la parole en ces termes : 

Notre collègue et ami, M. Fagot, m'a communiqué un indi- 
vidu appartenant au Planorbis corneus qu'il a recueilli à 
Villefranche de Lauraguais, et dont la coquille présente une dis- 
position complètement anormale; dans le 7 e volume du Journal 
de Conchyliologie, p. 510, M. Cailliaud signale des Planorbis 
leucostoma dont la spire est complètement scalaire. M. Baudon, à 
la page 313, mentionne aussi deux monstruosités scalaires du 
Planorbe corné. L'anomalie découverte par M. Fagot est très 
remarquable ; si les tours de la coquille sont normaux en dessus, 



— 295 — 

les trois premiers affectent à la partie inférieure une forme 
turriculée semblable à celle des paludines. 

J'ai observé d'autres faits de conformation étrange appartenant 
aux Planorbes de notre région. Un Planorbis rotundatus que j'ai 
trouvé aux environs de Toulouse présente la même déviation 
que celle du Planorbis de Villefranche ; mais elle n'affecte que 
l'avant-dernier tour. J'ai recueilli auprès de Toulouse d'autres 
Planorbes dont la spire est déviée d'une façon anormale, ce sont: 
un Planorbis albus dont le dernier tour est comme canaliculé et 
deux Planorbis cristatus provenant des environs de Portet , 
dans lesquelles celui ci se détache de la spire. La coquille est 
presque cératoïde. 

Je possède dans ma collection un individu senestre appartenant 
au Planorbis marginatus et qui a été recueilli par M. de Grate- 
loup aux environs de Dax. La coquille de ce Planorbe est remar- 
quable par sa carène qui est double. 

M. le D r Emile Gobert, membre titulaire, communique à la 
Société le Catalogue raisonné des Insectes coléoptères des Landes, 

INTRODUCTION. 

Depuis longtemps le besoin se l'ait sentir d'avoir une 
faune entomologique complète de la France. Plusieurs ont 
tenté ce travail avec plus ou moins de succès : MM. Fair- 
maire et Laboulbène ont débuté brillamment, mais ils se 
sont arrêtés en route au grand désappointement de tous 
les entomologistes. M. Fauvel publie en ce moment un 
ouvrage considérable, et si sa faune gallo-rhénane est 
menée à bonne fin, il aura bien mérité de la science en 
général et de l'entomologie en particulier. Dans un rayon 
plus modeste, de nombreuses faunes locales ont été faites, 
et si nous possédions la faune exacte de chaque départe- 
ment, je crois que ce serait un grand pas de fait vers la 
solution désirée, et un grand encouragement aux jeunes 
débutants Notre collègue M. Pandellé, dont je n'ai pas 
besoin de faire ressortir le mérite scientifique, a entrepris, 
avec le concours de plusieurs entomologistes dévoués, de 
faire une faune du Sud-Ouest de la France, comprenant 



— 296 — 

tout le bassin pyrénéen français. Ce travail aura, sans 
conteste, une grande valeur, et je ne cloute pas qu'il ne 
soit terminé clans quelques années. Je viens, simple 
ouvrier, apporter une pierre à cet édifice en publiant un 
catalogue raisonné des coléoptères trouvés jusqu'à ce jour 
dans les Landes. Je dis les Landes, et non le département 
des Landes, car je prends pour limites, au Sud, le cours de 
PAdour et au Nord le bassin d'Arcachon et le cours de la 
Leyre. A l'Ouest, le rivage de la mer, les Dunes avec leurs 
forêts de pins, nous donnent une faune toute spéciale, à 
l'Est et au Sud -Est, la Chalosse et l'Armagnac, terrains 
argileux et calcaires ont également une faune différente. 
C'est ce qui explique la grande quantité d'insectes trouvés 
dans celte zone. 11 faut ajouter que ce pays a été brillam- 
ment exploré par deux savants dont l'un, M. Léon Dufour, 
a illustré son pays, et dont l'autre, M. Edouard Perris, a 
su, par son remarquable travail sur les insectes du pin 
maritime et beaucoup d'autres publications, faire connaître 
au monde entier le^ richesses entomologiques de notre 
pays. J'ai dû compulser les notes prises par M. Edouard 
Perris, dans ses nombreuses chasses, et c'est à sa bienveil- 
lance si connue que je dois d'avoir pu faire un travail à 
peu près complet. Je lui en adresse ici tous mes remercie- 
ments. M Paul Bauduer, de Sos (Lot-et-Garonne), mon 
collègue et mon ami, a enrichi la science de plusieurs 
espèces nouvelles, et les insectes nouveaux pour la faune, 
qu'il a trouvés, sont nombreux. La localité qu'il habite se 
trouvant sur la limite des Landes et les terrains étant identi- 
ques, j'ajouterai a ce catalogue les insectes trouvés par lui. 
J'indique le nom de l'insecte sans m'occuper de synony- 
mie et en suivant la classification généralement admise du 
catalogue de M. de Marseul. Je fais connaître ensuite, 
autant que possible, la plante sur laquelle il vit ou les 
lieux où il se trouve, sa fréquence ou sa rareté, l'époque 
où on peut le chasser. Lorsque l'insecte est spécial à un 
terrain, je le mentionne. Enfin, je fais connaître les auteurs 



- 297 - 

qui ont publié la larve ou les mœurs de l'insecte. J'indique 
également les parasites dont plusieurs sont inédits, et que 
M. Perris a trouvés dans ses nombreuses éducations. 

Une faune, quoique locale, n'a pas de limites, et tous 
les jours de nouvelles découvertes viennent en augmenter- 
la richesse : aussi, ce catalogue sera suivi d'un supplément 
comprenant toutes les nouvelles espèces qui auraient été 
trouvées. Puisse ce modeste travail, qui a exigé plus de 
recherches que de science, être favorablement accueilli par 
mes collègues, et servir à vulgariser l'entomologie dans 
nos Landes, c'est le plus cher de mes vœux. 

Nota. — Lorsque je signalerai des observations faites 
par M. Edouard Perris , je mettrai entre parenthè- 
ses : (E. P.) Celles qui seront faites par M. Paul Bauduer 
porteront le signe : (P. B.) 

CIGINDÉLIDES. 

Cicindela, Lin. 

Campestris, L très-comm. Dans les lieux secs au printemps et en été. 

Les larves de Cicindèles creusent dans la terre un 
trou cylindrique et profond; la tête appliquée 
sous l'ouverture, elles attendent leur proie. On a 
proposé, pour les prendre, de leur tendre un 
piège avec un fétu de paille ; mais il vaut mieux 
s'approcher avec précaution, rester immobile, 
puis, au moment où la tête delà larve apparaît, 
plonger brusquement la lame d'un couteau obli- 
quement, de manière à lui couper la retraite. 
Rien n'est alors plus facile que de la prendre. 
Larve. — Chap. Cand., p. 23. — Entomol.magaz. 

1834, t. 2. p. 144-148. 
Mœurs.— Soc. ent. Fr. 1848, p. 155. 

Hybrida, L très-comm. sur les sentiers sablonneux au soleil 

en juin, juillet. 
Larve. — Chap. Cand., p. 24. — Klingelbôfer, 
verhandl, naturh, ver Grosserz, Hessen. 1847, 
t. 1, p. 41-43. — Laboulb. Thomson, Arch. 
ent. 1857, t. 1, p. 105-108. 



— 298 — 

Sinuata, Panz Assez commune sur les bords de la mer en juin, 

Var. 3. Signata, Déj. . . juillet. On trouve également à la pointe d'Ai- 
guillon, près d'Arcachon, une charmante variété 
à élitres presque blanches. 

Littoralis, F commune. Bords de la mer, sur le sable tout l'été ; 

très agile. 

Flexuosa, F très-commune. Affectionne les terrains sablonneux, 

les aliées de jardin ; devient plus rare dans les 
terrains argileux. Juin, juillet, août. 

Germanica, L A été trouvée abondamment par MM. Léon Dufour 

et Edouard Perris sur une pelouse sablonneuse; 
ces occasions sont extrêmement rares. A l'inverse 
des autres cicindèles, elle ne fait que marcher 
rapidement et ne s'envole pas. Quelques indivi- 
dus trouvés à la Teste sur la plage (Souverbie). 



CARAB1DES. 



ELAPHRID&. 

Omopiiroii, Latr. 

Limbatum, Latr Peu commun. Bords des eaux. On trouve sur les 

bords de la mer une variété qui a les taches de 
la tète et du thorax beaucoup moins apparentes 
et celles des élytres remplacées par de simples 
nébulosités. Pour prendre cet insecte et en géné- 
ral tous les insectes riverains , il faut avoir soin 
de piétiner sur le sable après l'avoir arrosé. 
Larve. — Chap. Cand., p. 33. 

Notiophiius Duméril. 



Aquaticus, L Assez commun. Bords des eaux. 

Biguttatus, F très commun dans les lieux humides, sous les 

feuilles, etc. 
V. 4. Punctatus, Déj. . . id. id. 

Rùfipes, Déj assez commun. Bords des eaux. 

Punctulatus, Welm.. . . Assez rare, id. 



— 299 — 
Elaphrus, Fabricius. 

Cupreus, Duft Rare. Trouvé aux environs de Mont-de-Marsan, 

sur les bords marécageux d'un ruisseau , en 
pressant la vase. Juin (E. P). 

Riparius, L Peu commun. Se trouve surtout sur les rives des 

courants de Mimizan. 
Rare en Chalosse et en Armagnac. 



GARABIDiE. 

Nebria, Latr. 

Complanata, Fab commune sur la plage, sous les bois et les fucus. 

Elle est plus grande que celle des bords de la 
Méditerranée et d'un albinisme tel qu'il faut une 
certaine attention pour la distinguer au repos 
sur le sable, et que les individus qui ont le plus 
de noir n'approchent pas sous ce rapport de ceux 
de la Méditerranée qui en ont le moins. Il n'est 
pas rare de rencontrer des individus d'un blanc 
sans taches (E. P). 

Brevicollis, L très commune sous les pierres et les détritus végé- 
taux humides. 
Larve. — Soc. ent. fr. 1848, t. VI, 2 e série, 
p. 73. 

Leistus, Frœhlich. 

Spinibarbis, Fab assez commun sous les écorces, les pièces de bois 

et les fagots, au printemps. 
Fulvibarbis, Déj très rare. Idem. 

Procrustes. Bon. 

Coriaceus, Lin Cet insecte, a été trouvé aux environs de Bordeaux. 

Il existe probablement dans les Landes, mais n'y 
a pas encore été rencontré. 
Larve. — Chap. Cand., p. 30. 



— 300 — 



Curai» us, Lill. 

Gatenulatus, Scop Assez comm. sous les pierres, los mousses, dans la 

terre aux pieds des arbres. Pour prendre des 
carabes et en général beaucoup d'autres insectes, 
il faut pratiquer une tranchée dans les champs 
ou les sillons de vigne. Les insectes chasseurs et 
ceux qui sont poursuivis tombent pendant la 
nuit dans cette tranchée dont ils ne peuvent sor- 
tir, les bords étant taillés à pic. On prend parfois 
ainsi des insectes nocturnes fort rares. 

Monilis, F Idem. 

Cancellatus, F Idem. 

Larve. — Soc. ent. Fr. 1867, p. 63. 

Nitens, L trouvé une seule fois à Dax par M. Duvergé. 

Purpurascens, F très commun sous les feuilles au pied des arbres, 

également sous la terre. 

Auratus, L commun sous les feuilles sèches et les mousses ; 

plus souvent courant le jour dans les champs de 
froment, dans les terrains argileux. 
Larve. — Mém. soc. ent. Pays-Bas, 4 e vol. 1860. 
— Snellen V. Wollenhoven, Tydschr, nederl. 
ent. ver. 1859, t. III, p. 166. — Soc. ent. 
fr. 1861, p. 61. 

Nemoralis, Illig commun, ne paraît que la nuit courant dans les 

champs. Le jour se trouve sous les feuilles au 
pied des arbres. 

Splendens, F peu commun. Bords de l'Adour où il s'est acclimaté ; 

originaire des Pyrénées et transporté dans nos 
contrées par les inondations. Ne se trouve, en 
général, que tant que le fleuve conserve son 
caractère torrentiel , son lit et ses bords grave- 
leux ; il a été cependant rencontré à Dax et pris 
à la miellée par M. Duvergé. 

Calosoma, Web. 

Sycophanta, L assez rare, dans les Landes proprement dites ; plus 

commun en Armagnac et en Chalosse, dans les 
contrées boisées de chêne. On sait que sa larve 
vit aux dépens de la chenille processionnaire 
du chêne. 
Larve.— Ch. Cand., p. 31. 



- 301 - 
DRYPTIDiE. 

Odocantha, Payk. 

Melanura, L très rare dans les lieux humides et sous les détri- 
tus des inondations. 

Dr y p ta. F. 

Emarginata, 01 rare idem, et aussi sous des 

pièces de bois au bord des eaux. 

Poliystichus, Bon. 

Vittatus, Brul très commun sous les détritus laissés par les inon- 
dations de l'Adour et généralement dans les 
lieux humides. Très rare dans la Lande. 

BRACHYNIDiE. 

Brachinus, Web. 

Crepitans L commun sous les détritus végétaux. 

Psophia, Déj très commun sur les dunes et sous les détritus 

dans les terrains argileux. 
Pris en quantité sous les détritus des inondations 
de l'Adour. 

Immaculicornis, Déj. . . très rare, idem. 

Explodens, Duft moins rare, idem, et parfois sous des pier- 

res au bord des eaux. 

Sclopeta, F Plus rare, idem, idem. 

DROMULE. 

Cymindis, Latr. 

Lineola, Duft très rare, trouvée à la Teste. 

Baudueri, Perris un seul individu, trouvé sous une pierre au mois 

de novembre. Sos. (P. B). 



— 302 



Aëtophorus. Sîht. 



Imperialis, Germ.. . 



Rare. On ne prend que la variété à tète d'un rouge 
ferrugineux (D. Ruficeps. Gêné). Elle se trouve 
surtout en Ohalosse sur les scirpus. J'ai trouvé, 
dans les détritus des inondations de l'Adour, 
une variété à tète rouge, mais sans tache, que 
j'appellerai immaculata. 



Demetrias, Bon. 

Unipunctatus, Germ. . . Rare. Chalosse. Détritus d'inondations. 

Atricapillus, L très commun sous les feuilles et en battant des 

fagots au printemps et en automne. 

Dromius, Bon. 

Linearis, 01 très commun. En battant des fagots au printemps 

et en automne, en fauchant sur les herbes en 
été. 

Meridionalis, Déj commun sous les écorces de platane en hiver. 

Angustatus, Br Je l'ai reçu de M. Bauduer comme ayant été pris 

à Sos. 

4. Maculatus, L commun sous les écorces de platane et en tamisant 

les mousses en hiver. 

4. Notatus, Panz.. . ! . commun, idem. 

M. E. Perris a trouvé des larves du 4 Notatus dans 
des cellules de larves du Pissodes notatus et en 
train de dévorer celles-ci, qui étaient déjà forte- 
ment entamées. Cet insecte, par sa larve, est 
donc l'ennemi du Pissodes notatus. 
Voy. Ins. pin. marit., p. 458. 

k. Signatus, Déj commun sous les écorces de platane et en tamisant 

les mousses. 

Fascialus, Déj rare, idem. 

Sigma, Rossi rare, idem. 

Melanocephalus, Déj. . . très rare, idem. 

Blechrus, Mots. 

Glabratus, Duft. ..... très commun sous les feuilles sèehes, les 

Parfois sous les écorces. 



— 303 — 



Metabletus, Sch. 

Obscuro-Guttatus, Duft.. commun. Détritus des inondations dePAdour. A été 
trouvé aussi à Sos par M. Bauduer. 

Foveola, Gyll assez commun. Détritus végétaux humides, surtout 

dans les terrains argileux. 

Lyonichus, Wism. 

Quadrillum, Duft pas très commun sous les détritus végétaux au 

bord des eaux , surtout en Chalosse et en 
Armagnac. 

Lebia, Latr. 

Cyanocephala, L peu commun en fauchant dans les fossés humides. 

Sos (P. B). 

Crux-minor, L très rare sous des pierres. 

Tureica, F commun. En battant des aulnes, surtout en Cha- 
losse. Très difficile à prendre, surtout au soleil , 
à cause de sa rapidité à s'envoler. Vole la nuit 
et entre parfois l'été dans les maisons attiré par 
la lumière. 

Hsem orrhoïdalis, F. . . . commun. En battant les arbrisseaux au bord des 
eaux, surtout les aulnes et les saules. 

Mosoreus, Dé). 

Weterhlali, Gyl très rare sous les détritus, surtout ceux produits 

par les inondations. 



D1TOMIDJE. 

Aristus, Latr. 

Capito, Déj rare. On le trouve marchant sur les sentiers, mais 

plus souvent dans les détritus d'inondations, en 
hiver. 



- 304 — 

Clypeatus, Rossi commun. Détritus d'inondations en hiver; sur le 

sommet des graminées en été. 
Sphœrocephalus , Oliv. . rare. Idem. 

Ditomus, Bon. 

Fulvipes, Déj Pris trois ou quatre fois dans des détritus d'inonda- 
tions et aussi une fois en fauchant dans une 
prairie. Sos (P. B) . 

Apotomus, Illig. 
Rufus, 01 très rare. Sous des pierres. 

SCARITID^E. 

Clivina, Latr. 

Fossor, L commun. Bords des eaux en arrosant le sable, 

sous les détritus, les troncs d'arbres, principale- 
ment dans les lieux humides. 

Collaris, Herbt plus rare. Idem. 

Dyschirius, Bon. 



Thoracicus, F assez commun. Bords des mares et des ruisseaux 

en arrosant le sable dans lequel il se tient. 

Obscurus, Gyl assez rare. Bords de l'Océan, mares des dunes. 

Globosus, herbst assez rare sur les bords des marais tourbeux. 

iEneus, Déj ) . 

nu î i, n \ plus commun, idem, 

var. Chalybeus, Panz. . ) F ' 

Salinus, Schm assez rare. Le long des prés salés d'Arcachon et des 

mares saumâtres voisines de la mer (E. P). 

Angustalus, Ahr assez rare. Bords des eaux, sur le sable. 

Cylindricus, Déj assez rare. Bords des étangs maritimes. 

Politus , Déj rare. Bords des eaux sur le sable. 

Nitidus, Déj commun. Idem. 

Chalceus, Er plus rare. Idem. 



305 — 



GHLJENIDiE. 



Loricera, Latr. 



Pilicornis, F. 



peu commun. Bords marécageux des ruisseaux, eu 

pressant la vase en été. 
Larve. — Gernet. Soc. ent. Russie, 1866, 67, 

t. V. 



Panagseus, Latr. 

Crux-major, L commun. Au milieu des détritus d'inondations, 

plus rarement sous des pierres Armagnac , 
Chalosse ; très rare dans la Lande. 

4. Pustulatus, Sturm.. . très rare, a été trouvé à Bayonne (Darracq). 

Callistus, Bon. 

Lunatus, F rare. Sous les pierres au printemps et sous les 

mousses en hiver. 



Chlœnius, Bon. 



Circumscriptus, Duft. . . . rare. Pris à Gabaret sur les bords des marais (P. B). 

Velutinus, Duft commun. Bords des eaux. Bords de la Leyre et des 

étangs maritimes; sous les graviers de l'Adour. 

Spoliatus, Ross plus rare. Bords des eaux en Chalosse, sous des 

motles de terre aux bords du pré salé d'Arca- 
chon (Souverbie). 

Agrorum, 01. . .... . commun. Bords des étangs. 

Vestitus. Payk commun. Idem. 

Nigricornis, F commun. Idem. 

Var. Melanocornis, Déj.. très rare, trouvé quelques individus soûs des détri- 
tus d'inondation à Dax. 

Tibialis, Déj commun, sous des détritus humides. 

Holosericeus, F.. . . . . très rare. Idem. 

Azurens, Duft assez commun. Inondation» de l'Adour à Dax. Sos. 

20 



— 306 — 
Oodes, Bon. 



Helopioides, F pas commun, sous les détritus dans les marais, en 

juin et parfois dans ceux des inondations en 
hiver. 

Gracilis, Villa rare, idem, en Chalosse. 

Licinus, Latr. 

Silphoides, Rossi très rare. Trouvé sous des pierres sur les bords de 

l'Adour, à Mugron (E. P). 

Badister, Clairv. 

Unipustulatus , Bon. . . rare. Quelques individus dans les détritus d'inon- 
dations à Dax. 

Bipustulatus, F commun sous les détritus végétaux. 

Peltatus, Panz plus rare, idem. 

Humeralis, Bon très commun. En battant des fagots en hiver et 

sous les feuilles. En fauchant dans les prairies 
au printemps. 

STOMID^E. 

Broscus, Panz. 

Cephalotes, L très rare. Pris quelques individus sous des pierres 

aux environs de Mont-de-Marsan, en juin et 
juillet. 

Stomisj Clairv. 
Pumicatus, Panz Sous les vieilles écorces et les détritus. 

HARPALIDiE. 

Acinopus, Déj. 

Megacephalus, Rossi. . . rare. Sous des pierres et des troncs d'arbres en 

Chalosse et en Armagnac. 
Tenebrionides, Duft. . . très rare, idem. 



- 307 - 

Anisodactylus, Déj. 

Signatus, Illig assez commun, sous les détritus laissés par la mer, 

parfois sous les charognes. 
Binotatus, F. et var. . . commun, sous les pierres et les souches, surtout 
Spucaticornis, Déj. . . dans les terrains forts, inondations de PAdour, 

printemps et automne. 
Nemorivagus, Duft. . . . assez rare, idem. 

Pseciloides, Steph rare, sur les bords du pré salé d'Arcachon (Perris) . 

Dlachromus, El*. 

Germanus, L très commun, sous les détritus dans les lieux 

humides. 

Oynandromorphus, Déj. 

Etruscus, Quens Un seul individu, pris au mois de juin 18*70, en 

fauchant sur les herbes au bord de la Gélise. 
Sos (P. B). 

Dichirotrichus, DuV. 

Obsoietus, Déj commun. Bords de l'Océan et des prés salés. 

Pubescens, Payk rare. Bords de la mer, sous les algues (Souverbie). 

Bradycellus, El*. 

Verbasci, Duft assez rare, sous les écorces et les mousses en hiver. 

Parfois au vol,, le soir autour des fumiers en été. 

Harpalinus, Déj plus commun, idem. 

Similis, Déj assez rare, sous les détritus au bord de la mer. 

Har palus, Déj. 

S. genre Ophonus, Ziegl. 

Columbinus, Germ. . . . rare, sous les pierres dans les terrains calcaires. 
Sos (P. B.). 

Sabulicola, Panz rare, sous les détritus végétaux. 

Diffînis, Déj rare, sous les détritus d'inondations. Sos {V. B.). 



— 303 — 

Rotundicollis, Fairm. . . commun, se prend surtout en septembre dans les 
ombelles fermées de la carotte. 

Oblongiusculus, Déj. . . rare, sous les mottes dans les champs et courant çà 
et là. Sos (P. B.). 

Ditomoïdes, Déj très rare. Pris par M. Dert aux pieds des maisons 

d'Arcachon, sous des pierres par M. Perris et par 
M. Bauduer à Sos. 

Àzureus, Illig, assez commun, sous les pierres et les détritus. 

Printemps et automne 

Meridionalis, Déj rare, idem. 

Rotundatus, Déj peu commun. Au printemps dans les débris d'inon- 
dations, et en été sous les pierres dans les terrains 
calcaires. Sos (P. B.). 

Puncticollis, Payk. . . . commun, sous les pierres dans les terrains humides. 

Maculicornis, Déj rare, sous les détritus d'inondations. 

Mendax, Rossi pas commun, dans les terrains argileux et sous les 

détritus des inondations de l'Adour à Dax. 

S . genre Pseudophonus, Mostch. 

Ruficornis, F très commun, sous les troncs d'arbres, les pierres, 

les mottes de terre, un peu partout. 

Grizeus, Panz très commun, Idem. 

Dispar, Déj rare, idem. 

OEneus, F très commun, idem, et en fauchant dans 

les prairies. 
Distinguendus, Duft. . . très commun, idem. 

Cupreus, Déj moins commun, . idem. 

Ignavus, Duft assez commun, idem. 

Pygmœus, Déj rare, surtout sous les détritus d'inondations. 

Neglectus, Déj assez commun, sur les dunes, aux pieds des plantes 

et sous les pierres. 
Discoïdeus, F assez rare, sous les pierres dans les terrains 

argileux. 
Oalceatus, Duft rare sous les pierres, les écorces soulevées et les 

troncs d'arbres. 

Latus, L rare. idem. 

Rubripes, Duft commun. idem. 

Caspius, Ster commun sous les feuilles, les pierres, etc. 

Tenebrosus, Déj commun sous les pierres, mais surtout dans les 

détritus d'inondation. 

Litigiosus, Déj rare. idem. 

Melancholicus, Déj. . . . assez rare sous les pierres et les détritus au bord 
var décolor, Fairm. . . de la mer. 



— 309 — 

Tardus, Panz commun sous les pierres et les feuilles sèches. 

Serripes, Sch commun idem. 

Anxius, Duft plus rare idem. 

Pumilus, Déj rare idem. 

Picipennis, Duft très commun sous les routes, le long des fossés et 

en général d ans tous les lieux arides, au prin- 
temps et en automne. 

Stenoloplius, Déj. 



Teutonus, Schr. 



Abdominalis, Gen. . . 
Skrimshiranus, Steph. 



Discophorus, Fisch. . 
Vespertinus, Illig. . . 



très commun sous les planches pourries et les 
détritus. 

plus rare idem. 

rare. En battant les aulnes et les saules et en fau- 
chant dans les prairies. Mai, juin. Parfois le 
soir au vol autour des fumiers, surtout les jours 
d'orage. Juillet, août. 

j'en ai trouvé un individu dans les détritus des 
inondations de l'Adour à Dax. 

commun sur les bords des marais tourbeux en été 
et dans les détritus des inondations en hiver. 



Acupalpus, Latr. 



Meridianus, L. 



Dorsalis, F 

Brunnipes, Sturm. 
Flavicollis, Sturm. 
Exiguus, Déj. . . . 
var. Luridus, Déj 



commun sous les graviers de l'Adour, aux bords 
des eaux, en fauchant dans les prairies humides 
au mois de mai ; parfois au vol, le soir, autour 
des fumiers. 

moins commun idem. 

commun idem. 

très rare. Dans les détritus des inondations. 

moins rare idem. 

et parfois en fauchant, sur les herbes autour des 
marais, au printemps. 



Amblystonius, El*. 



Metallescens, Déj. . . . 
et var. niger, Heer . 



commun. Surtout la variété niger, sous les détri- 
tus végétaux, dans les détritus d'inondation ; en 
fauchant dans les prairies au printemps et le 
soir en été et en automne, on le prend au vol 
autour des fumiers. 



* 



- 310 — 
FERONIDiE. 

Astigis, Ramb. 

Salzmanni. Germ .... rare sous les pierres aux bords des eaux et dans les 
endroits marécageux. 

Platyderus, Steph. 

Ruficollis, Marsh rare sous des pierres et dans les détritus d'inon- 
dation. 

Feronia, Latr. 

S. genre Psecibus, Bon. 

Cuprea, L très commun sous des pierres, des troncs d'arbre» 

et des détritus. 

Dimidiata, 01 moins commun idem. 

Koyi Germ assez rare idem. 

S. genre Adelosia, Steph. 

Picimana, Duft très commun dans les détritus d'inondation. 

Sos. (P. B.) 

S. genre Lagarus, Chaud. 

Vernalis, Panz commun sous des pierres et des troncs d'arbres. 

Insequalis, Marsh. . . . rare idem. 

S. genre Lyperus, Chaud. 

Aterrima, F rare j sous des bois près de la Teste, le long de la 

Leyre (Souverbie). 

S. genre Omascus, Déj. 

Nigra, Schal commun sous les pierres, les troncs d'arbres, les 

écorces soulevées surtout dans les terrraini 
argileux. 

Vulgaris, L idem, idem. 

Anthracina, Illig idem, idem. 



— 311 — 

Nigrita, F. rare ; sous les détritus des inondations de PAdour. 

Minor, Gyl très commun au pied des plantes dans les endroits 

un peu humides. 

S. genre Argutor. Déj. 

Interstincta, Sturm. . . . assez commun sous les pierres, les écorces, les 

détritus. 
Strenua, Panz rare idem. 

S. genre Steropus, Déj. 

Madida, F. . ) très commun sous les pierres, les détritus et les 

et var Concinna, Sturm. j écorces. 

Larve. — Meade, zoologist., 1853, p. 3780. 
var Valida, Déj. ... très rare idem. 

iEthiops, Panz, ..... Extrêmement rare. Provenance incertaine. 

S. genre Pterost chus, Bon. 

ParumpunctatUS, Germ . assez rare sous les pierres et les écorces, surtout 

en Chalosse et en Armagnac. 
Dufouri, Déjl . ..... rare. Se trouve surtout en Chalosse sous les pierres 

dans les terrains calcaires. 

S. genre Haptoderus, Chaud. 

Spadicea, Déj. ...... commun sous les détritus d'inondations et aussi 

sous les pierres et les troncs d'arbres. 

S. genre Abax, Bon. 

Striola, F commun sous les troncs d'arbres et sous les copeaux 

de bois de chêne fraîchement coupés, plus com- 
muns dans les terrains forts. 
Larve. — Voy. Chap. Cand., p. 38. 

Zabrus, Clairv. 

Inflatus, Déj très commun. En juin dans les lettes des Dunes. 

On le rencontre à chaque pas courant sur le sable 
ou perché sur les épis du psamma Arenaria. 
Il mange très positivement les étamines de cette 
graminée, mais il est également carnasssier. Je 
l'ai surpris souvent dévorant d'autres insectes, 
tels que PHeliopathes Gibbus et la Pentyria 
interrupta. (E. P.) 



— 312 — 

Gibbus, Clairv assez commun de mai h octobre sous les détritus et 

courant çà et là. 
Larve. — Voy. Ghap. Cand., p. 39. 

Aniara, Bon. 
S. genre Triœna, Lee 

Striatopunctata, Déj. . . commun en fauchant les graminées en été; sous 
les écorces et les détritus en hiver. 

Rufipes, Déj rare sous les détritus des inondations de l'Adour à 

Dax. 

Tricuspidata, Déj commun, même habitat que la striatopunctata. 

S. genre Amara, Zim. 

Similata, Gyl rare; au pied des arbres sous les herbes au printemps 

et en automne. 
Ovata, Fisch rare ; sous des pierres et des feuilles à moitié 

pourries. 

Communis, Paul assez rare idem. 

Curta, Déj rare ; dans les détritus d'inondations. 

Trivialis, Gyl très commun partout, sur les murs au soleil, 

sous les pierres, les feuilles en fauchant dans 

les prairies, etc. 
Larve. — Voy. Chap. Cand., p. 39. 
Spreta, Déj.. ..... . rare; dans les débris d'inondations au printemps 

(P. B), 
Familiaris, Duft très commun sur les routes et le long des fossés, 

sous les détritus et les troncs d'arbres. 

Anthobia, Villa moins commun au pied des touffes de plantes dans 

les lieux arides et dans les détritus des inondations 
de l'Adour. 
Lucida, Dufl peu commun dans les lieux humides et sous les 

détritus d'inondations, parfois en fauchant dan» 

les prairies. 

S. genre Celia, Zim. 

Ingenua, Duft rare sous les feuilles sèches, printemps et au- 
tomne. 



— 343 - 

Fusca, Dej assez rare sous le sable au cap Ferret, à Arcachou 

(E.P.) 
Quenseli, Gyl assez commun sous les touffes de plantes au bord 

de la mer. 
Bifrons, Gyl assez rare sous les pierres et les feuilles dans les 

lieux humides. 

S. genre Acrodon, Zim. 

Brunnea, Gyl très rare dans les détritus d'inondations au prin- 
temps. 

S. genre Liocnemis, Zim. 

Glabrata, Déj très rare sous les feuilles et dans les détritus d'inon- 
dations en hiver. 

S. genre Curtonotus, Steph. 

Convexiuscula, Marsh. . en juillet 4 855, M. E. Perris a pris sous des 
touffes déplantes, trois individus de cette espèce 
qu'on croyait propre au nord de la France et de 
l'Europe. 

S. genre Bradytus, Steph. 

Fulva, de G . assez rare sous les pierres et les feuilles sèches 

dans les endroits sablonneux. 

Apricaria, Payk assez rare dans les Dunes et généralement dans les 

lieux arides et sablonneux. 

S. genre Percosia, Zim. 
Patricia, Duft rare, idem. 

Sphodrus, Clairv. 

Leucophthalmus, L. . . . commun dans les bûchers obscurs sous les détritus; 
se trouve rarement à l'état isolé, paraît vivre en 
famille. 
Larve. — Gernet, Soc. ent. de Russie, 4 866-67, 
T. V. Je l'ai trouvé au mois de janvier enfoncée 
dans le sol à une profondeur de près d'un mètre, 
en compagnie de nombreuses larves de Blaps. 



- 314 - 

Terricola, Hèrb moins commun, vit dans les lieux obscurs et humi- 
des, surtout dans les caves des maisons, paraît 
vivre également en société. 

Calathus, Bon. 

Cisteloïiles, Illig très commun sous les feuilles, les pierres, les troncs 

d'arbres, etc. 

Gallicus, Fairm rare dans les bois d'Arcachon (L. Bedel). 

Fulvipes, Gyl commun sous les détritus et les troncs d'arbres. 

Fuscus, F plus rare, idem. 

Circumseptus, Germ. . . assez rare sous les détritus, aux bords des grands 

étangs maritimes, et ceux des inondations de 

l'Adour à Dax. 
Melanocephalus, L. . . . très commun partout. 

var. mollis, Marsh.. . plus rare, se trouve plus spécialement sous les 

touffes de plantes au bord de la mer. 

Micropterus, Duft rare dans les détritus d'inondation. 

Piceus, Marsh rare, trouvé à Sospar M. Bauduer., 

Tapliria, Bon. 

Nivalis, Panz rare sous les détritus des bords des étangs et des 

mares. 

Anchomenns, Bon. 

Angusticollis, F très commun sous les détritus humides et les 

arbres couchés à terre. 
Liveus, Gyl assez rare sous les détritus humides, surtout ceux 

d'inondations. 

Prasinus, Thumb commun sous les pierres et les feuilles humides. 

Albipes, F très commun sous les détritus au bord des eaux. 

Oblongus, F assez rare sous les détritus d'inondation de l'Adour 

à Dax. Trouvé également à Sos, par M. Bauduer. 

S. genre Agonum, Bon. 

Marginatus, L. . . . . . commun sous les détritus aux bords des étangs et 

des mares. 
Parumpunctatus, L. . . . idem. idem. 

Austriacus, F idem. idem. 



— 315 — 

et var. modestus, St. . variété plus rare. 
Viducus, Panz assez rare sous les écorces soulevées et humides des 

var. mœstus, Duft. . . troncs couchés à terre, 
var. Emarginatus, G-yll.. rare sous les détritus des inondations del'Adouv. 

Dolens, Sahl rare, même habitat que la variété maestus. 

Micans, Nicol idem. idem. 

Scitulus, Déj assez commun sous les détritus aux bords de la 

mer. 
Gracilis, Sturm très rare sous les détritus humides au printemps. 

Olisthopus, Déj. 

Rotùndatus, Payk. . . . assez commun sous les détritus et les pierres, en 

fauchant dans les prairies au printemps. 
Fuscatus, Déj rare, idem. 

PQ&ONIDJSL 

Patrobus, Déj. 

Rnfipennis, Déj très rare, se trouve sous les pierres, surtout en 

Chalosse. 

Pogonus, Déj. 

Littoralis, Duft assez rare sur les bords vaseux des prés salés. 

Chaleeus, Marsh très commun, idem. 

Viridanus, Déj très rare sous les détritus d'inondations au prin- 
temps. 

TREGHID.E. 

Trechus, ClairV. 

Discus, F rare sous les détritus d'inondations au printemps. 

Longicornis, Sturm.. . . assez rare, en fauchant aux environs de St-Sever 

en juillet. , 

Minutus, F très commun partout. 

Blemus, Déj. 

Areolatus, Creut assez rare ; sous les graviers aux bords de l'Adour, 

très agile. 



316 



Cillenum, Curt. 

Latérale, Curt très commun au retrait delà marée sur le sable 

avec sa larve, court avec agilité et quand on 
veut le saisir, s'enfonce dans le sable avec lequel 
il se confond par sa couleur. 
Larve. — Soc. ent., T. X, 1852, 2 e série, Fairm. 

Tac h y pu s, Déj. 

Flavipes, L trè9 commun. Bords humides des buissons et des 

fossés, sous les détritus végétaux. 

Pallipes, Duft rare j sous les détritus des inondations de l'Adour. 

Caraboïdes, Schrk. . . . assez rare. Détritus végétaux humide3. 

Bcmbidium, Latr. 

Paludosum, Panz assez rare ; sous les détritus végétaux humides aux 

bords des mares. 

Striatum, F commun, idem. 

Foraminosum, Sturm.. . plus rare, idem. 

Punctulatum, Drap. . . . assez rare, idem. 

Pallidipenne, Illig. . . . commun, le long des sources qui coulent des 

dunes à la mer, en arrosant et piétinant le 

sable. 

S. genre îLeja, Dej. 

Lampros, Herbst commun, sous les détritus, en battant les aul- 
nes et les saules sur les bords des prairies 
humides. 

Pusillum, Gyl assez commun, idem. 

Tenellum, Er plus rare, idem. 

Doris, Panz assez rare, idem. 

Sturmi, Panz idem, idem. 

Articulatum, Panz. . . . idem, détritus d'inondations, et en général 
lieux humides. 

S. genre Lopha, Déj. 

4 Guttatum, F peu commun ; sous les détritus et les troncs 

d'arbres. 



— 317 — 

Callosum, Kust. très commun ; sous les détritus végétaux humides, 

surtout ceux d'inondations. 
4 Pustulatum, Déj. . . . rare, idem. 

4 Maculatum, Déj. . . . commun, idem. 

S. genre Peryphus, Déj. 

Elongatum, Déj très commun ; sous les détritus aux bords des 

eaux. 

Nitidulum, Marsh. . . . commun, idem, 

var. Brunnicorne, Déj. plus rare, idem. 

Décorum, Panz assez commun. Bords des mares, débris d'inonda- 
tions. 

Prasinum, Duft. ... rare, idem. 

Fasciolatum, Duft .... assez rare, idem, 

var. Cseruleum, Déj. . plus rare, idem. 

Tibiale, Duft commun, idem. 

Ripicola, Duft assez rare sous les feuilles aux bords des fossés, sur- 
tout dans les terrains argileux . 

Femoratum, Sturm. . . commun sous les débris végétaux humides. 

Concinnum, Steph. . . . très rare, trouvé aux environs de Bayonne 
(Larralde). 

Fluviatile, Déj très rare, trouvé à Sos par M. Bauduer. 

Ustulatum, L.. commun, bords des eaux, détritus d'inondation, 

plus commun en Ghalosse et en Armagnac. 

S. genre Notaphus. Déj. 

Ephippium, Marsh. ... peu commun, bords du pré salé d'Arcachon (E. P.) 

Varium, 01 rare sous les détritus des inondations de l'Adour 

à Dax. 
Flammulatum, Glairv.. . commun, idem. 

S. genre Leja, Déj. 

Assimile, Gyl rare sous les feuilles dans les lieux humides, par- 
fois sous les pierres au printemps. 

S. genre Puiloelithns, Steph. 

Biguttalum, F commun, détritus des inondations de l'Adour, par- 
fois en battant les aulnes, 
et var. vulneratum, D. les aulnes et les saules au printemps. La variété 
est plus rare et se trouve parfois sous les écorces 
humides à moitié pourries. 

Obtusum, Sturm assez rare, idem. 



- 318 — 

S. genre Ocys, Steph. 

S. Striatum, Gyl rare sous les détritus en hiver ; sous les écorces 

soulevées et aux bords des mares au prin- 
temps. 

Rufescens, Déj commun. Détritus d'inondation, bords des eaux; 

parfois en fauchant au printemps dans les prai- 
ries humides. 

Tacliys, Déj. 

Focki, Hum rare sous les planches dans les celliers humides et 

obscurs. 

Angustata, Déj peu commun sous les détritus et les arbres. En 

tamisant les mousses en hiver. 

Parvula, Déj rare sur les bords des marais, près des Dunes (E. P.) 

Nana, Gyl très commun sous les écorces des pins qui ont 

nourri les larves desHylurgus piniperdaet minor 
et celles du Bostrychus stenographus. C'est là 
aussi qu'on trouve sa larve qui vit des excré- 
ments et des dépouilles laissées par ces Xylo- 
phages, ainsi que des podurelles et autres ani- 
malcules qui pullulent aux mêmes lieux. Elle se 
transforme en nymphe sans préparation apparente, 
tantôt au milieu des détritus, tantôt dans une 
galerie d'une des larves xylophages qui l'ont 
précédée. C'est par des trous dont l'écorce est 
criblée que l'insecte prend son essor. C'est aussi 
par un de ces trous que la femelle pénètre sous 
l'écorce pour faire sa ponte qui a lieu en mars et 
avril et qui donne des insectes parfaits en juin et 
juillet. Ceux-ci passent l'hiver sous les écorces, 
sous lesquelles, lorsqu'on veut les saisir, ils cou- 
rent avec agilité (E. P). 
Larve. — Yoy. Ins. pin. maritime, p. 459, 

Bistriata, Duft commun, au printemps en fauchant dans les prai- 
ries et aussi très abondamment au vol autour des 
fumiers au coucher du soleil. 

Scutellaris, Germ peu commun sous les algues au bord delà mer. 

Anilliis, DUV. 

Caecus, Dur assez commun sous les pierres profondément enfon- 
cées ; trouvé assez communément, à Sos, par 
M. Bauduer, presque introuvable dans les Landes 
proprement dites. 



- 319 - 



Séance du 28 mai 1873. 

Présidence de M # le D r Gourdon. 

La Société reçoit : 

Comptes-rendus de V Académie des sciences. 

Bulletin de V Association scientifique. 

De la part de M. le colonel Belleville, la Revue scientifique de 
Figuier pour 1872 et l' Annuaire pour 1872, du bureau des lon- 
gitudes. 

La Rage au point de vue physiologique , par M. le colonel 
Belleville, membre titulaire de la Société. Toulouse et Paris, 
1873. 

Extrait du compte-rendu des travaux du Congrès scientifique 
à Saint-Brieuc. In-8». 

M. le colonel Belleville fait un rapport écrit sur le Bulletin de 
la Réunion des Officiers. 

M. Trutat rend compte des derniers volumes de l'Académie du 
Gard. 

M. Cartailhac annonce que M. Cazalis de Fondouce, membre 
correspondant de la Société, a pu enlever déjà la plus grande partie 
de YElephas meridionalis qu'il a découvert à Durfort (Gard). Il 
insiste sur l'importance de ces fouilles. M. l'abbé Puech, de 
Pamiers, vient aussi de mettre la main dans le territoire de 
Vicaria (Ariége) appartenant à M. le vicomte de Palentin-Sainte- 
nac, sur un humérus, un maxillaire inférieur droit, un bassin et 
des fragments de côtes d'un autre éléphant, mais cette fois de 
l'espèce quaternaire : YE. Primigenius. La découverte d'une aussi 
grande portion d'un même squelette est peut-être sans précédent 
dans notre sud-ouest. 

Une discussion s'engage entre MM. Trutat, Huttier et autres 
membres sur les changements qui, d'après la tradition et non 
d'après les faits géologiques, se seraient opérés surlacôted'Aygues- 
Mortes. 

M. Marquet lit un rapport écrit et détaillé sur les dernières 
publications des Sociétés entomologiquesde Paris et de Belgique, 



- 320 - 

et de la Société d'agriculture, sciences naturelles et arts utiles de 
Lyon. 

La Société décide de faire lundi, sous la direction de M. d'Au- 
buisson, une excursion dans les ravins de Lasbordes, Balma, 
Pechauriolles. 



Séance du 18 juin 1873. 

Présidence de M. le docteur Gourdon. 

La Société reçoit : 

De la part de M. le colonel de Belleville, vice-président de la 
Société : La Rage au point de vue physiologique . Des exemplaires 
de cette brochure sont également offerts à tous les membres de la 
compagnie et aux Sociétés correspondantes. 

Société académique des sciences, lettres et arts de Saint-Quen- 
tin, 3$ série, t. X. 

Bulletin hebdomadaire de V association scientifique de France, 
n°293. 15 juin 1873. 

Comptes-rendus de V Académie des Sciences , n° 24. 

Journal d'agriculture pratique, 4 e série, tome 1 er . 

Sur les Oursins jurassiques de la Suisse, par M. Gotteau. Bro- 
chure in-8°. 

Bulletin de la Société d'Agriculture de la Lozère. Tome XXIV. 
Avril et mai. 

Société des lettres et sciences de Loir-et-Cher, Tome I, 2 e livrai- 
son. Juillet 1870 et décembre 1872, tome 1 er , 4 e livraison. 

Extait des procès-verbaux des séances de la Société des scien- 
ces naturelles et historiques de Cannes. T. III, 1873, n° 2. 

Du bégaiement considéré comme vice de prononciation, par 
M. le docteur Chervin aîné, une carte statistique des bègues du 
département de la Haute-Garonne, et diverses brochures sur ce 
sujet offertes par M. le docteur Chervin à l'occasion de son pas- 
sage à Toulouse, avec une lettre d'envoi. 

Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et 
arts du département de l'Oise. Tome VIII, 2 e partie. 

Bulletin de la Réunion des Officiers, n° 25, 3° année. 



— 321 — 

M. Lacroix rend compte d'un travail de Philippe sur l'Ornitho- 
logie pyrénéenne publié dans le Bulletin de la Société Ramond. 

Le même membre fait passer sous les yeux de ses confrères les 
œufs du Buzard-Montagu {Circus cineraceus) dont il a trouvé trois 
nids le même jour (°2 juin) dans la forêt de la Ramette, près Saint- 
Simon, 8 kilomètres de Toulouse. 

Une lettre de M. Gaston de Malafosse, s'excusant de ne pou- 
voir venir à la séance et offrant, au nom du général de Nansouty, 
notre collègue, quatre Hélix Quimperiana, espèce qui manque 
à la collection du Musée d'Histoire naturelle. 

Une lettre de M. le docteur Garrigou, offrant à la Société, dans 
le cas où elle ferait, piustard, une excursion dans l'Ariége, de 
lui commnniquer ses cahiers de notes et ses cartes. 

M. Duc fils, pharmacien, notre confrère à Cahors, a encore 
envoyé une caisse d'ossements fossiles des dépôts phosphatés du 
Lot. Des remerciements sont votés. 

M. Cartailhac dépose sur le bureau une brochure intitulée : 
Institut des Provinces de France : Documents et informations 
diverses. N° i, Toulouse. Il donne quelques détails sur l'histoire 
et l'utilité de cette Société, fondée en 1839 par M. de Caumont. 

L'Institut des Provinces de France a pour but de resserrer les 
liens qui doivent unir les Sociétés savantes du pays, de mettre en 
lumière leurs travaux et d'augmenter leur influence. Il devra 
poursuivre constamment l'exécution des mesures utiles à l'activité,, 
l'initiative et l'indépendance des sociétés et des savants de la pro- 
vince. 

Les présidents et secrétaires des Sociétés savantes des départe- 
ments français pourront assister aux séances générales avec voix 
consultative. 

L'Institut des Provinces est chargé d'organiser tous les ans, en 
province un congrès scientifique, et à Paris, un congrès des délé- 
gués aux Sociétés savantes. 

Il publie, sous le nom d' Annuaire, un compte-rendu rapide dès 
Congrès tenus en France et à l'étranger, l'annonce des prochaines 
assemblées des concours, une table méthodique des articles con- 
tenus dans les diverses publications des Sociétés savantes de 
France. 

24 



— 322 — ■ 

Séance du » juillet 1873. 

Présidence de M. le docteur Gourdon. 

La Société reçoit : 

Mémoires de la Société académique d'agriculture, des sciences, 
arts et belles-lettres du département de l'Aude. Tome VIII, 3 e sé- 
rie. 1871. 

Bulletin de l'Académie royale des sciences de Belgique, n° S. 
Bruxelles, 1873. 

Etude sur les eaux de Baréges pendant l'été de 4869, par 
M. Fégueux. 21 p. 8° (Extrait des Annales de la Société d'Hydro- 
logie médicale de Paris). 

Mémoires de la Société d'émulation de Montbéliard, 2 e série, 
4« volume. 

Comptes-rendus de l'Académie des sciences. 

Compte-rendu de l'Assemblée mensuelle du 7 juin 1873, de la 
Société entomologique de Belgique. 

Le Bordeaux médical ; n os de mars, avril, mai, juin. 

Bulletin hebdomadaire (n os 294 et 295) de l'Association scien- 
tifique de France. 

Le Président annonce ensuite plusieurs présentations. 

M. G. de Cardenal, au nom de M. de Montesquieu, membre 
correspondant, dépose sur le bureau des échantillons de Géodes 
ferrugineuses, trouvés dans un terrain argilo-siliceux du canton de 
Casteljaloux (Lot-et-Garonne) ; des remerciements sont votés au 
donateur. 

M. Marquet lit le rapport suivant : 

Excursion entomologique dans les cavernes de VAriége. 

Les insectes cavernicoles se trouvant en plus grande 
abondance lorsque les grottes sont très-humides, nous 
avons pensé que, vu les pluies fréquentes de cette année. 



— 323 — 

le moment était favorable pour aller faire une chasse aux 
espèces aveugles qui habitent ces cavernes. 

A cet effet, nous sommes partis de Toulouse le 29 juin, à 
5 heures 15 du matin, par le train se dirigeant vers Saint- 
Girons. 

Arrivé à la station de Prat et Bonrepeaux, le sieur Jean 
Marie Brunet, guide des naturalistes, domicilié au village 
de Casavet, nous a conduit à la grotte dite de Peyort, 
située sur le bord d'un torrent nommé, je crois, Aourége. 

L'entrée de cette grotte est très-basse dans l'intérieur, 
il faut constamment se tenir courbé à cause du peu d'élé- 
vation de la voûte. Dans le fond, autour des flaques d'eau, 
j'ai pris deux Anophthalmus orpheus, dont l'un très -pâle, et 
l'autre semblable à ceux de la grotte d'Aubert, c'est-à-dire 
d'un roux vif. Avec cette espèce couraient, sur l'argile hu- 
mide, bon nombre d'Anopthalmus Cerberus, parmi lesquels 
j'ai cru distinguer trois Tiresias, espèce nouvellement 
décrite par M. Abeille de Perrin. Chose étonnante, cette 
grotte ne m'a donné aucun Adelops, genre très-commun 
dans les autres grottes. 

Arrivés à Casavet, nous nous reposons quelques minutes 
chez notre excellent guide, et nous prenons ensuite le che- 
min de la grotte d'Estellas, située à environ 7 kilomètres du 
village dont il vient d'être question. 

L'ascension de cette caverne est assez pénible, mais arri- 
vés au but, on est largement dédommagé de la fatigue par 
le superbe panorama qu'embrasse la vue. 

L'entrée de la grotte est on ne peut plus imposante. Je 
dois cependant conseiller aux visiteurs de se méfier des 
rochers qui surplombent l'orifice. Un énorme bloc de rocher 
s'est détaché de sa base au moment où l'un de nous allait 
sortir de la grotte, et est tombé d'une hauteur de 6 mètres, 
juste au milieu de l'entrée. 

Dans cette vaste caverne nous avons capturé une grande 
quantité d'Anophthalmus Cerberus, le très-rare Anopht. 
Ehlersi, espèce dont il n'existe qu'un autre exemplaire, 



— 324 — 

pris au môme endroit par M. Ehlers, en 1869. L'Adelops 
clavatus y vit en grande abondance, mêlé à quelques Ade- 
lops infernus. 

Quelques grosses araciinides (Ischiropsalis Helwigi. 
(Panzer) sont accrochées aux stalactites à une certaine hau- 
teur du sol. D'autres espèces, très-petites, filent leur toile 
entre les fissures des stalagmites; ce sont les Scotolernon 
Lespesu (Lucas) ; Nesticus cellulanus (Glerck) ; Leptoneta 
connexa (E. Simon); Chorizomma subterranea ; Liny- 
phia tenebricola ; Erigone sp, nov. Sous les pierres se trou- 
vent des myriapodes d'un blanc diaphane et diverses larves 
de névraptères. Enfin, après un séjour de deux heures 
dans la grotte, nous nous décidons à en sortir et, en sou- 
levant quelques pierres près de l'ouverture, nous trouvons 
un Eschutocephalus sp. nov., et une Nycteribie, espèces 
parasites des chauves-souris, ainsi qu'une vingtaine de 
Pnstonyckus pyrenœus. 

Nous rentrons à Casavet, et, chemin faisant, nous 
ramassons, sous les pierres, deux Garabus splendens, deux 
Aptinus pyrenœus, trois ou quatre Pristonyclus parum- 
punclatus, et quelques Amara. Sur les arbustes, nous 
aurions pu prendre une foule de petits insectes, malheu- 
reusement l'heure était trop avancée pour nous livrer à 
cette chasse. 

Le lendemain, nous partons de très -bonne heure pour 
aller visiter la grotte de Sindé ou d'Aubert, située vis-à- 
vis le hameau de ce nom. 

Afin d'être plus tôt rendus à la caverne, nous prenons un 
sentier de traverse extrêmement rapide, et, au bout d'une 
heure et demie de marche, nous arrivons au but de notre 
voyage. 

A l'entrée de la grotte se trouvent une quantité de 
pierres enfoncées dans la boue semi-liquide : c'est en 
remuant ces pierres que l'on trouve V Anophthalmus 
Orpheus. Nous en avons pris une vingtaine d'exemplaires. 

Dans l'intérieur, et toujours contre les parois très-humi- 



— 325 — 

des, se trouvent les Anophth. Cerberus et Pluto. Dans les 
excréments des chauves-souris vivaient les Adelops clava- 
tus et Ehlersi : ce dernier y est assez rare. Je n'en ai pris 
que 6 exemplaires. 

Après deux heures passées dans cette belle et vaste 
grotte, nous revenons à Aubert, bien entendu en moins de 
temps que nous en avions mis pour monter, et nous nous 
dirigeons vers Moulis. 

Sur le bord du Lez, et vis-à-vis le village, est située la 
grotte dite de Moulis. L'entrée en est très-étroite et 
très-basse; on suit un corridor très-incommode, et l'on 
arrive enfin dans une salle assez spacieuse. 

Cette grotte nous a donné : 

Anophthalmus Pluto. 

Anophthalmus Cerberus. 

Adelops clavatus. 

Homalota subcavicola : cette dernière vit en abondance 
dans les matières en décomposition en compagnie des 
Adelops et de quelques diptères. 

Le brave et intelligent guide Brunet nous quitta à Mou- 
lis. Je pris la voiture de Castillon et j'arrivai à la gare de 
Saint-Girons pour rentrer à Toulouse dans la soirée du 
lundi, 30 juin. 



Séance du 9 juillet 1873. 

Présidence de M. le docteur Gourdon. 

La Société reçoit : 

Mémoires de la Société des sciences physiques et naturelles de 
Bordeaux. Tome IX, i* T cahier, 8° 

Sopra alcune scuole pratiche délie scienze sperimentali nella 
Germania e nella Russia. Relazionedal professoreMaurizio Schiff- 
in-4°, 53 p., 2 pi. 

Rapporti suite osservationi delV Ecclisse totale di sole del 22 



— 326 - 

déc. 1870. Esseguite inSicilia dalla commissione italiana, in 4°, 
214 p., pi. 

Ricerrhe fatte ncl laboratorio di anatomia normale délia R. 
Universita di Roma nell. anno 1872, par le D r Francesc. Todaro 
avec 6 pi. Roma, 1873. 

Dello scienze sperimentali e in particolare délia chimica in 
Germania. Relazione dal D r Giorgio. Roster, in Firenze. Milano, 
1872, in 4° av. planches. 

La Nouvelle-Calédonie et dépendances, par M. Balansa. Extr. 
du Bull, de la Soc. de géographie 1853 in 8°. av. pi. Don de l'au- 
teur, membre titulaire de notre Société. 

Bulletin de la réunion des officiers, 3 e année, n° 27. 

Bulletin de la Société d'Anthropologie de Paris, t. VIII , 
2« série, <l er fascicule 1873. 

Bulletin des séances de la Soc. Entomologique de France. 

Congrès international d'Anthropologie et d'Archéologie préhis- 
toriques. Compte-rendu de la 5 e session à Bologne 1871, avec pi. 
et fig.— Bologne, 1873. 

Une lettre du bureau de l'Association française pour l'avancement 
des sciences, demandant à la Société d'envoyer deux délégués à 
la session de Lyon. 

Le secrétaire général remarque dans les comptes-rendus de l'Aca- 
démie des sciences un article de M. Delfortrie, qui signale un singe 
et le cheval à V état fossile, dans les phosphorites du Lot. Le natu- 
raliste bordelais n'hésite pas à croire à la contemporanéité du cheval 
et des palœothériens, des Anthracothériens qui seraient quaternai- 
res. Il y a là deux erreurs sérieuses. Plusieurs fois, notamment 
le 12 février dernier, la Société d'Histoire Naturelle a vu des 
ossements de chevaux dans les envois de MM. Desjardins et Duc , 
de Cahors. Elle a, par suite, reconnu exacte l'opinion de votre 
confrère M. Trutat qui déclare que les ossements ne donnent pas 
l'âge des phosphates, mais la date de leurs divers remaniements 
depuis l'époque éocène jusqu'à nos jours. M. Gartailhac, à cette 
occasion, fait savoir que M. Trutat et lui ont trouvé quelques os 
humains dans l'argile rouge d'un dépôt phosphaté de Caylus 
(Tarn et Garonne). 

Sont nommés membres titulaires, MM. Balansa, de Toulouse, 
et Louis Gavoy, de Garcassonne, présentés par MM. Marquet et 
Cartailhac. 



— 327 — 

Séance du 16 juillet 1873. 

Présidence de M. le docteur Gourdon. 

La Société reçoit : 

Canti délia Societa Italiana di scienze naturali, vol. XV, 
fase. 1 et 2. 

Bulletin de la réunion des officiers. 

Bulletin hebdomadaire de l'association scientifique. 

Comptes -rendus de V Académie des sciences. 

Société centrale d'Agriculture de Nice, 31 Bulletin 1873. 

De la part de M. le comte de Bouille, membre titulaire de notre 
Société. Guides des Eaux bonnes et des eaux chaudes, 8°. 

Une lettre de M. Pla, nommé inspecteur de l'Instruction primaire 
à Lectoure et manifestant le désir de continuer des rapports actifs 
avec la Société dont il fait partie. 

M. le Secrétaire général lit une lettre de M. Emile Blanchard, 
membre honoraire, qui annonce que sur sa demande le Ministre 
de l'Instruction publique accorde à la Société une allocation 
annuelle de 300 francs. 

La Société remercie M. Blanchard du service qu'il a bien voulu 
lui rendre. 

M. Lacroix fait un rapport oral sur les Notices ornithologiques 
de M. Doumet Adanson. M. Deleves ajoute que cet ouvrage fait 
dans un esprit très pratique, donnant des renseignements précieux 
et signalant surtout les oiseaux utiles, devrait être dans toutes les 
bibliothèques scolaires. Il l'introduira dans l'arrondissement où il 
est inspecteur de l'instruction primaire. 

M. Balansa fait une communication Sur la Géographie bota- 
nique de VOcéanie et de la Nouvelle-Calédonie. 

Toutes les îles qui émergent de l'Océan Pacifique se 
rapportent à trois formations différentes. Un grand nom- 
bre d'entre elles, d'une horizontalité parfaite et élevées 
de quelques pieds seulement au-dessus de la mer, doivent 



- 328 - 

leur création à des récits madréporiques qui, après avoir 
atteint, par le travail incessant des zoophytes, la surface 
des eaux, ont été exhaussés par les sables calcaires appor- 
tés par les vagues. Quelques plantes maritimes et arénicoles 
répandues sous presque toute la zone tropicale s'empa- 
rent bientôt du terrain. Leur détritus, joint à toutes les 
matières animales et végétales apportées par les vagues, 
fertilise ces sables qui ne tardent pas à se couvrir d'une 
végétation luxuriante quoique peu variée. Ces îlots madré- 
poriques n'ont qu'une flore d'emprunt. D'une formation 
très récente et ayant un sol géologiquement et chimique- 
ment identique, ils ne peuvent, en effet, avoir, sous les 
mêmes latitudes, qu'une végétation très uniforme. Les 
îles Loyalty, à l'est de la Nouvelle-Calédonie, élevées en 
moyenne de 50 mètres au-dessus de la mer, doivent être 
rattachées à ces îles, quoique leur végétation, grâce à 
quelques circonstances particulières, soit bien plus variée, 
tout en n'offrant rien de spécial. 

Les îles volcaniques, groupées souvent en archipels, se 
montrent surtout dans la partie orientale de l'Océanie. 
Plusieurs de leurs pics atteignent une attitude considéra- 
ble. Plus anciennes que les îles madréporiques^ elles ont 
aussi une végétation plus variée et plus spéciale. 

Dans la partie occidentale de TOcéan Pacifique, les 
archipels des îles Salomon, des Nouvelles-Hébrides, aux- 
quels il faut joindre la Nouvelle-Calédonie et probablement 
aussi les îles Fidji, tous d'une création très ancienne, 
devaient avoir leur relief actuel, lorsque le restant de 
l'Océan Pacifique ne formait qu'une immense mer continue 
parsemée de bas-fonds. Leur végétation très riche, très 
variée, offre parfois, dans des îles rapprochées, peu de 
points de contact. 

Des familles qui, dans toutes les flores du globe, tien- 
nent le premier rang et par le nombre et par l'importance 
des espèces, font presque complètement défaut dans la 
végétation endémique de toutes les îles de l'Océanie. 



- 3^9 — 

Ces familles forment presque partout la base des pâturages ; 
aussi en considérant que les mammifères, sauf quelques 
chauves-souris, manquaient sur toutes ces terres lors de 
leur découverte, on serait tenté de ne voir là qu'un effet 
et sa cause. 

La Nouvelle-Calédonie est une des plus grandes îles de 
l'Océan Pacifique. Elle renferme 1,800,000 hectares. 
Comme l'île de Crète, elle est bien plus longue que large. 
Située presque sous le tropique du Capricorne, elle a 
comme toutes les contrées qui se trouvent dans ces con- 
ditions, une saison pluviale assez irrégulière. Orientée du 
S.-E. au N.-O. , elle reçoit en écharpe les vents régnants 
de PE.-S.-E. , aussi la côte Est, plus exposée à leur 
influence, est sensiblement la plus tempérée. La tem- 
pérature oscille entre 33 et 14° centigrades, la saison 
des grandes chaleurs correspondant à nos mois d'hiver. 

Au point de vue géologique et agronomique, la Calédo- 
nie peut se diviser en deux parties. La première renferme 
tous les terrains éruptifs : c'est la Calédonie pétrée. Point 
de pâturages, point de vallées colonisables. Ces terrains 
forment la plus grande partie du sud de l'île. Leur flore 
est des plus caractéristiques ; c'est la terre promise du bota- 
niste. La seconde partie comprend tous les terrains sédi- 
mentaires plus ou moins métamorphisés. Elle occupe, 
surtout le centre et le nord de l'île. Là seulement, surtout 
dans les vallées alluvionnaires, le colon pourra s'établir. 
Il aura à sa disposition de bonnes terres et de vastes pâtu- 
rages où la race bovine prospère admirablement. 

Ces terrains sédimentaires offrent deux flores bien dis- 
tinctes. Celle que l'on peut appeler endémique est repré- 
sentée par d'immenses forêts qui recouvrent le plus souvent 
le flanc des montagnes. Les arbres et les arbrisseaux y sont 
représentés par des espèces variées. Les plantes herbacées 
y sont rares. La flore adventive, c'est-à-dire celle qui, lors 
des premières immigrations humaines, a remplacé, à la 
suite des incendies et des défrichements, la végétation 



- 330 - 

endémique, occupe dévastes espaces ; elle comprend tous 
les pâturages de l'île. Sa végétation n'a rien de tropical. 
On croirait, en cheminant à travers ces immences plaines, 
parcourir certaines contrées de la France et de l'Orient. 
Peu d'espèces herbacées, mais elles sont éminemment 
sociales. La végétation arborescente n'y est représentée 
que par peu d'espèces. La plus remarquable, le niaouli, 
originaire probablement de l'Australie, y est d'une extrême 
abondance. C'est lui, dit- on, qui par ses émanations aro- 
matiques, procure à la Calédonie son incomparable salu- 
brité. Il y remplirait le rôle que les Eucaliptus jouent en 
Australie. 

La population indigène de la Nouvelle-Calédonie peut 
s'élever à 45,000 habitants. Elle est partagée en un grand 
nombre d'agglomérations indépendantes les unes des autres, 
mais appartenant à une seule et même race dont le point 
de départ est probablement la Nouvelle-Guinée. Les 
mœurs, les institutions poli tiques et sociales sont les mêmes, 
quoique, de vallée à vallée, les dialectes soient souvent 
différents. La pêche et les cultures fournissent à ces peu- 
ples de faciles moyens d'existence. Subvenant sans peine à 
des besoins très restreints, ils n'ont nul désir d'améliorer 
leur position. On ne peut donc compter sur eux pour se 
procurer les bras indispensables à toute colonie naissante. 
Avec le temps seulement, lorsqu'on leur aura créé des 
besoins moralisateurs, ils pourront peut-être hâter l'œuvre 
de la colonisation. Intelligents , facilement maniables 
lorsqu'on use avec eux de douceur , leurs défauts , 
leurs vices même doivent être plutôt mis au compte 
de leur état social que de leur nature propre. Les travaux 
qu'ils ont exécutés pour amener à de grandes distan- 
ces, à travers les rochers, les eaux nécessairss à leurs 
cultures, montrent, par leur passé agricole, tout ce qu'ils 
pourront accomplir dans l'avenir. Les missions catholiques 
ont commencé depuis longtemps leur transformation morale, 
et, grâce à elles, l'antropophagie et la polygamie n'existent 



— 331 - 

plus, dans plusieurs tribus, que dans les souvenirs de la 
tradition. Malheureusement, les mêmes causes qui, dans 
toute l'Océanie, tendent à l'extinction rapide des indigènes 
agissent aussi en Nouvelle-Calédonie avec une certaine 
intensité. Espérons que, grâce aux soins éclairés d'une 
administration bienveillante, le mal, mieux connu, pourra 
être facilement combattu. 

La France a pris possession de la Nouvelle-Calédonie en 
1854. Si, malgré tous les capitaux qui, par la transportation 
et la déportation ont été versés sur son sol, cette colonie, 
durant les 1 9 années écoulées, n'a pas fait autant de progrès 
qu'on aurait pu le désirer, à qui doit- on en faire remonter 
la responsabilité? On ne peut en accuser ses institutions 
seules ; la nature même du pays y entre pour une grande 
part. 

La Calédonie n'est plus cette terre qui, dans certains 
écrits, était réputée plus riche, plus fertile que la Sicile; 
par une plus juste appréciation des choses, la réalité s'est 
fait jour. Quelques riches vallées d'une fertilité remarquable, 
de vastes, de nombreux pâturages où prospère la race 
bovine, et, à côté, les enclavant même parfois, d'immenses 
espaces impropres le plus souvent à toute espèce de colo- 
nisation, voilà son lot. Certes, quelque restreint qu'il soit, 
il est bien suffisant pour lesbesoins actuels de lacolonisation; 
mais il serait imprudent de se créer des illusions; on pour- 
rait s'attendre à de grands mécomptes. 

Pour la France, la Nouvelle Calédonie a surtout d'impor- 
tance par le nombre et la sûreté de ses ports, parla salubrité 
de son climat, par sa position dans l'Océanie occidentale; 
mais les archipels seuls qui Pavoisinent lui donneront sa 
véritable valeur. L'Angleterre possède dans ces parages 
l'Australie, la Tasmanieetla Nouvelle-Zélande; elle fonde 
actuellement des comptoirs sur les côtes méridionales de la 
Nouvelle-Guinée; les îles Fidgi viennent presque de recon- 
naître son protectorat, et si la France ne la devance, les 
archipels des îles Salomon et des Nouvelles-Hébrides ne 



— 332 — 

tarderont pas à entrer dans sa sphère d'action. Si cette 
éventualité se réalisait, la Galédonie aurait perdu pour nous 
touie son importance. Prise comme dans un étau au milieu 
des colonies anglaises, elle n'aurait plus d'avenir. Ce ne 
serait que le plus coûteux des bagnes. 



Séance du 23 juillet 1873. 

Présidence de M. le docteur Gourdon. 

La Société reçoit : 

De la part de M. le D r Retzius, membre correspondant de la 
Société : Anatomischc Untersachûn Stockholm, 1872, in 4°, 5 pi. 

En outre, le même savant a bien voulu joindre un certain 
nombre de brochures d'anatomie dont il est l'auteur (en suédois). 

Est nommé membre correspondant, M. Sébastien Pianet, pré- 
senté par MM. Trutat et Cartailhac. 

M. leD r Gourdon invite les membres de la compagnie à visiter 
les environs de Rennes-les-Bains pendant le séjour qu'il fera dans 
cette station d'eaux, fort intéressante au point de vue géologique ; 
une excursion sera préparée par ses soins. 

M. Piette (de Craone), membre de la Société, fait passer sous 
les yeux de ses confrères un certain nombre d'objets et donne les 
renseignements qui suivent : 

Recherches de vestiges préhistoriques dans la chaîne des 
Pyrénées. 

J'ai profité du séjour que j'ai fait cette année dans les 
Pyrénées pour explorer quelques grottes. 

La première que j'ai visitée est celle d'Espalungue, située 
sur le territoire d'Arudi, nommée à tort par quelques savants 
grotte d'Izeste. Elle est largement ouverte au nord. Cette 
exposition était rarement choisie par les peuplades de l'âge 
du renne, car le vent était alors âpre et le froid rigoureux. 



— 333 — 

Mais les inconvénients de sa position étaient compensés par 
des avantages. 

Placée à proximité d'un petit ruisseau qui donne de la 
bonne eau, à moins de 2 kilomètres du gave d'Osseau abon- 
dant en poissons, elle domine la vaste plaine d'Arudi qui 
fournissait aux rennes d'excellents pâturages. La moraine 
de Bescat nen est distante que de 4 kilomètres. 

La grotte est formée d'un vaste auvent qui se resserre en 
s'enfonçant dans la profondeur de la montagne et se termine 
par un corridor large, long, élevé et sinueux. Ce corridor, 
dans lequel pourraient circuler des voitures, donne accès 
dans la grotte proprement dite, vaste rotonde au dôme 
élevé, d'où pendent quelques stalactites. Le sol de l'auvent 
ou vestibule, du corridor et delà grotte, est formé par des 
foyers de l'âge du renne pleins d'ossements brisés de cerf, 
de renne, de bœuf, de cheval, de chamois et d'oiseaux. Les 
débris de cerf sont en grande abondance. En quelques 
endroits du vestibule et du corridor, un peu de terre jaunâ- 
tre recouvre les foyers. Dans la grotte même, les cendres 
charbonneuses rendent le sol noir. On marche dessus. 
Parfois elles sont recouvertes par une mince couche de 
stalagmite ou par des blocs de rochers tombés de la voûte. 

M. Garrigou a trouvé dans la partie gauche de la grotte 
une flèche barbelée, et pendant les fouilles du Congrès 
scientifique de France, M. Raimond-Pottier a recueilli au 
bout du corridor, dans les couches supérieures des foyers, 
un petit bâton en bois de renne sur lequel sont gravées pro- 
fondément des courbes enlacées. 

Voulant faire une fouille daus cette caverne, je pensai 
qu'il fallait d'abord rechercher l'endroit le plus favorable à 
l'habitation. Le vestibule, exposé aux vents du nord, n'a pu 
être habité que l'été. Le corridor lui-même est très froid 
quand lèvent du nord s'y engouffre. La grotte ne présente 
pas cet inconvénient au même degré ; le terrain situé près 
des rochers qui forment les parois à droite et à gauche de 
l'endroit où débouche le corridor sont même tout-à-fait à 



— 334 - 

l'abri. C'est là que je résolus de faire une fouille. Je choisis 
l'angle de droite qui est le plus profond. Je fis creuser le 
sol à environ un mètre de profondeur sans atteindre le fond 
des foyers. La cendre est noire, très charbonneuse. J'y ai 
recueilli des silex taillés présentant les formes magdalénien- 
nes et divers instruments en bois de renne, notamment des 
poinçons, un ciseau semblable aux burins employés pour 
tailler finement la pierre, mais qui servait probablement 
alors à détacher les peaux ou à sculpter le bois tendre ; un 
fragment de poignard dontdeux rameaux de corne de renne 
forment la garde ; divers débris d'aiguille parmi lesquels il 
y en a un d'ivoire; enfin un bâton de commandement sur 
lequel sont sculptées, à la façon des bas-reliefs, deux magni- 
fiques têtes de chèvre dont l'une a 1 3 centimètres de long, 
en y comprenant la corne. Les moindres détails sont rendus, 
les poils même n'ont pas été omis. J'avais d'abord pensé 
que l'animal figuré était un bouquetin dont la courbure des 
cornes légèrement en hélice aurait été mal rendue par 
l'artiste : mais il est évident que la longueur de la tête est 
trop grande proportionnellement à celle des cornes pour 
qu'on la rapporte à cette espèce. Une des têtes sculptées a 
la corne descendant et ramenée en avant. Le bâton de 
commandement est terminé par un large anneau. Voyez 
plus loin la figure. 

J'ai exploré sur le territoire d'Arudi une autre grotte 
située à environ 3 kilomètres à l'ouest de celle que je viens 
de décrire. Le maire de la commune me l'avait enseignée. 
Elle est largement ouverte à l'ouest et se trouve à une 
faible distance d'un petit ruisseau. Le fond en est 
obstrué par des rochers détachés de la voûte à une 
époque peu éloignée. Les pasteurs néolithiques et les 
pasteurs gaulois en ont fait successivement leur séjour. Les 
foyers de l'époque gauloise ont plus d'un mètre d'épaisseur. 
J'y ai trouvé un mors de cheval en fer, une grande quantité 
de fragments de poterie, des os de bœuf, de chèvre et de 
porc. Les foyers de la pierre polie m'ont donné des poinçons 



- 335 — 

en os et en corne de chevreuil, de la poterie mal cuite, 
épaisse et grossièrement faite, des ossements de porc, de 
chèvre et de bœuf. Peut-être, si j'avais continué à creuser 
plus profondément, aurais je trouvé les vestiges de l'âge 
du renne. 

Cette caverne est remarquable en ce que les foyers gaulois 
ou néolithiques sont parfois interrompus par des couches 
de limon. Or elle est si élevée au-dessus du lit du ruisseau, 
qu'assurément personne ne prétendra qn'elle a subi des 
inondations depuis l'époque de la pierre polie. Ces lits de 
limon proviennent d'une autre cause. Ils ont été formés 
par les eaux d'orage ou de pluie prolongée qui, s'insinuant 
à travers les fissures naturelles du calcaire et les fentes de 
la voûte, ont entraîné avec elles des particules terreuses 
empruntées soit au sol de la montagne, soit au limon du 
fond de la grotte ; car la caverne, à l'époque quaternaire, 
a dû être remplie de vase lors des grandes inondations 
causées par la fonte des glaciers, mais les filtrations des 
eaux pluviales l'avaient en partie vidée quand l'homme s'y 
est installé. Cette explication donne la clef de beaucoup de 
difficultés relatives à des dépôts semblables intercalés au 
milieu de foyers plus anciens que ceux que j'ai rencontrés 
dans cette grotte, 

D'Arudi, je me rendis à Luchon, point central de diverses 
excursions que je voulais faire. Guidé par le juge de paix 
du canton de Saint-Bertrand, je visitai d'abord la grotte de 
Malevézie, située dans une étroite vallée. On y monte à 
travers un bois assez fourré. Cette caverne fut habitée aux 
temps modernes. Des escaliers taillés dans le roc et une 
muraille en font foi. Elle se compose d'une galerie parallèle 
à la vallée soutenue d'un côté par des piliers naturels for- 
mant arcade et d'un corridor assez large, mais bas qui 
continue la galerie en décrivant un coude à angle droit 
pour s'enfoncer dans la montagne. J'ai suivi très loin ce 
sinueux corridor où l'on ne peut pénétrer qu'en se baissant 
et dont la voûte touchant presqu'au sol oblige parfois l'ex- 



— 330 — 

plorateur à ramper. Partout où j'y ai fait des fouilles, je n'ai 
mis au jour que du limon jaune ou du fin gravier dépourvus 
de tout vestige d'industrie humaine, dépôts formés aux 
temps quaternaires lors d'inondations considérables. 

Au point où le corridor s'enfonce dans la montagne, le 
sol remué présentait les traces d'une fouille récente. 
C'était un habitant du pays qui, possédé tout-à-coup d'un 
beau feu pour les sciences préhistoriques, avait fait piocher 
en cet endroit. Le goût de ces sciences se répand de plus en 
plus. Rien n'est enivrant, en effet, comme de faire revivre 
par ia pensée, avec leurs mœurs à demi-sauvages et leur 
industrie rudimentaire, les peuples qui nous ont précédés 
sur la terre de France, déjà grande dès les temps les plus 
reculés par la pensée et par le goût des arts. Mais ces 
entraînements ont leurs inconvénients, et plus d'un riche 
gisement subit de rudes atteintes de mains inexpérimen- 
tées. L'explorateur qui avait fait cette fouille, avait mis, 
sans s'en douter, la pioche sur une sépulture néolithique 
très- curieuse. Il avait brisé les crânes et dispersé les os. 
Je reconnus les fragments de squelettes d'un adulte et d'un 
enfant dont les mâchoires présentaient un prognatisme 
considérable, et dont les humérus avaient la fosse olécra- 
nienne largement perforée. Les corps avaient été simple- 
ment enfouis dans la terre. J'ignore dans quelle position. 
Sous un rocher près duquel étaient les mâchoires de l'un 
d'eux, j'ai recueilli deux poinçons en os, deux défenses de 
sangliers ayant un trou de suspension et deux canines per- 
cées de carnassiers. Voyez plus loin les figures. Non loin de 
là était un silex en forme de couteau épais, retaillé à petits 
coups sur les bords. Le temps qui me pressait m'a forcé à 
laisser ma fouille inachevée. Il y a peut-être encore d'au- 
tres choses à recueillir dans cette sépulture. 

De là, je me rendis à la grotte de Gargas, à l'entrée de 
laquelle il y a un foyer de l'âge du renne non encore exploré. 
On m'avait promis de m'y laisser faire une fouille ; mais une 
influence occulte empêcha la réalisation de cette promesse. 



- 338 — 

Je m'engageai alors dans la vallée de la Neste. Depuis 
longtemps je supposais que vers le point où elle s'enfonce 




Fig. 1 et 2. — Défenses de sanglier percées. 





Fig. 4 et 5. — Denis de carnassiers percées. 

Fig. 1 à 5. — Grotte de Malvezie. 





Fig. 3. 
Poinçon en os. 



dans le massif montagneux des Pyrénées, c'est-à-dire entre 
La Barthe et Lortet, il devait y avoir une caverne de l'âge 



— 339 - 
du renne. J'avais exprimé mon opinion à diverses person- 
nes, et, dès l'année dernière, j'avais chargé un manouvrier 
de ce pays de me renseigner sur l'existence des grottes de 
cette région. Il put, quand je le revis, m'en citer quelques- 
unes. Je choisis immédiatement, pour but de mon explora- 
tion, une caverne à large ouverture, située à Lortet, parmi 
beaucoup d'autres. C'était une de celles que des chercheurs 
venus en ce pays quinze jours avant moi avaient négligé 
de fouiller. 

On pense généralement que la découverte d'une grotte 
préhistorique est due au hasard. Le hasard y est bien pour 
quelque chose, mais le raisonnement y est pour beaucoup. 

Les Pyrénées sont composées d'une chaîne centrale très- 
élevée, s'étendant d'une mer à l'autre, formée par des 
roches éruptives et par les schistes des terrains anciens, 
contre lesquels s'appliquent au nord et au sud des contre- 
forts calcaires. Les grottes sont rares dans la partie cen- 
trale et cristalline de la chaîne. Là, elles ne sont dues qu'à 
des fissures, à des contournements d'assises; elles sont 
remplies d'abîmes. L'homme n'a pas choisi pour son séjour 
ces lieux d'horreur. Il ne pouvait même pas, si elles 
n'étaient à un niveau très élevé, y chercher, à l'époque du 
renne, un abri d'un jour ; car alors tous les hauts ravins 
des Pyrénées étaient encore obstrués par les glaciers. Les 
contreforts calcaires de la grande chaîne sont, au contraire, 
percés de nombreuses grottes présentant des ouvertures 
spacieuses et des abris relativement confortables. A l'épo- 
que de la Madelaine, les vallées dont elles sont voisines, 
récemment débarrassées des masses immenses de glace qui 
les avaient encombrées pendant les temps rigoureux de la 
période quaternaire , étaient couvertes encore d'un limon 
froid, abandonné par les glaciers sur lequel croissait avec 
abondance le lichen chéri du renne. C'est dans ces contre- 
forts que les chasseurs de renne devaient choisir leurs 
abris Us devaient préférer les cavernes saines aux grottes 
humides, pleines de stalactites et suintements, celles qui 



— 3*0 — 

reçoivent l'air et le soleil par de larges ouvertures à celles 
qui ne communiquent avec l'extérieur que par d'étroits et 
obscurs corridors. Celles dont les entrées sont au nord, 
recevant un vent froid à cette époque encore rigoureuse, 
leur plaisaient moins que les autres. Ils s'installaient sou- 
vent sous l'abri d'un rocher en surplomb. Ils trouvaient 
de l'avantage à choisir leurs habitations dans les mame- 
lons placés au voisinage des anciennes moraines quater- 
naires, car en amont de ces moraines, les troupeaux de 
renne étaient nombreux, et dans les plaines d'aval la 
nature de l'herbe était favorable aux chevaux et aux 
bœufs qu'ils chassaient aussi pour en faire leur nourriture. 
Le voisinage d'un cours d'eau ajoutait les ressources de la 
pêche à celles de la chasse. 

Lors donc qu'on veut trouver une grotte de lage du 
renne, il faut la chercher dans la partie calcaire des Pyré- 
nées, non loin des moraines quaternaires, vers le point où 
un cours d'eau de quelque importance quitte la région des 
montagnes pour entrer dans le pays de plaine; il faut, de 
préférence, fouiller celles qui sont largement ouvertes, 
celles qui ne sont pas humides et dont les entrées ne sont 
pas exposées au nord. En se conformant à ces règles, on 
ne réussira pas toujours ; en ne les prenant pas en consi- 
dération, on court le risque de faire des fouilles très-nom- 
breuses avant de rencontrer un bon gisement. 

La grotte de Lortet quejechoisis pour l'explorer présente 
tous les avantages que je viens d'énumérer. Située dans 
une montagne au pied de laquelle coule la Neste, placée à 
16 mètres au-dessus du niveau de la rivière, elle est large- 
ment ouverte à l'ouest. Entre Lortet et La Bastide s'étend 
une moraine qui va se rejoindre au plateau de Lannemezan, 
formé lui-même des éléments dispersés des moraines très- 
anciennes. 

L'ouverture de la caverne a 12 mètres 30 centimètres de 
largeur; le vestibule a 15 mètres 20 de largeur près de 
l'entrée, 12 mètres au milieu, 6 mètres à son exlrémiié, 



— 341 — 

entre deux piliers de stalactites. Sa hauteur est de deux 
mètres au-delà des deux piliers, il selargit et jette vers le 
nord un bras ou corrider au bout duquel on voit briller, 
par une fissure qui a été autrefois une entrée, la lumière 
du jour. Au fond de la grotte et à l'est, le sol se relève, 
couvert de stalagmites épaisses qui s'unissent à des stalac- 
tites descendant de la voûte. Les goutles d'eau tombent 
nombreuses des longues et fines cristallisations qui pen- 
dent au-dessus de la tête des visiteurs. Peut-être cette par- 
tie humide de la caverne n'a-t-elle jamais été habitée. La 
longueur de la grotte habitable, depuis l'entrée jusqu'à 
l'endroit où le terrain se relève, est de 20 mètres. Le sol du 
vestibule, malgré la sécheresse actuelle de la voûte, est 
couvert d'une couche de stalagmite ayant au moins 20 cen- 
timètres d'épaisseur. Aucun dépôt limoneux ne recouvre 
cette assise qui s'étend uniformément comme un parquet de 
marbre blanc. 

Quant j'arrivai dans cette grotte, un habitant du village 
me dit : 

« — Qu'espérez-vous trouver ici ?» — Je cherche, lui 
dis je, les vestiges des peuples anciens qui ont habité ce 
pays; je fais des fouilles pour découvrir leurs foyers, au 
milieu desquels on doit rencontrer les vestiges de leur 
industrie. » — « Ne voyez-vous pas, répliqua-t-il en sou- 
riant, qu'il n'y a pas de foyers ici? le sol est de marbre; 
vous ne rencontrerez que du rocher. » Pour toute réponse, 
j'ordonnai à un ouvrier qui m'accompagnait, de briser 
avec la pioche la stalagmite en un endroit que je lui dési- 
gnai ; mais comme elle pouvait être épaisse et dure, j'en- 
voyai un autre ouvrier chercher un levier de fer. Avant 
que le levier fût arrivé, le premier ouvrier relevait une 
plaquette de stalagmite à la partie inférieure de laquelle 
étaient collées des mâchoires de renne et des foyers de 
cendre charbonneuse apparaissaient remplis d'os brisés. 

Je fouillai à une profondeur d'un mètre cinquante-cinq 
centimètres, et trouvai la succession d'assises suivante : 



— 312 — 

0"\20 stalagmite. 

I"\02 foyers noirs, pleins de débris d'industrie et d'os 
brisés. 

m ,33 foyers jaunes, formés de cendre et de limon 
mêlés ensemble, contenant des silex et des bois de renne 
travaillés. 

A cette profondeur, je fis enfoncer le levier dans la cen- 
dre. Il pénétra de plus d'un mètre sans rencontrer de 
pierre. 

Je recueillis dans les foyers divers outils en silex et des 
instruments en bois de renne, parmi lesquels je citerai des 
harpons, des aiguilles, des poinçons. Un fragment por- 
tait une gravure finement burinée, représentant un coq 
de bruyère, animal qni vit encore dans ce pays. Les espèces 
d'animaux dont je rencontrai les ossements sont Tours 
arctos, le renard, le loup, le cheval, le bœuf, le cerfélaphe, 
le renne, le tétras. Je recueillis encore quelques vertèbres 
de poisson. 

Ce gisement présente la faune et l'industrie de l'âge du 
renne à l'époque magdalénienne. Elles y ont été conser- 
vées pures de tout contact avec le monde nouveau, sans 
mélange possible avec les vestiges des peuples néolithiques 
et des civilisations plus récentes, protégées par la couche 
de stalagmite qui les recouvre comme d'un linceul. Là, on 
ne peut alléguer contre l'authenticité et l'âge des objets 
recueillis, aucun remaniement n'ayant eu lieu depuis leur 
enfouissement. Une momie sous ses bandelettes et dans 
son cercueil n'est pas plus authentique que l'âge du renne 
dans cette grotte sous sa couche de stalagmite. La civili- 
sation romaine qui dormait sous les cendres de Pompéï 
n'était pas plus intacte quand les investigateurs modernes 
l'ont rendue à la lumière, que n'étaient les foyers de Lor- 
tet, quand la pioche de mes ouvriers les a mis à jour. J'ai 
fait fermer cette caverne pour la préserver contre les dépré- 
dations d'hommes presque toujours ignorants qui, sans 
droit et dans le seul but de se procurer quelques objets 



- 343 - 

curieux, n'hésitent pas à faire disperser, et trop souvent à 
détruire, par la main d'ouvriers inhabiles, les précieuses 
archives de ces populations sans nom qui ont habité le sol 
de la France avant les peuples néolithiques. La municipa- 
lité de Lortet m'a fait l'offre de me céder le droit de fouil- 
les, moyennant un prix que j'ai accepté. 

Je vais donc faire fouiller la caverne d'une manière sui- 
vie. L'acte n'est pas encore passé, mais la convention est 
conclue, et je vais pouvoir faire fouiller la caverne d'une 
manière suivie, malgré les intrigues de quelques-uns de 
ces chevaliers d'industrie de la science qui, impuissants à 
rien découvrir eux-mêmes, sont toujours à l'affût des décou- 
vertes d'autrui pour s'en emparer. 



Séance du 30 juillet 1873. 

Présidence de M. le docteur Gourdon. 

La Société reçoit : 

Comptes-rendus de l'Académie des sciences. 

Bulletin de la Réunion des officiers. 

Bulletin de l'Association scientifique. 

Bulletin des séances de la Société enîhomologique de France, 
9 juillet. 

Journal d'agriculture pratique, 4 e série. 

Lettre de M. Duc, envoyant un lézard ocellé. 

Le programme de la 2 e session, à Lyon, de l'Association fran- 
çaise pour l'avancement des sciences. M. Cartailhac résume ces 
détails. 

Sont nommés : 

Membre titulaire : M. Vaise, médecin, inspecteur des eaux de 
Rennes-les-Bains, présenté par MM. Chalande et colonel Belleville. 

Membres correspondants : M. l'abbé Boisonnade, professeur 
d'histoire naturelle au séminaire de Mende, présenté par MM. Gas- 
ton de Malafosse et Cartailhac ; et M. le D r Adolphe Delas, 
médecin de deuxième classe, hôpital militaire à la Martinique, 
présenté par MM. E. Cariailhac et Regnault. 



— 344 — 

.M Balansa présente à la Société des échantillons d'une graminée 
recueillie en Cochinchine par M. Rodolphe Germain ; il fait en 
môme temps, au sujet de cette plante, la communication suivante : 

GERMA1NIA Balansa et Poitrasson. 

Epillels 9-12, hétérogames, réunis en un capitule (1) entouré 
d'un involucre a plusieurs folioles. — Epillets de la circonférence 
6-9, mâles, sessiles , biflores. Glumes finement membraneuses. 
Glumelles inférieures avortées, les supérieures très-finement 
membraneuses. Etamines 2. — Epillets du centre 3, femelles, 
pédicellés. biflores. Fleur inférieure stérile, réduite à sa glumelle 
inférieure. Fleur supérieure femelle, à glumelle inférieure linéaire 
se prolongeant en une longue arête tordue ; glumelle supérieure 
avortée. Squamules 0. Ovaire surmonté de deux longs styles 
pubescents. Caryopse 

Par son port, par l'involucre polyphylle entourant les epillets, 
par le nombre des etamines, par l'absence des squamules, par 
les 3 epillets femelles pédicellés et aristés occupant le centre du 
capitule, etc., le Germainia est très-distinct de YAnlhistiria. 

Germ. capitata Bal. et Poitr. — Racine vivace. Chaumes 
de 50 centim., dressés, simples, à base renflée recouverte par 
les débris des gaines. Feuilles linéaires, d'abord convolutées, 
à la fin planes, rudes sur les bords et sur la face supérieure, 
recouvertes en dessous, ainsi que les gaines, d'une villosité 
blanchâtre (cette villosité est particulièrement abondante sur 
les débris persistants des gaines de la base ) ; ligule oblongue, 
tronquée, glabre. — Capitule oblong-lancéolé, terminal, soli- 
taire. Folioles de l'involucre linéaires-oblongues, scarieuses, 
rigides, dressées, glabres, 5-7 nerviées, échancrées au sommet. 
— Epillels de la circonférence ayant les glumes et les glu- 
melles finement membraneuses , glabres , presque égales , et 
dépassant un peu les folioles de l'involucre. Glume inférieure 
large , trinerviée, aiguë, embrassant les deux fleurs mâles et 
regardant par son dos le centre du capitule. Glume supérieure 
plus étroite, obscurément uninerviée. Glumelles inférieures des 

Nous employons le mot de capitule pour désigner cette inflores- 
cence singulière , n'en trouvanl pas de plus convenable. On pourrait 
peul être l'appeler panicule ou épi capiluliforme. 



Société d'HisL. nat. de Toulouse. 



.873. 




SN vu 

Germai nia capitata Bal. Se Poitr. 



lifA. Rajrnaud Crirss. Toukvtce- 



— 345 — 
deux fleurs mâles avortées , les supérieures oblongues-lancéolées, 
échancréesau sommet, très-obscurément binerviées. SquamulesO. 
Etamines 2, linéaires-lancéolées. — Epillets du centre 3, pédi- 
cellés, biflores. Glume inférieure scarieuse, brune, très-obscuré- 
ment nerviée , atténuée à la base en un callus subulé , velu, 
marqué d'une cicatrice linéaire, couverte de poils rares et très- 
courts ; glume supérieure glabre, oblongue-lancéolée, énerviée, 
égalant presque la supérieure, brièvement ciliée au sommet. 
Glumelle de la fleur inférieure très-finement membraneuse et 
égalant les 3 / 4 de la glume supérieure. Fleur supérieure femelle 
à glumelle inférieure linéaire (1), se prolongeant en une longue 
arête tordue, géniculée dans les 3 / 4 supérieurs, velue au-dessous 
du point d'inflexion, rude à la partie supérieure. Ovaire glabre 
surmonté de deux longs styles pubescents sortant par les côtés, 
au-dessous du sommet de la fleur. 

Saigon, dans les terrains sablonneux arides. 

EXPLICATION DE LA PLANCHE. 

I. Partie inférieure du Germainia capitata, de grandeur natu- 
relle. 

II. Partie supérieure du chaume, de gr. nat. 

III. Diagramme de l'épillet femelle : a glume inférieure, b glume 
supérieure , c fleur inférieure stérile réduite à sa glumelle infé- 
rieure, d glumelle inférieure aristée de la fleur fertile , e ovaire. 

IV. Diagramme de l'épillet mâle : «glume inférieure, b glume 
supérieure, c glumelle supérieure, d etamines. 

V. Diagramme d'un capitule : a folioles de l'involucre, b epillets 
mâles, c epillets femelles. 

VI. Ecailles de l'involucre. Gr. 3 / 2 . 

Vil. Détails de l'épillet mâle : a glume inférieure, b glume supé- 
rieure, c glumelle supérieure, d étamine. Gr. 3 / 2 . 

VIII. Epillet femelle. Gr. nat. 

IX. Détails de l'épillet femelle : a glume inférieure, b glume 
supérieure, c glumelle inférieure de la fleur fertile, d ovaire et styles, 
e glumelle de la fleur stérile, f pédicelle de l'épillet. Gr. 2 et 3. 

(1) Dans les andropogonées, la glumelle aristée ne peut être la supé- 
rieure, ainsi que l'affirme M. Godron dans la Flore de France. La 
position des squamules et de l'embryon, par rapport à cette glumelle, 
vient infirmer cette assertion. 



TABLE DES MATIÈRES 



Pages. 

Séance du 20 novembre 23 

Séance du 27 novembre.. 80 

Séance du 4 décembre 91 

Séance du 11 décembre 92 

Séance du 18 décembre 95 

Séance du 27 décembre 99 

Séance du 8 janvier 103 

Séance du 1 5 janvier 105 

Séance du 22 janvier 107 

Séance du 29 janvier 108 

Séance du 5 février 109 

Séance du 12 février 111 

Séance du 1 9 février H 3 

Séance du 26 février 114 

Séance publique du 2 mars 115 

E. Gartàilhac : Rapport sur les travaux de Tannée (extraits). . . 116 
D r Garrigou : Notices nécrologiques sur Rivière, A. Peyre, Paul 

Tournai et Henri Magnan (extraits) 118 

Séance du 5 mars. . . . t 127 

Séance du 12 mars 225 

Séance du 19 mars 260 



348 TABLE DES MATIÈRES. 

Pages. 

Séance du 2 avril 263 

Séance du 16 avril 271 

A propos du Congrès scientifique de Pau, E. Trutat 272 

Séance du 23 avril 274 

Séance du 29 avril 276 

Sur la Réunion des délégués des sociétés savantes à la Sorbonne 

par E. Cartailhac 278 

Extrait du discours de M. le professeur Blanchard à la Sor- 
bonne 278 

Séance du 7 mai 279 

Séance du 14 mai 287 

Séance du 21 mai 287 

Séance du 28 mai 3*9 

Séance du 1 8 juin. 320 

Sur l'Institut des provinces, E. Cartailhac 321 

Séance du 2 juillet 322 

Séance du 9 juillet 325 

Séance du 16 juillet 327 

Séance du 23 juillet 332 

ANTHROPOLOGIE. 

Stations de l'âge de la pierre polie à Roquefort (Aveyron), E. Car- 
tailhac 79 

Souterrain préhistorique de la Tricherie, près Toulouse, F. Re- 

GNAULT ' 110 

Sur le Musée ethnographique de Toulouse (galerie Roquemaurel), 

E. Cartailhac 258 

Sur les questions anthropologiques traitées au Congrès de Pau, 

Regnault et Trutat 275 

A propos des assertions des docteurs Prunières et Broca sur 

l'Aubrac, L. de Malafosse 276 

Découvertes préhistoriques dans le département des Landes, 

E. Cartailhac 294 

Piette (de Craonne), Recherches de vestiges préhistoriques dans 

les Pyrénées, (avec 7 figures) 333 



TABLE DES MATIÈRES. » 349 

ZOOLOGIE. 

Pages. 

Marquet : Excursion entomologique aux étangs de Narbonne, 

Béziers et Vias 81 

Marquet : Sur la prétendue rareté des insectes 93 

De la rage au point de vue scientifique, Colonel Belleville. . . . 97 
Un nouveau cas d'albinisme chez un chardonneret : A. Lacroix. 108 
A. Lacroix : Catalogue raisonné des oiseaux observés sur le versant 

français des Pyrénées et de la région 129 

A. de Saint-Simon : Notes sur YHelix rangiana (Desh.), avec 

figures) 265 

Sur quelques petits mammifères des Pyrénées : E. ïrutat 272 

Les oiseaux qui émigrent reviennent régulièrement dans les 

mêmes pays : Calmels. 275 

P. Fagot : Tableau des mollusques recueillis à Aulus et ses envi- 
rons, en juillet 1872 

Monstruosités du Planorbis corneus : A. de Saint-Simon 294 

Emile Gobert : Catalogue raisonné des insectes coléoptères des 

Landes 295 

Nids du Buzard-Montaigu dans la forêt de laRamette, près Saint- 
Simon : A. Lacroix 321 

Marquet : Excursion entomologique dans les cavernes de l'Ariége 322 

BOTANIQUE. 

Balansa : Géographie Botanique de l'Océanie et de la Nouvelle- 
Calédonie 327 

Balansa : Germainia, Balansa et Poitrasson (avec une planche;.. 344 

GÉOLOGIE, PALÉONTOLOGIE. 

Henri Magnan (mémoire posthume) : Coupes dans la partie cen- 
trale des Pyrénées françaises (avec une planche gr. in-folio. . 27 

Découverte d'ossements d'Ichthyosaure à Marvejols (Lozère) : G. de 
Malafosse 81 

Terrain glaciaire à Portet, près Toulouse : F. Garrigou 91 

Ossements du miocène inférieur de Pompignan (Tarn-et-Garonne) : 
Desjardins. . ; 96 



3uO JABLE DES MATIÈRES. 

Pages. 

Hydrologie médicale de la chaîne des Pyrénées : F. Garrigou. . . 99 
Bos Prisais (?) Boj. dans le lehm de la vallée de Cernon (Aveyron) 

De Sambucy 4 04 

Le cheval dans les dépôts phosphatés: F. Garrigou 443 

et 326 
A propos des nouvelles galeries filtrantes [de Toulouse : Belgrand, 

de l'Institut 4 27 

D r Gourdon : Aperçu sur la géologie de la région de Rennes-les- 

Bains (avec deux planches) , 225 

Huttier : Note sur quelques matériaux de construction employés 

pour les travaux des chemins de fer des Pyrénées 260 

U Ammonites subfascicularis près La Capeile (Lozère) : G. de Ma- 

LAFOSSE et BlOCUE 263 

Le mont Lozère a élé recouvert par des sédiments jurassiques : 
G. de Malafosse 274 

D r Gourdon : Note sur une nouvelle classification de minéraux 
avec présentation de Tableaux propres à faciliter les études mi- 
néralogiques 287 

VElephas meridionalis de Durfort (Gard), et YElephas primigenius 
dans l'Ariége : E. Cartailhac 34 9 



fin de la table. 



: I LOU8E. — TYP. DE BONN AL ET GIBRAC, RUE SAINT-ROME, 44.